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point de vue littéraire ni à celui du contenu, il ny a Hu désaccord entre les passages qui se suivent au ch. VI. Silya, nn
dans l'absence de transition du v. 5 au v. 6, une négligence à 1
signaler, elle peut avoir été le fait de l’auteur ou d’ un copiste aussi bien que d'un compilateur.
La théorie de M. Kosters sur la composition des chap. W- si
du livre d'Esdras, n’a, croyons-nous, pas l'ombre d'un. motif | de
sérieux à alléguer en sa faveur, Au reste les deux parties de la lettre des satrapes 6-10 et 11-17 sont évidemment d'une seule composition. Dans le second de ces deux passages nous lisons | les réponses des Juifs aux questions des inquisiteurs jt dans le premier. De qui les Juifs tiennent-ils le pouvoir de … bâtir cette maison (v. 9)? De Cyrus (13-15). Qui est leur chef
qui les a poussés à l'exécution de cette entreprise (v. 10) ? C’est. .
Scheschbassar autorisé par le roi (v. 16). Le v. 11 annonce.
explicitement les réponses données par les Juifs aux questions he
qui leur avaient été posées : « Nous avons interrogé les anciens
et leur avons dit : Qui vous a donné le pouvoir de bâtir cette pt
() Bertheau-Ryssel, p. 78. —(2) P.27,28 ane Fe LES 1
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maison? (v. 9 ss.) etc. Et voici la réponse qu'ils nous ont donnée »... (v. 11). Ce dernier verset se rattache de la façon la plus étroite à ce qui précède. Nous constatons le même phénomène au ch. VI vv. 2, 3 ss. « On trouva à Ecbatane en Médie rouleau (557 5532) dans lequel se trouvait consigné /e rapport (92455) suivant : En l'an premier du roi Cyrus, le roi Cyrus porta un décret » etc. Le v. 2 est uniquement destiné à introduire les vv. 3-5 ; impossible de l'en séparer. Les termes dans lesquels notre verset est conçu répondent exactement à lexposé qui suit. Dans l’idée de l’auteur qui a écrit le verset 2, la pièce trouvée à Æcbatane se rapportait au décret porté par Cyrus en faveur du temple de Jérusalem. Or c'étaient précisément des renseignements sur le décret de Cyrus qu'on avait cherchés dans les archives de Babylone : vr. le ch. V v. 17 coll. VI: 1. Tout cela se tient aussi intimement que possible. La relation araméenne des ch. V-VI d'Esdras, abstraction faite de telle ou telle ajoute rédactionnelle sans importance, est toute entière de la même main. Il n’y a pas lieu d'y distinguer des documents dont l’un, le plus ancien, aurait ignoré la part prise par Cyrus à l’œuvre de la restauration postexilienne.
IT. Il nous reste à répondre à la seconde des deux questions formulées plus haut : Est-il vrai qu'à en juger par la relation araméenne, le retour des Juifs sous Cyrus ne peut être considéré comme un fait historique ?
