‹ Nouvelles études sur la restauration juive après l'exil de BabyloneChapitre 25 sur 65 · PP AE AA · texte numérisé non relu

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blie, une catégorie de membres entièrement distincte des autres. ÿ Au contraire, tout ce que nous lisons là, tend, directement ou. indirectement, à nous faire envisager ceux qui entrent en ligne L de compte pour le recensement, comme revenus de l'exil. Ainsi c’est le dénombrement des rapatriés « de ceux qui revinrent à Jérusalem et en Juda » qui est annoncé explicitement Esdr. IT

1, 59 (Néh. VII 6, 61) ; le texte nous renseigne sur le nombre … des bêtes de somme que les retournants avaient avec eux

(Esdr. II 66, Néh. I. par.), un signe manifeste que l'auteur se

représente les familles énumérées, non pas au pes de vue de leur organisation en communauté établie, bien qu'au moment où la liste fut dressée elles occupaient déjà le pays, mais en quelque sorte à l'état de caravanes, au moment du retour. C’est la description du retour, de l'arrivée et du rétablissement des exilés dans la mère-patrie que l’auteur de la ee veut nous donner. à. ï | Nous n'hésitons pas à le dire, les scrupules a auteurs semblent éprouver devant le chiffre donné par les. textes pour les compagnons de Zorobabel, nous semblent aussi.

peu justifiés que les explications auxquelles ils ont recours. A

considérer seulement les déportations de 597 et 586, personne ne serait fondéà soutenir que le nombre des exilés ne dépassa pas de loin le chiffre de 200,000. Les prophètes, nous l'avons |

entendu, attestent que la nation entière pouvait être considérée

comme vivant dans la captivité : et les données des livres: his-.

toriques ne sont point contraires à ce témoignage. Ceux que les Me Chaldéens avaient laissés dans le pays étaient « un reste » SL #

faible que, quand ils se furent réfugiés en Egy pte, la J udée et

ses villes étaient désertes. — Répondant à ceux qui exprimaient bia

l'avis qu'après 586 bien des Juifs pourraient avoir réjoint … volontairement leurs frères captifs en Orient, Kuenen demandait si ces immigrations n'auraient pas dû être autorisées au préalable par le pouvoir central (1 ); n’aurions-nous pas à notre tour le droit de demander si linvasion soudaine et simultanée |

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d'une trop grande multitude de Juifs, sans autorisation préa-

lable, aurait été tolérée en Egypte ? Ces réfugiés n'auront certes pas formé un peuple et pourtant ils étaient la masse de ceux

que Nebukadnesar avait épargnés. — On nous demande encore

pourquoi, au cas où la Judée aurait été dépleuplée à ce point, lès conquérants n'auraient point remplacé les anciens habitants par des colons ? (1) Les circonstances peuvent ne point s'être

prêtées à cette mesure sous Nebukadnesar ; celle-ci peut avoir paru superflue, étant donné que le royaume du Nord était peuplé de colons Babyloniens. De pareilles considérations ne peuvent rien contre le fait, que durant la captivité « Jérusalem et les villes de Juda étaient dévastées et abandonnées par leurs habitants » (2). Le même fait se prouve par l'influence considérable, parfois prépondérante, qu’exerça au sein de la commu-

nauté postexilienne, jusqu'à l'époque de Néhémie, l'élément étranger qui Se recrutait parmi les peuples voisins. Les

Samaritains, les Ammonites, les Arabes, se considéraient

Comme « chez eux » à Jérusalem et prétendirent même, plus

d'une fois avec succès, y imposer leurs volontés aux Juifs

revenus de l'exil. Dans les Mémoires de Néhémie nous lisons

que ces derniers vivaient côte à côte avec les étrangers, dans

les rapports les plus intimes, jusqu’au moment où le grand

patriote organisa la « séparation ». Tout cela ne prouve-t-il pas à l'évidence que durant l'exil le territoire fut occupé par les étrangers ? Il n'est donc point exagéré de dire que Nebu-

kadnesar avait dépeuplé le pays.

Au reste, pourquoi l’édit de Cyrus n’aurait-il pu être le signal du retour pour un certain nombre des descendants de ceux que les rois de Ninive avaient transportés autrefois en Orient ?

Kuenen ne veut point que les dix tribus aient contribué pour

une part à la restauration. Il en appelle à Esdr. I, 5 où il serait question seulement de Juda, Benjamin et Lévi s’apprétant au départ ; cela n’est pas exact, le texte parle en même temps, en

termes généraux, de tous ceux dont Dieu excita l'esprit... — Il

(1) Kuenen 1, c. p. 86.

