‹ Nouvelles études sur la restauration juive après l'exil de BabyloneChapitre 58 sur 65 · HAE EG · texte numérisé non relu

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des listes Néh. X 3-9 et XII 1-7, 12-21, montre que ce nest pas par accident que le nom de Haqqos a pu disparaître de la première ; les noms qui y manquent sont précisément Les cing derniers qui figurent dans les tables du ch. XIT. L'énumération du ch. X 3-9, où ces cinq noms ont été remplacés par cinq autres, comprend toujours vingt et un noms sur les vingtquatre classes dans lesquelles l’ordre sacerdotal était divisé en principe (1). La situation à l'époque de la grande assemblée était encore celle qui avait été créée par l'exclusion provisoire des trois classes aux premiers jours de la Restauration. — Lorsque nous voyons Meremoth, de la classe de Hagqqos, remplir dans le temple des fonctions élevées, rattachées à son titre de prêtre, au moment du retour d'Esdras, nous avons le droit de conclure une fois de plus que l'expédition d'Esdras tombe après l'assemblée de Jérusalem.

Dans la commission à laquelle le Sopher remet les trésors apportés de Babylone, nous voyons figurer aux côtés de Meremoth deux lévites, Jozabad fils de Jeschoua et Noadja fils de Binnuï. Or à l'époque de l'assemblée deux lévites nommés Jeschoua et Binnuï, remplissent un rôle personnel marquant dans l'acte d'alliance conclue par le peuple avec Jéhova (2). On peut voir ici encore un indice de l’antériorité de l'assemblée sur le retour d'Esdras (3). |

4° Voici un argument dont M. Kosters reconnaîtra la valeur. Lorsque Néhémie revint à Jérusalem pour la seconde fois, quelque temps après l'an 433-432, il y trouva encore comme grand prêtre Eliaschib (XIII 28 ; cfr. Kosters p. 86). A l'époque où Esdras entreprit sa réforme des mariages mixtes, Johanan ben Eklaschib était grand prêtre ; c'est à l'appartement de Johanan qu'Esdras se rend dans le temple, sans doute pour s'y concerter avec lui sur les meilleurs moyens d'assurer le succès de la réforme (ÆEsdras X 6 ; coll. Kosters p. 130-131) (4).

(1) Cfr. notre Réponse à Kuenen, p. 89 s. — (2) Néh. X 10.

(3) Voir cependant les observations présentées plus haut, p. 252-254. Re

(4) Que c'est bien le grand prêtre Johanan-ben-Eliaschib qui est visé Esdras X 6, cela se prouve par la manière même dont il nous est présenté, comme un’

Re

Johanan ben Elaschib, était le petit-fils du grand prêtre Ebaschib ; entre ces deux pontifes la tiare fut portée par Jojada, fils d'Éliaschib et père de Johanan (Néñ. XII 10-11,

22 ; cfr. Kosters p. 109). D'où il résulte qu'entre la seconde

mission de Néhémie et le retour d’Esdras, il y a un intervalle occupé par la fin du pontificat d'Eliaschib, le pontificat tout entier de Jojada, et le commencement de celui de Johanan. Il

est donc, de ce chef encore, absolument invraisemblable que

la réforme d'Esdras eut lieu immédiatement après celle de Néhémie racontée au ch. XIII de son livre, et avant l’assemblée tenue à Jérusalem sous la direction de ce dernier. Nous arrivons encore à la conclusion que le retour d’Esdras tombe

plusieurs années après la seconde mission de Néhémie, et que

la date de l'an 7 d’Artaxerxès, indiquée au ch. VII d'Esdras pour l'expédition du Sopher, est en parfaite harmonie avec les

autres données de l’histoire.

M. Kosters suppose dans son système que la réforme d’Es-

dras n’a pas réussi. Cette supposition est non seulement

gratuite, ne s'appuyant sur aucun indice quelconque ; mais elle

est manifestement contraire à la relation des chapitres IX-X, qui atteste de la façon la plus claire le plein succès de l'entreprise.