Les données que nous trouvons au ch. V v. 13 ss. sont de tous points conformes au récit du ch. I. L’an premier de son règne à Babylone, le roi Cyrus donna un édit ordonnant la reconstruction du temple de Jérusalem (V 13, 15; I 2, 8, 4); il fit rendre à leur destination les vases sacrés que Nebukadnezar avait enlevés au temple (V 14, 15; I 7); ces trésors furent confiés à Scheschbassar (V 14, 16; I 8) qui les apporta à Jérusalem (V 16; I 11). Le chapitre I raconte en outre que Cyrus octroya aux Juifs autrefois déportés à l’intérieur de l'empire l'autorisation de retourner dans leur patrie et qu'un grand nombre, profitant de cette faveur, se mirent en route sous la conduite de Scheschbassar. De ce retour des Juifs le passage
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en question du ch. V ne parle pas ; faut-il en conclure que sur
ce point la relation araméenne est en désaccord avec le chap. €
Nous n’en croyons rien. Il est tout d’abord aussi clair au ch. V qu'au ch. I, qu'en la personne de Scheschbassar c’est la nation juive elle-même qui est comblée des bienfaits du roi. C’est aux Juifs que Cyrus entend rendre les vases sacrés dont les Babyloniens avaient dépouillé la maison de Dieu. D'après le ch. VI v. 5 Cyrus a ordonné « que les vases sacrés socent rendus et rapportés » à Jérusalem ; ici Scheschbassar n'est pas nommé, son intervention personnelle est chose toute accessoire et peut impunément être passée sous silence. Au ch. V, plus
sûrement à notre avis qu'au ch. [, où son caractère n’est insinué,
au v, 8, que par un mot dont la méthode suivie par M. Kosters pourrait aisément faire une interpolation ou une ajoute rédaetionnelle, Scheschbassar est présenté comme chef du ‘peuple juif. La mention de ce personnage au v. 14 répond à la question
qu'ont posée les inquisiteurs, vv. 3, 10. Il est hors de doute que
Cyrus s'adresse à lui comme au représentant naturel de la nation : les vases sacrés sont donnés à Scheschbassar (v. 14); le roi lui dit : prends ces vases, va, et que la maison de Dieu soit bälie en son lieu » (v. 15). La manière dont les Juifs Sex-
priment au sujet de Scheschbassar témoigne qu'ils ne le considèrent pas comme un collègue de Tattenaï et de Schethar-Boze-
nai ; 1ls ont conscience de donner à ceux-ci des renseignements È sur les affaires intimes de la nation, en leur apprenant que le
personnage auquel Cyrus a rendu les trésors et qu'il a chargé de rebâtir le temple s'appelait Scheschbassar (14); qu'il a été établi comme pecha (ibid.), ce qui prouve bien que son peuple doit jouir de la haute faveur de la cour! Ce n’est donc point, semble-t-il, comme plusieurs le pensent et comme M. Kosters aussi le soutient, un officier persan, mais bien un chef juif qui est mis en scène dans notre passage. Dès lors, il devient impos-
sible de concevoir que la mission de Scheschbassar n’eût pas
été pour la nation juive elle-même le signal de la délivrance et du retour dans la patrie (1). I] nous paraît d’ailleurs incroyable,
(1) Lisez ce qu'écrit à ce propos Renan, Histoire de peuple d'Israël, II, p. 519.
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abstraction faite de toutes ces considérations sur la qualité précise de l’envoyé du roi, qu'on eût pu en venir à attribuer gratuitement à Cyrus l'initiative de la restauration du temple tout en continuant à voir en lui un oppresseur du peuple captif.
Mais si, aux vv. 13 ss., le retour de la captivité sous Cyrus est supposé, pourquoi n'en est-il pas dit un mot ? Parce que dans leur rapport les inquisiteurs ne mentionnent que les informations relatives à la construction du temple ! C'était la seule question qui les intéressait. De qui les Juifs tiennent-ils le droit de: bâtir cet édifice ? Qui les a poussés à cette entreprise ? Voilà les seuls points sur lesquels ils tiennent à exposer au roi les explications fournies par les travailleurs. Le silence sur le retour des exilés est-il un motif sérieux, dans ces conditions, pour mettre le ch. V en opposition avec le ch. I ?