(2) Jér, XLIV 255,

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est d’ailleurs bien sûr, nous l’accordons volontiers, que J uda et 5" Benjamin formèrent tout au moins l'élément principal parmi les retournants. On comprendra sans peine que les.anciens habitants de Jérusalem et ceux qui avaient été conduits en exil | avec eux lors de la destruction de la ville sainte, ceux qui

n'étaient séparés de la patrie que depuis un demi siècle et,

parmi lesquels un grand nombre survivaient qui avaient'été témoins de sa splendeur et de sa ruine ; ceux dont le groupe comprenait les chefs de la restauration nationale et religieuse du peuple juif, on comprendra, disons-nous, sans aucune peine, que ceux-là devaient former, vis-à-vis des générations nées sur. la terre de l'exil, le noyau autour duquel se reconstituèrent au moment du retour, les restes de la nation depuis longtemps dispersée. Ainsi s'explique également le titre mis en tête de la liste des rapatriés ; ils y sont appelés « ceux que Nebukadnesar avait transportés à Babylone » (Esdr. IT 1, Néh. VIT 6) ; non point comme si, parmi eux, il n'avait pu y avoir où quil ny. aurait eu guère de descendants des exilés d'autrefois, mais

parce que les captifs de Nebukadnesar formaient moralement

l'élément principal de lIsraël nouveau, de même que leur déportation avait marqué la fin de l’ancien Israël. C'était le conquérant babylonien qui avait achevé la dispersion du peupleet porté le dernier coup dans l’œuvre de destruction et de ruine . d'où se relevait la nation rendue à la liberté par Cyrus. Voilà

pourquoi les captifs reprenant le chemin de la patrie, alors

même qu'ils auraient compris dans leurs rangs bien des frères dont l'exil remontait à des générations plus anciennes > pouvaient être appelés en corps « ceux que Nebukadnesar avait trans- | portés à Babylone ». :

Que les retournants représentent réellement Israël tout entier, on pourrait en trouver un indice tout d'abord dans le second … verset de l’entête de la liste. Les douze noms énumérés en. premier lieu rappellent les douze tribus (Néh. VII, 7). Immédiatement après on annonce « le dénombrement des hommes d'Israël » (Esdr. II 2, Néh. 1. c.). À la fin, c’est encore Israël qui est rétabli dans ses villes (Æsdr. v. 70). Il est vrai que l'on

" (Lu ",

à ‘are p. , HENAT 61

4 + NTE

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pourrait expliquer, et qu'on explique d'ordinaire le rapport dans lequel la communauté postexilienne se place ainsi vis-àvis de l’ancien Israël, comme l'effet d’une fiction. Mais il ne nous paraît pas aussi sûr qu'on le suppose généralement, qu'il n y ait eu à cette fiction aucun fondement réel. Cette fiction suppose tout d'abord que les rangs étaient de fait ouverts aux descendants des tribus du Nord. Du v. 59 ch. IT d’Esdras (Néh. VII 61) il faut conclure que pour étre reçu dans la communauté, il était requis, et il suffisait, que l'on fût reconnu d'origine israéhite. La restauration telle qu'elle est décrite dans la vision d’'Ezéchiël s’accomplit par et pour les douze tribus. Le prophète Zacharie, s'adressant au peuple rétabli en Judée, l'appelle : maison de Juda et maison d'Israël (VIIT 13), Juda et Israël et Jérusalem (IT 2) (1). |

Dans tous les cas, quoi qu'on pense de la part prise à l'œuvre de la restauration par les descendants des anciens exilés du royaume de Samarie, 1l n y a pont de raison sérieuse à faire valoir contre la supposition que les familles judéennes dont Sennachérib avait peuplé les rives de l’Euphrate et du Tigre sous le règne d’Ezéchias, ont pu fournir un contingent considérable, soit aux caravanes des rapatriés sous Cyrus, soit aux établissements juifs qui restèrent fixés dans l'intérieur de l'empire persan.

M. Elhorst a exprimé l'avis que la liste des rapatriés, dans sa forme primitive, comprenait exclusivement le relevé des familles qui s'en retournèrent à Jérusalem des villes de la Palestine où la terreur les avait reléguées (2). Nous ne saurions admettre cela. Mais il n’est pas impossible que des exilés de cette catégorie aient été compris dans le dénombrement Esdras II. Cette conjecture serait bien plus acceptable que l’explication que suggérait A. Kuenen et que nous avons écartée plus haut.

En somme rien ne nous autorise à affirmer que le nombre de ceux qui auraient suivi Zorobabel en Judée, suivant les

(1) Voir plus loin.

