PRÉFACE. XIII
chacune des expériences de M. Pasteur, sans en laisser une seule debout. M. Lemaire continue en ce moment leur œuvre si bien commencée.
Du reste, cette facilité avec laquelle tombent successivement toutes les digues que la chimie nous oppose, vient de ce qu'elle se mêle d'un sujet auquel ses adeptes ne peuvent être initiés. « Il s'agit ici d'une question de physiologie, di- « sait I. Geoffroy Saint- H il aire peu de temps avant sa mort, « et, loin de la dominer en souveraine, la chimie n'y doit a figurer que comme notre vassale... » Le mot est dur, mais il fut prononcé devant plusieurs naturalistes illustres.
Un grave reproche, qui a déjà été adressé à M. Pasteur par divers savants, comme par nous, c'est de ne présenter la question de l'hétérogénie qu'à son point de vue propre, et de biffer de la science les travaux de tant d'hommes illustres qui condamnent ses hypothèses. Les mêmes reproches lui ont été adressés à l'étranger : « Ma il signor Pasteur, » dit Ezio Castoldi (p. 63), « non se ne dà per inteso, e non si « degna nemanco far cenno dell' esperienze altrui, quando « possono infermaro le sue. » En effet, nous avons vu, à diverses reprises, l'habile chimiste présenter ses ballons comme Y ultimatum de la science, appelés par leurs résultats « à étonner le monde. » Ce sont ses expressions. Si en même temps ce savant eût annoncé que les Treviranus, les Tièdemann, les Burdach, les J. Muller, les Dugès, les Joly, les Musset, les Wyman, les Schaaffhausen et tant d'autres ont obtenu des résultats absolument opposés aux siens, peutêtre cela eût-il été de nature à faire réfléchir ceux qui ne le savent pas.
Lors de ma première communication sur les générations spontanées, faite à l'Académie des sciences, MM. Milne- Ed>>ards, Dumas, Cl. Bernard et de Quatrefages s'élevèrent énergiquement contre cette doctrine, dont plusieurs, par parenthèse, avaient été autrefois les plus chauds partisans.