‹ Nouvelles études sur la restauration juive après l'exil de BabyloneChapitre 38 sur 65 · II. Nous tenons pour certain que le prophète Aggée, au · texte numérisé non relu

II. Nous tenons pour certain que le prophète Aggée, au

ch. IT v. 15-18, invite le peuple à une considération attentive

du passé. La suite nous en fournira d’autres preuves. Sur ce

(1) Pour exprimer cette idée Aggée aurait dû dire AT" Ta (2) Voir la traduction plus haut.

point d'ailleurs M. Kosters est d'accord avec nous Q). Il est donc entendu qu'au v. 18, dans le passage où il est question du jour où le temple fut fondé, c’est le passé qui est désigné aux regards. Le lecteur a vu plus haut comment nous croyons devoir traduire le v. 18 : « ... portez donc votre attention de ce jour-ci et au delà, de ce 24° jour du 9 mois jusque depuis le jour où le temple était fondé, portez votre attention! » D'après notre version, le Jour où les fondements du temple avaient été posés est le point de départ fixé dans le passé pour la considération de la période en vue. D'autres prétendent au contraire que la date de la fondation du temple est simplement présentée dans le texte comme une détermination ultérieure des deux indications qui précèdent : de ce jour-ci, de ce 24° jour du 9 mois, du jour où le temple fut fondé... » ; Agoée aurait donc explicitement affirmé que le temple ne fut fondé que le 24° jour du 9° mois de l’an 2 de Darius.

. n'est point, comme dans les deux premiers membres du

. 18 et aux versets 15, 16, 19, la particule T2 qui est employée pour introduire le jour de la fondation s temple, mais 72, Le problème consiste à déterminer la portée de la préposition composée ‘22 dont Aggée se sert à cette occasion. Nous soutenons qu'il ne garder, dans le cas qui nous occupe, aux deux éléments 5 et ‘2 leur valeur propre et respective.

. Nous avons hs notre dissertation sur Zorobabel et le second temple, proposé cinq arguments à l'appui de notre interprétation. Nous croyons qu’ils sont tous les cinq sortis intacts de l'épreuve de la critique. On n'a guère, d'ailleurs, attaqué que le premier ; pourtant, nous tenons à le faire remarquer, les autres resteraient debout alors même qu'on renverserait celui-là.

1° Le premier de nos arguments avait pour objet d'établir

qu'en attribuant aux trois termes indiqués au v. 18 la même valeur, on méconnaissait la portée qu'a {owjours et par ellemême la particule T2. Celle-ci ne peut être, de par sa nature même, traitée comme équivalente à T2 (2).

() Het Herstel van Israël, p. 6. — (2) Zorobabel p. 85 87.

2 Jde

Nous nous étions efforcé d'exposer notre manière de voir touchant l'usage et la signification propres de 725, aussi clairement que possible. Malgré cela, il paraît, à en juger par un commentaire récent, qu'il faudrait préciser davantage ; il est à craindre cependant que nous ne pourrons que nous répéter.

Voici donc ce que nous croyons avoir observé. Même alors que les deux éléments qui la composent ne remplissent point un rôle distinct dans la construction de la phrase, la préposisition 125 ne sert jainais à marquer comme terme à quo un point dé départ présent, so dans l'ordre du temps, soit dans celui de l'espace ; le point de départ introduit par 2, ou bien n'a, de sa nature, aucun rapport avec le temps ou : lieu où se louve placé celui qui parle et doi par conséquent être sinplement envisagé dans sa relation de distance vis-à-vis du terme opposé (1), ou bien, dans la grande majorité des cas, c'est un point considéré comine distant vis-à-vis de celui-là même qui parle. — La particule 2 au contraire, qui exprime Simplement la notion du point de Lo s'emploie indistinclement pour un lerme a quo distant ou présent. D'où il résulte que Ta peut être généralement remplacé par Ÿ2, sans qu'on puisse renverser la règle et dire que T2 peut être dans tous les cas remplacé par ÿ22. Pour quil n y eût pas moyen de se méprendre sur le sens précis de notre observation, nous l'avions accompagnée d'un double exemple. La notion & longe, de loin, s'exprimera en hébreu tantôt par Pa, tantôt par Da ; ici le point de départ est évidemment considéré comme distant ; il pourra donc être, conformément à notre règle, et est en effet fréquemment introduit par 725 aussi bien que par T2. D'autre part on rencontre souvent exprimée dans les xt bibliques l'idée dès à présent, à partir d'ici, depuis ce jour-ci, où le point de départ est conçu comme présent ; or Jamais on ne trouve p. e. nn, mails seulement 5r3 ; jamais on ne trouve 5357 DV T20 ; nous n'avons rencontré aucun cas de rap 1125, etc.

(1) P. e. dans l'expression : depuis le vieillard jusqu’à l'enfant. Voir les passaces cités Zorobabel et le second temple p. 85 note. — Nous avons ajouté que « dans ces endroits celui qui a la parole envisage le point de départ déterminé par Zemin, en se tenant au point de vue du terme ad quem ».

