‹ Nouvelles franc̜aises inédites du quinzième siècleChapitre 32 sur 87 · I. Voyez ci-dessus p. iC · texte numérisé non relu

I. Voyez ci-dessus p. iC

CILYPITRE IX

DE GIILLAIME DE TYGXONVILLE, PREVOST DE PARIS, DU JUGEMENT JOYEUX ET RAISONNABLE QU'iL FEIST POUR RIRE

Guillaume de Tignonviile estoit prevost de Paris ; Facin, varlel * cordoaiinier, demourant en la rue Saint Martin, a l'opposile de Jehan du Solier, rôtisseur. En yver, quant Facin se desjunoit, au feu de Jelian du Solier se chaufoit, et a la fumée du rost son pain mengoit ; pour quoy Jehan luy dist : w II convient que je soye contenté par raison de voslre chauffer- et de la fumée de mon rost, que humez et fleurez. » En riant et comme en moquant, Facin luy dit: « Jehan, contenté serez selon ce que raison donra ^. » Quant Facin ot ce respondu par plusieurs foiz, Jehan lui dist : « Or sa ! seray je saltisfait sans plait ? » De celle demande Facin s'en ala riant et la teste hochant, par manière de moquerie ; pour quoy Jehan le fist adjourner devant le prevost Tygnonville, pour estre salarié de ce que dit est. De celle demande et deffense de Facin, le prevost et aullres assistons prinrent a rire et dire : « Vecy bon procès. )) Si dist le prevost : « Respondez en conscience a la demande de Jehan. 11 n'y convient point de plait ; sa demande est peremptoire. » Dist Facin : « Je la confesse estre vraye, mais autant * en emporte le vent et plus encore. » Lors le prevost dist a Facin : (( Com-

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