Dans notre première dissertation sur Néhémie et Esdras,

nous avions beaucoup insisté sur l'impossibilité de comprendre

‘personnage important, avec lequel Esdras à besoin de se concerter, et qu'il

suffit d’ailleurs de désigner par son nom, parce qu'il est supposé connu de tout

le monde. L'opinion d'après laquelle le Johanan ben Eliaschib d’'Esdras X 6 ” n'aurait pas été un contemporain de notre Sopher n'est vraiment pas sérieuse

(Nr. Néhémie et Esdras p. 32-38 ; et notre Réponse à Kuenen p. 78-88). — Dans

le Theolog. Jahresbericht (1 895) l'argument qu'Esdras X 6 fournit à notre sys-

tème chronologique est apprécié en ces termes : Allerdings ist diese Notiz auffällig, aber man müchte eher in ihr einen Irrthum vermuthen als allen sonstigen Nachrichten gegenüber die bisherigen Chronologie auf den Kopf steilen () —

C'est dommage que le docte recenseur ne s’est pas donné la peine de dire de

quelles sonstigen Nachrichten il voulait parler.

la situation régnante à Jérusalem à l'époque de la première mission de Néhémie, dans la supposition qu’une douzaine d'années auparavant les Juifs auraient de commun accord procédé à la dissolution des mariages mixtes et renvoyé les femmes étrangères avec leurs enfants. Ni les rapports qui existaient entre la population juive et les étrangers, ni la manière dont on envisageait en particulier les alliances matrimoniales entre les familles des deux groupes, en 445, ne permettent de croire qu'en 457 s'étaient passés les événements racontés aux derniers chapitres du livre d’Esdras. Kuenen sentit très bien la difficulté. Pour maintenir la succession traditionnelle Esdras-Néhémie, 1l lui parut nécessaire de soutenir qu’en 457 les femmes étrangères ne furent pas renvoyées, qu’Esdras échoua contre la résistance « du parti de l'étranger » (dont le livre d'Esdras ne dit pas un mot) ; que le récit qui nous à été conservé de sa tentative violente garde à dessein le silence sur le résultat final de l’entreprise, le rédacteur voulant ménager la mémoire de son héros (1}. — Aujourd'hui Wellhausen se rallie encore au système de défense de Kuenen (2). |

Dans notre Réponse à ce dernier, nous nous attachâmes à établir que la théorie imaginée par notre adversaire ne reposait sur aucun fondement objectif, La relation des ch. IX-X ne permet pas de douter un seul instant que la réforme d’Esdras aboutit au renvoi des femmes étrangères. L’enchaînement des faits montre de la manière la plus évidente que c'est à la dissolution même des mariages que nous assistons au ch. X v. 17ss. Esdras raconte au ch. IX 1 ss. comment il apprit l'existence de l'abus. Un peu plus loin il rapporte la promesse faite par Schekhanja au nom de tout le peuple, à savoir que les coupables renverront leurs femmes avec les enfants qui en étaient: nés (X 2-4). À la demande d’Esdras, la foule, d'une voix unanime, ratifie cette promesse (v. 5). Esdras se rend à la

(1) De chronologie van het perzische tijdvak der joodsche geschiedenis. (2) Israel. und jùd. Geschichte 2, p. 162. Il ajoute cependant une petite restricion; d'aprés lui il est probable qu'Esdras échoua.

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lischka de Johanan ben Eliaschib, sans aucun doute, comme M. Kosters se montre disposé à l’admettre, en vue d’aviser aux moyens pratiques d'amener le peuple à l'exécution de l'engagement (v. 6). Il fallait en effet user de prudence ; car on était naturellement bien loin de savoir l'avis de tous les intéressés et de connaître leurs dispositions réelles. S'il s'écoula un certain temps avant que l'affaire fut mise pratiquement en train, ce ne fut point, comme l’a pensé Stade, l'effet d’une opposition qui se serait produite contre le mouvement de réforme, mais simplement parce que l'enquête à laquelle il fallait se livrer, les dispositions qu'il fallait prendre au préalable pour assurer le succès et aviser aux conséquences, ne permettaient pas d'entreprendre sur l'heure une réforme de ce genre. Le peuple fut convoqué, sous peine de châtiments sévères pour ceux qui s’abstiendraient, à une assemblée générale qui eut lieu le 20 du 9° mois (X 7-9). Cette fois, 1l ne s’agit plus de promettre, mais de s'exécuter (10-11). - Le peuple répond qu'il est impossible, vu la grande multitude assemblée et le mauvais temps, de procéder immédiatement au renvoi des femmes. Cela était très juste. Les représentants de la foule proposent donc d'instituer une commission, devant laquelle les coupables devront comparaître successivement, suivant les localités auxquelles ils appartiennent (v. 12-14). Au v. 15 il est fait mention à ce propos de l'intervention de quatre personnages dont l'attitude est décrite dans le texte en termes qui prêtent à l'équivoque. Généralement on conclut de la particule restrictive TN par laquelle le v. 15 débute, qu'il est question ici d'une protestation. Cette protestation ne pourrait s'être élevée que contre l’idée d’une exécution plus lente, qui était impliquée dans la proposition de l'établissement d'une commission; nos quatre personnages auraient donc maintenu la nécessité de procéder immédiatement à l'exécution des promesses faites autrefois. Que telle devrait être la portée de la soi-disant résistance de Jonathan et de ses partisans, cela résulte du fait qu’il n’en est fait mention que précisément à propos de l'institution du tribunal. Personne ne proteste, aux