Il nous semble que nous avions quelque droit à être bien compris. En dépit des précautions que nous avions prises, un auteur à eu la patience de nous « opposer >» quinze lignes de citations de textes, en petit caractère, « où des expressions soit identiques soit analogues (1) sont construites avec 73 » ! Le moindre texte où ÿ22 serait construit avec un terme & quo considéré comme présent, serait bien plus de nature à nous convaincre. |

M. Kosters, lui non plus, n'admet point le principe que nous venons de rappeler et d'où il suivrait que dans la prophétie d'Aggée IT 18 le jour où le temple fut fondé ne peut pas être identique au jour présent, au 24° jour du 9° mois. Il nous reproche de chercher beaucoup trop dans 722. Nous ne croyons pas y avoir trouvé plus que ceci : les deux éléments dont la locution se compose y remplissent le rôle qui convient à leur signification propre et, en conformité avec la signification de ces éléments, le terme a quo qu'elle introduit n'est jamais un point de départ présent. Comme nous l'avons dit à l'endroit cité de notre étude sur Zorobabel, les expressions du genre de

celle que nous avons rappelée tout à l'heure : depuis le vieillard

jusqu'à l'enfant, ne sont pas contraires à notre règle ! C'est à tort que M. Kosters nous les oppose, sans faire du reste aucune

mention de l'explication que nous en avons donnée. Connaïit-1l

un passage où la particule composée 725, d’un usage fréquent

dans la Bible, se trouve construite avec un terme & quo consi-

déré comme présent ? Nous l'avons trouvée employée en vingt neuf endroits (2) et dans aucun le point de départ marqué par lemin n'est un point présent soit dans le temps soit dans l'espace.

M. Kosters nous demande pourquoi Aggée n'aurait pas dit 0 AN DV 731... Mi 097 2, ou bien encore pourquoi

(1) A celles où nous avions constaté l'emploi de lemin. |

(2) Ex. IX 18, XI 7; Deut. IV 32, IX 7 ; Jud. XIX 30; 2 Sum. VIT 6, 11, 19, XI 22, XIX 25; 2 Reg. XIX 25 ; Is. VIT 17, XXX VIE 26 ; Jér. VIT 7, 25, XX XI 31, LI 62 ; Mich. VII 12 ; Zach. XIV 10; Mal. IL 7 : Job XXXVI3, XXXIX 29 Est. 1 20 ; Esdr. IL 13 ; 1 Chron. XVII 10. 17, XXVI-15, XX VII 23 ; 2 Chron eVr12: à

ee

Ma

il n'aurait pas interverti les termes en se servant de la tournure plus fréquente : in DV 751. 707 UN D V2 Il n’est pas difficile de répondre à la question. Le prophète, au v. 15 comme au v. 18, engage ses auditeurs à porter leur attention de ce jour-ci vers le passé ; nous pourrions rendre raison de la direction donnée ici à la pensée par le prophète, mais cela est entièrement inutile ; il suffit de constater le fait. Aggée désigne la période qui vient de finir en prenant comme premier terme de délimitation, dans l’ordre de la pensée, le Jour présent, le 24° jour du 9° mois. Voilà pourquoi il n’a pas fait usage de la tournure 555 ON 95... 50 SÜN D 725; ses expressions suivent d’elles-mêmes la forme de sa pensée. Cependant cette manière d'envisager le passé ne pouvait manquer de donner lieu à une certaine complication ; nous le voyons, non seulement au v. 18, mais déjà au v. 15. Il est évident, en effet, que malgré le choix du jour présent comme terme « quo pour le premier coup d'œil général sur la période écoulée, le prophète n’entendait pas faire parcourir cette période à reculons ; la. nature des choses est contraire à un pareil procédé. Aussi, au v. 15, après que le prophète à invité ses auditeurs à porter leur attention de ce jour-ci el plus haut, sa pensée prend-elle aussitôt et naturellement un autre tour, en harmonie avec la succession réelle des événements à considérer : « ... de ce jourci et plus haut ; depuis quon ne plaçait pas encore pierre sur pierre dans le temple, depuis qu'il arrive à celui qui wient à un tus de vingt boisseaux n'en trouve que dix, etc. » C’est le même phénomène que nous constatons au v. 18; le premier terme fixé pour marquer la période en vue, c'est le jour présent ; le prophète convie le peuple à faire un retour sur le passé. Mais il est clair que les événements arrivés pendant cette période devront être considérés suivant l’ordre de leur succession. Le début de la période est le terme ad quem dans la direction du retour sur le passé ; il ne sera pas Ze terme ad quem pour la considération successive des événements. C'est pourquoi Aggée | ne dit point : 70 EN DV7 791..: 51n1 017 T2. Il satisfait

à la fois à l'exigence du procédé subjectif qu’il suit dans son

exhortation à remonter le cours du temps, et à l’exigence du procédé à suivre dans la remémoration des faits. Au premier point de vue le début de la période est terme ad quem ; au Second point de vue il est terme & quo ; ce double caractère est parfaitement rendu par V2. Nous avons tâché de rendre la force de cette locution en traduisant : de ce vingt quatrième jour du 9° mois jusque depuis le jour où le temple fut fondé, usque inde a die templi fundati. — Il faut moins de temps pour faire cette analyse qu'il ne faut d'espace pour l’exposer ; nous ne sommes entré dans ces considérations que pour répondre à la question qui nous était faite.

