‹ Nouvelles études slaves: histoire et littératureChapitre 10 sur 20 · LES ÉCRIVAINS FRANÇAIS ET LA RUSSIE · texte numérisé non relu

LES ÉCRIVAINS FRANÇAIS ET LA RUSSIE

zance. Dans la forme Tsarigrad employée pour désigner celle capitale, ^dri est tout simplement l'adjectif possessif de f«ar, empereur ; TsarJgrad veut donc dire la cilË impériale. Les plus anciennes chroniques russes emploient cette dénomination, mais elles ne l'ont pas créée, elles l'empruntent aux textes slavons-bulgares. Ainsi dans la vie slavonne de l'apAtre saint Méthode, écrite par un des disciples immédiats de cet Évêque, c'est-à-dire au plus lard vers le milieu du dixième siècle. Constant inople n'est jamais appelée queTsarigrad. Je ne puis que renvoyer les sceptiques au dictionnaire ^lavon de M. Miklosih, au dictionnaire paléo-serbe de M. Danicitch, ouvrages rarement consultés par les publicistea. Du reste, ce nom de tsar semble avoir porté malheur à la plupart de ceux qui s'en sont occupés, sans avoir, bieo entendu, une préparation linguistique suffisante. M. de Custine, sur la foi de Karamzine, bon historien. mais mauvais philologue, en fait un mot assyrien. M. Henri Martin, dans un livre étrange (ia Hmsie et l'Euroi/e '), consacre une note spéciale à établir que ce titre asiatique n'a aucun rapport avec le nom de César, • La racine, dit-il, semble avoir été introduite ehei les Slaves et les Roumains par les Bulgares et signifier la terre, le sol, et par conséquent le seigneur de la terre. » Cette étymologie', que l'auteur n'appuie d'ailleurs d'aucune autorité sérieuse, est aussi fantaisiste que celle de

it tout simplement le tatîn terra.

Karamiine. Le liTré de Mi Henri Marlin était inspiré par une pensée généreuse 6t chevaleresque» celle de venir en aide à une natiohalité malheureuse dans sa lutte contre la Russie» La passion qui atiimait le noble historien lui faisait trop fàeilement oublier que ses travaux antérieurs Tavaient peu préparé à Texamen de questions qui réclament de longues et patientes études.

Les convulsions qui ont agité la Russie il y a quelques années et au milieu desquelles a succombé l'empereur Alexandre II, ont donné lieu à toute une littérature. Dans un essai sur le nihilisme, publié par une revue parisienne, essai dû à Un publiciste distingué^ mais qui ne connaît ni la langue russe ni la Russie, je trouve le récit d'une conversation que l'auteur à eue avec « Piolre ArtamoV) paysan de Viasma dans le district de Smolensk< » « Piotre Arlamov^ dit-il, énumérait devant nous, il y a vingt ans^ les petits revenus que tirait un propriétaire à lui connu d'une terre de cent vingt couples. » Suit Ténuméfation des susdits revenus* « Chaque année, me disait Piotre Artamov^ un perruquier étranger passait dans le district et emportait les chevelures brunes et blonde^. Mon paysan avait vu, de ses yeux vu, troquer des âmes humaines contre des lévriers de race noble^ » Ainsi done vc^rs 1860 une longue cen-

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