SE US YEN TU
La consonne finale du premier mot étant identique à l’initiale du second, la finale du second identique à l’initiale du troisième, on comprendrait qu'il se soit introduit des confusions sous la plume des copistes. D'après notre correction il y
aurait eu en l'an 18 de Nebuhkudnesar, date de la destruction de Jérusalem, une
première déportation d'habitants de la capitale; l’année suivante (l'an 19 de
Nebukadn.) une déportation d'habitants de la campagne et des autres villes de
la Judée. La relation de 2 R. XXV s'accommoderait assez bien de cette supposi- | 4 tion, bien qu’à vrai dire elle ne l'exige point. Il est à remarquer qu’au chapitre indiqué du livre des Rois, comme au v. 30 du passage de Jérémie. c’est le géné-
ral assyrien Nebuzardan qui nous est présenté comme auteur de la déportation. Notre hypothèse aurait en outre l'avantage de supprimer la déportation de l'an 23, dont on ne trouve pas de trace dans le livre des Rois ni chez Jérémie, qui cependant raconte l’histoire des événements arrivés à la suite du meurtre de
Gedalja.
(1) p. 309, — (2) v. plus haut,
LA
taires qui commencent par déclarer seuls anciens et authentiques, des chiffres et des textes où l’on reconnaît ensuite des difficultés à lever par des remaniements plus ou moins pénibles. Stade incline à croire, suivant une opinion déjà rapportée plus haut (1), que les vv. 13, 14 du ch. XXIV du 2° ivre des Rois, ne faisaient point partie à l’origine de la relation où ils figurent actuellement. Ils auraient été détachés par une main malhabile de la description des événements arrivés en 586 et interpolés à tort dans le récit concernant la déportation de 597. Ainsi, ce que nous lisons au 2° I. des Rois ch. XXIV v. 14, au Sujet des 10000 hommes de guerre etc., qui auraient été emme- nés en captivité avec Joïakin, devrait s'entendre de l’émigration qui eut lieu sous Sédécias. Les 8000 hommes du v. 16 au contraire représenteraient les compagnons d’exil du roi Joïakin (2). Nous avons déjà dit pourquoi cette hypothèse, qui certes n'avance rien d'impossible, nous paraît cependant peu probable. Les termes dans lesquels est raconté le pillage 2 Rois XXIV 13, mis en regard de ce que nous lisons XXV 13 ss., montrent sans doute dans leur généralité un caractère hyperbolique ; cependant nous savons par ailleurs que déjà en 597 les trésors du temple furent mis à contribution (Jér. XX VII 16 ss., XX VIII 3, 6) (3). Lorsque le v. 14 parle de la déportation de « tout Jérusalem >», on peut, tout en tenant compte encore une fois du ton trop absolu que prennent facilement les formules générales et sommaires, trouver une confirmation de cette donnée chez Jérémie XXIV 8, où les habitants de Jérusalem, sous le règne de Sédécias, sont considérés comme un reste échappé à la première transportation. Dans le récit du ch. XXV du livre des Rois, relatif aux événements de 586, il n’est point question des « artisans et employés aux
(1) p. 44. Cfr aussi Kittel Geschichte der Hebräer 2 Halbb. 1892 p. 330, 332.
(2) Stade I p. 680. 695.
(3) Au v. 13 du ch. XXIV des Rois la Vulgate traduit : .. et concidit universa vasa aurea quae fecerat Salomon in templo Domini.…. — Le v. hébreu VSD" ne signifie pas nécessairement que dans le pillage les objets d’or furent détruits ou brisés. Il signifie plutôt par lui-même et suivant le contexte, qu’on arracha les ornements en or dont Salomon avait décoré le temple.
travaux dé défense » ; cette catégorie d'exilés, aussi pol chez pale Jérémie (XXIV 1, XXIX 2) que dans le livre des Roës, n'est | à di ; mentionnée que pour le règne de Joïakin. C’est donc, semble
t-il, à ce règne que se rapporte 2 KR. XXIV 14, quia RU
servi de modèle et de source au v. 16 (1).