0 NN A ND AT PA re AC ot EN SL A CS PSEUDO Te 1 LE cn AS

4 SE SP PSI RO EN NE p L à :

chapitres IX-X, contre l’idée même de la réforme. — Seule- 4 4 ment nous avons montré ailleurs que rien n'oblige à entendre | | le v. 15 dans le sens que nous venons de rappeler ; 1l n'est pas certain du tout qu'il sy agisse d’une opposition quelconque. | La particule restrictive TN peut parfaitement avoir pour objet, comme l'usage en fait preuve, d'exprimer une idée d’insistance ; et comme les termes employés pour caractériser le rôle de nos personnages peuvent s'entendre aussi bien d’une défense de la proposition, que d’une protestation de leur part, 1l sera permis de traduire : « Et Jonathan fils de Asaël, et Jahzeja fils de Tiqva, ne firent que défendre la chose et Meschullam et Schabbetaï les lévites, les appuyèrent. » Ce qui recommande cette interprétation, c'est qu'après le v. 15 le texte poursuit en ces termes, pour passer au récit de l'établissement et des opérations du tribunal : Z* les enfants d'Israël firent ainsi... C'est donc en agissant dans le sens de Jonathan et consorts que l’on institua la commission (1). Ce serait, du reste, aller contre toutes les vraisemblanees que de vouloir expliquer la difficulté en prêtant . en cet endroit, au rédacteur, « une mutilation intentionnelle de l'original » (2). C’est le rédacteur lui-même, selon toute apparence, qui a ici la parole ; c’est lui qui raconte les faits ; pourquoi aurait-il « mutilé » son propre récit ? S'il avait voulu, de propos délibéré, omettre en cet endroit la relation de certains détails « qu'il jugeait contraires à l'honneur d’Esdras, » — alors qu Esdras lui-même lui en aurait néanmoins fait l'exposé dans ses Mémoires ! — n'est-il pas évident qu’il se serait aussi abstenu de reprendre le début de cette relation ? Le procédé . que l'on prête au rédacteur est tout simplement inconcevable. Beaucoup mieux vaudrait, pour ceux qu’arrêterait la particule 7, supposer que le texte primitif portait TN (3). Mais, nous le répétons, cela même n’est pas nécessaire du tout. Quoi qu'il en soit, le tribunal fut établi et commença ses opérations le premier jour du 10° mois (v. 16). En quoi consistèrent ces opérations ? Quelle était la fonction du tribunal

(1) Vr. Réponse à Kuenen p. 27-28 (note). — (2) Kosters p. 120, — (3) Réponse à Kuenen 1. c.

PCT 0

présidé par Esdras ? Là-dessus le récit nous renseigne de la façon la plus claire. On avait reconnu l'impossibilité de régler

définitivement l'affaire des mariages mixtes au moment même

où se tenait l'assemblée convoquée à cet effet ; la foule était trop nombreuse et le temps trop mauvais pour tout faire en plein air. Peut-être aussi craignait-on des désordres pour le cas

où toutes les femmes étrangères auraient dû être expulsées

simultanément. Les mécontents, s'il y en avait, auraient pu, en S'unissant, opposer une résistance plus efficace. Le parti le

plus commode comme aussi le plus sûr, était donc de procéder

successivement à la dissolution des mariages illégitimes. De

cette manière aucun coupable ne pourrait échapper ; les protes- tations seraient inutiles ; et, de plus, le régistre des coupables

étant régulièrement dressé, la réforme se trouverait assurée d'un effet plus durable. En un mot, le texte l’affirme explicitement, cétait pour plus de facilité dans l'exécution des engagements déjà pris, que la commission fut instituée. Les coupables devaient se présenter par ordre de villes, et, à mesure que

chaque cas était jugé, les mariages devaient être dissous et les

femmes étrangères frappées de proscription. — Le tribunal siégea à partir du 1* jour du 10° mois, dix jours après la réunion de l'assemblée du peuple, et il mit trois mois à remplir

sa mission. Le premier jour du premier mois tout était terminé

(v. 17), c'est-à-dire, suivant le sens réclamé par la suite natu-

relle de la relation, la situation des familles en cause était défi-

nitivement réglée. — L'auteur nous donne en suite un tableau de ceux qui eurent ainsi à comparaître successivement devant

le tribunal (v. 18-44).

