To ontos on
Tous les dieux étrangers mentionnés dans la Bible nous apportent en quelque façon leur état civil. Nous savons d'où viennent Baal, Moloch, Astarté, Camosch, Belphegor; de celui-là nous ignorons jusqu'à son nom qu'aucune inscription ne nous a livré.
M. Havet prétend que le culte de l'Assyrie s'adressait à des dieux taureaux et que Jéhovah, dans l'origine, n'était autre chose qu'un de ces dieux, représenté sous la même force animale que les autres. Il en donne pour preuve le veau d'or, adoré dans le désert par un grand nombre d'Israélites que Moïse venait d'affranchir de la servitude égyptienne, et les deux veaux d'or que Jéroboam offrit dans Samarie devenue la capitale d*un nouveau royaume, au culte des Dix Tribus. Mais les deux faits allégués sont des cas de révolte, des agressions de l'idolâtrie étrangère contre la religion des patriarches et de Moïse, devenue plus tard la religion nationale, dont on veut chercher l'origine hors de la race d'Israël. Et pourquoi la chercher dans l'empire d'Assyrie, avec lequel ni les fugitifs du désert ni les tribus de Jéroboam, n'avaient depuis des siècles aucun rapport? Il semble qu'on la trouverait plus facilement dans
un souvenir du culte égyptien d'Apis, associé avec plus ou moins d'art à celui du dieu qu'avait annoncé Moïse et au nom duquel s'était accomplie sa mission libératrice.
Apis, dans la mythologie égyptienne, c*est la manifestation visible de la cause vivifiante et organisatrice du monde ; l'idée qu'il réveille dans l'esprit est presque identique à celle qu'on traduit par Elohim. Aussi n'y a-t-il pas lieu de s'étonner qu'à la vue du veau d'or le peuple s'écrie: « Voilà, Israël, ton Dieu qui t'a fait sortir d'Egypte », et que ces paroles soient répétées plus tard par Jéroboam devant la même idole dont il a inauguré le culte dans les deux principales villes du nouveau royaume. Comme il n'y a qu'un seul Dieu en Israël, dont le veau d'or n'est que le symbole, Aaron a pu dire en convoquant le peuple devant lautel sacrilège auquel il a prêté son ministère : * C'est demain fête de Jéhovah* »,
Tous les actes d'idolâtrie cités par M. Havetsont comme celui-ci, à quelque divinité qu'ils s'adressent, des actes de rébellion, dos effets de l'ignorance, une imitation des superstitions étrangères^