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seraient restés dans le pays, étaient tous un reste, le reste di : à peuple d'autrefois, et tous pouvaient être désignés de cette manière. Néh. VII 72 les Juifs constituant déjà. d'après le système de M. Kosters, la communauté de la Gola, sont appelés O5 DNS (1); Æsdras IX 13-15 le Sopher supplie. Dieu d'épargner la NN /e reste, dont font sans doute partie les
exilés ramenés par lui; chez Jér. XXIII 3 Jéhova déclare qu’il rassemblera le reste de son troupeau (2XS P°N2 DK) de
toutes les terres où il a été dispersé ; Jér. XXXI 7 le peuple, délivré de l'exil (ou à délivrer de l'exil) est appelé Le reste …
d'Israël "©" D'NT ; ce terme figure ici comme synonyme de €
peuple de Jéhova. Il en est de même /s. XLVI 8. Voyez encore
Mich. IL 12: « Je te rassemblerai tout entier, Ô Jacob, je
réunirai le reste d'Israël (D D'NÜ), je le réunirai comme un troupeau dans le bercail » etc. ; le passage est parallèle à celui | de Jér. XXXI 7ss.; Michée IV 7 à rapprocher également de |
Jér. XXXI 8 ; Jér. VIII 8 Le reste de ceux qui sont restés, ce ie
sont ceux que Jéhova a dispersés parmi les nations, de même « que 2 R. XXI 14. Nous pourrions multiplier ces exemples. 5. mais en voilà assez pour motiver notre appréciation de l'argu-. ment de M. Kosters. Sans doute Jérémie pouvait appeler un. reste les Juifs que le conquérant babylonien avait laissés dans.
le pays ; encore est-il à noter que ce reste comprenait ceux qui
s'étaient retirés dans les pays voisins (XLIII 5), et que plus tard la colonie des réfugiés en Egypte, après le meurtre de
Gedalja, est pareillement appelée le reste de Juda (XLIN 12):
De là à conclure que seuls les Juifs qui étaient restés dans là
mère-patrie pouvaient être ou étaient de fait désignés sous ce nom, il y à très loin. Nous le répétons, le terme en question sert simplement à exprimer le rapport entre le peuple actuel = et celui d'autrefois. La communauté des rapatriés était lereste
(1) On pourrait nous faire remarquer qu'il s’agit ici du reste du peuple relati- De vement aux princes et aux chefs de famille dont il vient d'être question vv. 70,71
Nous répondons que les endroits d’Aggée allégués par Kosters sont absolument \
de même nature I 12, 14, II 2 : Zorobabel, Jeschoua et tout le reste du peuple. DR — Néh. XI 20, Esdr, VI 16, etc. [peuvent égalément être cités dans ces conditions. Sr
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d'Israël, le reste du peuple. Zacharie au ch. VIIT avait d'autant plus de raison de l'appeler ainsi, qu'en ce passage il salue précisément l'avènement d’une ère nouvelle : le reste, ce sont les sauvés, ceux qui sont témoins de la restauration (v. 9), qui goûteront les bienfaits de la paix après la tribulation (v. 10, 12), pour qui la malédiction sera changée en bénédiction (v. 13) ; cfr. Esdras IX 13-15. Dans tout cela il n’y à pas l'ombre d’un indice que jusqu'ici 1l n y a pas eu d'exilés revenus de Babylone.
Mais lorsqu'Aggée demande (II 3) « qui reste-t-il parmi vous qui à vu cette maison dans sa gloire première ? » ne songeonsnous pas naturellement à des gens qui ont survécu, dans le pays même, à la destruction du temple ? (1) Nullement. Nous songeons à des gens qui ont survécu, jusqu'aujourd'hui, à la ruine du temple et qui sont témoins de sa reconstruction.
Les Judéens auxquels nos prophètes s'adressent, sont appelés par eux VONT DS le peuple de la terre (Age. IT 4, Zach. VIT 5). Or, dit-on, dans les livres d’Esdras et de Néhémie cette dénomination est donnée à la population impure dont le véritable Israël, revenu de lexil, doit se séparer. Donc à l'époque d'Aggée et de Zacharie le retour n'avait pas eu lieu (2). — Cet argument-c1 tendrait plutôt à nous faire croire que les prophètes s'adressent à des païens, et non pas à des Israélites. Il est cer- tain en effet que chez Néhémie, non seulement les fils d'Israël (IT 10), mais les Juifs (LIT 33 ss., VI 17, 18) ou Juda (IV 4 ss.) sont distingués des peuples des terres ou de la terre, comme de païens, de peuples étrangers avec lesquels les mariages seront désormais défendus. Lorsqu'il est dit, p. e. Néh. IX 30, que Jéhova a livré les ancêtres aux mains « des peuples des terres », il est difficile de voir dans ces derniers les auteurs de la restauration du temple. Les peuples de la terre qui poussent à la violation de la loi en introduisant et vendant des marchandises le jour du sabbat (Néh. X 32), ce ne sont pas les Juifs auxquels prêchaient Zacharie et Aggée, mais p. e. les marchands de Tyr (XIIT 16) ; c'est de ces peuples-là que les Juifs
(1) Kosters p. 20.
