‹ Nouvelles études sur la restauration juive après l'exil de BabyloneChapitre 9 sur 65 · DONNE · texte numérisé non relu

DONNE

Ecoutons l’une après l’autre les raisons par lesquelles 1l essaie

de la justifier.

1° D'après le chap. V v. 16 (doc. B), dit M. Kosters, les fondements du temple ont été posés par Scheschhassar, sous

le règne de Cyrus; cest exact et c'est ce que nous avons soutenu nous-même contre les auteurs qui méconnaissaient l’assertion formelle renfermée dans ce texte (1). D'après les'w.

1-2 du ch. V (doc. A) poursuit M. Kosters, les fondements auraient été posés en lan 2 du règne de Darius ; ceci nest.

pas exact. Les v. 1-2 ne parlent ni des fondements du temple, ni même de l’an 2 de Darius ; nous y lisons cecr: « .. et

Aggée et Zacharie, fils de Tddo, les prophètes, parlèrent aux

Juifs de Juda et de Jérusalem au nom du Dieu d'Israël ; alors Zorobabel fils de Salathiël et Jeschoua fils de Josadaq se levèrent et commencèrent à bâtir la maison de Dieu à Jérusalem », etc. Nous savons que ces événements se passent en l'an 2 de Darius; mais ce n’est pas ici que nous l’apprenons ; l'absence de toute mention de date suffit à elle seule, comme nous lPavons fait observer ailleurs (2), à prouver que le passage ne peut être regardé comme le début de la relation. OCR

Quels sont les antécédents historiques supposés par ce récit ? Y a-t-1l dans les premiers versets du ch. V l'ombre d’une opposition à l'hypothèse que les fondements du temple avaient été

posés autrefois, mais qu'ensuite les travaux avaient été sus-

pendus pendant une quinzaine d’années ? Personne ne peut raisonnablement le prétendre. Après une aussi longue interruption, comme Stade le reconnaissait (3), « l'entreprise devait

sembler toute nouvelle ». C'eût été en vérité un langage peu

approprié aux circonstances, de dire que Zorobabel et Jeschoua « coninuèrent à bâtir » alors qu'il s'agissait de la reprise d'une œuvre abandonnée depuis quinze ans! Mais pourquoi, demande-t-on, le narrateur, au lieu d'écrire en termes absolus # que les chefs juifs commencèrent à bâtir la maison, ne dit-il pas, par exemple, qu'ils commencèrent à travailler à la maison

(1) Zorobabel p. 93 s. — (2) L. ce. p. 107s.

(3) Geschichte des Volkes Israël II, p. 123 cfr. Zorobabel, p. 99.

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de Dieu ? Sa manière de s’exprimer ne suppose-t-elle pas que du côté même de l’objet des travaux, on en était aux premiers débuts (1) ? L'observation ne manque pas d’une certaine finesse. Nous y avons fait droit cependant par une double réponse. Il est manifeste, tout d’abord, que le narrateur était en droit de distinguer « la maison de Dieu », des « assises » déjà existantes ; l'interruption que l’entreprise avait subie au moment où les fondements étaient jetés, ne faisait que rendre cette distinction plus légitime et plus naturelle. Est-il vrai, oui ou non, que lorsqu'on se prit à élever l'édifice lui-même sur ses bases depuis longtemps établies, on commença, en un sens très juste et très rigoureux, à bâtir /a maison de Dieu ? Qui peut le mer ? Et s'il en est ainsi, pourquoi l'auteur sacré n'aurait-1l pu s'exprimer comme il fait ? — Rappelons ensuite que notre récit araméen, dans un passage où il n'était positivement question que d'une continuation de l’œuvre, n'hésite pas cependant à se servir des mêmes termes absolus qu'au ch. V v.2; Darius, consulté par les satrapes, répond qu'il autorise le pecha et les anciens du peuple juif « à bâtir la maison de Dieu en son heu » (VI. 7). Pourtant à cette heure on bâtissait avec entrain.

Les vv. 1-2 du ch. V, disions-nous, ne forment pas le début du récit ; ils se rattachent intimement au verset 24 et dernier du chapitre précédent ; ils n'en ont été séparés, d'une manière purement artificielle et extérieure, que par suite d'une méprise qui à fait envisager le v. 24 du ch. IV comme la conclusion du passage 6-23 relatif aux difficultés soulevées contre l'œuvre de la restauration des murs sous Xerxès et Artaxerxès [. Cest au v. 24 que se trouve indiquée la date des événements dont le récit se poursuit sans interruption au ch. V v. let ss. Le v. 24 à son tour fait immédiatement suite au premier membre du v. 5 du même chapitre (2); l'interruption du récit est manifeste en cet endroit ; la conséquence des intrigues samaritaines sous le règne de Cyrus, à savoir la suspension des travaux n'y est pas indiquée par un mot ; nous n’en trouvons la mention qu'au v. 24

(1) Kônig Æinleitung p. 282.

