‹ Nouvelles études sur la restauration juive après l'exil de BabyloneChapitre 48 sur 65 · VS · texte numérisé non relu

VS

Ici nous sommes obligé dès l’abord de distinguer la cause du chap. VIIT de celle des chapitres IX-X. Le critique hollandais n’admet point que la scène de la lecture. de la Loi décrite au premier de ces deux passages, y soit à la place qui lui revient dans l’histoire ; elle n'eut lieu que quelque temps après la formation de la communauté de la Gola, dont les débuts nous sont racontés à partir du chapitre IX et dont la bste conservée sous une forme nouvelle au ch. VII, énumérait les membres. Dans le présent paragraphe nous n’aurons à considérer que les chapitres IX-X ; le paragraphe suivant sera consacré au chapitre VIIT.

Donc d’après le professeur de Leyde l'organisation de la communauté juive, dont les préliminaires et les conditions fondamentales sont exposés aux chapitres IX-X, ne tombe pas à l’époque du premier séjour de Néhémie à Jérusalem. Rien de ce genre n'avait été fait, lorsqu'en la 32° année d’Artaxerxès le gouverneur juif retourna à la cour. Il fut chargé plus tard d'une nouvelle mission pour la Judée et c'est pendant cette seconde partie de sa carrière quil faudrait placer les événements dont nous allons parler. Voici, pour rappeler en deux mots l'état de la question, comment les choses se seraient passées suivant la théorie de M. Kosters : aussitôt après sa seconde arrivée, Néhémie se déclare contre les abus qui règnent parmi le peuple juif et notamment contre les mariages mixtes. Cependant il se contente de punir les coupables sans dissoudre les mariages (XIII 4-fin). Sur ces entrefaites Esdras arrive de Babylone avec sa caravane d’émigrants ; celui-ci veut recourir à des mesures plus radicales et renvoyer les femmes étrangères, mais 1l échoue (Zsdras VII-X). Alors Néhémie et. Esdras procèdent de concert à la constitution de la communauté puritaine, d'où les récalcitrants sont exclus (Néh. IX-X).

Voici donc la question à laquelle nous avons à chercher la réponse. Est-il vrai que la communauté réorganisée par Néhémie (IX-X) fut formée à l’aide des éléments ramenés de Babylone par Esdras, après les faits racontés Nén. XIII 4-fin ?

À À or, 4

Pour justifier la place qu’il assigne à Néh. IX-X M. Kosters met en ligne une double série de considérations. L'analyse de ces deux chapitres l'amène à la conclusion que nous assistons ici à une alliance solennelle contractée, sur la base d’une observation rigoureuse de la Loi, entre deux catégories distinctes de Juifs : d'un côté « le reste du peuple », c’est-à-dire les Juifs Palestiniens, ceux qui n'avaient point été en exil, qui avaient vécu sur le sol du pays de Canaan en contact avec l'étranger ; le ch. IX en particulier doit avoir primitivement renfermé la mention de la séparation de ces Juifs-là d'avec les païens, avant la fusion qui les unit aux Israélites revenus récemment de l'exil, et qui donna lieu à la constitution de la communauté puritaine. Ces « Israélites rapatriés sous la conduite d’Esdras » forment l’autre catégorie de Juifs visés dans nos deux chapitres. Il résulte de ces observations que Néh. IX-X doit faire suite à Esdras VII-X ; et comme le retour d’Esdras tombe après la seconde arrivée de Néhémie, il s'ensuit que c’est également à l'époque du second séjour de ce personnage à Jérusalem qu'il faudra ramener l'organisation de la communauté racontée dans nos deux chapitres. — M. Kosters mel ensuile en regard l'un de l'autre, le récit des ch. IX-X et celui du ch. XIII vw. 4 ss. de Néhémie ; la comparaison le conduit

‘encore à ce résultat que le premier de ces deux morceaux doit

être rangé après le second (1).

… Nous craignons que le professeur de Leyde n'ait, ici encore, perdu sa peine à vouloir démontrer la thèse qu'il soutient. Les chapitres IX-X de Néhémie ne renferment aucune allusion au retour de la caravane d’Esdras ; il n’y est fait aucune distinction entre la double catégorie de Juifs dont on nous parle; et quant au récit des réformes poursuivies par Néhémie lors de sa seconde mission (XIII 4 ss.), il suppose, nous semble-t-il, à l'évidence, l’organisation de la communauté juive décrite aux ch. IX-X et démontre du coup que celle-ci eut lieu avant l'époque du second séjour de Néhémie à Jérusalem.

(1) Het Herstel van Israël, p. 76-87.

