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aerees et les plus belles. Raymonnet, je vous prie que y montiez, des plus meures cueillez et lez nous gettez. » Quant il fut au plus hault du perier, il qui estoit de la dame conseillé, forgié et advisé, dist : « Dieu 1 vous, Monseigneur, et vous. Madame 1 et qu'esse que vous faittes 1 bien vous voy et apperçoy. Jamais ne cuidasse que devant moy feissiez tel ouvrage ne tel oultrage. Vous faittes la beste a deux dos. » Dist le chevalier : « Et que faisons nous? — L'ouvrage naturel », dit Raymonnet, a chascun de vous il fait bon devoir. Dieux ! Madame naguieres ne se pouoit aider ne soustenir, et de présent est si aperte I » Si dist la dame : « Monseigneur, jamais ne me créez se ce perier n'est d'enchantement ou d'euvre de faerie. J'en suis en grant merencolie ; se j'estoyc assez forte, g'y monteroye et verroye comment il en est. — Certes », dist le chevalier, « mais que Raymonnet soit descendu, g'y monteray, si savray que ce peut estre, faerie ou enchanlerie. » Raymonnet descendu, fist le cheval fondu, pour aidier a monter le chevalier ^ qui aucunnement y creoit, comme beste qu'il estoit ; si mist tost Raymonnet la dame sur son ventre, en faisant le gieu d'amourcltcs. Quant le chevalier fut au plus hault et eust cueilly quatre poires des plus belles, lez leur voulut getter et lez print a hucher et regarder et dist : <( Et, qu'est ce la que vous faittes ? C'est très meschamment fait. Or sus, or sus, de par le deable, n'en faittes plus I mais que je soye venu bas, je vous courrouceray. — — Hc », dist la dame, « Monseigneur, ostez vous de cest erreur, car nous ne faisons que bien et honneur, et
I. Cet amusant détail, qui se reproduira lorsque le mari descendra de l'arbre, n'est donné ni par Mathieu ni par Boccacc. Ce serait faire trop d'honneur au dérimeur que de lui en attribuer l'invention ; d'ailleurs les rimes descendu : fondu, à la montée, et probablement Raymonnet : chevalet, à la descente, semblent appartenir au poème perdu.
3o CHAPITRE IV
VOUS regardons, ainsy m'aîst saint Julien. » Il print tost a descendre, si ne sceust si tost venir qu'ilz n^eussent fait tout leur plaisir *. Et trouva Raymonnet qui ja faisoit le chevalet pour le chevalier descendre*. Quant le chevalier fut descendu, dist que voiremenl ce perier estoit de faerie ou enchanterie, car quant hault estoît, véritablement luy sembloit que la dame et Raymonnet faisoient le mestier joliet ^, Si fut le perier condampné d'estre couppé et ou feu l)oulé, a ce que plus on n'en parlast et que le fait ne se revelast *. Ainsy la dame en exploitta qui de Raymonnet son amy fait a ; qui depuis fyront si très bonne cliiere que amans s'entrepeuent^ faire, quant sont riches et discrez pour le fait celer et par cautelle eulx assembler et ouvrer. Car quant tel mestier se fait a dangier, il semble meilleur exploitlier ^.
Quatre conles, qu'on relrouvc ailleurs, soil isolément, soit combinés avec d'autres, sont réunis dans celte nouvelle : celui de l'épcrvicr tué, celui de la barbe arrachée, celui de la dent enlevée '^f celui du poirier enchanté ^. C'est probablement Mathieu de Vendôme qui le premier leur a donné un cadre commun, dans un poème intitulé Comedin Lidie^K On admet généralement que la IV nouvelle do la Vil* journéedu