COMPOSÉ
Sous ce titre, je me propose de faire con naître quelques manifestations qui, à cause de leur caractère complexe, ne peuvent se classer différemment. Sur plus de douze faits, j’en choi-
v“n Le premier eût lieu en présence de M Kate Fox, et pour le rendre intelligible, il fa ™i qU ^ J entre dans laques détails.
M 0 Fox m’avait promis de me donner une séance chez moi, un soir du printemps de l’an-
rfampH rniere ‘ Pendant qu e je l’attendais, une dame de nos parentes et mes deux fils aînés, âges 1 un de quatorze ans et l’autre de onze, se
ST!"? dans la . saî,e à manger, où les séances avaient toujours lieu; et moi-même je me trouvais seul dans ma bibliothèque occupé à écrire.
tenfiï d f- nt U ” < ? ab s ’ arrêter et la sonnette retentir, j ouvris la porte à M 110 Fox, et la con-
au’el'le ZTÀ' dmS la Salle à ma ”^, parce L n , n dlt que> ne Pouvant rester long-
e ne montera it pas; elle déposa sur une chaise son chapeau et son châle. Je me di-
rigeai alors vers la porte de la salle à manger, je dis à mes deux fils d’aller dans la bibliothèque étudier leurs leçons; je poussai la porte sur eux, la fermai à clef, et selon mon habitude pendant les séances, je -mis la clef dans ma poche.
Nous nous assîmes : M lle Fox était à ma droite et l’autre dame à ma gauche. Nous reçûmes bientôt un message alphabétique nous engageant à éteindre le gaz; nous l’éteignîmes, nous nous trouvâmes dans une obscurité complète et pendant tout le temps qu’elle dura, je tins dans une des miennes les deux mains do M lle Fox. Presque aussitôt une communication nous fut donnée en ces termes : « Nous allons vous produire une manifestation qui vous donnera la preuve de notre pouvoir, » et, presque immédiatement après, nous entendîmes tous le tintement d’une clochette, non pas stationnaire, mais qui allait et venait de tous côtés dans la chambre ; tantôt près du mur, une autre fois dans un coin éloigné de l’appartement; tantôt me touchant à la tête, puis frappant sur le plancher. Après avoir ainsi sonné dans la chambre pendant au moins cinq minutes, cette sonnette tomba sur la table tout près de mes mains.
Pendant tout le temps que ce phénomène dura, personne ne bougea, et les mains de M 1U Fox demeurèrent parfaitement tranquilles. Je pensais que ce ne pouvait pas être ma petite clochette qui sonnait, car je l’avais laissée dans ma bibliothèque. (Peu de temps avant que M lle Fox arrivât, j’avais eu besoin d’un livre qui se trouvait au coin d’une étagère; la sonnette était sur le livre et je l’avais mise de côté
pour le prendre. Ce petit incident m’assurait que la sonnette était bien dans la bibliothèque.) Le gaz éclairait vivement le corridor sur lequel donnait la porte de la salle à manger, de telle sorte que cette porte ne pouvait pas s’ouvrir sans laisser la lumière pénétrer dans la pièce où nous nous trouvions. Du reste, pour l’ouvrir, il n’y avait qu’une clef, et je l’avais dans ma poche.
J’allumai une bougie. Il n’y avait pas, à en, douter, c’était bien une clochette qui était là sur la table, devant moi. J’allai tout droit à la bibliothèque. D’un coup d’oeil je Vis que la sonnette n’était plus là où elle aurait dû se trouver. Je dis à mon fils aîné : « Savez-vous où est ma petite sonnette? — Oui, papa, répondit-il, la voici; » et il montrait la place où je l’avais laissée. En prononçant ces mots il leva les yeux et continua ainsi : — << Non ; elle n’est pas là, mais elle y était il n’y a qu’un moment. — Que voulez-vous dire? quelqu’un est-il venu la prendre?
