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— Le prophète associe ensuite, dans un même dithyrambe, Jeschoua et Zorobabel, mais il parle des deux à la fois à la troisième personne, il n'a plus l'air de se rappeler que le discours est censé adressé à Jeschoua lui-même (v. 13). — Les promesses dont la couronne est le symbole, ne sont faites que sous condition : Si vous écoutez docilement les paroles de Jéhova votre Dieu (v. 15). Qu'on rapporte, grammaticalement, cette | proposition conditionnelle à ce qui précède, ou qu'on suppose disparue du texte actuel quelque formule de clôture à laquelle la condition se rapportait primitivement, le sens n’est pas douteux : tout cela n’arrivera, tout cela ne recevra son achèvement que si l’on accomplit fidèlement les volontés divines. La condition ajoutée, qui équivaut à un engagement à la fidélité, à la persévérance, montre clairement que ce qui est énoncé dans les termes de la commission imposée à Zacharie, vv. 10 ss., ne devra point se répéter sous la forme d’une exécution réelle. Toute la mise en scène se résout définitivement dans l’exhortation qui la termine. — Pourquoi, s'il s'agissait au v. 11, d’un trésor apporté de Babylone, l'article ferait-il défaut devant les noms par lequel cette prétendue offrande est désignée ? Il n’est “pas dit un mot ici d’un don envoyé par les Juifs d'Orient ! « Et la parole de Dieu se fit entendre à moi et me dit : Il faudra prendre de la Gola, de Heldaï, de Tobia, de Jedaja, et tu te rendras en ce jour dans la maison de Joschia fils de Sephanja, . — tous personnages revenus de Babel ; et tu prendras de l'or et de l'argent et tu en feras une couronne », etc. Si le prophète avait entendu parler d'un trésor déterminé envoyé de Babylone, il n'aurait pas manqué de dire : e{ {u prendras, ou accepteras, lor et l'argent (qu'ils ont apportés). — Il est au reste plus que probable que si les Juifs d'Orient avaient envoyé à Jérusalem des trésors en l'an IT de Darius, on les aurait employés à un tout autre usage que la confection de couronnes symboliques, destinées à être conservées dans le temple, plus tard, quand celui-ci serait bâti ! |
On le voit déjà, notre passage demande à être interprêté suivant la méthode qu'il convient d'appliquer, dans une foule
d’autres cas, aux actions symboliques qui forment un élément
si intéressant de la prédication prophétique. Ces actions ne doivent pas être considérées, en général, comme réellement accomplies, et cela même alors que les prophètes parlent de leur exécution. La justesse de ce principe, pour le cas qui nous occupe, se démontre d’une façon péremptoire par le parallélisme
frappant qu'offre Zach. VI 9-15 avec la scène décrite aux.
chapitres III-IV du même prophète, et où il est dit en termes exprès qu'il s’agit d'une vision (III 1, IV 1); ici d'ailleurs les circonstances mêmes le montraient suffisamment. À Les deux fois la scène clôture une série de visions ([-IT, V- VI 1-8) où le prophète a en vue comme terme final, la délvrance du peuple captif (1). — Dans les deux passages, c'est le grand prêtre Jeschoua qui occupe le premier plan, et les deux fois il est l’objet des mêmes cérémonies. Au ch. IIT 5 l'ange ordonne de lui placer sur la tête une tiare pure; VE 11 Zacharie reçoit l'ordre de lui ceindre le front d'un diadème. Aussitôt après, au ch. [IT comme au ch. VI, Zorobabel est associé à Jeschoua, il est introduit de la même manière, sous
le même nom symbolique, comme héros de la restauration du
temple (III 8, IV 8, 9-VI 12 s.). Dans la première apothéose comme dans la seconde Jeschoua et Zorobabel investis de l’autorité suprême, se trouvent à cet égard mis sur la même ligne
et sont présentés comme étroitement unis par l'esprit de con- … corde, de manière à former une unité morale (IV 3 ss., 14;
VI 13). — Comparer encore les deux passages IV 9, VI 15,
absolument parellèles. — Dans les deux endroits les promesses divines sontsubordonnées à une conditionidentique (I17,V115).