» ” u DS 41 24 * & p # RTE RP 6 A DO NP ARE MAN VAS AB NT RS PRO Ten QE EN PR à SAR 7 SNA NA A LE Se EU Te De Me DE ON NU A LUTNS : PAP à OX re TOM MOTEUX Loue ‘Qi pi A MAP ji A à J | ei FOIE ea M AR AE F

at ant LATE A eE 2

I. Le passage sur lequel on bâtit le système des deux grandes catégories de Juifs, les Palestiniens et ceux de la captivité, qui se seraient unis pour fonder la communauté nouvelle, se trouve au ch. X v. 29 de Néhémie. Les versets précédents, 2-28, contiennent une longue série de noms propres, représentant les signataires de l'alliance solennelle que le peuple contracte avec Jéhova ; au v. 29 le texte poursuit : « . ...... et le. reste du peuple, les prêtres, les lévites, les portiers, les chantres, les Nethinim, et quiconque s'était séparé des peuples des terres pour s'attacher à la Loi de Dieu; leurs femmes, leurs fils et leurs filles, quiconque était doué de sagesse et d'intelligence; tous s'unirent à leurs frères, leurs nobles, et s’engagèrent par malédiction et sous serment à marcher dans ia loi de Dieu >. La liste des noms propres, dit-on, aux vv. 2-28, énumère les exilés revenus, les compagnons d'Esdras ; puis aux v. 29 s. nous apprenons que le « reste du peuple », c’est-à-dire les Juifs palestiniens qui avaient rompu préalablement tout rapport avec les populations étrangères, s'unissent à leurs frères, leurs nobles, qui sont précisément les compagnons d’Esdras énumérés v. 2-

28. — C'est très simple, mais c’est absolument contraire au seul sens possible du texte, qui est, lui aussi, d’une extrême simplicité.

On dirait que partout où M. Kosters voit les mots : le reste du peuple, 1l lui semble impossible de les interprêter autrement que du peuple resté en Palestine pendant la captivité. C'est une | illusion vraiment étonnante. Après l'énumération des classes de prêtres, de lévites, de laïques dont {es chefs (X 1) avaient signé le pacte d'alliance, les mots ef le reste du peuple par lesquels le texte poursuit, ne sont susceptibles que d’une seule interprétation : ces termes servent à désigner l’ensemble du peuple en tant qu'il se distingue des chefs qui ont signé pour lui. M. Kosters « n'aurait eu qu'à rester fidèle à ses propres procédés d’exégèse pour s’en apercevoir ; au verset 15 les classes laïques dont les représentants signèrent après les prêtres et les lévites, sont introduites par la rubrique; es chefs du peuple; sont-ce les captifs revenus avec Esdras qui sont appelés ici le peuple 2

M. Kosters dira sans doute que non? car pour lui le peuple ce sont les Juifs restés en Palestine pendant l'exil, nous l'avons entendu plus haut à l'occasion du commentaire que l’auteur nous donnait du langage que tient le prophète Aggée ; les captifs rapatriés doivent se nommer /sraël, disait M. Kosters. Mais alors, ce ne sont donc pas les compagnons d'Esdras qui sont énumérés aux vv. 2-28? À moins que la petite rubrique du v. 15 ne doive être considérée comme ‘une interpolation du Chroniste. Ceci est cependant peu vraisemblable ; car au v. 10 nous trouvons également, en tête des familles lévitiques, l’inscription : les Lévites.

. Il est manifeste qu’au v. 29 le narrateur vise à une énumération complète de tous les éléments dont se compose le peuple d'Israël, prêtres, lévites, portiers et chantres, Nethînim et les autres. Toutes ces classes sont opposées en bloc aux peuples des terres dont elles se séparent pour former désormais le cer- cle fermé des fidèles observateurs de la Loi. Notez que notre texte ne parle pas des prêtres, des lévites, des portiers du reste du peuple, comme il aurait dû le faire s’il avait eu en vue de mettre « le reste du peuple > dont il est ici question, en opposition avec les signataires, comme une catégorie en quelque sorte hétérogène de Juifs ; non, le reste du peuple ce sont Les prêtres, les lévites, les portiers etc., en un mot quiconque était doué de connaissance et de sagesse. C’est la totalité du peuple d'Israël qui s'attache à ses frères, les nobles.

Les frères du peuple, ses nobles, DSK" (v. 30), ce sont, dit M. Kosters, les Juifs revenus de l’exil avec Esdras. C'étaient là les vrais Israélites, le noyau de la société réformée. Les Juifs qui demeuraient en Judée avant Esdras, avaient rebâti le temple et restauré le culte; depuis de longues années leurs prêtres avaient offert les sacrifices dans la maison de Jéhova; c'étaient eux aussi, qui, malgré tous les obstacles et après bien des échecs et des interruptions, avaient enfin réussi, sous la direction de Néhémie, à rebâtir les murs de la ville sainte ; mais, ils avaient vécu en contact avec les étrangers sur le sol de la Palestine! Voilà pourquoi ce n’était point parmi eux que l'on

AR. AE WATT NAS YOU 2 CPAAL UN A TOR O PPT MO ER PALTE LU TE rhA Sie ui Lu JAN Q x

HÉSTON Se

pouvait trouver quelque chose du véritable Israël. Le véritable Israël, c'étaient ceux dont les aïeux avaient été déportés en exil en 586, ou à une époque plus reculée encore; qui euxmêmes étaient nés et avaient grandi au loin parmi les nations païennes de l'Orient, pour qui le temple et son culte, Jérusalem et les villes de Juda, étaient des choses dont le souvenir remontait à plusieurs générations. Ce sont ceux-là qui, revenus en Judée au nombre de quinze cents, deviennent d'emblée les nobles de la nation et la masse du peuple trouve cela parfaitement Juste.