M. Kosters, voulant faire sentir combien peu 1l y a place pour les Juifs revenus de la captivité au ch. V vv. 13 ss., insiste sur le but qui y est assigné à la mission de Scheschbassar : c'est uniquement pour rebâtir le temple que celui-ci est envoyé à Jérusalem ! (1) Mais comment M. Kosters lui-même caractérisait-1l, un peu plus haut (2), le décret de Cyrus tel que nous Voffre le ch. I ? « … dans l’édit de Cyrus La restauration du temple occupe, d'une manière très marquée, l'avant-plan ; le retour ny apparaît que comme condition en vue de la réalisation de cette œuvre. Le décret ne dit pas : il est permis aux Juifs de retourner et de rebätir le temple ; mais : parce que Cyrus dot rebâtir le temple pour le Dieu du ciel, dl est permis aux Juifs, qui veulent prendre part à l'entreprise, de partir pour Jérusalem », etc. N'est-ce pas précisément ce que M. Kosters constate au ch. V ? et la note dominante du décret, si bien indiquée, n’explique-t-elle pas parfaitement le silence sur le retour qu'on trouve si étrange en ce chapitre ?
Lorsqu'enfin le sévère critique s’étonne qu’au ch. V ce ne sont pas les Juifs émigrants mais Scheschbassar que le roi charge des trésors sacrés (3), 1l oublie encore qu'au ch. I'il en
(1) Het Herstel… p. 31. — (2) p. 17. — (3) p. 31.
est absolument de même (I 8, 11). La relation araméenne d'Esdras V-VI se trouve dans la plus parfaite harmonie avec le ch. I et ne prête aucun appui à la théorie qui nie le caractère historique du retour des émigrants Juifs sous la conduite qe RE
Zorobabel en l'an premier de Cyrus.
De même qu'au ch. I Scheschbassar, nommé prince de J Dual
est identifié à Zorobabel, de même au ch, V v. 13 ss., il lui est ;
supposé identique. Dans ce passage qui s'occupe formellement, en termes exprès, des auteurs de la construction du temple, le
nom de Zorobabel n’est pas mentionné ; pourtant à aucun mo- Je
ment de l’histoire la conscience juive ne peut avoir perdu le
souvenir de la part prépondérante prise par le fils de Salathiël : “ à l'œuvre capitale de la restauration postexilienne ; on ne con. çoit point, ce que M. Kosters suppose, que jamais le patriotisme juif puisse s'être oublié jusqu'à dépouiller du titre glorieux de
fondateur du temple le héros qui se l'était acquis et l'avait
longtemps porté, pour en gratifier un païen. — Scheschbassar, …
nous l’avons dit ailleurs et nous en sommes plus convaincu
que jamais, est le nom babylonien de Zorobabel ; nous y voyons. l'équivalent de Schamasch-bil (ou bal)-usur (1). Il est d'ailleurs remarquable que notre personnage porte invariablement ce. ;
nom, là où il se trouve placé en rapport avec la cour (1 8, 11;
V 148ss.) et qu'aucune fois son identité avec Zorobabel. n "est. explicitement affirmée. Nous avons trouvé dans ce double phé-
(1) Zorobabel et le second temple, p. 41-43. CE
M. Kosters remarque que ce n'est là qu'une conjecture (p. 33) : : COSTA vrai. Fi Mais la conjecture paraît bien fondée. Nous avons aussi exposé notre opinion …
sur l’origine et la composition du nom de Scheschbassar, dans l’'Academy de
Londres 30 Jan. 1892. Dans le n° suivant M. Cheyne exprima son adhésion à | |
notre hypothèse, en ajoutant qu'il préférait lire Sch.-bal-usur; il ne s'aperçut | Lire
qu'à la fin de sa communication que nous avions nous-même explicitement laissé
le choix entre bi7 ou bat, dans la notice citée de l’'Academy. C'est également en ces termes que nous avions énoncé notre proposition dans Zorobabel p. 425.
(Muséon 1891, p. 245 s.), en l’accompagnant de certaines autres considérations - de
encore. [l n'est done pas exact de présenter l'opinion de M. Cheyne comme une modification de la nôtre (Jahresberichte für Geschichtswissenschaft XN Jahrg.
1892 (1894) I, 24, 84 et 85). Nous avons été heureux de constater que M. Ryle
aussi est porté à admettre notre conjecture Ezra and Nehemiah p. XXXIL Wellhausen s’y rallie également Israëlitische und Jüdische ER 1894 p.