‹ Nouvelles études slaves: histoire et littératureChapitre 15 sur 20 · II. OivJnilés secoadaîres. — III. Les Dieux des Blavei j · texte numérisé non relu

II. OivJnilés secoadaîres. — III. Les Dieux des Blavei j

baltiques. — IV. Divinités subalternes. — V. Le culte, et ]

les croyances. —,

Les peuples slaves aclueljeinent exislanls ^ Russes blancs et les Pelits-Itussiens, Im Tchèques, les Slovaques de Hoogi eace, derûier débris des Slaves d ont disparu pour faire place atU les Serbo-Croates, les Slovèneafl Ihuanieng, parents très rapptC pendant une individualité bien g pas en général dans les oumgt crés à la race slave.

On divisait autrefois cette race en deux branches f rincipales : les Slaves occidentaux (Tchèques, Slovaques, Polonais, Wendes), les Slaves orientaux (Russes, Serbo-Croates, Slovènes^ Bulgares) ; mais^ette division, imaginée au début de notre siècle par DobrovskyS est purement factice ; elle ne répond pas à des phénomènes organiques et ne saurait être admise en ce qui concerne la mythologie. Elle constate un fait postérieur au christianisme, la divergence qui s'est produite entre les peaples catholiques ou occidentaux et les peuples orthodoxes ou orientaux. Cette différence s'est établie du TX" au XI" siècle. La division de Dobrovsky fût-elle exacte, on n'aurait pas ici à en tenir aucun compte.

D'autre part, on a été trop volontiers tenté de rame- •ner à une unité absolue des populations dispersées sur d'immenses espaces, de la Baltique à la mer Noire, du Danube au Volga. Les croyances et les rites des Slaves de Lusace ou de Serbie ne sauraient sans imprudence, ;\ défaut de documents positifs, être identifiés avec ceux «les Slaves de Novgorod ou de Kiev. Ce qui est vrai de la Russie ne l'est pas ipso facto de la Bohème ou de la Croatie. La plupart des mythographes slaves se sont, par suite d'un défaut de critique ou d'un patriotisme

< L*abbA Dobrovsky, né en 1753 en HoDgrie, mort en 18S9I DrunD, est considéré comme l'un des principaux rénoTitem «le la philologie slave. Sa grammaire de la langue altfoiitf I istitutiones linguM siavic dialeciia veieris, a été loDgtenpi classique.

LA MÏTHOLOfJIE SLAVE. 25l ]

exagéré, trop pressés d'établir des rapproche m en te ou d'édifier des synthèses que rien ne justifie '. Mieux vaut procéder modestement par analyse et se contenter de signaler les éléments mythiques les plus certains, en 4 indiquant avec précision les peuples ou les pays aux-J quels ils se rattachent, sans prétendre tirer de conclusion générale pour des peuples ou des paya fort éloignés les uns des autres, sans essayer de rattacher leB divinités, les rites ou les superstitions populaires & telle 1 ou telle théorie mythologique.

Si humble qu'elle soit, cette tAche est encore fort dé-l licate. Un mythographe fort distingué, M. Erben', écri- , vait en 1870 l'article Mythologit slave, pour rencyclo- * pédie tchèque publiée à Prague par les soins de M. Rieger. Il s'exprimait ainsi : n La mythologie slave f l'une des branches les plus difficiles de la slavistîque; on a beaucoup écrit sur elle, mais, sauf quelques b articles sur les points isolés, on attend toujours un travail d'ensemble définitif. » Quelques années plus ti

t Voici pri« au buard nn exemple de ces BénéralûaUc prudeotee. On lit dam l'Encyclopédie riisie de H. BeM STBIBOG, Dieu dti TeuLBcheiles Slaves paiene. Or, StrilK>| mautioiiae que daus U* Luilcs ruaica et nulle [lart uUuuri

• Nnucty Slounik, l. VIII, arl. Slovane. Erben (Charlee-Iaw □é eu tStl a HiletiD en Botijme, mort en ISTD, a rédigé la partio [u;Uiologii|UB de l'Hucyclopeiiie Lutièque. 11 m&t une grande mythologie sla^e dout sa mort [irémalurËe a en cbë racbèvement. Ses article», «oit ilaiiB cette encyclopâd" dana la ft«uu( du Mtiiét de Pm^ue, ioul en gâoétal t> utitee à consulter.

s5i Atddbs slvves.

l'jiatear d'ja lime imporiant sar les origines slaves, M. Kr^k. prof^ss^ear à ranîversité de Gralz, écrivait : ^ En ce qui concerae li mylholoçie slave, les résultats positif» obtenas jasqa'ici ne sont nullement en rapport avec le travail dépensé. Personne ne se rend mi?jx dapl*? d> ocî étal de choses que celui qui entreprend de jeter par-dessus le bord tout ce qui ne lui parait pas rigoureusement d'accord avec les matériaux primitifs, tout ce qui appartient au chaos des hypothèses contradictoires, basées le plus souvent sur Tarbitraire (lU sur Va priori*. «» Ces paroles sont malheureusement encore vraies aujourd'hui*.