.— Non, dit-il, personne n’est entré; mais je suis sûr qu’elle était là, parce que lorsque vous nous avez fait sortir de la salle à manger pour venir ici, J... (le plus jeune de mes fils) s’est mis à la sonner si fort que je ne pouvais pa3 étudier mes leçons, et je lui ai dit de cesser. » J... confirma ces paroles et ajouta qu’après avoir agité la clochette il l'avait remise à l’endroit où il l’avait trouvée.
Le second cas que je vais rapporter eut lieu à la lumière un dimanche soir, en présence de M. Home et de quelques membres de ma famille seulement. Ma femme et moi nous avions passé la journée à la campagne, et en avions rapporté
quelques fleurs que nous avions cueillies. En arrivant à la maison, nous les remîmes à une servante pour les mettre dans l’eau. M. Home arriva bientôt après, et tous ensemble nous nous rendîmes dans la salle à manger. Quand nous fûmes assis, la servante apporta les fleurs qu’elle avait arrangées dans un vase. Je les plaçai au milieu de la table, dont la nappe était enlevée. C’était la première fois que M. Home voyait ces fleurs.
Après avoir obtenu plusieurs manifestations, la conversation vint à tomber sur certains faits qui ne semblaient pouvoir s’expliquer qu’en admettant que la matière pouvait réellement passer à travers une substance solide. A ce propos, le message qui suit nous fut donné alphabétiquement : « Il est impossible à la matière de passer à travers la matière, mais nous allons vous montrer ce que nous pouvons faire (1). »
Nous attendîmes en silence. Bientôt une apparition lumineuse fut aperçue planant sur le bouquet de fleurs ; puis, à la vue de tout le monde, une tige d’herbe de Chine, de 15 pouces
(1) Note de l'Editeur. — Cette assertion n'est pas tout à fait juste, car M. Itiko, à La Haye, et M. Reimers, à Manchester, ont obtenu, avec différents médiums, plusieurs résultats qui prouvent que les Esprits peuvent faire passer un objet a travers l’autre. Ainsi deux anneaux de différentes matières, sans aucune solution de continuité, sont entrés l’un dans l’autre. M. Reimers nous a envoyé la photographie de deux de ces anneaux : l’un est en ivoire, l’autre
en acajou. , , . . . , ,
Le savant professeur Zollner a Leipzig a obtenu, avec le médium Slade, jusqu’à cinq nœuds dans une corde dont les deux extrémités étaient scellées sur la table.
Nous expliquerons ces faits en disant que les atomes de la matière traversante doivent passer par les interstices qui séparent les atomes de la matière traversée.
de long, qui faisait l’ornement du centre du bouquet, s’éleva lentement du milieu des autres fleurs et ensuite descendit sur la table en face du vase, entre ce vase et M. Home. En arrivant sur la table, cette tige d’herbe ne s’y arrêta pas, mais elle passa droit à travers, et tous nous la vîmes bien jusqu’à ce qu’elle l’eut entièrement traversée.
Aussitôt après la disparition de l’herbe, ma femme, qui était assise à côté de M. Home, vit entre elle et lui une main qui venait de dessous la table et qui tenait la tige d’herbe dont elle la frappa deux ou trois fois sur l’épaule avec un bruit que tout le monde entendit, puis elle déposa l’herbe sur le plancher et disparut. Iln’y eut quedeux personnes qui virent la main : mais tous les assistants aperçurent le mouvement de l’herbe. Pendant que ceci se passait, tout le monde pouvait voir les mains de M. Home placées tranquillement sur la table en face de lui. L’endroit où l’herbe disparut était à 18 pouces de la place où étaient ses mains. La table était une table de salle à manger à coulisses, s’ouvrant avec une vis : elle n’était pas à rallonges, et la réunion des deux parties formait une étroite fente dans le milieu. C’est à travers cette fente que l’herbe avait passé ; je la mesurai eL je trouvai qu’elle avait à peine 1/8 de pouce de large. La tige de cette herbe était beaucoup trop grosse pour qu’elle pût passer à travers cette fente sans se briser, et cependant tous nous l’avions vue y passer sans peine, doucement, et en l’examinant ensuite, elle n’offrait pas la plus légère marque de pression ou d’érosion.