‹ Nouvelles études sur la restauration juive après l'exil de BabyloneChapitre 32 sur 65 · À CE A4 — FR —— F L + = F ET · texte numérisé non relu

À CE A4 — FR —— F L + = F ET

le langage que tiennent à son sujet Aggée et Zacharie. Sile fils de Schealtiël était vraiment « Le prince de Juda» (Esdr. F8), on comprend que nos prophètes aient salué en lui l'héritier du . trône ; on ne le comprend pas autrement. Pour les propliètes de la captivité comme pour leurs prédécesseurs, c'est David et! 12 les princes de sa race qui seuls sont investis de la royauté légi- … 2 1 time en Juda (Ezech. XXXIV 23, 24; XX XVII 24, 25); pour Ezéchiël, David est le serviteur de Jéhova (1. cc.), comme ES. Zorobabel l’est pour Aggée et Zacharie. Il est inutile d'aligner ici les passages de Jérémie qui énoncent le même principe (ve. p.e. XXII 4). Il serait indigne d'une critique sérieuse d’alléguer contre l'origine davidique de Zorobabel le silence qu'observent à cet égard les deux prophètes contemporains. Ils | affirmaient implicitement cette origine en disant que Zorobabel était appelé à « siéger et à règner sur son trône ». Le nom « même de « germe » que lui donne Zacharie, étant donné sur - a tout les nombreuses réminiscences de prophètes antérieurs: 10 qu'on trouve dans son livre, rappelait d’une manière non: équivoque le « germe de justice » promis à la race de David par ë Jérémie (XXII 5, XXXIIT 15). Comment pourrait on exiger. ee. que Zacharie et Aggée fissent valoir en termes exprès les titres | de Zorobabel au trône { Pratiquement, il n'était pas question de l'y installer sur l'heure; ses droits ne devaient pas être’ défendus ; personne, du reste, ne pouvait ignorer que Zorobabel fût le petit-fils de Jéchonja. Ce titre était connu publique- ne ment, de tout le monde. Kallait-il insister pour bien ie 3 4 comprendre au public que le petit-fils de Jéchonia était un . descendant des rois, un rejeton de David? Alors même qu'il e été nécessaire de rappeler ce titre généalogique, il aurait suffi de le faire à la façon d’Aggée, en associant au nom du prince le nom de son père dont il avait hérité les droits : Zorobabel,s : fils de Schealtil.

À la question de savoir s’il est tante que Ca eût. placé comme Peha à la tête de la communauté juive rétablie, un prince de sang royal, nous répondons que cet acte était = parfaitement conforme à la politique générale du fondateur de’. a :

ALAN re PEN

la monarchie perse. Nous ajoutons qu’il est difficile, en cette matière, de fonder un jugement sur de simples conjectures. M. Kosters croit que Cyrus aurait été très mal inspiré de prendre comme représentant du pouvoir à Jérusalem un petitfils de Jéchonja. D’autres trouveront, avec autant de droit, que c'était le choix le plus sage et le plus opportun qu'il pût faire ; intéresser les peuples et les princes vassaux au maintien de la paix et de l’ordre établi, en leur accordant dans la soumission ce qu'ils pourraient être tentés de conquérir à la première occa-

sion par la révolte et la conspiration avec les ennemis de . l'empire, c'était faire œuvre de prudence et de bon gouvernement.

Zorobabel, le prince temporel du peuple juif que nous voyons sur la scène à l'époque d'Aggée et de Zacharie, n'était pas d'origine palestinienne. [1 faut en dire autant de Jeschoua, fils de Josedeq, le grand prêtre. Le premier livre des Chroniques, au ch. V, v. 29 ss. renferme une liste généalogique de descendants d'Aaron, qui se termine par cette notice, aux vv. 40 s. :.... Seraja engendra Josedeq et Josedeg partit lorsque Jéhova fit conduire Juda et Jérusalem en captivité par Nebukadnesar. Seraja avait été mis à mort à Ribla ; nous apprenons ici que Josedeq, le père de Jeschoua, fut au nombre des Juifs exilés ; Jeschoua lui-même doit donc être né en Babylonie.

Seulement M. Kosters ne saurait admettre cet argument. Ni la liste généalogique du livre des Paralipomènes, ni la notice finale concernant Josedeq, n'ont à ses yeux la moindre valeur. La raison, c’est qu'avant l'exil il n’y avait pas de grands prêtres. Seraja est, à la vérité, nommé « le prêtre en chef » EN 7535; mais cette dignité n'avait rien de commun avec l'institution postexilienne du pontificat suprême. L'auteur des Paralipomènes en jugeait autrement et voilà pourquoi il crut devoir rattacher Jeschoua, le premier grand prêtre de l'époque postexilienne, à Seraja, le dernier prêtre en chef d'avant l'exil, par l'intermédiaire de Josedeq. En réalité celui-ci n'était pas le fils

de te SRE

de Seraja et du coup le témoignage de notre auteur touchant l'exil du père de Jeschoua perd toute valeur. (1)