1 Arcliiv fur Slavûche Philologie, ann. 1876, p. 134.

* Oq trooTe la même opinion exprimée à la fin Je Tarticle Mythologie dans la grande Encyclopédie russe publiée à Petcrs bourg en 16 Tolumes in-S. par M. Berezine. [Rousky Enikiopeditehfsky Slovar, 1873-1S79.) Cet article, consacré à la mythologie en général, se termine par cette mention un peu sèche: » La mythologie slave attend encore une élaboration scientifique. » A ce propos il est assez curieux d'observer la façon dont la mythologie slave est traitée chez ceux des peuples slaves qui possèdent une encyclopédie. L'Encyclopédie russe de M. Bareziae lui consacre ^à Tarticle Slaves) une page en tout ! C'est peu si Ton songe que le plus vaste répertoire concernant la matière, le livre de feu Afanasiev (voir plus bas la £?t6/io^rapMt) ne comprend pas moins de deux mille pages in-8. L'encyclopédie polonaise d'Orgelbrand publiée à Varsovie (6 vol. in-8, annéa 1377 et suivantes) donne à l'article Slaves deux pagea dépourvues de toute critique et dans lesquelles les travaux d*ErbeQ na 80 ut pas même mentionnés. Enfin dans l'Encyclopédia tfihèqm l'ariicle d'Erben, le meilleur de tous les résumés, eompreod 3 pages (gr. in-S à deux colonnes^; il n'est pas d'alUonn oiao^ ^'erreurs : l'auteur a pris au aérieuz des ducoOlMIta tpooijita

LA MYTHOLOGIE SLAVE

Gomme toutes les religions ariennes, la mythologie slave repose sur le culte des phénomènes et des forces de la nature, de l'été et de l'hiver, du jour et de la nuit, de la vie et de la mort. Les dieux supérieurs sont asses nombreux ; plusieurs peuvent être déterminés avec précision ; d'autres sont encore douteux ; on n'est pas d'accord sur la manière de lire leurs noms, moins encore sur leurs attributs. Noua ne pouvons dans cette esquisse sommaire nous occuper que des premiers. Les Slaves païens ne nous ont pas laissé de documents écrits ; ils n'ont pas eu de César comme la Gaule, ou do Tacite comme la Germanie. Tout ce qu'on sait de leur mythologie est dû à des indigènes chrétiens ou h des étrangers qui, naturellement, ont dû obéir à certains préjugés ; ils ne noua ont légué que des informations fragmentaires. Les usages et les chants populaires ont naturellement été plus ou moins altérés sous l'influence du christianisme.

Deux historiens étrangers, le byzantin Procope au vii° siècle, l'allemand Ilelmold au xu*, affirment nettement que les Slaves adoraient un dieu supérieur do ciel: II Ils admettent l'existence d'u ducteur du tonnerre, maître e

et De B'aat pu aiiei I De Belio goth.. 111, It.

254 àniDBS SLAVES.

Le même historien fait remarquer qu'ils ne comiaissaieut pas le destin (Etjjuxpfiivi)). Ce détail est confirmé par tout ce que nous savons de mythologie slave. Le témoignage de Procope paraît s'appliquer aux Slaves de la Russie actuelle. Helmod dit des Slaves de l'Ëlbe (Polabes) : « Parmi les nombreuses divinités auxquelles ils attribuent les champs, les forêts, les tristesses et les plaisirs, ils n'hésitent pas à reconnaître {non diffitentur) un dieu qui réside dans le ciel et commande aux autres. Ce dieu tout-puissant ne s'occupe que des choses célestes. Les autres ont reçu de lui des fonctions spéciales; ils sont originaires de son sang; chacun d'entre eux est d'autant plus élevé qu'il est plus proche de ce diea des dieux ^ »

II n'est pas aisé de déterminer dans quelles mesures les deux écrivains grec et allemand se sont laissé inflencer par les idées chrétiennes ou païennes qu'ils devaient à leur éducation. Les dieux slaves tels que nous les connaissons sont absolument étrangers à TanthrO' pomorphisme grec. Ils n'ont, sauf les exceptions qui seront notées plus loin ', ni famille, ni généalogie.

Quel était le nom de la divinité suprême 7 Dans toutes les langues slaves le nom de Dieu est Bog (primitive* ment bogu). M. Miklosich explique ainsi ce mot luSegu, dit-il, est identique avec le sancrit bkaga^ maître, proprement répartiteur. C'est là une épithète de Dieu et l6

i Chronic. Slavor,, î, 84.

'Srarog, Dajbog, gyaioiVldi.

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