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avaient laissés dans le pays sous l'administration de Gedala. C'est là le rôle propre et naturel de la phrase en question. Dans le ch. LII de Jérémie, v. 27, elle ne le remplit plus ; elle est restée là comme une sorte d’épiphonème terminant brusquement | un récit se rapportant à un tout autre objet. Il n'est pas difficile de deviner la raison qui a fait omettre dans ce chapitre l'histoire du meurtre de Gedalja dont notre phrase forme le début dans la naration de 2 R. XX V ; le livre de Jérémie renfermait déjà cette histoire avec tous ses détails, XL 7 ss. La comparaison du texte de 2 R. XXV à celui de Jérémie nous autorise à conclure sans la moindre hésitation, à l’origine distincte de Jér. LIL 28-30. mn
Cependant, on l’a remarqué avec raison, la précision avec laquelle les chiffres y sont indiqués, le total ajouté au v.: 30, garantissent à la fois l'autorité et l'intégrité des renseignements. contenus dans ce tableau sommaire. La difficulté consiste à déterminer l’objet auquel les renseignements se rapportent. Les relations du livre des Rois, le témoignage des prophètes Jérémie, Ezéchiël, Isaïie XL ss., nous défendent de recon- Ad naître dans le fragment de Jér. LIT 28 ss. un état général, absolument complet, des caravanes d’exilés que Nebukadnesar emmena de Judée en Babylonie. Quelle serait donc la vraie signification des chiffres qui y sont exposés ? On ne peut à cet égard se permettre que des conjectures. Voici celle que nous : considérons comme la plus plausible. Il est probable qu'outre les captifs qui étaient enlevés et déportés en masse comme colons, les vainqueurs avaient dressé des listes mentionnant d'une manière spéciale les individus et les familles dont ils tenaient avant tout à s'assurer (1). Le nombre de ces prisonniers
(1) On voit p. e. par Jér. XXXIX 13 ss., XL 2 ss. que l'attitude des partis politiques et de leurs chefs était prise en considération. Le massacre de Ribla en fournit une autre preuve en sens contraire. — Babylone avait aussi des pri RE sons pour ses ennemis qu'elle voulait châtier (2 R. XX V 27); elle avait surtout à pourvoir aux besoins de son luxe. Nebukadnesar nous a laissé dans ses inscriptions le souvenir des gigantesques travaux qu'il fit exécuter pour l’embellissement À We et la défense de sa capitale, Il fallait des bras au service de ces entreprises et c'était avant tout aux peuples vaincus qu’on les réclamait. |
de guerre à titre spécial était exactement déterminé ; les listes devaient s’en conserver ; l'importance de cette catégorie de captifs suffisait à les faire distinguer, aux yeux mêmes de leurs compatriotes, de la foule de leurs compagnons d’exil. Il n'est pas impossible que Jér.'LII 28-30 nous nous trouvions en présence d'un relevé sommaire de ces régistres de proscription. L'absence d’une indication expresse du caractère de la liste s'explique par le fait qu'elle était primitivement étran: gère au texte où elle figure, qu'elle y fut insérée par un procédé purement artificiel. Il y aurait donc eu, en l’an 597, lors de la déportation de Joïakin, 3023 personnes, y compris les femmes et les enfants comme le mot #52 aux vv. 29 et 30 permet de le supposer (1), emmenées comme prisonniers de guerre dans les conditions indiquées. Suivant l'hypothèse exposée plus haut et d'après laquelle les vv. 29 et 30, mentionnant d’une manière distincte les Jérusalémites et les Judéens provinciaux, se rapporteraient tous les deux à l’époque de la destruction de la ville Sainte, 1l y en aurait eu, en 586, 832 de Jérusalem et 745 du reste du pays ; au total quatre mille et six cents.
Compris en ce sens le passage de Jér. LIT 28-30 n'offre plus aucune contradiction avec les données, également dignes de foi, de l'histoire sacrée et des prophètes qui renseignent un nombre de captifs incomparablement plus élevé.