(2) L. suprac:t. p.97 s.

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données traditionnelles, soit en dehors de toute proportion nt

avec le nombre des Juifs partis autrefois pour l’exil.

S 3. Les Prophètes Aggée et Zacharie.

Une des questions les plus intéressantes traitées par M. Kosters dans sa dissertation (1), est sans aucun doute celle qui regarde l'attitude qu'observent les prophètes Zacharie et Aggée, le langage qu'ils tiennent vis-à-vis du peuple auquelils s adressent, la situation qu'ils supposent autour d'eux. Non pas, nous, nous sentons obligé de le dire franchement dès le début, non

pas que les données qu'il a cru découvrir chez les deux pe |

tes prêtent à sa théorie un fondement plus résistant. que les arguments déjà passés en revue; nous verrons que Zacharie

témoigne de la façon la plus ie contre cette théorie. Mais certains faits d'ordre littéraire sur lesquels M. Kosters à vivement fixé l'attention, méritaient d’être examinés de près. 10

Cet examen, tout en nous amenant, comme nous venons de le. dire, à un résultat entièrement opposé aux conclusions de Kosters, nous fit apercevoir le véritable point de vue de Zéchates

dans les six premiers chapitres de son livre, et du coup nous Re

fournit la clef pour l'explication de toute une série de PR obscurs.

M. Kosters insiste beaucoup sur la recommandation que son. Ke

système rencontre chez les prophètes Aggée et Zacharie ; il: nn attache visiblement une grande importance et s'exprime à ce.

sujet avec une assurance entière. « Si à l'époque de Cyrus, di un

il, plus de quarante mille exilés sont retournés en Palestine,

nous avons le droit d'attendre que Haggaï et Zacharia feront ét Ni

quelque allusion, au moins une seule, à un événement aussi important pour l'histoire de leur peuple. Or tel n'est pas. le cas. dt De leurs prophéties nous ne pouvons point conclure que ae peuple auquel ils s'adressent, se compose en partie de bar

rapatriés (2) ». Nous croyons au contraire qu il ya bien Due ;

(24. M9 CL DAPR:

AE

Fr Es. Port #

PNB

” qu'une allusion à cet événement, notamment dans le livre de Zacharie. Ecoutons les considérations que le savant professeur de Leyde fait valoir en faveur de son système d'interprétation. Il ne se contente pas, en effet, d'affirmer que les deux prophètes de la restauration ne font aucune allusion au retour des captifs ; il entreprend de montrer qu'ils tiennent à cet égard un langage inconciliable avec l’enseignement traditionnel. Nous n’aurons qu'à suivre M. Kosters pas à pas pour arriver à l'exposé de nos propres vues ; C'est en réponse à son dernier argument que nous comptons les établir.

On nous fait donc remarquer qu’Aggée et Zacharie appellent le

peuple qui les entoure E%55 ou 75 O3 (Age. I, 2, 12 ; IT, 14),

souvent aussi 0357 D'NO (Age. [, 12, 14; II 2) ou DNE

13 O3 (Zach. VIII 6, 11, 12). Ces dernières expressions nous font envisager le peuple comme un reste, et nous font songer bien plutôt à une population qui n’a jamais quitté le pays qu'à des rapatriés. La portée attribuée à ces expressions est confirmée par plusieurs passages de Jérémie qui appelle en effet un reste, les Judéens que Nebukadnesar avait laissés dans leur patrie. — Nous ne pouvons reconnaître aucune valeur à cette observation. Il est trop clair tout d'abord que les dénominations de O3, 151 DS, pouvaient s'appliquer aussi bien au peuple revenu de l'exil, qu'au peuple qui serait resté dans le pays. Au ch. VIII de Néhémie, se rapportant à une époque où de l'avis de M. Kosters la communauté des rapatriés était dûment établie, celle-ci est désignée de la même manière vv. 3, 0 (ter), 6, 7 (bis), 8 (bis), 9, 11, 12, 18, 16 ; vr. encore Néh. X 35. De même Zsdras X 1, les colons ramenés par le Sopher sont compris parmi le peuple O5. Nous n'insistons pas ; il est trop manifeste que le peuple revenu de lexil pouvait être appelé le peuple ou ce peuple. Quant à l'expression 0353 DONC le reste du peuplé, ou le reste de ce peuple, elle n’a en aucune manière le sens qu'on veut lui donner. Encore une fois, les Judéens emmenés en captivité, ceux qui plus tard revinreni de l'exil, aussi bien et au même: titre que ceux qui

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