Voici ce qui est particulièrement remarquable. D'après le ch. VI v. 10 le couronnement du grand prêtre doit avoir lieu
dans la maison de Joschia fils de Sephanja ; c'est là aussi que |
Zacharie doit recevoir l’or et l'argent et préparer la couronne : le prophète met en scène à cette occasion certains personnages
dont il cite les noms. Or, à part les noms, nous observons les.
(1) Vr, plus haut.
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mêmes circonstances au ch. III v. 8 : « Ecoute, Jeschoua, grand prêtre, dot et tes amis qui habitent auprès de toi, car ce sont des hommes de présage »..…. ; le prophète doit viser ici des personnages déterminés, vu la manière dont 1l justifie leur mention. Ce sont les mêmes sans aucun doute que ceux dont les noms sont indiqués VI 10; les deux fois, tantôt comme témoin, tantôt comme acteur, Zacharie se représente la scène qu'il décrit comme se passant dans le même milieu. Voici comment on pourrait s'expliquer les circonstances supposées dans les deux tableaux. A cette époque où le temple n'était pas encore bâti, où rien n'était définitivement organisé, le grand prêtre pas plus que d'autres personnes de rang, n'avaient pu se ménager des installations propres, à demeure; suivant les exigences de leur situation, des fonctions qu'ils avaient à remplir, des relations existantes entre eux, les notables eux-mêmes devaient s'être établis par groupes dans des habitations communes ; tel devait être le cas pour ceux-là Surtout dont la pré-
sence était requise à Jérusalem. On s’explique ainsi pourquoi
Zacharie doit se rendre à la maison de Joschia ben Sephanja, pour y prendre de l'or et de l'argent des mains de Heldaï, de Tobja et de Jedaja, et pour y couronner le grand prêtre Jeschoua (VI 9 ss.); on s'explique de même pourquoi il est
supposé au ch. ITT qu’à côté du grand prêtre se trouvent d’autres
personnages qui sont appelés ses amis, ses cohabitants (v. 8), qui assistent et coopèrent, de même qu'au chap. VI, aux honneurs qui lui sont rendus (v. 4, 7).
Au chapitre VI comme aux chapitres ITI-[IV on remarque la même liberté avec laquelle, dans un même contexte, les circon-
stances du présent sont tantôt mises en œuvre comme réalités actuelles (IV 9, VI 10), tantôt envisagées dans une sorte de
projection idéale, d'un point de vue où elles paraissent à l’état futur, afin d’apparaître aussi plus vivement comme l'effet de la volonté et du pardon de Jéhova (LIT 7 ss.; VI 12, 13, 15). L'examen auquel nous venons de nous livrer aura convaincu le lecteur que le prophète Zacharie, loin de ne faire aucune allusion au retour de la captivité, atteste de la manière la plus
formelle qu'à son époque ce grand événement venait de s’accom= plir. Toute la prophétie de Zacharie le suppose. Aux chapitres VII-VIII il est proclamé que le temps de l'épreuve est fini pour le peuple juif ; les jours de pénitence, y compris celui qui se célébrait le souvenir de la dispersion de la nation, sont changés en jours de fête ! Aux ch. I-VI le prophète célèbre la délivrance
du peuple dans une série de visions prophétiques. C'est un
déplorable malentendu de comprendre la délivrance dont ilest … question ici comme un fait annoncé en réalité pour l'avenir; cette délivrance est un fait actuel, aussi bien que celui de la. reconstruction du temple, aussi bien que celui du châtiment de Babylone avec lequel elle est mise en rapport immédiatet qui, de ce chef même, sans compter d’autres raisons tirées du …
texte, ne peut être que la destruction de l'empire babylomien =;
arrivée en 538. — Enfin au ch. VI v. 9-15 comme nous venons de l’entendre, Zacharie affirme en termes explicites que la Gola, les Juifs revenus de Babylone, sont établis en Judée. Il n'est pas question ici d’une députation arrivée de lorient. Un des personnages énumérés, associé d’ailleurs étroitement aux autres et mis avec eux sur la même ligne (v. 10 14), a sa maison sur
les lieux mêmes ; les données qui servent à la description que nous lisons en cet endroit, sont empruntées à la situation
règnante à Jérusalem ; elles fournissent les éléments d'une