(2) Ibid.
doivent se séparer. « Les peuples de la terre » dont les fervents se plaignent que le peuple d'Israël n'est pas séparé, ce sont « les Cananéens.… les Ammonites, les Moabites, les Egyptiens », etc. (Zsdr. IX 1). Ce n'étaient pas ceux-là, à coup” sûr, qui avaient formé le public de nos deux prophètes. Lorsque Schekanja s’accuse au nom de ses compatriotes « qu'ils ont pris des femmes étrangères d’entre les peuples de la terre » ( Esdr. X 2), ce ne sont évidemment pas les prétendus Judéens impurs qui sont visés par cette appellation ; vr. encore Æsdr. X, 0, | 11, etc. On voit qu'il faut user de prudence dans les rapprochements. ht La dénomination de Ÿ7%57 OS, peuple de la terre, semble parfois employée, notamment dans le livre des Rois, pour désigner les Judéens de la province en opposition avec les habitants de Jérusalem. S'il fallait donner un sens spécial à cette expression aux deux endroits où on la rencontre chez Aggée et Zacharie,. rien n’empêcherait qu'on s'en tienne à celui-là. Nous savons en effet que les exilés ramenés par Zorobabel s ’établirent dans les environs de Jérusalem bien plus que dans la ville sainte ellemême (Néh. TIT, VIT 4 etc.). Mais la signification ordinaire de l'expression, quand elle s'applique au peuple juif, est simple- CE ment celle de peuple (plebs) en opposition avec les princes, les | nobles, ou les prêtres. Fe M. Kosters poursuit en faisant remarquer qu Agées et Zacharie ne donnent jamais au peuple qui les entoure le nom. d'Israël ; ils se contentent de l'appeler Juda (Zach. Il 16) ou maison de Juda (VIII 19). Or le même phénomène s'observe dans les parties anciennes des six premiers chapitres d’Esdras. La communauté rétablie en Palestine porte le titre d’ Israël, et À le porte seulement, après le retour des captifs, après le retour # d'Esdras. /sraël, dans la liitérature postexilienne, c’est la
nation rétablie à l’aide des éléments arrivés de Babylone. D'où mn
il faut conclure qu’à l’époque des deux prophètes ül n'y avait | | pas eu de retour de l'exil. he
Mais 1° il n’est pas exact que la communauté à ne porte le titre d'Israël qu'après le retour d’Esdras. Même
LR pois
abstraction faite du document renfermé aux ch. II d'Æsdras, VII de Néhémie, et de bien d’autres passages où M. Kosters nous met en garde contre les interpolations ou l'influence du Rédacteur (notamment Zsdr. X),ou qu'il rapporte après l'époque d'Esdras, nous trouvons cette appellation employée dans les Mémoires de Néhémie : celui-ci est venu travailler au bien-être des fils d'Israël (I 10), et il entend évidemment par là les Juifs établis aux environs de Jérusalem. Lorsque Néhémie reproche aux violateurs du sabbat qu’ils augmentent la colère divine contre Zsraël (XIII 18), il désigne sans aucun doute avant tout sous ce nom la population actuellement établie en Judée. De même ÆZsdras VIII 29, les familles d’Zsraël sont établies à Jérusalem avant l’arrivée des nouveaux colons. 2° Zacharie au ch. VIII v. 13 emploie comme expressions équivalentes, c.-à-d. également applicables à ses auditeurs, celles de maison de Juda et maison d'Israël. Seulement M. Kosters trouve que ces mots ont l'air d'être interpolés ; il en appelle à leur omission, non justifiée, dans la version de Wellhausen. Jusqu'à meilleure preuve du contraire, nous tenons l'apostrophe, qui est entière-
ment dans le style de Zacharie (1) et qui est motivée par le
fait qu'au v. 13 le prophète se retourne vers ses auditeurs après les considérations exposées aux vv. 10-12, nous tenons, disonsnous, lapostrophe comme appartenant au texte. 3° Pour Zacharie, il est certain que le peuple restera Juda et continuera à être désigné sous ce nom, même après la restauration complète : « Et Jéhova possèdera Juda, son héritage, dans la terre sacrée, et Jérusalem sera sa cité de prédilection » (II 16, cfr. VIII 19, 23). D'après la terminologie du prophète, on le voit, la communauté des rapatriés pouvait parfaitement s'appeler maison de Juda. D'autre part 4° la dénomination de peuple d'Israël sert à désigner, non seulement les Juifs établis dans le pays avant l’arrivée d’Esdras, mais même ceux qui s'étaient souillés par des mariages avec les étrangers. On vient dire à Esdras : « Le peuple d'Israël et les prêtres et les lévites ne
(1) II 2 Juda et Israël et Jérusalem.
sont point séparés des peuples des terres, » etc. (EX 1). Le passage appartient aux Mémoires mêmes du Sopher. Malheureusement, comme il fallait s’y attendre, M. Kosters ne retrouve plus ici le texte primitif dans toute sa pureté (1).
