ÉCRIVAINS FRANÇAIS
LA RUSSIE. 1 l3
^inent russe, non encore corrompu par la science occidentale, et par le bon sens des Russes pur sang. Cet instinct lui révèle ce qu'étaient non seulement lesVarègues et les HuBses, mais bien d'autres choses encore ' . » Dans un ouvrage récemment publia et dû à un géographe distingué, mais malheureusement élranger à la méthode sévère de l'histoire et de la philologie, j'ai rencontré de bien étranges découvertes dues à l'inDuence de cet instinct. L'auteur veut à tout prix trouver des Russes en en Allemagne, et il en trouve ; cur d'après lui le nom allemand du cheval (Rosse) est identique à celui de ses compatriotes. Il trouve des Russes chez les Troyens, où le beau Paris, le ravisseur d'Hélène, porte presque le mémenomque le saint russe Boris ; il en trouve en France, où le nom du Roussillon désigne évidemment les Russes de Lyon (Rous iz Lion) et où le nom de Bellegarde, porté par plusieurs villes, lui rappelle le Belgorod (la ville blanche) des paya slaves !
Ces aberrations sont plus dangereuses qu'on ne croit; je sais d'excellents esprits qu'elles ont failli séduire et i des œuvres de premier ordre où leur influence se fait i par moments sentir. Est-il besoin d'ajouter qu'à cAlé de ces doctrinaires et de ces rêveurs éKalemenl redoutables pour la science, il y a en Russie toute une école d'historiens et de publiristes inspirés à la fois par un patriotisme éclairé, par le sentiment raisonné des conditionfl
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de leurs pays, par les méthodes les plus rigoureuses de la science moderne ? C'est à cette école ou à ses disciples qu'il faut s'adresser pour avoir une idée exacte des destinées de cet antique et vaste empire qui a encore tant de secrets à nous révéler.