‹ Nouvelles études sur la restauration juive après l'exil de BabyloneChapitre 4 sur 65 · XLV · texte numérisé non relu

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Jérusalem un officier du nom de Scheschbassar avec la mission de rebâtir le temple et d'y rétablir le culte divin. Les restes du document où cette légende fut consignée sont conservés aux ch. V-VI d’Esdras (1) où ils se trouvent combinés avec la relation plus ancienne sur l’œuvre de Zorobabel.

Jusqu'ici cependant on n'avait point fait intervenir dans l'histoire des origines du second temple, des Juifs revenus de l'exil. Cette conception ne se fit jour que plus tard et marque une phase ultérieure dans le développement de la légende. Lorsque la communauté Juive se fut constituée définitivement autour du noyau Dee puritains qu'Esdras ramena de Babylone, elle ne tarda pas à éprouver, dans sa manière d’en-

visager l’histoire du passé, les effets de l’esprit qui l’animait. A ses yeux, c'étaient les Juifs revenus de la captivité qui for-

maient l'Israël véritable et authentique ; les autres, ceux que les nouveaux venus avaient trouvés établis autour du temple

dans la mère-patrie, pouvaient y avoir été associés ou incor-

porés ; mais Israël dans ce qu'il avait de plus intime, l'âme et le cœur d'Israël, c'étaient ces arrière-petits-fils des Juifs que Nebukadnezar avait, en 586, conduits à Babylone ; ces repatriés qui, après plusieurs générations nées et disparues sur le sol étranger, s'étaient enfin décidés à venir rejoindre les frères habitués depuis longtemps aux jouissances du culte rétabli de Jéhova sur la montagne de Sion. Ce sentiment amena naturellement une modification profonde dans l'idée qu'on se faisait

des origines de la restauration. La restauration devait avoir été

l'œuvre d'Israël, et Israël c'étaient avant tout les captifs délivrés, retournés de l’exil. Ainsi on arriva, d’une manière inconsciente, à la conviction que le temple avait été rebâti par des Juifs revenus de l'exil. Mais comme sur l'histoire de cette

glorieuse époque, une légende était venue se greffer, attribuant

à Cyrus l'honneur de l’entreprise et à son envoyé Scheschbassar celui de l'exécution, 1l en résulta qu’on dut porter aussi la date de l’arrivée des premiers émigrants au commencement du règne

(1) Kosters, p. 30-32.

de Cyrus. Zorobabel fut considéré comme ayant été LE Pare

et, de plus, identifié à l'officier persan Scheschbassar. La légen- ie 5

de était formée et donna naissance, sous la plume du Chroniste,

aux récits fantaisistes des chap. I, LIT, IV 1-5 du livre d' Es- Lo % dras (1); au chap. IT nous trouvons une longue liste de famil- ru ae les dont le Chroniste a fait une liste de prétendus compagnons | de Zorobabel, mais qui à l'origine se rapportait à un objet à tout ne

différent (2).

II. L'histoire de Néhémie et d'Esdras. — Après avoir esquissé HE

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les idées de M. Kosters sur les commencements de la restau=

ration juive et sur l'origine des récits qui nous en ont été conservés, nous allons mettre sous les yeux de nos lecteurs les

. principaux résultats obtenus par le professeur de Leyde dans es

son étude des événements auxquels sont attachés les noms de

Néhémie et d’Esdras. Commençons par nous rappeler les faits. Nous lisons dans le livre de Néhémie, qu'en la 20° année.

d’un roi rommé Artaxerxès, Néhémie, échanson à la cour de. AE Suse, obtint l'autorisation d'aller en Judée pour y rebâtir la”

ville des tombeaux de ses pères dont il venait d'apprendre que …

les murs étaient détruits, les portes consumées par le feu:

Arrivé à Jérusalem, Néhémie met aussitôt la main à l'œuvre. Il eut à lutter avec des difficultés considérables. Les peuplades

voisines, représentées surtout par Tobie l'Ammonite, Sanballat…

le Horonite et (eschem l’Arabe, s’opposèrent à la réalisation

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de l'entreprise. Ces ennemis de la cause de Jérusalem étaient, : ”

puissamment appuyés par une faction qui s'était formée contre

Néhémie au sein même du peuple Juif, à la faveur d’alliances

matrimoniales contractées avec les étrangers et dans lesquelles = se trouvait engagée la famille même du grand prêtre Eliaschib.

Malgré toutes les ruses, les intimidations, les violences de ses adversaires, le patriote juif acheva l’œuvre du relèvement.

des murs en cinquante-deux jours. Ce récit occupe les SIX

premiers chapitres du livre.

(1) p. 32-34, p. 147 ss. — (2) p. 3458.

Quand les murs fut rétablis, Néhémie constata que l'enceinte était très vaste, mais qu'il y manquait des maisons et que peu de monde y habitait. Il songea à faire un recensement en vue de pourvoir au peuplement de la ville ( VII 1-5%). A cette occasion nous retrouvons la liste des familles du ch. IT d’Esdras, présentée comme un état des colons revenus de Babylone sous la conduite de Zorobabel (VIT 5° ss).

Le ch. VIII renferme la description d'une grande assemblée du peuple à Jérusalem, à laquelle Néhémie préside (v. 9.) et où Esdras apparaît lisant la Loi devant la foule. C’est la première fois que le nom d'Esdras se présente dans le livre de Néhémie.

Au ch. IX-X nous apprenons que les Juifs, toujours sous la direction de Néhémie (X 2), contractent une alliance solennelle avec Dieu : 1ls prennent l'engagement d'observer fidèlement la Loi et notamment de ne plus permettre de mariages avec les étrangers ; des mesures sont prises en vue de pourvoir aux frais et au service régulier du culte amsi qu'à l'entretien de ses ministres.

La dédicace des murs de la ville sainte fut solennellement célébrée par Néhémie au raport du ch. XIT vv. 27 ss. ; 1c1 nous voyons de nouveau apparaître Esdras faisant partie d’un des chœurs d'actions de grâces organisés à cette occasion (v. 36).

Après douze ans de séjour à Jérusalem, Néhémie était retourné à Suse. Il demanda et obtint d’Artaxerxès la permission de se rendre une seconde fois en Judée. A son arrivée 1l constata que pendant son absence de nombreux abus s'étaient introduits, que notamment la défense relative aux mariages entre étrangers et Juifs n'avait pas été observée. Néhémie réprima avec vigueur ces violations de la Loi; il punit sévèrement, en particulier, les Juifs coupables dans l'affaire des mariages mixtes ; mais les mariages contractés ne furent pas dissous (ch. XIII). Tel est, en substance, le contenu du livre de Néhémie.

Les chapitres VII-X du livre d'Esdras nous racontent qu'en la 7° année d’un roi également nommé Artaxerxès, Esdras,

muni de lettres patentes qui lui accordaient les pouvoirs les plus

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