Ici encore, nous trouvons la confirmation de l'exposé que nous venons de faire et du rôle que nous attribuons à la commission. Les membres de la famille sacerdotale de Jeschoua passèrent les premiers ; ils convinrent que leurs femmes seraient

renvoyées et offrirent un bélier. Après cela ils n'avaient

évidemment plus aucune décision ultérieure à attendre; l'affaire était jugée. Si l’auteur n’ajoute pas « comment > le renvoi eut

lieu, s'il ne décrit pas les scènes de la séparation, c'est que

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c'était là, pour l’objet de sa narration, un détail absolument

accessoire, superflu. Dans la suite du tableau, vv. 20 ss., il se contente d’énumérer les noms des individus qui s'étaient vus, les uns après les autres, mis en demeure de régulariser leur situation de la même manière. Le tribunal institué en vertu de la décision de l'assemblée, n'était pas une simple commission d'enquête, mais exécutoire.

Nous avons développé ces considérations dans notre Réponse à Kuenen pp. 20-31. Nous en conclûmes qu’alors même que l’auteur n'aurait pas ajouté en termes explicites, après la liste

renfermée aux vv. 18-43, que les femmes furent en effet ren- .

voyées, le fait de la dissolution des mariages et du renvoi des femmes, n’en serait pas moins certain. [Il est absolument contraire au sens de notre récit, de dire que « les informations qu'il nous donne au sujet du résultat de l’entreprise d'Esdras, sont passablement maigres » (1). Ces informations sont aussi complètes qu'on pourrait les désirer.

Bien que le narrateur eût pu se dispenser de constater une fois de plus, à la suite de son tableau, que les étrangères furent proscrites, il était néanmoins possible et naturel qu'il l’eût fait. Le v. 44 du ch. X contient un épilogue dont le texte massorétique n'offre aucun sens et est manifestement corrompu DZ VA" DE: D UN. Il y est question des émmes et des enfants. Après ce que nous venons de dire, on est naturellement amené à la conjecture que le texte primitif devait porter que les femmes et les enfants furent renvoyés, conformément à la promesse qui avait été faite X 3. Or le troisième livre d'Esdras (IX 36) lit en effet : (mavres oùtor ouvpxrouy Vuvatuas GÂÂoyeveïs) xat dnékusay aûtäs odv téxvors. En nous appuyant sur cette version nous arrivâmes à reconstruire le texte massorétique sous la forme que voici : D°221 D°#2 DTA 120, à laquelle peut-être on pourrait préférer la formule plus emphatique 2°32 125" O3 072 120" : (Tous ces hommes

avaient pris des femmes étrangères) ef üs renvoyèrent les

femmes et les enfants ().

Kosters p. 121. — (2) Réponse à Kuenen p. 32-38.

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Enfin nous avons montré que la raison alléguée par Kuenen pour expliquer le prétendu silence du rédacteur sur l'issue de l'entreprise d’Esdras, à savoir le souci de ménager l'honneur du héros compromis par l'échec auquel ses efforts vinrent aboutir, nous avons montré, disons-nous, que cette raison ne se soutient pas (1).

M. Kosters croit, lui aussi, qu'Esdras réussit mal dans sa tentative de réforme. Il serait bien inutile de discuter plus

longuement cette question. Les chapitres IX-X du livre

d'Esdras sont à la disposition de tout le monde et pas trop longs à lire. Celui qu'une lecture attentive de ces chapitres

ne convainct pas, ne sera pas davantage convaincu par des

: set E ne er D Lie SR e RRE OREN psde L% LCD TS 4 * » L : ë

arguments qui ne peuvent s'appuyer que sur les données qu'ils contiennent.

Il est cependant un point sur lequel nous voudrions revenir un instant, cest la restitution que nous avons proposée du v. 44 au ch. X. À ce sujet M. Kosters écrit : « Le plus facile sans doute serait de reprendre, avec v. H., la leçon de 1 Esdr. IX 36 xai dmlhuoay arts oùy téxyois : mais comment l'équivalent hébreu de ces paroles pourrait-il avoir donné lieu au texte actuel ? V. H. suppose comme texte primitif : DYÈ2 DTA 1270" 021. Seulement 25 ne se rencontre pas ailleurs du renvoi

de femmes ; à la place de 272 on aurait dû avoir EPN3, ce qui,

de plus, aurait été rendu en grec par àr/ arwv. » (2) Voici les observations que nous avons à faire sur cette critique : 1° À l'endroit cité de notre Réponse à Kuenen nous avons

montré comment l'équivalent hébreu que nous proposons pour

la leçon du 3° livre d’Esdras IX 36, a pu donner lieu au texte massorétique actuel et un simple coup d'œil permet d'en juger. C'est précisément la comparaison de ce texte avec la leçon de 3 Esdras qui nous a amené à notre correction. Celle-ci offre d’ailleurs, au point de vue de la forme extérieure, une ressemblance marquée avec la notice corrompue d'Æsdras X 44 ; les éléments suspects de cette dernière (12*2*...2") y trouvent

une restitution très naturelle dans leur état primitif ; et les éléments dont l’objet même de la relation qui précède exige le maintien (2229 DE), s’y présentent associés dans une conclusion parfaitement adaptée à toute la suite du récit.

