‹ Nouvelles études slaves: histoire et littératureChapitre 17 sur 20 · MONDE SLAYE A.U XIX' SIÈCLE · texte numérisé non relu

MONDE SLAYE A.U XIX' SIÈCLE

MSBBIEURa,

Au moment où je prends poaEesgioa de cette ch&ire, mon premier devoir est d'exprimer ma reconnaissance aux bienveillants collègues qui m'ont fait l'honneur de m'appeler parmi eux, à l'académie des Inscription! et Belles-Lettres, qui a confirmé leur suffrage, au ministre qui l'a ratifié. C'est la première fois, depuis près d'un demi-siècle, que cet enseignement est confié à un professeur titulaire.

Je sens, croyez-le bien, tout le poids de la responsabilité qui m'est imposée. Certes, on a l'obligation d'être modeste quand on se voit inviter à figurer dans une si illustre maison et en si éminente compagnie ; mais on a aussi le droit d'être fier, et cette fierté, si elle ne peut suppléer au génie, est du moins, pour le travail, ua puissant aiguillon.

> Leçon d'ouverture du Cours da langueB et litténturei slavM ' profsué pu rauteoT kd collage de France.

278 lÎTUDfiS SLAVES. ^^H

Le caractère propre du Collège de France, c'^n^ s'ouvrir, tour à tour, à toutes les ëtudea nouvelles qui oQ'rent un intérêt acienlifique et aational. Aux trois langues claBsiques pour lesqueilea son fondateur l'avait créé, on a successivement ajouté les idiomes orientaux, germaniques, romans et celtiques. Les idiomes slaves devaient nécessairement compléter cet ensemble. Leur enseignement s'éclaire par celui de leurs congénères, du gotbique ou de l'ancien irlandais, du sanscrit ou da persan. Il leur fournit en échange de précieux, éléments de comparaison. Si les Lettres slaves ne figuraient point ici, il manquerait une aile à ce grand édifice, le seul de notre pays où tous lea membres de la famille indoeuropéenne soient également représentés.

Je ne vous dissimulerai point, Messieurs, l'émotioii avec laquelle je viens m'asseoir dans cette chaire illustrée à son origine par le génie d'Adam Mickiewicz, honorée plus tard par le talent et la science de deux maîtres distingués, MM. Cyprien Robert et Alexandre Ghodzko. Il ne m'a été donné de connaître ni le grand poète de la Pologne, ni l'intrépide et sagace explorateur des Slaves de Turquie. Mais j'ai suivi autrefoisi ici même, les leçons de leur successeur. J'ai eu l'occasion d'apprécier tout ce que son enseignement renfermait d'aimable et ingénieuse érudition. Je puis rendre témoignage de la bienveillance exquise avec laqueU* il savait accueillir l'étudiant nouveau venu dans le domaine d'une science naguère encore si peu explorée,

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