livre de la Loi qu'Esdras produit et lit devant l'assemblée, est
un code nouveau, inconnu auparavant (2). Sans doute le récit actuel renferme des détails et des expressions qui sont de nature à faire croire le contraire ; déjà au v. 1 le narrateur se permet
écrire : « Et on dit à Esdras ..…. d'apporter le livre de la Loi de Moïse, que Dieu avait donnée à Israël ». — Puis nous
voyons le lecteur entouré de lévites interprètes, ce qui donne à
penser que ces interprètes devaient déjà être au courant de la Loi. Mais pour le dernier point, c’est le Chroniste qui à arrangé les choses de cette façon (3). D'autre part on ne doit pas s'éton-
(1) Het Herstel van Israël pp. 87 ss. — (2) p. 90. — (3) p. 88.
avoir voulu antidater vases Esdras la résolution de promulguer
ner que le texte n’ait pas un mot pour nous apprendre que assemblée avait conscience de ce qui allait se passer ; en effet après les vv. 1 s., 4,5, 3, rétablis dans leur état et leur ordre primitifs, il doit y avoir une lacune ; quelque chose ici doit avoir disparu ; à l’origine il doit y avoir eu ici une notice portant que le peuple se déclara prêt à recevoir cette loi comme la loi de son Dieu. On devine facilement la cause de la mutilation du récit ; pour le Chroniste il ne pouvait être question d'une loi nouvelle, toutes les lois étant d’origine mosaïque (1). En un mot 1l faut supprimer du texte ce qui est contraire à l'hypothèse du « nouveau code » et suppléer ce no manque pour quil y soit conforme.
Ce qui montre qu’au ch. VIIT nous assistons à la promulga- | tion « d’un nouveau code », c'est que, dans l'édit royal qui. autorise le retour d'Esdras et de ses compagnons en Judée, nous lisons qu'Esdras « a dans la main la Loi de son Dieu » x (Esdr. VIT 14) (2). Il est bien vrai, pour quiconque connaît les éléments des langues sémitiques, que cette expression n’a point la portée qu’on lui attribue ic1; il est bien vrai que le morceau. même où l'expression se présente, en renferme une autre, absolument parallèle, qui aurait suffi au besoin pour nous en apprendre la signification (a sagesse de ton Dieu qui est dans 1& main v. 25); il est bien vrai en outre, suivant M. Kosters, que. l’'édit royal d’Esdras VIT ne nous a pas été transmis par Esdras lui-même, qu’en particulier l'endroit qui nous occupe ne s'est sans doute Jamais trouvé dans le livre écrit par le Sopher, qu 1:08 4 vient selon toute probabilité de la main du Chroniste. Il n’en | faut pas moins admettre que le Chroniste à voulu ici, de son. propre mouvement, attribuer à Esdras « le code nouveau » ï “4 dont 1} mettait tant de soin tout à l'heure à cacher la nouveauté, au ch. VIII de Néhémie. — Seulement le rédacteur semble ù