‹ Nouvelles franc̜aises inédites du quinzième siècleChapitre 26 sur 87 · DE SYMONNET PIQUET, QUI ACHETA POUR .1. DENIER DE SENS · texte numérisé non relu

DE SYMONNET PIQUET, QUI ACHETA POUR .1. DENIER DE SENS

Symonnet Piquet estoit ung homme très luxurieux et avoit aultre que sa femme, qui bien le savoit flater, et estoit nommée Robinette ; beau semblant luy faisoit, des boquetz de fleurs luy donnoit, et tout plaisir qu'elle pouoit, pour le tenir en s'amour et pour Tattraire a sa cordelle, et tellement Temburelicoquoit que comme tout le sien y despendoit ; pourquoy sa femme et enfans en grande nécessité laissoit. Laquelle le plus paciemment qu'elle pouoit Tenduroit, sans soy en^ complaindre a Teglise ne aultre part ; elle fort se complaignoit de Robinette, grant mal luy vouloit, car son mary ensorcelle avoit. Ung jour elle dist a son mary : « Et comment I Mainerez vous tousjours ceste vie dampnable et paillarde, deshonneste a Dieu et au monde ? En la fin vous enrepentirez eten venrez a dampnacion. » Symonnet luy dist : a Que voulez vous que je face ? — Je vueil que mieulx vous gouverniez et a bien faire vous appliquez, selon Dieu et raison et vostre profession, qui est le sacrement de mariage, et a ce faire je vous aideray le mieulx que je pourray. » Lors luy dist son mary : « Faittes moy finance de xx pièces d'or, et je vous prometz que je me mettray a marchander, a gaigner et besongner, et toute mauvaise vie

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