Les noms sous lesquels Aggée et Zacharie désignent les auteurs de la reconstruction du temple, ne plaident donc en aucune façon contre l'identification de ces derniers avec les exilés revenus de Babylone. |
Que le peuple auquel les prophètes s'adressent possède des champs, des vignes, des oliviers et des figuiers ; que jamais on. ne distingue une catégorie d'anciens habitants et une autre de nouveaux-venus (2), tout cela peut être parfaitement vrai sans contredire en rien l’histoire du retour de Zorobabel et de ses compagnons, arrivé dix-huit ans auparavant. Les anciens habitants, d’origine israélite, étaient comme nous lavons vu, réduits à un très petit nombre. Au moment de l’arrivée de. leurs frères d'Orient, ceux d’entre eux qui étaient restés fidèles à la cause nationale, n’auront pu que se joindre aux rapatriés pour reconstituer le peuple juif, la maison de Juda, en face de l'élément étranger qui pendant un demi siècle avait dominé le territoire et dont l'influence devait encore trop longtemps se faire sentir dans la suite.
Nous arrivons à des textes dont l'étude nous fournira l'occa-
sion, nous osons en exprimer l'espoir, d'établir que Zacharie atteste d’une manière positive le retour des exilés, sous la conduite de Zorobabel et de Jeschoua, avant l’époque de son. ministère. M. Kosters a mis en relief certains éléments d'un Pipe littéraire très intéressant, mais assez comphque, : dont il n’a pu indiquer la vraie solution, parce qu'il n'en a pe suffisamment considéré toutes les données.
Il commence par relever le fait que Zacharie $ ‘exprime absolument comme si le temps du châtiment durait encore (3).
(1) p. 117. — (2) Kosters p. 21. — (3) p:22:
AA, D ÉEuES
Les vv. 1-6 du ch. I ne donnent pas encore cette impression, quoi quen dise M. Kosters (1) ; il est impossible de voir ici autre chose qu'une exhortation à la fidélité envers Jéhova, appuyée sur le souvenir des châtiments qui furent provoqués par l'impiété des pères et leur mépris de la parole des prophètes. Mais au v. 12 du premier chapitre, il semble clairement supposé que le temps de l'épreuve n'est pas fini : « l'ange de Jéhova répondit : Jéhova des armées, jusqu'à quand attendrezvous d'avoir pitié de Jérusalem et des villes de Juda contre lesquelles vous êtes 1rrité, voici soixante-dix ans ? » D'après Zach. IT 16 le jour où Jéhova possèdera Juda comme héritage est encore à venir. Le retour de l'exil est présenté comme futur Zach. IT 5ss., 10 s. ; dans ce dernier endroit le prophète fait entendre un pressant appel aux exilés de Babylone : « Malheur ! Malheur ! fuyez du pays du nord, dit Jéhova, car Je vous ai dispersés aux quatre vents du ciel (2), dit Jéhova. Sion, sauve-to1, qui habites dans Babel ! » Comment expliquer ce passage sans faire violence au texte, demande M. Kosters, si Cyrus avait déjà auparavant autorisé le retour ? Ailleurs Babel est présentée comme étant toujours l’objet de la colère de Jéhova (Zach. VI 1-8, V 11 ; IT 11). — Dans la prophétie de Zacharie il n'est fait mention qu'une seule fois de la Gola, des captifs de Baäbylone, mais en des circonstances qui font supposer que le peuple exilé est toujours là-bas, qu'il n'est point encore revenu dans la patrie. Nous lisons au ch. VI v. 9-15, que Zacharie reçoit l'ordre d'agréer des dons pour le temple, de la main de certains personnages arrivés de Babylone ; il semble bien qu'il s'agisse d’une députation venue de l'étranger. D'ailleurs à l'occasion de cette démarche, Zacharie prédit que « des gens viendront de loin travailler à la construction du temple de Jéhova >». Si déjà sous Cyrus il était arrivé en Palestine un grand nombre de Juifs qui prennent part à l'œuvre du temple, Zacharie aurait-il pu s'exprimer ainsi, sans faire la moindre allusion aux rapatriés ? Quel sens faudrait-il attacher
(1) lc.
