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récit. » Kuenen s’est rangé à cette explication (1). — Il est entendu, que d’après Ewald et Kuenen, l'an 18, dans le texte de Jérémie, est la date même de la prise de Jérusalem et que les 832 captifs représentent les habitants de la capitale qui furent envoyés en exil après l'occupation chaldéenne.
Dans l'hypothèse qu'au v. 28 on change l'an 7 en l’an 17, Stade croit que « les 832 Jérusalémites déportés en l’an 18 — « donc l’année avant la prise de Jérusalem cfr. 2 R. 25, 8, Jér. LII 12 tm. » — devraient être considérés comme des transfuges » (2). Telle n’est pas, en tout cas, la pensée d’Ewald. Il est d’ailleurs incroyable que notre tableau se serait contenté d'indiquer le nombre des captifs transfuges et n'aurait rien dit de ceux qui tombèrent aux mains de l’ennemi après la prise de la ville.
Mais même dans les termes où Ewald et Kuenen la proposent, leur explication nous paraît très difficile à admettre. Loin que « l'enchaînement du récit >» empêche qu'il soit question dans ce passage de la première déportation, il semble que
l'objet même de la notice en réclame absolument la mention. Il est évident en effet qu'aux v. 28-30 l’auteur n’a pas simplement en vue d'indiquer le nombre des Juifs qui furent exilés à l'occasion des événements racontés au ch. LIT de Jérémie. Le v. 30 énumère à la suite de celle qui eut lieu en l’an 18, une troisième et dernière déportation arrivée cinq ans plus tard. Ceci montre, de manière à ne permettre aucun doute, qu'il faut prendre en un sens plus étendu les termes dans lesquels est conçu le titre : « Voici le peuple qui fut déporté par Nebukadresar » ; on nous annonce un dénombrement de Juifs que le conquérant chaldéen emmena en exil à différentes reprises; et dans un tableau de ce genre, mentionnant une déportation, d'ailleurs inconnue, de l'an 23 du roi de Babylone, celle de l’an 597 ne pouvait être passée sous silence. — Ewald ne croit pas que l’on puisse voir dans les 3023 Juifs du v. 28, les compagnons d’exil du roi Joïakin : ceux-ci, dit-il, étaient beaucoup plus nombreux. Sans doute; mais la description que nous avons
(1) G. ©. I. II p. 85.
(2) Geschichte I p. 695.
lue dans le livre des Rois et chez Jérémie, du sort de la popu= lation de Jérusalem en 586, ne permet pas davantage de Tia qu'il n'y eut à cette époque que 832 habitants (1) de la ville | sainte condamnés à l'exil; entre le v. 29 et les données de Phis- |
toire sur les événements de la fin du règne de Sédécias, l'accord n’est guère plus facile à établir qu'entre ce même verset et. ce. que nous savons de la déportation qui eut lieu sous J oïakin. —
Kuenen de son côté attirait l’attention sur l'antithèse que présentent la mention des Judéens au v. 28 et celles des Jérusalé-.
mites au v. 29. Cette antithèse, dit-il, ne s'explique que moyen-
nant la supposition que nous nous trouvons ici en présence de deux actes successifs dans une même campagne : les Judéens
sont emmenés captifs en l'an 17, pendant le siège; les Jérusa= | . lémites en l’an 18 après la prise de la ville. Fort bien; mais ee No
vv. 28, 29 présentent une particularité tout aussi marquée à. un autre point de vue. Non seulement les dates Sont à deux
reprises indiquées d'une manière absolue ; la première fois le
texte dit simplement : en l’an 7, la seconde fois en termes plus Ve
explicites : en l'an 18 de Nebukadresar. S'il s'était agi de deux
faits se succédant à une année d'intervalle, si le texte avai voulu insinuer par l'antithèse entre les Judéens et les Jérusalé-
mites, que les deux faits en question se répondaient comme le
début et l'achèvement d'un même désastre, est-ce ainsi qu'ilen Aou aurait exposé la succession ? La façon dont les deux dates sont AE indiquées aux vv. 28 et 29 montre que les événements qui y sont
rapportés doivent être attribués à des époques bien distinctes ; we entre le premier et le second de ces deux faits il n’y pas un lien à plus étroit qu'entre le second et le troisième, mentionné au v. pi 30. L'histoire d’ailleurs ne fournit aucun appui positif à l'hypo- … thèse que sous le règne de Sédécias les habitants de J érusalem
auraient été conduits en exil une année après les autres captifs.
Si le v. 29 nomme Jérusalem comme point de départ de la déportation, peut-être est-ce SHREMen pour rppess Le cette