2 207, dit-on; .ne se rencontre pas ailleurs du renvoi des femmes. — Mais dans le grec du 3° livre d’'Esdras, nous trouvons un verbe, atovw, qui diffère précisément lui aussi de celui employé ailleurs dans le même livre (VIII 90, IX 20). Qu'on veuille bien remarquer d’ailleurs qu'il ne fallait point attendre ici des termes affectés d’une manière spéciale à signifier le renvoi des femmes. Aux ch. IX-X il ne s’agit pas simplement de divorce. C'est l'expulsion des étrangères qui y est à l'ordre du jour. Les enfants subissent le même sort que les femmes et le verbe employé doit leur être appliqué aussi bien qu'à celles-ci. Ainsi donc au v. 44, l'idée à exprimer et le contexte demandent un verbe signifiant simplement l’action d'éloëgner, de renvoyer, et non pas un verbe affecté d'une manière spéciale à signifier le renvoi des femmes. Cette première objection de M. Kosters est dénuée de tout fondement.

3° Au lieu de 7, dit-on encore, le texte hébreu, dans la reconstruction proposée par nous, aurait dû porter ENN2. — Nous pourrions nous contenter de répondre que rien n'empécherait d'admettre EN’ comme leçon primitive. Mais, encore une fois, la remarque n’est pas fondée. M. Kosters sait très

bien que la préposition *3, signifiant le mouvement à partir

d'un terme, peut parfaitement s’employer, dans des cas comme

celui qui nous occupe, sans être construite avec une autre.

préposition signifiant la condition locale antérieure ; d'autant plus que, Esdr.X 44, aucune équivoque n’était à craindre ; qu'il

n'est pas possible d’y prendre notre particule dans le sens partitif. Aïnsi, pour ne donner qu’un exemple, emprunté au ch. X d’'Esdras et où le verbe = est pareillement en cause, nous

hsons au v. 14 5% VITONTON nn 2%" 7, où l’on aurait

dû avoir, conformément aux sévères exigences de notre cri-

tique, 25372. :

4° De plus, ajoute M. Kosters, DNS (ou D ?) aurait été

rendu en grec par dr” «roy. — Cela est très loin d’être certain.

Dans d’autres passages du 3° livre d’Æsdras, nous constatons

précisément que la particule construite en hébreu avec le suffixe comme complément indirect du verbe, se trouve préfixée à celui-ci en grec. Æsdr. III 3, l'auteur du 3° livre d’Esdras

(V 49) a manifestement lu ou cru devoir lire : n°55 Da *5,

ce qu'il traduit : x éniouynySnoav aurois (1). Comparez encore l'hébreu d'Esdr. IX 2 avec le grec de 8 Esdr. VIII 67 où NE: ..Df5 est traduit par suvoxnsay ; l'hébreu d’Esdr. X 14 avec

le grec de 3 Esdr. IX 13, où ce dernier omet de nouveau la

locution complémentaire 5527. C’est donc en parfaite harmonie

avec d'autres passages analogues du 3° livre d'Esdras, que nous soutenons que l’auteur aura traduit l’hébreu 872 3%" par drelüsay. L'auteur voulant employer le verbe vw, ne pou-

“vait guère ici s'exprimer autrement.

5° Nous avons donc le droit de considérer la critique de M. Kosters comme non avenue. Voici, par contre, un fait qui prête un appui positif à notre restitution du texte d’Esdras X 44. Dans ce livre nous trouvons l’idée éloigner de (nous) exprimée encore par le verbe 2"#53 au ch. X v. 14; c’est le passage que nous avons reproduit tout à l’heure. Or 3 Esdr. IX.

13 traduit précisément ce verbe par aro-Àuw : ÉWG TOÙ ÀUoat Ty

pyhy xupiou 4p nov. — Si l’on rapproche cette remarquable coïncidence, qui nous avait échappé quand nous écrivions notre Réponse à Kuenen, des observations qui nous conduisirent à la lecture D°22 D°52 052 V2 YU comme répondant au grec xal Gméhusay aUTAS SV TÉXYOLS, ON ne peut qu'y trouver une Ccon-

firmation très significative du résultat auquel nous étions

arrivé.