Revenons à Jérémie LII 28-30. Stade constate que l'hypo- | thèse dont nous venons de parler, laisse entière la dificulté qui, FN résulte du passage de Jérémie pour le nombre des captifs(s).« En somme, dit-il à ce propos, ce qu'il y a de plus probable, cest que dans ce tableau on a laissé entièrement hors de compte ceux … “ie qui furent emmenés de Jérusalem en 586 >». Cette solution ne. st dr satisfait point. Si au v. 28 on laisse intacte la date de ES 7° année de Nebukadnesar, on arrive à la conclusion que, la 7° année représentant l'an 597, la 18° année du v. 29 en précisément à l'an 586. Si au contraire, à l'exemple dE FA on change au v. 28 la 7° année en la 17°, on se trouve encore. : PES conduit, par un chemin un peu différent, à identifier les captifs de notre v. 29 avec ceux de l’an 586. La déportation dont il est question au v. 28 et qui est supposée se rapporter à la " 17° année du roi de Babylone, n'aurait certes pas eu lieu avant di le commencement du siége de Jérusalem. Or le siége commença le 10° jour du 10° mois de la 9° année de Sédécias ; la ville tomba au pouvoir de l'ennemi au 4° mois de la 11° année (D donc après un siége de 18 mois. Si la 17° année de Nebukad-. nesar tombe dans ces 18 mois, sa 18° année, celle qui est indiquée dans notre v. 29 comme date de la transportation des ie habitants de Jérusalem, sera précisément celle pendant lies Jérusalem fut prise par l'armée babylonienne. D'ailleurs, nous le. répétons une fois de plus, 1l est inconcevable que l’auteur dela notice de Jér. LIT 28-30, n’eût tenu aucun compte des cap | de 586. Ajoutons que Stade, s’il accepte pour la déportation de -
597 le chiftre de 8000 hommes sans compter les gens de l'entou- 7 rage du roi et les notables du pays (4), devra se résigner à
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(1) Vr. plus haut p. 43 s. — (2) 1. c. p. 695. — (3)2 R. XXV 15. COLMAR XXXIX 1s.—(4)2R. XXIV 15, 16. | LA E EU
fn Ne
soutenir que Je tableau de Jér. LIT 28 $. ne tient pas compte
non plus des exilés de 597.
Graetz résout le problème de la manière la plus simple. D'après lui le tableau de Jér. LIT 28 ss. aurait été dressé par un exilé appartenant à la population de la campagne, qui n'aurait point eu pour but d'indiquer le nombre total des déportés, mais seulement de ceux qui étaient comme lui étrangers à la capitale (1). Ainsi pour la transportation qui eut lieu en 597 sous le règne de Joïakin, il faudrait ajouter aux 10000 hommes dont parle le livre des Rois, et qui étaient tous Jérusalémites, les 3023
Judéens de la campagne renseignés par le passage de Jérémie.
Il est vrai que le v. 29 ne dit pas que les 832 hommes transportés en la 18° année de Nebukadnesar fussent des Jehüdîm, des
Judéens provinciaux, mais ïl faut suppléer le mot suivant
lexigence du contexte aux vv. 28 et 30. À défaut d'autre solution on pourrait être tenté de se résigner
à celle-là ; mais nous doutons beaucoup de sa valeur. On s'explique difficilement l'intérêt qu'aurait pu avoir, même un
Judéen de la campagne, à relever le nombre d'exilés apparte
nant à la province, à l'exclusion de ceux de la ville. Cette
exclusion d’ailleurs aurait été formulée d’une manière très malheureuse au v. 29 où l’auteur parle de captifs emmenés de Jérusalem ! L'entête de la liste, au v. 28, ne se prête pas mieux à l'interprétation de Graetz.
Avant d'exprimer notre avis sur la portée précise des chiffres
renfermés dans le tableau de Jér. LIT 28-30, remarquons que
ce passage ne faisait pas primitivement partie du texte où 1l figure. C’est une notice qui à été insérée 1ci par une main
étrangère. Outre qu'elle fait défaut dans la version des LXX,
on n'en trouve pas davantage de trace dans le texte parallèle
“Hde2h. XX V. Ici la phrase : Æf Juda fut transporté loin de
son territoire (v. 21), sert de transition entre la relation des mas-
sacres de Ribla et celle des événements qui ne tardèrent pas à s’accomplir parmi les restes dela population que les conquérants
(1) Geschichte der Juden IT b S. 378 s.