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songer, nous semble-t-1l, à une solution plus radicale de la difficulté. D'après lui Ie passage 15-19 du ch. IT a été extrêmement maltraité par les rédacteurs et les copistes ; au v. 16 il faut remplacer EnY#"2 par autre chose ; il faut supprimer le v. 17 ; au v. 18 méme le second membre : depuis le 24° jour du 9 mois, est une interpolation. Ceci était en effet un excellent moyen d’alléger quelque peu la triple détermination du jour présent au v. 18; la critique pouvait trouver cela d’une emphase excessive; mais, au lieu de sacrifier le second membre, neût-1l pas été préférable d'attribuer p. e. à A, ou à un copiste malavisé quelconque, la #4roisième formule, où il est question de la fondation du temple ? A supprimer cette partie du verset 1] y aurait eu le même avantage qu'à supprimer le membre précédent ; et outre que l'on aurait, du même coup, écarté le problème soulevé par ce singulier ;25 qui ne se présente qu'ici dans tout le passage 15-19, on eût évité aussi le besoin de recourir, pour IT 3 ss., à des explications insoutenables. Ajoutons qu'en aucun cas, le témoignage d'un texte aussi corrompu que le serait d’après Wellhausen celui des vv. 15-19 du ch. I d'Aggée, ne saurait servir de prétexte plausible pour récuser l'autorité du récit d'Esdras ITT, IV 1-5, 24 ss.
4 Il est certain que le commencement des travaux qui avait mérité aux Juifs le pardon de Jéhova, était tombé le 24° jour du 6° mois. Aggée l’atteste en termes formels T 13 : Je sus avec vous, dit Jéhova ! Il est donc impossible que le motif du pardon ait été un fait arrivé trois mois plus tard, comme on le suppose dans l'interprétation que nous combattons pour À ggée If 18. La date du 24° jour du 9° mois emprunte son importance, non pas à un événement qui aurait été le signal de l'ère nouvelle, mais aux circonstances de la saison qui font considérer l'époque en question comme celle où la bénédiction divine, déjà méritée et promise auparavant, commencera à sortir ses effets (1).
5° La fin du 9° mois était le temps de l'année le moins favorable aux travaux de fondation. C’est à cette époque en effet
(1) Zorobabel et le second temple, p. 89, 92.
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que commence en Palestine la saison des pluies (Æsdr. X 3). Il est invraisemblable que les Juifs auraient choisi ce momentlà pour poser la première pierre du nouveau temple (1).
Pour les raisons que nous venons de rappeler, nous croyons devoir maintenir notre version du v. 18° :.. a die vigesima quarta mensis noni usque inde a die templi de — M. Elhorst s'est rallié à cette interprétation (2). M. Kosters à d’ailleurs jugé bon d'ajouter à la critique qu'il en avait faite, une réponse subsidiaire pour le cas où notre manière de comprendre le v. 18 aurait été la vraie. Alors même qu'il faudrait traduire ce
verset comme nous l'avons fait, M. Kosters est d'avis qu'Aggée
n'aurait pu avoir en vue comme date de la fondation du temple
celle fixée dans Esdras [TT 8-13, mais bien celle du 24° jour du
6° mois de l'an 2 de Darius à laquelle les travaux avaient été.
repris (23). Voici le commentaire qui conduit à ce résultat. Aux vv. 11-14 Aggée a rappelé aux Juifs que le pouvoir contaminant d'une chose impure est plus fort que la vertu sancti-
fiante d’une chose sacrée. Il veut appliquer cette maxime au.
peuple comme motif de consolation. On avait promis au peuple
qu'après qu'il se serait mis à rebâtir le temple, les calamités
auraient pris fin ; et voici que trois mois après le commence-
ment des travaux la misère dure toujours (v. 19). — Que les.
courages, dit Aggée, ne se laissent point abattre par cette persistance des épreuves ; elles ne tarderont pas à cesser ! Les derniers contre-temps ne sont que les suites de la négligence d'autrefois. Le châtiment n'a pas complètement pris fin jusqu'ici, malgré le retour du peuple à de meilleurs sentiments et l'ardeur qu'il déploie dans l’œuvre du temple (te pouvoir contaminant de l'impur s'est montré plus fort que la vertu sanctifiante du
sacré) ; mais à partir de ce jour Jéhova bénira. — La période
qu Aggée aurait ici en vue serait donc celle des trois derniers mois.
(1) Jbid. p. 101. — (2) 1. c. p. 80 s. — (3) Aggée J14, 15.
Cette explication n’a aucune vraisemblance et nous comprenons bien que M. Kosters s’en défie (1).
Si Aggée avait eu pour objet dans ce discours de combattre le découragement que la persistance des mauvaises récoltes était de nature à produire, il n'aurait pas eu à attirer si vivement l'attention de ses auditeurs sur ce passé malheureux ; c'eût été là un vrai renversement des rôles. Dans la situation supposée par M. Kosters, c'est le peuple qui venait dire aux prophètes 25225 “2%, et leur signaler l’avortement de leurs solennelles promesses. Le langage d'Aggée en réponse à ces plaintes ressemble plutôt à une ironie qu’à toute autre chose. D'ailleurs Aggée parle des calamités qui ont afiligé le peuple « depuis qu'on ne plaçait pas encore pierre sur pierre dans le temple de Jéhova > c'est-à-dire depuis le premier jour de la période de négligence, durant laquelle on différa constamment de reprendre les travaux ; est-ce en ces termes qu'il aurait désigné la période des trois derniers mois durant laquelle on travaillait avec le plus grand entrain? — Ce qui n'est pas moins contraire au violent commentaire de M. Kosters, c'est que les calamités rappelées par le prophète sont celles auxquelles le peuple est resté trop longtemps insensible : « Je frappais vos moissons de nielle, de rouille et de grêle ef vous ne revemiez point à mot!» Est-ce pendant les trois derniers mois que le peuple s'est montré si opiniâtrement rebelle à la
leçon des événements ? (2) Ne nous évertuons donc pas à créer à tout prix des contradictions entre les textes.