Pour nous, il n’est pas douteux que le récit d'£sdras IX-X atteste le succès plein et entier de la campagne dirigée contre les mariages mixtes. Nous en concluons que l'argument que nous y avions trouvé pour l’antériorité de la mission de Néhémie et notamment de l'assemblée de Jérusalem, à la réforme

(1) Cfr. Zorobabel et le second temple, p. 106.

‘ Ne:

[3 PSN

Ut 4:

à Loc. PS Le VLTY re ul RO PS ua

d'Esdras, reste debout. Ce n’est pas douze ans après que se seraient passés les faits dont nous venons de rappeler le véritable caractère, que les Juifs auraient éprouvé le besoin de se séparer des étrangers pour reconstituer Israël dans toute sa pureté (Néh. IX 2), ni qu'ils auraient dû exclure du sein de la communauté toute la tourbe étrangère ! (XIII 1-3) (1). Nous en concluons en outre que ce ne fut pas le prétendu échec d’Esdras qui donna lieu à la réorganisation de la communauté juive décrite aux chap VIIL ss. de Néhémie.

Ainsi, il n’y à pas la moindre raison de suspecter la donnée chronologique d'Esdras VII 7, 8, d’après laquelle Esdras, succédant à Néhémie, revint à Jérusalem en l’an 7 d'un roi nommé Artaxerxès, et qui nous oblige en conséquence à ramener l'expédition d'Esdras sous le règne d’un Artaxerxès différent de celui de Néhémie.

Mais ce résultat n'est-1l pas contredit par Néhémie VIII et XII, où nous voyons Esdras à Jérusalem en compagnie de Néhémie, vers l'an 440 ? |

Le lecteur se rappellera peut-être le one porté par certains auteurs sur la mention d’'Esdras dans ces passages, jugement qui supprimerait radicalement l’objection que l'on pourrait en tirer contre notre système chronologique. Aïnsi M. Kosters lui-même n'admet point l'authenticité des mots : « el Era à leur têle » au ch. XII v. 36. Voici la raison qu'il allègue. D'un côté, celui qui a écrit cette observation n’a point voulu dire par là que notre personnage marchaït simplement, dans le cortège de droite, avant le groupe de chantres dont il vient d'être question ; il a voulu aussi le ranger avant les prêtres énumérés aux vv. 33-352. D'autre part, Hoschaja étant expressément renseigné comme figurant à La place d'honneur dans ce même cortège (v. 32), on ne parvient pas à se faire

(1) Vr. plus haut S 2 III.

une idée précise du rôle attribué ici à Esdras ni du rang qu'il occupait. La solution de cette difficulté ne se trouve, suivant M. Kosters, que dans la supposition que la petite notice relaüve à Esdras provient, non pas de Néhémie, mais d’un lecteur qui ne sexpliquait pas l'absence du héros dans les cortèges décrits au ch. XII v. 31 ss. (1).

Au ch. VIII de Néhémie, Esdras apparaît lisant la Loi dans la grande assemblée de Jérusalem. Ici encore, il ne faudra pas trop s'empresser de conclure. M. Kosters en particulier aurait, croyons-nous, autant de raisons pour suspecter la mention d'Esdras au ch. VIII qu'au ch. XII. Nous avons entendu M. Schlatter soutenir l'avis que l'assemblée en question eut lieu en réalité sous Zorobabel et non pas sous Néhémie. Cette théorie a été examinée et écartée plus haut. Il n’est pas douteux que les faits racontés dans cette section de notre livre arrivèrent à l’époque à laquelle ils y sont attribués ; ils forment la transition indispensable de la situation règnante à Jérusalem au moment de la première arrivée de Néhémie aux mesures sévères par lesquelles celui-ci réprima les abus lors de son second voyage. Là-dessus nous n'avons plus à revenir. Ce que nous voulons signaler à l'attention, c'est le caractère Spécieux des observations par lesquelles M. Schlatter, défendant son hypothèse, a tâché de montrer la faiblesse de

l'argument que fournissait contre elle le rôle attribué à Esdras au ch. VIII. Déjà dans notre premier Mémoire sur la chronologie de cette époque (2) nous avions relevé l'étrange construction des vv. 9, 10, où les verbes sont au singulier, alors que, dans le texte actuel, le sujet est composé de plusieurs membres, dont le dernier, les Lévites, est même un nom pluriel. Il est probable que le texte primitif portait ici simplement le nom de Néhémie. — Au v. 13, où Esdras est de nouveau mentionné, la phrase n'est pas moins embarrassée. Nous lisons dans le texte massorétique que « les chefs de famille, les prêtres et les lévites s'assemblent auprès d’Esdras le Sopher &T pour écouter

(1) Het herstel van Israël, p. 5Ts.