Ce raisonnement témoigne de la confiance qu'a M. Kosters dans la théorie grafienne sur l'histoire des institutions religieuses du peuple hébreu. Rappelons ici quelques faits, non point pour démontrer que les dispositions du code sacerdotal relatives au pontificat suprême, se trouvent appliquées aussi bien et mieux dans l’histoire préexilienne que dans la suite ; nous espérons faire cela en une autre occasion; — mais simplement pour nous permettre de choisir, dans la question présente, entre la théorie de M. Kosters et celle de l’auteur du livre des. Chroniques. 1° Tout d’abord il n’y a pas lieu, pour rester fidèle à la terminologie biblique, de désigner par des titres différents la dignité du chef de l'ordre sacerdotal avant et après l'exil. Le prêtre en chef (opperpriester) dont on parle pour l’époque .

préexilienne, n'était pas seulement appelé SNW3 7127, mais

encore 1137 fist (2 R. XXII 4, 8, XXIII 4, XIL 11); de même le grand prêtre hoogepriester) s'appelait aussi durant

l'époque postexilienne EN 557 (Esr. VII 5, 2 Chron. XIX. |

11, XXIV 11, XX VI 20, XXXI 10). De part et d'autre, comme d’ailleurs dans le code sacerdotal lui-même, le chef de l’ordre. sacerdotal est fréquemment désigné sous le simple titre de. 21 le prêtre, le pontife par excellence. os

2° La dignité en question était héréditaire longtemps avant l'exil. Voyez Deut. X 6 la succession Aaron-Eléazar (2); Jos. XXIV 33, la succession Aaron-Eléazar-Pinehas. Dans le premier livre de Samuël nous lisons que les fonctions de grand prêtre sont héréditaires dans la maison de Héli : Héli-Pinehas- Achitob-Achimelek(— Achija)-Abjathar forment une série continue et historiquement appuyée sur des Frog non suspects.

À un moment donné, déjà sous le règne de David, nous à

voyons apparaître Sadoc sur la scène. — Dès le début, celui-ci

(1) et Herstel van Israël p. 48 s. — (2) Voir notre étude Le lieu du Gel dans la législation rituelle des Hébreux Gand et Leipzig, Engelcke 1894 ; P- 19...

se présente comme investi de plein droit du sacerdoce. Ce n'est point, comme on l’a dit, la faveur de Salomon qui l'y a appelé;

il exerçait les fonctions de grand prêtre avant que Salomon fût roi. Nulle part nous ne voyons que Sadoc ait dû son élévation à un acte positif de David ; Saül vivait encore lorsqu'Abjathar, descendant de Héli, s’attacha au fils d’Isaï. Ce sont les circon-

» stances qui amenèrent Sadoc au pontificat. Après le désastre

qui causa la mort de Héli et de ses deux fils Hophi et Pinehas, cette maison sacerdotale n'avait plus pour représentants que des enfants en bas-âge ; dans tous les cas Achitob, le fils de Pinehas, ne se trouvait point dans des conditions favorables pour recueillir la succession de son grand-père. Aussi à Qiriath-Jearim les Israélites confièrent-ils la garde de l’arche à d'autres mains ; le prophète avait prédit à Hélhi que sa maison Serait supplantée par la maison rivale (). C'est à Qiriath-Jearîim que cette #7aison rivale se prépare à ressaisir

la prépondérance qui lui avait appartenu autrefois et dont

elle était déchue on ne sait comment n1 en quelles circonstances (2) ; 1 Sam. VIT 1 au lieu de : #s éfablirent pour la

(1). 1 Sam. IL 30, 31, 32, 35. Wellh. tout en ramenant ce morceau à une époque

. relativement récente, le maintient cependant avant l'eæil.

(2) D’après Wellhausen, Sadoc serait envisagé dans le passage 1 Sam. II 27 ss.

- comme un étranger à la race sacerdotale. Le même critique rapporte le morceau . en question à lépoque deutéronomique. — Mais à l’époque deutéronomique

Aaron était parfaitement connu comme ancêtre de la race sacerdotale ; voir Deut.

+ X 6, coll. notre étude sur Le lieu du culte p. 78 s. Il est certain que d’après le

Deutéronome (1. c. v. 8, XVIII 1 etc.) le sacerdoce est héréditaire dans la tribu de Lévi depuis Moïse. Il est donc impossible qu’à l’époque deutéronomique on fit remonter l’origine des Sadoquides à un intrus, élevé au sacerdoce par la faveur de David ou de Salomon ! W. devra donc chercher une autre interprétation à la hepabie de 1 Sam. IL, et celle-ci n’est pas difficile à trouver. Ce qui est prédit à Héli, c'est qu'un étranger à sa maison lui succédera dans les fonctions sacerdota-

les, non pas que les descendants de Héli ne seront plus prêtres (y. 33, 36), mais “en ce sens qu'ils occuperont un rang inférieur. Il est bien vrai qu'aux vv. 27-28

le bienfait dont Héli s’est montré indigne est l'élection, en général, de toute la race sacerdotale, ou du moins de cette branche de la race, d'où sa famille était issue et

- dont elle faisait partie. Mais il n’est pas moins évident que c’est en particulier sur

la maison de Héli que Dieu veut se venger ; vv. 32, 33, 34, 36. C'est dans la maison de Héli que la race ou la branche déshonorée par lui, essuiera le châtiment

divin, v. 31 où la détermination 722 sert à désigner d’une manière plus

… précise l'objet de la colère de Jéhova. Le fait que le successeur annoncé est déjà

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