(2) Le second membre est du Rédacteur qui a introduit iei le morceau 6-23.

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qui se révèle ainsi comme l'indispensable trait d'union entre le premier membre du v. 5 et le ch. V. v. 1ss. Le récit araméen Ne qui commence au ch. IV v. 24 est la continuation du récit 2 interrompu au ch. IV v. 52. La première parte ilest vrai,est écrite en hébreu, mais l'on n'a pas de peine à y relever a da indices très frappants d’un texte araméen primitif (1). “Je, à Au moment où nous voyons Tattenaï et Schethar-Bozenaï se. … livrer à leur enquête, la construction du temple était déjà assez avancée (V 8). Les inquisiteurs ne peuvent être survenus aussi- » tôt après que l’œuvre avait été reprise en lan 2 de Darius ; ils ki n'auraient pu, en ce cas, tenir le langage qu'ils emploient dans à leur rapport. Ils ont d'ailleurs soin eux-mêmes d'avertir le rol ol qu'au dire des Juifs, les fondements du nouveau sanctuaire ARTS étaient posés depuis le commencement du règne de Cyrus (v. 13, 16). Les informations reçues de Zorobabel et de ses compagnons sont résumées en cet endroit sous une forme assez : | concise : « Alors ce Scheschbassar vint poser les assises du nes temple de Dieu à Jérusalem et depuis lors jusqu'aujourd hui RTE l'édifice est en construction et on n’a pu l'achever ». —Onne : is peut prêter à l'auteur de ce verset l'avis que depuis le règne dé # Cyrus jusque sous le règne de Darius I on avait travaillé sans. relâche au temple. Pourquoi distingue- t-il la pose des fonde- | ments accomplie sous le règne de Cyrus, des travaux ulté-… : rieurs ? Pourquoi cette mention spéciale des assises du nouvel | édifice jetées autrefois ? Il y a là un indice précieux et non équi- A D voque de l'harmonie parfaite de notre passage avec les données des récits qui précèdent. Pour faire voir d’ailleurs la servilité e 4 N excessive envers la lettre du texte qui caractérise l'interpréta- ; ‘fa tion contraire, 1l suffit d'examiner la notice du v. 16 à la. lumière du contexte. Les inquisiteurs ont demandé aux J uifs de quel droit is avaient entrepris et exécutaient ces. travaux ? Or les Juifs se prétendaient autorisés par Cyrus. C'est en vertu d'un décret de Cyrus et sous les auspices du pouvoir royal, que les fondements avaient été posés autrefois : « Alors Scheschb.

Û (1) Zorobabel et le second temple, p. 104-114. A

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vint poser les assises du temple de Dieu ». Mais les travaux actuels ? la construction du temple lui-même commencée il y a quelque temps ? Ici les Juifs n'avaient pas d’autres titres à produire que l'édit même de Cyrus et il était suffisant. L'œuvre qui Saccomplit est précisément celle que Cyrus à autorisée. Il y à Cu, ilest vrai, une assez longue interruption ; mais l’édit royal est présenté comme gardant toujours sa valeur. C’est uniquement pour établir ce rapport entre l'édit allégué de Cyrus et les travaux actuels, que les Juifs, ou plutôt les satrapes dans la lettre adressée à Darius, présentent, en termes concis, ces travaux, comme la continuation de ceux com Mencés il y a longtemps avec la permission du grand roi (1).

La comparaison, au ch. V, des vv. 1-2 avec le v. 16, ne prête donc pas le moindre fondement à l'hypothèse d'une origine distincte. Mais revenons à M. Kosters.

2° Le professeur de Leyde admet que le document À auquel il rapporte les vv. 1-2 du ch. V, a renfermé aussi bien que le document B : 1° un rapport adressé par Tattenaï et son collegue au roi Darius, 2° une réponse du roi aux gouverneurs, 3 des données relatives à un écrit trouvé par Darius à Babel ou à Ecbatane. Cette dernière observation est dictée ou plutôt imposée à M. Kosters, par l'usage qu'il fait d’une notice renfermée aux deux premiers versets du ch. VI. Les gouverneurs avaient proposé au roi de faire une enquête à Babylone pour contrôler les allégations des Juifs (V 17). Quand Darius eut reçu le rapport, 1l donna ordre d'examiner les archives à Babylone, et on trouva à Ecbalane en Médie, un rouleau, dont la teneur est aussitôt reproduite. « On chercha à Babylone et on trouva à Ecbatane » : il y a là évidemment, dit-on, une combinaison de deux relations différentes ; M. Kosters y trouve un second argument pour prouver que la relation araméenne à été composée à l'aide de deux documents. Comme le lecteur s’en aperçoit aussitôt, cet argument n’a de valeur que moyennant la supposition que dans le document À aussi bien que dans le

(1) Cfr. Zorobabel, p. 985.

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