Nous trouvons tout cela inconcevable. Les D°YSN, Les nobles, les notables du v. 30 n’ont pas et ne peuvent point avoir la signification qu'on leur attribue ici. Nous avons entendu plus haut que déjà lors de la restauration des murs Néhémie parle à plusieurs reprises des nobles du peuple, de ses princes, etc.; il n'y a pas la moindre raison de donner au terme qui nous occupe un autre sens au v. 30. Sans doute le texte met ici une distinction entre les nobles et le reste du peuple, comme le fait p.e. aussi Néhémie IV 8; mais pourquoi? parce que ce sont les nobles, les chefs de famille, qui ont signé le pacte écrit au nom de leurs classes respectives. Le narrateur ajoute que le reste du peuple, prêtres, lévites, etc. » se joignirent à leurs frères, leurs nobles », c'est-à-dire qu’ils ratifièrent l'engagement auquel ceuxci avaient souscrit, qu'à leur tour ils s'obligèrent sous serment à observer fidèlement les clauses de l'alliance.

C'est d’ailleurs une conception assez bizarre de supposer que ce seraient les vrais Israélites revenus de Babylone, qui auraient été obligés de signer le pacte écrit portant défense de contrac- ter à l'avenir des mariages avec les étrangers, et que pour le reste du peuple, C'est-à-dire pour les Palestiniens qui avaient dû se séparer des « peuples des terres » pour mériter l'honneur d'entrer dans la société d’Esdras, on se serait contenté d’un consentement oral!

M. Kosters n'a-t-1l pas remarqué que l'auteur, parlant au nom du « reste du peuple » s'exprime à la 1° personne du pluriel, à partir du v. 30°, comme il l'avait fait déjà au v. 12.

« À cause de tout cela nous contractons un pacte et le mettons par écrit sous le sceau de nos princes, de nos lévites, de nos prêtres ; et ceux qui apposèrent leur sceau furent : Néhémie, etc. ; ....... Et le reste du peuple, les prêtres, les lévites …...…. quiconque s'était séparé des peuples des terres, (tous) s'attachèrent à leurs frères, leurs nobles et s’engagèrent sous serment à marcher dans la loi de Dieu, .… et à garder et à accomplr les préceptes de Jéhova notre Seigneur, ..… et que nous ne donnerions point nos filles au peuple de la terre....». Le texte pouvait-il signifier plus clairement que le reste du peuple, c'est tout simplement le gros de la nation, le reste, relativement à ceux qui avaient signé ?

Le lecteur voit quil n'y a pas lieu de s'étonner qu’on ne trouve, au ch. IX, pas un mot d'allusion à la prétendue alliance qui allait se conclure entre les Juifs Palestiniens et d’autres revenus de Babylone ; qu'il n° y à pas lieu de supposer que « dans sa forme primitive » le début du chap. IX racontait la Séparation opérée entre les étrangers et les Juifs Palestiniens ; et qu'on peut Sabstemr de reconnaître une lacune, dans ce même ch. IX, après le v. 37, à la fin de la confession des lévites.

II. La comparaison des ch. IX-X avec le ch. XIIT 4 ss. de Néhémie conduit le critique de Leyde à ce résultat, que la formation de la communauté racontée dans la première de ces deux sections du livre, a eu lieu après la répression des abus que Néhémie trouva à Jérusalem lors de son second voyage et dont il est parlé au ch. XIII. À notre avis, 1l n'y a pas l'ombre d’un doute que c’est le contraire qui est vrai. Mais il nous faut écouter les arguments de M. Kosters ; nous les passerons tous en revue et nous verrons s'ils sont de nature, qu'on les prenne isolément ou dans leur ensemble, à assurer quelque probabilité à l'opinion qui y cherche un appui.

1° Au ch. XIII 10-14 nous lisons, dit M. Kosters, que Néhémie, lors de son retour à Jérusalem, trouva que les lévites

avaient quitté la ville sainte, parce qu'ils n'avaient pas reçu « leurs parts » des revenus. Néhémie les ramène et nomme

ADALENE NICE Eieaits Et tt (URLS PRO ENT : D Re FD PORTA Het MSN Re PU OM PU LORD LE D DRAC PUR TO AAA RUN PRE SANS PEN À

: 2 " y A 4e x 4 CS f ù

Page 1