Aggée parle manifestement aux vv. 15-18 de malheurs arrivés pendant le temps où l’œuvre du temple resta en suspens ; au v. 18 comme au v. 15 c'est la délimitation de ce temps-là qu'il expose; dans les deux versets il est indiqué un point de départ dans le passé pour la considération des épreuves endurées. Ce
(1) IL est à remarquer cependant qu’à la p. 14 M.Kosters reprend comme positivement établie, cette seconde interprétation du passage d’Aggée, qu'il n'avait pourtant proposée lui-même qu'avec une légitime hésitation.
(2) Voir d’autres considérations chez M. Elhorst, 1. c. p. 83,
point de départ, marqué plus explicitement au v. 18 qu'au v. 15,
c’est l’époque où les fondements de la maison de Dieu avaient été posés. Après cette époque les travaux furent interrompus
et les premières assises du temple restèrent pendant plusieurs
années dans un état d'abandon offrant l'image d’une ruine
(Aggée I 4, 9). C'est ce qui explique comment les travaux
repris le 24° jour du sixième mois de l'an 2 de Darius avaient
pu, au vingt et unième jour du mois suivant, prendre un développement assez considérable pour permettre à Aggée de.
désigner aux regards « cette maison » dont les murs s'élevaient peu à peu, si a qu'on en pouvait déjà reconnaître la simplicité future : « mais ce sanctuaire, aux proportions plus modestes, n'aura pas de moins glorieuses destinées que le premier temple » (03; 7,0)
La prophétie d’Agaée suppose les événements qui nous sont décrits aux chap. IL, IV 1-5 d'Zsdras. |
S 2. Le Prophète Zacharie.
On a voulu aussi mettre le témoignage de Zacharie en oppo-
sition avec le récit du livre d’Esdras. [ci l'entreprise avait un caractère beaucoup moins spécieux que pour Aggée. Il est permis d'affirmer que c'est le langage mal interprété de ce:
dernier qui a conduit l’exégèse à détourner de leur sens naturel certaines paroles de son Contemporain Zacharie (1).
M. Kosters abandonne les arguments que lon avait cru.
trouver dans les passages I 16, IV 9, VI 12 ss. de Zacharie;
mais 1l est trop réservé quand il écrit qu’ « au besoin ces textes
permettraient de supposer que les fondements du temple avaient
été jetés quelques années plus tôt » (2). Il serait plus exact de. |
dire que I 16, VI 125$. n’ont aucun rapport avec la date de la fondation du temple, tandis que IV 9 plaide positivement en
faveur d'une date déjà passée depuis quelques années. Il n'est.
pas question des fondements aux deux premiers endroits, et ce qui plus est, les paroles que nous y lisons et d’où l’on a cru
(1) Voir Zorobabel et le second temple, p. 63-16. — (2) p. 9.
PU à Ha. 207 To
pouvoir conclure qu'au moment où elles furent prononcées la fondation du temple était une œuvre imminente, non encore entamée, font partie de discours datés eux-mêmes du onzième mois de l’an 2 de Darius (I 7), donc, en tout cas, d’une époque postérieure à celle fixée par Aggée pour le commencement des travaux. S’attacher à de pareils textes pour démontrer que le temple ne fut fondé qu’en l'an 2 de Darius, c’est s'abuser. Le lecteur se rappellera d'ailleurs les observations présentées plus haut sur le point de vue auquel il faut se placer pour apprécier comme il convient la première partie (I-VI) de la prédication de Zacharie. Quant au ch. IV v. 9, où le prophète nous montre la situation actuelle, règnante à l’époque où 1l parle, la pose des fondements y est formellement présentée comme une œuvre distincte de la construction de la maison de Dieu. C’est un phénomène que nous constatons dans tous les documents relatifs à la restauration du second temple ; partout la pose des fondements obtient une mention spéciale et est rappelée comme ayant fait époque à part. Le nouveau temple n’était pas, pourtant, un édifice si considérable ; il fut bâti dans l’espace de quatre ans. Dans ces conditions l'éloge pompeux que Zacharie adresse à Zorobabel en disant : « les mains de Zorobabel ont fondé cette maison et ses mains l’achèveront +, non seulement ne prouve en aucune manière que les fondements étaient encore à poser ou qu'ils venaient à peine de l'être, mais s’accommodent beaucoup mieux de la supposition d'un intervalle assez long entre la fondation et les travaux ultérieurs.
Cette distinction à établir entre la fondation du temple et sa construction, est encore explicitement formulée au ch. VIII v. 9 de Zacharie. | at
M. Kosters attache plus d'importance à ce dernier passage ; il continue à y voir une preuve que « la fondation du temple est arrivée peu de temps avant l’époque où Zacharie tient son discours (1) et non pas une quinzaine d'années plus tôt ». Zacharie s'exprime en ces termes; nous traduisons littérale-
(1) Daté du 4 jour du 99 mois de l'an quatre de Darius.