(2) Néh. et Esdras p. 635.

les paroles de la Loi ». La particule conjonctive est ici entièrement déplacée. M. Schlatter croit devoir y reconnaître la trace d’un remaniement. Celui qui a ajouté la particule ne l'aura pas insérée toute seule ; 1l doit avoir été en même temps l'auteur d’un des deux termes auxquels elle sert de liaison. — La tendance à suppléer, là où il semblait opportun de le faire, la mention du personnage qui, aux yeux de la postérité, avait été l'âme de la restauration religieuse d'Israël, se trahit d'une façon très claire au ch. IX v. 6, dans la leçon représentée par la version grecque. [ci la confession des lévites se trouve toutà-coup interrompue, aussitôt après le début, par les mots : xat eënev ECoas, qui manquent dans notre texte hébreu et qui sont évidemment interpolés. — M. Schlatter attire l'attention

sur les différences que présentent le texte du livre de Néhémie

et celui qui y correspond dans le troisième livre d’'Esdras, pour les épithètes qui accompagnent le nom du personnage.

Néh. VIII 1 porte : on dit à Esdras /e sopher.

3 Esdr. IX 39 : xat eine "Ecodpa to lepet xat àvayvoorn..….

— Néh. v. 2 : Et Esdras le prêtre apporta la loi.

3 Esdr. 40 de même : xat éxomioey "Eodpus 6 dpyrepedc.

— Néh. v. 4: Et Esdras le sopher prit place sur une estrade…

3 Esdr. v. 42 nat éotn 'Eoûpas 6 lepeus ai AVAYVOSTNS TOÙ VOLOU

— Néh. v.9 et 3 Esdr. v. 49 ont tous les deux : Esdras le prêtre sopher…

— Néh. 13 on lit de nouveau simplement Æsdras le nr)

Le 3° livre d'Esdras a donc lu partout le titre de prêtre. Le 8° chapitre de Néhémie l'a lui aussi aux vv. 2 et 9 ; aux ww. I,

4, 13, nous y lisons l'épithète de Sopher toute seule. Les deux

titres sont réunis, dans le troisième livre d’'Esdras aux vv. 39, 42, 49 ; dans le livre de Néhémie au v. 9. Ces variations et ces différences sont, de l'avis de M. Schlatter, dignes d'êtres prises en considération. Dans le texte massorétique de Néh. VIII le

phénomène est assez frappant aux vv. 1 et2: Et on dit à

Esdras le Sopher d'apporter la Loi... ; et Esdras le prêtre apporta la Loi...

En rapprochant cette observation de celles déjà faites plus haut, M. Kosters pourrait-il refuser à la critique le droit de traiter Esdras au chap. VIIT comme il le traite lui-même au ch. XII? On supposerait qu’au v. 1 il était question, dans le texte primitif, d'un prêtre auquel fut confiée la mission de lire la Loi devant le peuple assemblé. Plus tard, peut-être à la faveur de la ressemblance ou de l'identité des noms, ce rôle aurait été reporté sur notre fameux Sopher. L'importance même d'un pareil lecteur était de nature à suggérer une men-

* tion plus fréquente de son nom. Le titre sous lequel la tradition

se plaisait à le désigner aurait été ajouté à celui de prêtre (1) ;

si bien que çà et là, dans certains manuscrits, celui-ci arriva

même à être éliminé.

Il ne serait toutefois, en aucun cas, permis de croire que le 12 dont le texte primitif aurait parlé Néh. VIIT 1 ss. eût été le grand prêtre, 6 doyteoeus, comme dit le 3° 1. d’ÆZsdr. IX 40. L'auteur de notre récit ne se serait jamais exprimé à l'égard du grand prêtre comme il le fait au v. 1: « Et l'on dit à .…

d'apporter le livre de la Loi... » Le grand prêtre nous aurait

été présenté comme agissant de sa propre autorité.

Ceci nous ramène aux conclusions que nous avait dictées,

à plus d’une reprise, la comparaison des données que renferment

au sujet d'Esdras les chap. VIII et XII 36 de Néhémie, avec le rôle qui lui est attribué dans les quatre derniers chapitres du livre de son nom. Nous n'avons pour notre part, du moins dans l'intérêt de notre système chronologique, aucune raison de suspecter l'authenticité des mentions de notre personnage

dans les passages indiqués du livre de Néhémie. Ceux qui per-

sistent à soutenir que les événements racontés Néh. VIITSs., arrivèrent à la suite de l’expédition et de la réforme d'Esdras décrites dans ses Mémoires, ceux-là pourraient trouver dans leur préférence pour cet ordre de succession un motif de plus pour nier que le Sopher joua réellement, aux côtés de Néhéinie,

