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suivant un plan arrêté, les rapports entre les faits et les récits pour l'époque de Néhémie et d'Esdras. De même qu'on attribua la construction du temple à des Juifs de Babylone, de même on s’imagina que c'étaient des Juifs revenus de Babylone qui avaient eu l'honneur d'entreprendre les premiers le relèvement des murs de la ville sainte. Voilà l'origine du récit d'Esdras IV 6-23 (1); voilà pourquoi on fixa le retour d’Esdras et de sa caravane à l’an 7 d'Artaxerxès, avant Néhémie (2); voilà encore pourquoi, dans le recueil canonique, les chapitres concernant l'expédition et la réforme d’'Esdras auront pris place avant l’histoire de Néhémie (3). Le rédacteur qui donna aux documents leur forme actuelle ne pouvait admettre que la communauté Juive n'avait été organisée pour la première fois depuis l'exil qu'après l’arrivée d’Esdras ; il eut soin de présenter cet événement sous un autre jour (4). Il ne pouvait admettre davantage que le code sacerdotal fut promulgué pour la première fois par Esdras lors de la grande assemblée de Jérusalem ; l'esprit de système l’amena à ne voir dans cette promulgation qu’une simple lecture de la Loi (5), à modifier le récit en ce sens (6), et à en faire une sorte d'introduction à la solennité qu'il décrit en la défigurant, aux ch. IX-X (7).
M. Kosters partage avec un grand nombre de savants de notre temps, la conviction profonde qu'au ch. VIII de Néhémie nous assistons, non pas à la lecture solennelle d'une loi déjà depuis longtemps connue, mais à la première promulgation par Esdras, du code sacerdotal. Or ce chapitre se trouve mêlé aux récits qui nous racontent la mission et l’œuvre de Néhémie à Jérusalem pendant le premier séjour qu'il fit dans la capitale juive. Si l'expédition d'Esdras racontée au ch. VIT s. du livre qui porte son nom, tombe après la mission de Néhémie, voici
(1) p. 72-74. — (2) p. 137 s. — (3) p. 138 s., 139 s. — (4) p. 80, 102. — (5) p. 89, 140. — (6) Ibid. -- (7) p. 101-102.
les conséquences de cet ordre chronologique sur lesquelles “ à la suite de Kuenen nous force à fixer notre attention. Néhémie était arrivé à Jérusalem en la 20° année d'Artaxerxès I, c’est-à-dire en 445, et il y resta une première fois jusqu’en 433 ; c'était donc entre les années 445 et 433 qu'il
M. Kosters
fallait placer la grande assemblée du ch. VIIT à l'occasion de
laquelle Esdras apparait lisant la Loi. Au ch. VII du livre” d'Esdras, il est rapporté que celui-ci ramena à Jérusalem sa L'événement étant supposé postérieur à la mission de Néhémie, 1l me. pouvait s'agir ici que d’Artaxerxès IT, et la date de l'expédition devait en conséquence être rapportée à l’année 398. Mais
caravane d'émigrants en lan 7 d'Artaxerxés.
n’allait-il point résulter de là qu'à l'époque où Esdras était. Le
encore à Jérusalem en compagnie de Néhémie et y figurait
comme lecteur de la Loi, il ne pouvait être arrivé à un âge”
bien élevé ? qu’il ne pouvait encore s'être acquis une autorité personnelle bien grande? qu'il ne pouvait, en un mot, étre
déjà le promulgateur de lois avant lui inconnues ? Compren-. drait-on d'ailleurs qu'Esdras eût abandonné la communauté
juive à elle-même pour se rendre en Babylonie aussitôt après … avoir introduit à Jérusalem une législation nouvelle ? De plus,
1 Jérusalem, à la tête des émi- ue grants, aussi bien du reste qu’à l'époque de Néhémie (XII 1
à l’époque où Esdras revient à
ss.), on voit que c’est surtout la loi deutéronomique et non pas
la loi sacerdotale qui préoccupe les esprits (IX. ss.). — Dans ces conditions, l'hypothèse suivant laquelle le retour d’'Esdras eut.
lieu après la mission de Néhémie à Jérusalem, pouvait à cer-
tains égards paraître compromettante pour le système dans lequel Esdras doit jouer le rôle de premier promulgateur de la Loi sacerdotale. Nous le répétons, ce sont surtout les théories
de Kuenen et de M. Kosters qui nous suggèrent ces réflexions ;
elles devraient, nous le proclamons volontiers, rester étran-. gères à la discussion impartiale des faits. Nous avons entendu. Kuenen se flatter d’avoir, en repoussant notre système chronologique, maintenu intactes les données « sur lesquelles la nouvelle critique élève l'édifice de ses théories concernant …
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