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année de leur arrivée dans la patrie, ils commencèrent sous la conduite de Zorobabel les travaux au temple. Mais à peine les fondements avaient-ils été posés, que des difficultés soulevées par les Samaritains vinrent entraver la grande œuvre. Les travaux furent suspendus jusqu'en la seconde année de Darius I, c'est-à-dire jusque vers 519. — C’est ici que vient se placer le passage indiqué tout à l'heure, IV, 6-23, qui se rapporte à un tout autre objet. Le récit concernant le temple reprend au Ch. IV. v. 24 et continue sans interruption aux ch. V et VI. Toute cette partie, depuis le ch. IV v. 8 Jusqu'au v. 18 du ch. VI, est écrite en langue araméenne. — Donc en la seconde année de Darius (IV 24), stimulés par les prophètes Agvée et Zacharie, Zorobabel et ses compagnons reprennent vivement l'œuvre interrompue (ch. V v. 1 ss.). Des fonctionnaires officiels viennent s’enquérir auprès des travailleurs des noms des auteurs de l’entreprise; 1ls s'informent des titres qu'ils ont à reconstruire le temple et font un rapport au roi Darius. Le roi répond que le décret de Cyrus allégué par les Juifs a été reconnu authentique et qu'on doit leur permettre d'achever les constructions, qui du reste, cette fois, n'avaient pas subi d’arrêt. Grâce aux dispositions favorables montrées par la cour, l’œuvre avança rapidement et fut entièrement terminée le 3° jour du mois d'Adar, de l’an 6 de Darius. — Dans les récits dont nous venons d’esquisser les lignes principales, le chef qui ramena les Juifs émigrants de Babylone à Jérusalem sous Cyrus, est, en deux endroits, nommé Scheschbassar (£sdras I 8 et V 14, 16).
Les données du livre d'Esdras relatives à l'histoire de la reconstruction du temple, ont soulevé des discussions où l'on vit se produire les systèmes chronologiques les plus divergents. Nous ne rappellerons ici que deux ou trois traits caractéristiques des diverses opinions qui furent mises en avant.
Suivant certains auteurs, le Darius en la sixième année duquel le temple fut achevé par Zorobabel, ne pouvait être Darius I fils d'Hystaspe (521-485), mais n'était autre Darius Il (423-405). Ceux-là se voyaient amenés à voir dans Scheschbassar et Zorobabel deux personnages différents, le premier ayant vécu sous Cyrus, le second longtemps après.
D'autres, reconnaissant que le Datiis en {question sat ri Darius I, prétendaient qu’en la seconde année de ce roi, la Ah ie reconstruction du temple fut, non pas reprise après une interrup- ES tion de plusieurs années, mais commencée pour la première de. fois. La partie du récit d'Esdras, à savoir le chi, Fetes ps ; premiers versets du ch. IV, où il est raconté que les fondements furent jetés par Zorobabel et ses compagnons revenus à. Babylone sous Cyrus, dès la seconde année de leur arrivée à Jéru-. Ro salem, et que les travaux furent suspendus ensuite jusqu’ en la “eee seconde année de Darius, cette partie du récit, disons-nous, re n’était, à en croire les critiques dont nous parlons, es . ei d'aucune foi. On s’appuyait surtout pour soutenir cette thèse. sur les témoignages d'Aggée et de Zacharie ; on ajoutait que +. pee 7 relation des ch. V — VI d'Esdras contredisait elle aussi sur » ce point, les données légendaires du ch. LIL et IM 15 n Parmi les partisans de cette théorie, les uns admettaient l'iden- Pie tité de Scheschbassar et de Zorobabel, d’autres la rejetaient, d’autres enfin semblaient hésiter à cet égard Faire 1: ï 7e
En 1892 nous avons publié une étude consacrée à l'examen Ne de ces questions (1). Nous nous y sommes attaché à. montrer 1° que le temple fut achevé en la sixième année de Darius I | fils d'Hystaspe, c'est-à-dire vers lan 516- 515 (2). L'opinion insoutenable qui prenait le roi des chapitres V-VI d'Esdras Fe sh pour Darius [, résultait d’une simple méprise au sujet du ee passage du ch. IV v. 6-23, où l’on voit sur la scène les. rois Xerxès I (485-465) et Artaxerxès I (465-424) ; ces rois ne sont. pas à considérer comme prédécesseurs du Darius du ch. Ve Le. passage en question ne se trouve pas ici, au point. de vue Che. chronologique, à sa place ; les faits dont il s'occupe sont Re ds . rieurs à l'affaire du temple qui fait encore l’objet des ch. V-VME.. Il n'est pas douteux d'ailleurs que suivant les données du livre d'Esdras, Zorobabel est revenu à Jérusalem sous le règne de Cyrus avec la première caravane d'émigrants (3). 2° Nous avons de