De ce premier argument, appuyé sur la signification et l'usage constants de la particule 725, nous avons conclu qu’au ch. Il v. 18 d'Aggée, le jour de la fondation du temple ne peut pas être entendu comme une détermination ultérieure du jour pré- sent, du 24° jour du 9° mois ; qu'il ne peut donc être qu’une

date distincte, un terme fixé à distance, dans le passé.

Alors même que la règle énoncée plus haut, concernant l'usage général de Ta , n'eüt point été sans exception, 1l n’en serait pas moins sûr, pour le passage qui nous occupe, que 729 y représente les deux prépositions 5 e T2; remplissant de la phrase leur rôle respectif. La règle en question n'est pas le seul argument en faveur de notre interprétation, ce que M. Kosters a semblé perdre de vue. De soi, il n’y a certes rien d'impossible ni d’invraisemblable à ce que la préposition 5 soit venue à se trouver, comme élément distinct du discours, devant une formule commençant par 72 et nous avons suffisamment montré tout à l'heure l'adaptation parfaite de cette tournure à l'idée qu'Aggée avait à exprimer IT 18. Dans d'autres cas encore, p. e. pour 3%, 22%, il arrive qu'on dait attribuer aux deux éléments constitutifs une fonction distincte dans la construction de la phrase (1). | |

(1) Zorobabel et le second temple, p. ST s. Se rappeler encore la locution com-

posée TON,

établie d'une manière négative dans notre premier argument,

PAT RS VO PRE Ne Er SRE O LE Je OR QE it DAT 4 7 EN T4

La valeur complexe de la particule dont se sert Aggée a été

qui avait pour objet de montrer que l'explication contraire

devait ici supposer à lemin un emploi condamné par l'usage

général. Notre interprétation se justifie en outre par les arguments suivants.

2° Le parallélisme du v. 18 avec le v. 15 au ch. IT d'Aggée,

nous oblige à préférer pour le premier de ces deux versets

le commentaire que nous en avons donné. Il n’est pas admis-

sible qu'Aggée y ait insisté avec tant d'emphase sur le jour

ou comme point de départ pour la considération du Nasse one de ce jour-ci et plus haut, depuis le 24 jour du

9° mois, depuis le jour où le lernple a élé fondé... — Au v. 15

le prophète avait parlé tout autrement ; après avoir mvité le.

peuple à porter son attention sur le passé, il fixe dans ce passé un point de départ pour la revue des tristes événements qui l'ont rempli. C'est encore ce qu'il fait au v. 18 (1).

3’ Dans la supposition que le temple n'aurait été fondé, au

témoignage d'Aggée, que le 24° jour du 9° mois, comment M. Kosters expliquera-t-1l qu'au témoignage du même Aggée

les travaux de construction devaient avoir fait des progrès considérables, au 7° mois ? (2) Wellhausen essaie encore d'har-

moniser ces deux données en disant qu'avant le 24° jour, du

9° mois on n'avait fait « qu'acquérir les matériaux. » (3) Surce | | point, suffisamment éclairci à l’endroit cité de notre dissertation | sur Zorobabel, nous n'avons plus à revenir ; ce n'est évidemment pas du résultat de travaux préparatoires qu'il s'agit au ch. II v. 3 ss. Qu'on dise avec M. T. André que le ch. II v. 18: appartient à A°, tandis que IT 3ss. est de A! ; mais que, de grâce, on.

cesse d'alléguer des explications qui ne portent en aucune facon

sur les textes à expliquer. Wellhausen en particulier aurait pu

(2) vr. Aggée II 3 «s. coll. Zorobabel et le second temple, p. 89-91, où nous

rappelons, p. 90, le témoignage tout à fait spontané de Stade.

(3) K. Marti prétere s’en tenir à la « Wegräumung der Schuttmassen » ! (Der | Prophet Sacharja, p. 56.) — Ce n'est pas en fermant les yeux sur la teneur des

textes, que l'on peut espérer résoudre les difficultés qu'ils présentent.

à dre LÉ À e a.

, 20 pe.

d D, L 2 : t \ A A NC À; :

€ M 4 FU * « et - m L 4 #4 1 00 (Me:

PT an Et « Se.

2 Dr:

| 28 Mr x ke:

Page 1