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LE RES l'origine de l’'Hexateuque ». M. Kosters se voit obligé d’admettre notre hypothèse touchant le rapport de succession entre Néhémie et Esdras ; mais le résuliat le plus curieux de son étude, c’est que, malgré cela, la fameuse assemblée du ch. VIII de Néhémie y reste fixée après l’émigration d’Esdras, qu’elle y est même présentée comme le terme final auquel aboutit l'œuvre entière de la restauration juive, et qu'ainsi le rôle de législateur s y trouve mieux que jamais maintenu intact pour le héros du code sacerdotal.
Nous allons soumettre à un examen attentif l'exposé que M. Kosters nous fait de l’histoire de la Restauration postexillenne, en commençant par l'époque de Zorobabel, pour
reprendre ensuite l'étude des récits concernant Néhémie et Esdras (1).
(1) Les vues émises par M. Kosters sur l’histoire de la restauration juive et sur le caractère et l’origine des documents bibliques qui nous la retracent, ont trouvé un accueil favorable chez plusieurs de ses compatriotes. Dans son numéro du 9 Décembre 1893 le Nederlandsche Spectator donnaït de l'étude de Kosters un compte-rendu plus qu'élogieux. dû à la plume de W. C. van Manen; celui-ci, au reste, ne semblait guère au courant des publications antérieures qui avaient amené M. Kosters à formuler ses hypothèses. — Dans les Theologische Studièn d'Utrecht, G. Wildeboer déclara lui aussi se rallier, pour l’ensemble. aux théories du professeur de Leyde. Il y a pourtant apporté des restrictions, plus compromettantes qu'il ne paraît le croire pour l'argumentation destinée a étayer les conclusions qu'il admet. Notons en outre une lacune dans l’aperçu sommaire que M. Wildeboer nous donne des antécedents de la discussion. Après avoir mentionné notre Mémoire sur Néhémie et Esdras et la réponse que Kuenen y fit, il poursuit. en disant que plus tard nous avons complété notre première étude par Zorobabel et le second temple ; « Le prof. Kosters, ajoute-t-il,..….. jugea que Van Hoonacker n'avait pas reçu de Kuenen une réfutation décisive... » Dans le livre de Kosters lui-même, il aurait dû trouver la preuve que nous n’en avions pas attendu l’apparition, pour voir et pour montrer l’insuffisance de la réponse de Kuenen. — J. C. Matthes a exprimé son adhésion dans un article intitulé Xuenen als Criticus publié dans la revue De Gids (Dec. 1894 p. 511).
D'autre part le Dr, H. J. Elhorst, après avoir, comme il le rapporte lui-même, partagé la manière de voir de Kosters, s'est séparé de lui et a fait paraître une critique de ses théories dans le numéro de Janvier 1895 du Theologisch Tijdschrift. M. Elhorst admet qu'Esdras est revenu à Jérusalem sous un Artaxerxès successeur de Celui de Néhémie. Quant aux auteurs de la reconstruction du temple, ils ne seraient pas, à la vérité, des captifs revenus de Babylone; il faudrait y voir néanmoins des Juifs repatriés. mais revenus des contrées voisines de Juda qui leur avaient servi de refuge pendant ces temps de trouble et de pillage. — Comme le lecteur le verra, les observations que nous aurons à présenter sur les idées de M. Kosters, s’appliquent également, pour une part, à cette opinion.
Le retour des eaptifs sous Cyrus.
Le temple fut-il rebâti par des Juifs revenus de la captivité dans la mère-patrie ; ou bien faut-il reléguer dans le domaine de la légende les récits qui nous montrent Zorobabel ramenant à Jérusalem le peuple délivré, après la destruction de l'empire de Babylone ? Est-ce l’histoire ou la fable qui a établi ce rapport étroit entre le retour des exilés et l'avènement de Cyrus ? Nous n’hésitons pas à répondre, après une étude renouvelée des textes, qu’à nos yeux il n’y a peut-être pas un fait de l'Ancien Testament qui soit mieux garanti que celui au sujet duquel on a soulevé ces doutes. L'examen auquel nous allons nous livrer Justifiera, nous l'espérons, notre jugement. |
S 1. La relation des six premiers chapitres d'Esdras et spécialement des chap. V- VI.
Dans notre dissertation sur Zorobabel et le second temple”
nous avons consacré un paragraphe à l'étude de la composition des six premiers chapitres du livre d’Esdras (1), qui racontent l’histoire du retour des Juifs à Jérusalem et de la construction du second temple sous le règne de Cyrus et de Darius FE Cette étude nous amena à une double conclusion ; la première c'était l'unité de composition primitive des chapitres en question, à l'exception de [IV 6-23 ; la seconde leur origine contemporaine des événements.
Les théories de M. Kosters sont à cet égard, sur toute la
ligne, le contrepied de la nôtre. Nous aurons, pour commencer,
à apprécier sa critique de la relation araméenne des chapitres
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V-VI. Aux yeux du savant professeur de Leyde, cette relation aurait un caractère composite ; en outre, aucun des éléments qui ont servi à sa composition ne saurait rien du retour sous Cyrus. Cependant, tandis que l’une des deux sources ici représentées, ferait dater le commencement des travaux du temple de l'an 2 de Darius, l’autre le rapporterait à Cyrus et à son envoyé Scheschbassar.
C’est le Chroniste, dit-il, qui a combiné ici les données de deux documents, de valeur très inégale d’ailleurs, et dont on peut encore, du moins quant aux traits principaux, démêler les restes. Au premier de ces deux documents (A) le critique neerlandais rapporte les vv. 1-5, 6-10 (1) du ch. V, puis les versets 6-15 du ch. VI. (2) Le fragment du ch. V expose les commencements des travaux du temple sous le règne de Darius et V'intervention du gouverneur Tattenaï et de Schethar-Bozenaï ; une partie du rapport adressé au roi par ces personnages appartient à la même source. Le fragment conservé au ch. VI contient les recommandations du roi aux gouverneurs et la mention des heureux résultats de la faveur royale. Entre les deux fragments indiqués, le document À doit avoir, à l'origine, renfermé des indications sur une pièce relative aux Juifs, que le roi trouva à Babel ou à Ecbatane ; de la nature et du contenu de cette pièce, nous ne savons rien (3). — Au second document (B), M. Kosters ramène les versets 11-17 du ch. V (la seconde partie du rapport adressé au roi Darius par les satrapes) ; puis les versets 1, 3-5 du ch. VI (trouvaille et teneur d’un décret de Cyrus relatif aux Juifs),
L'analyse de ces passages nous autorise-t-elle à y voir les débris de documents distincts ? Est-il vrai que le retour sous Cyrus ne peut être, au témoignage de la relation araméenne, considéré comme un fait historique ?
I. Nous répondons à la première question que l'opération de M. Kosters nous paraît absolument arbitraire et violente.
(1) Sauf une ajoute du rédacteur au v. 8 (à la maison du grand Dieu). (2) Excepté le second membre du v. 14 ei l'expression /e Dieu du ciel au v. 10. (3) Het Herstel p. 28.