‹ Nouvelles études orientalesChapitre 73 sur 99 · Isaïe, XIX · texte numérisé non relu

Isaïe, XIX

cher le culte servile de la lettre et le caractère charnel de sa loi.

Le môme prophète dont je viens de parler, je veux dire les prophéties qui portent le même nom, accuse les grands dlsraél, ou ce qu'on appellerait aujourd'hui la haute société, de faire passer la dévotion avant la piété et les pratiques extérieures avant la pratique de la justice et de la charité. Tout le monde connaît ces deux vers que Racine met dans la bouche du grand-prêtre Joad :

Quel fruit me revieut-ii de tous vos sacrifices? Ai-je besoin du saug des boucs el des génisses ?

Ils sont le résumé fidèle de deux diapitres d'Isaïe*. Le prophète, parlant au nom de Jéhovah, lui fait dire qu'il rejette les hommages qui lui sont rendus par des mains souillées et des cœurs endurcis. Au lieu des sacrifices dont on charge ses autels, au lieu des fùlcs et des jeûnes qu'on observe avec éclat, au lieu des prières et des génullexions (lu'oii prodigue dans son temple, il demande qu'on ait les mains pures de sang et de i'aj)ine, qu'on relève celui (jui est à terre, qu'on fasse justice à la veuve et à Torphelin, qu'on porte secours à l'opprimé, qu'on donne du pain

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