(2) Ou bien : car je vous étendrai comme les quatre vents du ciel.
Se tie
à cette prophétie, si ce qu'elle prédisait était déjà accompli
pour une bonne part ? (1) Le Commençons par compléter l'exposé qu'on vient de lire et
par en mettre certains points en plus ample lumière.
1° Nous nous sommes abstenu de reproduire les rapproche- 1
ments établis par M. Kosters entre l’un ou l’autre des passages.
indiqués et certaines paroles des chapitres VIT-VIIT. Pour … Fi
apprécier convenablement le sens ou la portée d'un bout de phrase, il faut le considérer dans le contexte auquel il appar-. tient. Nous nous réservons de revenir plus loin sur les vv. 2-8 du ch. VIII, qui comprennent, comme nous croyions l'avoir suffisamment démontré, des citations d’anciens prophètes (2).
Ici nous nous contentons de relever le fait qu'aux chapitres … VII-VIII de la prophétie de Zacharie, il est supposé de la façon la plus formelle, que l'ère des épreuves et des châtiments a pris fin. Lorsque les délégués du peuple, Schareser et Regem=. melech, viennent consulter les prêtres et les prophètes sur la question desavoir « si le jeûne du 5° mois devait être encore observé », comme on l’avait fait depuis des années, qu'est-ce à
dire ? Ce jeûne avait été institué en souvenir de la destruc-
tion de Jérusalem et du temple par l’armée de Nebukadnesar (3). En la 4° année de Darius (Zach. VII 1) la maison de Dieu.se… relevait de ses ruines ; fallait-il continuer de célébrer dans le. deuil la mémoire des douloureux événements de 5862 Il est manifeste qu'aux yeux du peuple et de ses délégués, la restauration du temple marque la fin de l’ère de malheur; c’est là la raison de leur doute et de leur démarche. Un pourrait déjà se. demander ici s'ils auraient pu envisager la situation de cette ; manière si en ce moment le gros de la nation avait toujours été retenu dans la captivité à Babylone ? Lie Mais écoutons la réponse du prophète ; on verra que la | question posée par Schareser et Regemmelech prend pour lui une portée plus large que ne le comportait la stricte signification des termes (4) ; Zacharie la comprend, non seulement du jeûne
Re (1) Kosters, p. 25, 45. — (2) Zorobabel et le second temple, p. 66-76. mi. Jér. de LIT, 12-13. — (4) SEE Hitzig-Steiner in h. 1. Le
TE
du 5° mois, mais en même temps des jeûnes du 4°, du 7°, et du 10° mois (1). C'était pendant /e 4° mois (de la 11° année de Sédécias) que la ville sainte avait été prise (2), le siége de la ville avait commencé au 10° mois (de la 9° année du même roi). Enfin Le 7° mois devait la place qu'il occupait dans la série de ces dates tristement mémorables, au meurtre de Gedala ; ce crime, comme le lecteur se le rappelle, avant eu pour résultat d'achever la dispersion de la nation.
. Que répond Zacharie à la question qui lui est posée ? Après
des considérations préliminaires qui s'étendent depuis VII 4
jusqu'à VIII 8, voici comment 1l s'exprime à partir du v. 9 de
ce dernier chapitre : « Ainsi parle Jéhova des armées : que vos
mains soient fortes, Ô vous qui entendez en ces jours ces paroles de la bouche des prophètes qui (vivent) au jour où la maison de Jéhova a été fondée pour que le temple soit bâti ! Car avant ces jours 1l n’y avait point de rémunération pour l’homme, il n'y avait point de rémunération pour l'animal. La crainte de lennemi (ou bien /a terreur qui règnait ?\ ne permettait point
d'aller et venir en sécurité, et j'avais lâché tous les hommes
les uns contre les autres. Maïs maintenant je ne ferai plus
comme autrefois envers le reste de ce peuple, dit Jéhova des armées ; car la semence de la paix (est jetée), la vigne donnera son fruit et la terre donnera son produit et les cieux donne-
ront leur rosée, et je donnerai en héritage au reste de ce peuple
tous ces biens. Et il se fera, de même que vous avez été une malédiction parmi les nations, maison de Juda et maison d'Israël, ainsi je vous sauverai et vous serez une bénédiction ! Ne craignez rien, que vos mains soient fortes. Car ainsi parle
. Jéhova des armées : de même que j'avais résolu de vous accabler de maux, lorsque vos pères provoquaient mon courroux, dit Jéhova des armées, et que je n’ai point eu pitié ; ainsi J'ai
changé mon dessein et j'ai résolu en ces jours de combler de biens Jérusalem et la maison de Juda. Ne craignez point! Voici les observances que vous garderez : soyez sincères dans