‹ Nouvelles franc̜aises inédites du quinzième siècleChapitre 37 sur 87 · Dans la suite ce personnage est toujours appelé Escanius · texte numérisé non relu

Dans la suite ce personnage est toujours appelé Escanius

/i. La parlie du texte que j'omets ici occuperait environ 20 lignes.

5. Le n* 24, Ermite accusé, de la liste de G. Paris (Romania, XHI, 2^0). La source première du conte est VHistoria Lausiaca^ cap. CXLI. (Migne Patroloyie latine, LXXIIÎ, col. 1207).

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i. D'i rxi In* il -^rr^W ijrri*?. >^zi p[Ti*i,îrir? etulroît*. Je le mettre en -r*. notinimerit I-.- ■l*;t"îL t^j? j'ai il'?oné pl'i* haat : \*^\ ;«■--* [■•-:■ r^iriTiO'' e*îi^;eat Et biv'i *.'I,m-?'i^meïit i«M^?i*?nt:

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DE ALIXANDRE, R0\ DE HO:ïGRIE, QUI VOULUT ESPOUSER SA FILLE

Alixandre fut monlt bel et amoureux chevalier. Il avoit a femme une monlt belle et bonne dame, nommée Yole ; elle avoit monlt humble parole ; et eurent une très belle fille nommée Fleurie. Elle estant en Taage de xv ans, sa mère trespassa, dont la fille fut monlt desplaisant et courroucée. Le roy, pour la beauté d'elle, en fut si amoureux que oster n'en pouoit son cuer. Et pour ce que bonnement ne la pouoit avoir pour acomplir sa voulenlé et qu'il en peut joyr licitement, il fist ung edit, non obstant que par raison ne le pouoit faire, car il estoit répugnant a droit ; c'est assavoir que lez roys de Hongrie especialment doresenavant espouseroient leurs filles, se bon leur sembloit. Fleurie, sachant que pour elle cest edit fait estoit et contre raison, pour le roy son père en destourner et son courage d'elle oster, dist a une sienne servant, nommée Agrapine, qui l'avoit comme toute nourrie et endottrinee : « Ma mie et maistresse, se vous savez que sur toutes choses devons Dieu amer, craindre, servir et honnorer, et vaulroit miculx la mort endurer que faire le contraire ; or est vray que Monseigneur le roy a fait nouvellement ung edit pour moy qui est contre Dieu et la loy. Si vueil et vous requier que sachiez de luy qui li meut de ainsy me amer et de me vouloir avoir a femme, et que j'ay sur moy qui mieulx luy plaisl. Et quant je le saray, jeferay tellement qu'il

devra estre content. « Agrapine ala devers le roy et fist bon devoir de ce que dame Fleurie chargiee Tavoit. Le roy luy respondy que tout ce qui estoit en sa fille parfaittement amoit et monlt lui plaisoit, especialment ses très belles mains. Elle rapporta a madame Fleurie, laquelle dist : « Très doulx Dieu, mon créateur, a toy vueil obéir, et ayme mieulx mourir que pour moy Monseigneur le roy mon père se mettre hors de la loy. Pardonne moy, mon créateur, ce que je feray pour Tamourdetoy ; et ce devra le contenter aucunnement. » Elle fist tout apporter ce qu'il convenoitpourcoupper ses mains et pour y remédier, que mort ne s'en ensuyvit. Ung de ses principaulx serviteurs, en qui elle se fyoit, appella, et sa servante Agrapine, et fist clorre sur eulx tous lez huys, puis leur dist : « Il convient que me obéissez, se m'amour du tout avoir vous voulez ; vous devez savoir que Monseigneur le roy mon père nie ayme desraisonnablement, comme pour m'avoir a femme et espouser, qui est contre raison. Or est il ainsy que tout luy plaist ce qui est en moy et especialment mes mains; de ce l'en contenteray, car je lez feray coupper et lez luy cnvoyeray pour présent. Il convient que me lez couppiez, et vous, Agrapine, que lez luy portiez. » Quant il orent oy sa voulenté, ne luy voulurent pas obéir ne lez coupper. Et de ire se commença Fleurie a rougir et muer couleur, mais si apprement lez menassa que son serviteur lez luy couppa, et remédia au mal le mieulx qu'il peut ; et puis en France Tenvoia a tout grant finance, en luy disant que se le roy la fait bannir, qu'elle le venra veoir en la ville de Paris. Après fist ses mains par Agrapine présenter. Quant lez vit cuida devenir fol et enrager et de dueil qu'il eust fut grant pièce sans parler. Puis manda son conseil et leur compta ce que Fleurie sa fille avoit fait. Hz s'en prinrent tous a merveillier. Lors

commanda qu'elle fut arse devant luy. Ses conseilliers luy dirent que a son sang ne fist telle cruaullé et qu'il en seroit monlt blasmé, mais qu'il la meist et sa damoiselle Agrapine avecques en une nef en mer, et que Dieu d'elle son plaisir fist, et qu'il aillent ou ilz pourront aler. Ainsy fut fait et s'i acorda le roy. Le vent lez fist arriver au port de Marcille.

Ce jour qu'ilz arrivèrent, Varon, conte de Prouvence, leur batel avisa, lez ala voir. Quant vit celle belle femme sans mains, grant pitié en cust. A sa dame de mère lez mena et ordonna qu'on en pensast très bien. Dame Ecube, mère du conte, bien en vis le faisoit, mais le conte voulen tiers veoit Fleurie pour sa beauté ; et fort luy plaisoit, par quoy monlt l'ama, d'estre sa mie la pria, mais elle en fist refus. Mais pour ce que le conte ^ l'en précipita trés fort, elle luy respondist : « Mon père et seigneur nutritif, jamais ne me feroye ce deshonneur, pour l'amour de Dieu mon createur et du lieu dont je suis venue, et aymeroie mieulx quérir mon pain ; s'il vous plaist, ne me requérez plus de pechié. » Et lors luy dist dont elle estoit, et declaira le cas pour quoy elle s'estoit faitte mancholtc. Quant il entendy le cas, il s'en esbahy a merveilles, si luy dit : « Pour ce que si bonne vous voy et qu'estes fille de roy, s'il vous plaist, a femme vous prendray. » A ce humblement elle s'acorda ; et l'espousa. Mais damé Ecube sa mère s'en courrouça très fort. Et luy engendra ung beau filz. Puis après six moys passez, il s'en ala en Hongrie pour enquérir la vérité du fait. Quant il fut la arrivé, ne savoit proprement comment en enquérir, pour ce que le fait de Fleurie avoit esté secreltement fait. Il fut rapporté au roy que le conte de Prouvence estoit en sa terre arrivé, et que c'estoit raison pour son

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