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« Quant aux peuples de la terre qui introduisent toutes sortes de marchandises et de denrées à vendre, le jour du sabbat, nous ne leur prendrons rien, les jours de sabbat et de fête » etc. C'est un abus que l’on veut combattre ; et l’abus en question régnait précisément au temps de Néhémie ; celui-ci se vit obligé, lors de sa seconde mission, de le réprimer par des mesures plus sévères que jamais (XIII 19).
Un des points principaux que nous voyons à l’ordre du jour aux Ch. VIII-X, c'est la séparation des fils d'Israël d'avec les étrangers (EX 2, X 29, XIII 1 ss.). Or dans les circonstances où M. Schlatter suppose que se seraient passés les événements racontés ici, on ne voit point qu'il eût pu y avoir lieu pour les Israélites, à peine revenus de l'exil, de se séparer des étransers, d'expulser ceux-c1 du sein de la communauté. Le souci de la nation rétablie par Zorobabel pouvait se borner à exclure les suspects qui n'étaient pas en état de produire leurs titres généalogiques (Zsdr. Il 59 s.). À l'époque de Néhémie, au milieu du 5° siècle, il en était tout autrement. Nous savons combien l'élément étranger était alors devenu puissant et dangereux parmi la population juive et quels efforts 1l fallut pour soustraire la communauté à cette funeste influence. Cette considération à elle seule suffirait pour faire maintenir l'assemblée de Jérusalem à la place qu’elle occupe dans lhistoire traditionnelle.
Ce que M. Schlatter dit au sujet des manifestations de deuil et de tristesse de NéA. VIII 9 s., qui se comprendraient mieux dans les circonstances du temps de Zorobabel que dans celles où l’on se trouvait placé en 445, c'est là un argument qui ne convaincra personne.
Rien ne prouve qu’au ch. IX v. 1 ss. on célèbre la fête commémorative du meurtre de Gedalja. Le peuple se réunit le 24 jour du 7° mois, parce que ce jour suit immédiatement la fête des Tabernacles (VIII 18). Le jeûne et la pénitence servent de préparation à l'acte solennel que la communauté va poser ; il s'agira de rompre avec le passé et d'entrer dans une voie nouvelle. Israël a été infecté par l’infiltration étrangère et
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païenne ; son zèle pour la Loi s’est refroidi ; de nombreux abus se sont introduits. Ces infidélités vont avoir un terme ; Israël sera de nouveau le peuple saint. Les sentiments de conponction
et de repentir conviennent parfaitement à ces circonstances. Et d’ailleurs le texte nous dit clairement dès le début que.
c'était bien en vue de l'alliance qu'il allait renouveler avec Dieu, que le peuple se livre à ces démonstrations : « Au vingtquatrième jour de ce mois les fils d'Israël se réunirent dans le jeûne, habillés de sacs et couverts de poussière ; ef Israël se sépara de tous les étrangers... » Après la longue confession des lévites qui occupe le ch. IX, le récit nous conduit sans interruption aucune à l'exposé des engagements signés par les chefs et ratifiés par le peuple (ch. X). Il est manifeste que le jeûne et les signes de pénitence dont il est question [IX 1, ne sont qu'une introduction aux événements racontés dans la suite. Nous pouvons donc nous dispenser de rechercher si la fête commémorative du meurtre de Gedalja resta en usage après la déclaration de Zacharie VIII 19, et si on la célébrait encore à
l'époque de Néhémie. Dans tous les cas, ce n’est pas de cela
qu'il s'agit au commencement du ch. IX. è
La fête de l’Expiation, le 10 du 7° mois, n’est pas mentionnée au ch. VIIT, et M. Schlatter en conclut que le chapitre VIII ne visait pas, primitivement, l’époque de Néhémie. — Certes, on peut trouver ce silence surprenant. Mais ce qui est plus surprenant encore c'est que le même phénomène s’observe à travers toute l'histoire des Hébreux. Le premier témoignage que nous ayons de la célébration de la fête de l’Expiation à Jérusalem est celui de l’Ecclésiastique L 5. Il y a là un problème très intéressant à étudier, mais on y chercherait vainement un prétexte pour rapporter à l’époque de Zorobabel le récit des ch. VIIT-X de Néhémie. Le silence du narrateur ou l’omission de la fête se comprendraient-ils mieux pour l'époque de Zorobabel que pour celle de Néhémie ? Oui, répond M. Schlatter ; et voici la raison : c’est que la fête de l'Expiation
suppose l'existence du sanctuaire ; elle ne pouvait se célébrer à un moment où celui-ci n'était pas encore bâti! Fort bien. -