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(1) Zorobabel et le second temple, étude sur la chronologie des six premiers ve à chapitres du livre d'Esdras. Gand et Leipzig, Engelcke 1892, — (2) L. c. p. 10-25. — (3) 1. ec. p. 25-29, et 385. : DATE +
établi ensuite que selon toute probabilité les deux noms de Scheschbassar et de Zorobabel désignaient un seul et même personnage qui portait le premier, un nom babylonien, dans ses rapports avec la cour orientale, et le second dans ses rapports avec le peuple juif (1). 3° Il nous a paru en troisième lieu que les prophètes Aggée et Zacharie, loin de contredire les données du ch. III d’Esdras sur la date de la fondation du temple, témoignaient plutôt en leur faveur ; que la relation du ch. V d’Esdras était parfaitement d'accord avec celle des ch. III et IV 1-5; qu’enfin cette dernière, considérée en elle-même, n'offrait aucun caractère de nature à provoquer ou à justifier la défiance (2). 4° Bien plus, nous avons signalé des indices sérieux d'origine commune pour les récits du livre d'Esdras qui décrivent le premier retour des captifs, la fondation, et la reconsitruction du temple (3).
Au début de notre étude sur Zorobabel et le second temple nous avions mentionné, sans nous y arrêter davantage, une opinion, que son auteur lui-même, M. Vernes, proposait comme une simple conjecture. Etait-il bien certain que Zorobabel fût jamais revenu de Babylonie ? Ne pouvait-on voir en lui le chef des Judéens restés en Palestine lors de la déportation des Juifs par Nebukadnezar ? Nepouvait-on croire que le temple fut rebât, non pas par des Juifs revenus de Babylonie sous le règne de Cyrus, mais par cette partie de la population qui n'avait jamais quitté la mère-patrie pour la terre de l'exil ? (4)
Voici, à présent, quelle est l'attitude prise par M. Kosters vis-à-vis des questions dont nous avons suffisamment exposé les termes dans les lignes qui précèdent.
Tout d’abord il maintient que le récit du ch. III d’Esdras, d'après lequel les fondements du temple auraient été posés sous Cyrus, n’a aucune autorité historique ; d'après lui les
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prophètes Aggée et Zacharie attestent de manière à ne permettre aucun doute, que les travaux du temple ne furent inaugurés pour la première fois qu'en la seconde année du règne de Darius I (1). — M. Kosters va plus loin. Il reprend comme une thèse à démontrer, l’idée qu'avait suggérée M. Vernes. La prétendue histoire du retour des Juifs dans leur patrie sous le
règne de Cyrus, est une pure fiction. Zorobabel et son auxiliaire
le grand-prêtre Jeschoua, n’ont rien de commun avec Babylone;
ce ne fut que longtemps après eux que, sous la conduite d'Es-
dras, on vit pour la première fois revenir de la terre de l'exil à Jérusalem, une caravane d'émigrants.
C'est encore et.
avant tout à Zacharie et Agoée que le critique neerlandais à.
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recours pour soutenir ces affirmations ; les deux prophètes, con=.
temporains de Zorobabel et de Jeschoua, ne considèrent Jamais et ces personnages comme chefs dune émigration quelconque ; ils traitent les Juifs auxquels ils s'adressent, non point comme des colons revenus de la captivité, mais comme une population. établie depuis toujours dans le pays, comme es restes du peuple. qui continuèrent à habiter la Judée quand leurs compatriotes
furent déportés par le conquérant babylonien (2). Le temple fat donc reconstruit par ces Juifs Palestiniens, commandés par Zorobabel, sous le règne de Darius I.
M. Kosters trouve encore un témoignage en faveur de ”
sa théorie (+), dans les débris d'une relation plus ou moins. historique qu'il a démêlés, aux ch. V-VI d’Esdras, DRERÉE
éléments de provenance différente dont nous allons aussitôt . expliquer la nature.
Il se forma de bonne heure au sujet des origines du second temple, une première légende qui naquit du désir de rapporter au règne de Cyrus les débuts de la restauration de la maison
de Dieu, conformément à une prophétie du livre d’Isaïe (4). On
attribua à Cyrus l'initiative de la grande œuvre; on raconta que le fondateur de la monarchie persane avait envoyé à
(1) Het Herstel van Israël. p. 5-15. — (2) p. 19-25. — (3) p. 27-30. — (4) XLIV. ï