(1) Peut-être sous l'influence des chapitres VII-X du livre canonique d'Esdras, où celui-ci est également tantôt le prêtre et Sopher, tantôt le prêtre tout court. | 19

le rôle que lui font tenir les textes dans leur teneur actuelle. Ils pourraient essayer, comme d’aucuns l'ont fait, de défendre leur thèse en alléguant qu'Esdras avait disparu avant l’arrivée de Néhémie. Ainsi expliquerait-on p. e. le silence absolu que ce dernier garde sur le fameux réformateur dans les six premiers chapitres de son livre, de même que l'absence du nom d’'Esdras dans la liste des signataires de l'alliance au ch. X ; le pullulement des abus aussitôt après le départ de Néhémie ; l'isolement de Néhémie dans leur répression au moment de sa seconde mission (XIIT), etc. Ainsi s’expliquerait en particulier le caractère modeste et subordonné des fonctions dont Esdras apparaît chargé aux ch. VIII et XIT. Si l'on pouvait supposer que dans les passages où il est question de la lecture de la Loi et de la composition des cortèges d'inauguration, le nom d'Esdras a été substitué à celui d’un autre, ou simplement introduit dans le texte, on comprendrait en effet que l’auteur ou les auteurs de ces remaniements n'aent point pu aller jusqu’à créer dans les textes qui n'en faisaient aucune mention, un Esdras comme celui de l’histoire.

Du moment que l'on suppose l'authenticité des mentions d'Esdras aux ch. VIII et XII de Néhémie, il n'y a pas là en réalité une objection contre notre théorie ; nous y avons HAOBVe et nous y voyons toujours un argument à ajouter aux autres, à

l'effet de prouver que l’œuvre de Néhémie, et notamment les

faits dont 1l est parlé aux deux chapitres en question, doivent être rangés chronologiquement avant le retour d’Esdras à Jérusalem, à la tête de sa caravane.

À l’époque de son expédition, Esdras est le chef incontesté de la communauté juive. Il ne sert à rien de prétendre, comme

Kuenen l’a fait (1), que dans le « soi-disant décret » d’investi-

ture reproduit au ch. VIT, le rôle et l'importance du personnage ont été exagérés. Il est trop manifeste que dans les chapitres suivants Esdras occupe une place qui répond exacte-

ment aux données de l’édit royal. C’est Esdras qui prend toutes

(A) Et Wellhausen à sa suite Zsracl. und Jüd. Geschichte, ?, p. 161.

les mesures pour organiser le corps des émigrants, pour assurer la bonne marche et l’heureux succès de l’entreprise (VII) ; c’est à Esdras que l'on vient dénoncer les abus règnants même parmi les chefs de la communauté et il sent que sur lui pèse la responsabilité de la situation (IX) ; c’est à Esdras que l'on donne l'assurance que « c'est à lui de commander ; que tout

le monde sera avec lui » (X 4); c'est à Esdras, à raison de

l'autorité dont il est investi, que sont attribués les préparatifs de la réforme, c'est lui qui préside la commission chargée de l'exécuter (X).

Or ce que nous lisons d’'Esdras aux ch. VIII et XII de Néhé-

mie ne répond absolument pas à ce portrait, Dans aucun de ces deux passages, pas plus qu'en aucun autre endroit du livre

de Néhémie, Esdras n’exerce la moindre autorité. Au ch. XII c'est Néhémie seul qui règle les cérémonies de l'inauguration

des murs ; c'est lui qui fait monter les deux chœurs d'actions

de grâce (vv. 31 ss.). Esdras le Sopher est nommé parmi ceux

qui composent le chœur de droite (36), mais il n’occupe pas

même ici la place d'honneur. Le rang qui correspond dans le cortège de droite, à celui où marche Nan dans le cortège de gauche (38, 40), y est dévolu à Hoschaja (32), comme Kosters le reconnait. — Cet auteur est d'avis que malgré cela la notice concernant Esdras doi avoir eu pour objet de

donner à Esdras la place principale, Il est vrai que dans ces

conditions on ne parvient plus à trouver une réponse précise à la question de savoir où donc notre héros était placé 7... Mais cela prouverait uniquement que la notice troublante qui a introduit Esdras dans le texte est interpolée. — Il nous semble entièrement inexact que la notice du v. 36° ait jamais eu pour objet d'attribuer à Esdras la préséance absolue dans le cortège. Lorsqu'au v. 32 il est dit : « Et derrière eux marchait Hoschaja avec la moitié des princes de Juda... », l'auteur a en vue le chœur entier dont Hoschaja et les princes qui l'entourent ferment la marche. Au v. 35 ce n'est pas la description du groupe de clôture qui continue. Cela se voit avec une entière clarté au v. 40, où Néhémie rappelle la part

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