Il ne peut être douteux que l'empire de Babylone, après 586, renfermait dans son sein, répandue sur les bords de l'Euphrate et du Tigre, toute une population de fils d'Israël. Il n’est pas besoin pour l’affirmer, de recourir à la supposition que beaucoup de Juifs, après la ruine et la dispersion de la nation, allèrent volontairement rejoindre les colonies de leurs frères en Orient (2), ou qu'il y eut de nouvelles déportations de
(1) Le terme en question ne prouve pas précisément que le chiffre s'applique aussi aux femmes et aux enfants ; vr. Gen. XLVI 26, 27. — Peut-être les groupes visés Jér. LIT 28-30 ne comprenaient-ils que des hommes,
(2) Stricker, ap. Kuenen p. 88,
captifs (1). Les données fournies par l’histoire sn PiSOnS à V'étae U blir. Les caravanes qui quittèrent Jérusalem et la Judée en n : 586 ne furent pas, selon toute probabilité et à en juger par les … : circonstances, moins considérables que celles qui les. avaient ne
précédées en 597. Pour ces dernières, nous avons vu qu ñl faut
admettre le chiffre de 10,000 hommes de guerre, sans compter plusieurs autres catégories de captifs. Aux hommes il faut ajou- Le : : ter les femmes et les enfants (2) ; à raison de ce double élément il faudrait multiplier le chiffre des hommes par 4 ou 5 jee avoir br “5e le nombre total des captifs. a Les déportés de 597 eux-mêmes durent retrouver din ai terre de l'exil un grand nombre de leurs compatriotes qui les y. avaient devancés. Nous avons rappelé plus haut un passage de, l'inscription du prisme de Sennachérib où ce monarque raconte qu'il avait emmené en captivité plus de 200000 sujets du roi Ezéchias. Ces captifsauront été, dit-on, répartis entre différentes | provinces (3), mais 1l est permis de croire que la Babylonie en particulier en aura tout au moins reçu un contingent considé- “ fi rable, Nous savons que Sennachérib, dès le commencement de son règne, avait mis tous ses efforts à assurer son pouvoir en Babylonie où Merodach-Baladan s'était soulevé contre ’ empire | d | suzerain. La première expédition du roi de Ninive fui dirigée contre LUSUEpAIeR Il nous apprend dans l'inscription déjàmen- “ de 3 tionnée (4) qu'au cours de cette campagne il prit 75 villes fortes … et 420 places de moindre importance et qu'il en conduisit | population en exil. A son retour il soumit encore une vingtaine su de peuplades et emmena en Assyrie, outre un butin ste # rable, 208000 captifs de tout âge et de tout sexe. La Babylon. et les terres qui la rattachaient à l'Assyrie se,trouvaient done,. à la suite de cette guerre, en état de recevoir de nombreux colons. Ù in 44 xs Il est vrai qu'avant de tourner ses armes contre les états. de. l'ouest, Sennachérib avait encore, bien que dans une moindre mesure, dépeuplé d’autres contrées, notamment le pays des | Kassi et des Jasubigalli (5), ainsi que les villes du roi spa \
Ka “4 “ 2 (1) Graf, ibid, — (2) Jér. XXIX 4ss. — (3) Hommel, Geschichte Babyloniens ue und Assyriens p.105. — (4) col. I, 1. 33 ss. — (5) ibid: col. I, L. 72, AUS ANT
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bâra (1) ; mais ces vides furent remplis au moyen des captifs pris dans les expéditions antérieures (2), c’est-à-dire sans aucun doute d’une partie de ceux que la campagne contre Merodach- Baladan avait mis à la disposition du conquérant. Les 200150 Juifs que bientôt après 1l emmena captifs de sa campagne contre Ezéchias, avaient donc leur séjour tout indiqué en Babylonie. — Voici encore une donnée qui plaide pour cette conjecture. On rapporte communément à l'an 701 l'invasion de Sennachérib en Judée. Une vingtaine d'années auparavant le royaume de Samarie avait succombé à la puissance assyrienne ; la capitale, après un siège qui avait duré plus de trois ans, fut prise par Sargon en 722. Sargon rapporte qu’il en emmena en captivité 27290 habitants (3) ; or ceux-ci avaient été remplacés, encore une fois, par des colons originaires des villes de la Babylonie (4).
Rappelons à ce propos que la dépopulation du royaume de Samarie ne datait pas de ce jour. Tiglath-Pileser [IT assure qu'il en déporta les habitants en Assyrie (5). Son successeur Salmanasar IV, qui commença les opérations terminées après lui par Sargon, envoya sans doute lui aussi en exil, avec le roi Osée son prisonnier, bien des captifs tombés en son pouvoir pendant la campagne de dévastation qu'il mena par tout le territoire (6). Sargon ne réclame pour son compte que les habitants de la
ville même de Samarie (7).
De ces données, nous le répétons, il est permis de conclure qu'après les événements de 586, l'empire babylonien renfermait de nombreux établissements de colons israélites. Il dut en être
ainsi, à plus forte raison, à l'avènement de Cyrus. Nous savons en effet, comme Kuenen en a lui-même fait la remarque (8), que ces colons avaient, sur la terre étrangère, une existence
» (1) col. IH, 1. 15 ss. — (2) col. I, 1. 79 s., col. IT. 1. 27. — (3) Inscription monumentale de Dür-Sarrukin |. 24. — (4) 2 R. XVII 24, coll. Schrader Cun. Inscr. and the O. T. I. p. 268 ss. S'il fallait identifier le Kebar d'Ezéch. I, 1 avec le Habor, il résulterait de 2 R. X VII 6 que les exilés de 597 et ceux de 720 vinrent en partie occuper les mêmes territoires. Seulement cette identification est peu probable. — (5) Vr. Schrader Keilinschr. Bibl. II, p. 32-33. — (6)2 R. XVII 4, 5.
