‹ Nouvelles études orientalesChapitre 72 sur 99 · id., XV · texte numérisé non relu

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25â NOUVELLES ÉTUDES ORIENTALES

vreté a besoin de ton secours pour se relever, prête-lui sans intérêt. 11 faut avoir pitié de Tesclave. La terre d'Israël sera un lieu d'asile pour l'esclave fugitif. On aura pitié même des criminels mis à mort au nom de la loi; il est prescrit de leur donner la sépulture. Ajoutons que la législation du Deutéronome ne connaît pas la question, cette cruauté injustifiable quia si longtemps déshonoré la justice chez les anciens et chez les modernes.

Le progrès est plus évident encore et éclate en quelque façon sur une plus grande surface quand on passe du Deutéronome aux grands prophètes, plus jeunes, selon moi, que l'auteur du cinquième livre du Pentateuque, sans descendre aussi bas que le suppose M. Havet. Dans les prophètes, par exemple dans Isaïe, Jéhovah est décidément le Dieu du genre humain. On dit à Jérusalem : « Ton rédempteur, le Saint d'Israël, sera appelé le Dieu de toute la terre. » Et Jéhovah, prenant lui-même la parole, annonce que sa maison sera appelée la maison de prières de tous les peuples. Ce n'est plus aux descendants d'une même race, aux enfants d'un même pays, aux héritiers de la même tradition qu'on recommande de vivre en frères;

on prêche la fraternité des peuples Jont nous sommes encore si loin, dix-huit siècles après la prédication de TÉvangile; on ne se borne pas à la prêcher, on annonce son avènement plus ou moins prochain, on prédit la fin de la guerre et la fin de la tyrannie. Dieu seul jugera et gouvernera les nations. Toutes auront une égale part à son amour, même celles qui l'ont autrefois outragé dans son peuple de prédilection. Jéhovah Sabaoïh (on remarquera, en passant, qu'il ne peut être question ici du Dieu des armées), Jéhovah Sabaoth les a toutes bénies par ces paroles : « Que béni soit l'Égyptien, mon peuple, etAssur, l'œuvre de mes mains, et Israël, mon héritage*. »

A quelque époque que ces mots aient été écrits ou prononcés, ils ne perdent rien de leur originale grandeur. Il est impossible, après les avoir lus, de soutenir que le judaïsme, pendant le règne de l'Ancienne Alliance, n'a connu d'autre dieu qu'un dieu national et est resté étranger à la fraternité du genre humain, si même il n'a été pénétré de haine pour l'étranger. M. Havet va nous prouver par des citations non moins décisives, qu'on n'a pas plus le droit de lui repro-

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