. — (7) Contre Winckler, Atttest. Untersuch. p. 97. — (8) p. 88.
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très supportable, de sorte que leur nombre n'a pu manqué de. À S
s’accroître pendant l'exil (1).
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B. Demandons-nous à présent si le nombre des compagnons ne
de Zorobabel, à savoir 42360 rapatriés, se trouve en dehors dora
toute proportion avec celui des exilés ?
De l'avis de Stade, le lecteur se le rappelle, ce nombre total
se rapporterait à la fois aux hommes, aux femmes et aux
enfants ; tandis que les chiffres de détail indiqués dans la. liste pour les diverses familles et les groupes locaux, ne viseraient que . les hommes seuls, sans distinction d’âge (2). Nous avons déjà dit plus haut que nous ne croyons pas qu'ainsi puisse s expliquer la différence entre la somme que l’on obtient en additionnant les chiffres partiels et le total indiqué dans la liste même. Ajoutons que l’argument allégué par Stade à l'effet de prouver
que ce total s'applique aux enfants et aux femmes aussi bien.
qu'aux hommes, n’est pas convaincant. D'après Nék. VIL 67, dit-il, le total indiqué ne comprend pas « les serviteurs € les servantes, les chantres et les chanteuses » ; or une exception
ainsi formulée ne se comprend que dans la supposition que l'on.
compte aussi des femmes dans le chiffre total. — On répondra
qu'il ne doit pas être, à proprement parler, question ici d'une. +.
excepuon. Néh. VIT 67 (Esr. IT 65) a simplement pour objet de rappeler qu'au corps des émigrants qui formaient la communauté nationale, se trouvaient associés un grand nombre. dada et de musiciens. Or pour cette catégorie de voyageurs, qui. n'étaient pas à considérer comme groupés en familles, qui.
‘étaient mentionnés simplement à titre de leur condition per- Ne
sonnelle ou de leurs fonctions, il n’y avait évidemment nulle.
raison, au point de vue du recensement, d'établir une distinction ;
entre les hommes et les femmes ; de compter ceux-là, de ne pas”. compter celles-ci. La question est de savoir si le dénombrement
des familles juives peut ou doit s'être fait dans 1e mêmes conditions ? |
(1) Jér. XXIX 4 ss. — (2) Stade II p. 106.
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À cette question, nous semble-t-il, on ne peut que répondre, comme le fait Kuenen, que chez les [sraélites, la règle était que les hommes seuls fussent comptés (1). La liste des compagnons de Zorobabel ne renferme aucun indice de nature à faire croire que ceux qui l’ont dressée se soient écartés de l'usage ; au contraire Esdras II 2°, Néh. VII 7°, on nous annonce « le dénombrement des hommes du peuple d'Israël ». Peut-on admettre, suivant le texte du 3° livre d'Esdras V, 41, que dans le nombre étaient compris tous ceux qui avaient dépassé l’âge de 12 ans ? Nous n'oserions pas le nier ; mais, à considérer seulement le texte des livres canoniques d’Esdras et de Néhémie, il nous semblerait plus probable que les chiffres se rappor-
tent seulement aux hommes qui avaient atteint l’âge viril. Nous acceptons comme total absolu de tous les individus, hommes, femmes et enfants, qui composaient la multitude représentée par les 42000 hommes de notre texte, le chiffre indiqué par Kosters à la suite de Smend (et d’autres encore) : 150 à 200,000 personnes. — Il est d'ailleurs certain, comme nous l’apprend la suite de l'histoire, qu’un grand nombre de Juifs ne profitèrent point de l’édit de Cyrus, mais restèrent établis dans la Baby- Jonie. |
Kuenen était d'avis que, dans ces conditions, le meilleur moyen de rendre compte du chiffre élevé donné par la liste, était de supposer que le dénombrement dont le résultat nous y est communiqué, se rapportait non seulement aux Juifs retournés de l'exil, mais en même temps à ceux qui étaient restés dans le pays lors de la déportation, et qui, au moment de la restauration. furent incorporés dans la communauté nouvelle (2).
Une pareille supposition n'aurait, de soi, rien qui ne fût parfaitement admissible. Mais trouve-t-elle un appui dans le texte ? Ni dans l’entête de la liste, ni dans les versets de clôture, nous ne trouvons un mot d’allusion à ces anciens habitants du pays qui auraient formé cependant, au sein de la communauté réta-
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