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2. V I, de Fornication imitée, dans la nomenclature de G. Paris (Bornania, XIII, p. aV»)-
x\% on ne trouve rien qui prouve absolument que Tauteur de celui-ci se soit directement inspiré de ceux-là. Mais ilest certain qu'à répoque où il composait son livre il avait sous la main les Vies des Pères en vers, auxquelles il a pris plusieurs autres contes. D'autre part il a déjà donné précédemment le conte de Termite fornicateur, et les deux récits sont exactement composés des mêmes éléments ; ils proviennent de la même source. En réunissant certains traits correspondants de Tun et de l'autre, on reconstitue des traits qui appartiennent au conte en vers. Dans le n** 1 1 l'ermite coupable w s'endormy. En dormant survint a luy Ulixès son compaignon » ; dans le n** i5, « en alant parmy le bois, rencontra son beau père et maistre Symon l'Ancien » ; dans le conte en vers, son compagnon le trouve endormi dans un bois ; rien de semblable dans les Vitae Patrwn, D'ailleurs dans les plaintes du désespéré, le n° i5 ainsi que le n* ii rappellent le conte en vers : a Ores ai-jc perdu l'amour de mon Dieu, plus ne seray en ce lieu. Et ou iray je ? Que devendray je ? Glorieux Dieu débonnaire, tu scez tout mon affaire ; si te suply que tu aies de moi pitié, et me vueilles reconforter et garder de desespoir. » (N° ii). « Ou iray je ne que ferayje, mon doulx créateur ? Je suis engrant erreur, mais je m'atens a ta miséricorde, garde moy de désespérance et me vueilles pardonner monpechié. » (N** i5).
Dieus, ou irai P Deus, que ferai ?...
Dieus qui tout pues et qui tout ses...
Mon cuer qui de toi se descorde
Ravoic et le met en tel point
Que de desespoir n'i ait point .. (ms. B. N. fr. i54G)*.
Je crois qu'il n'y a pas à chercher, ni pour le n" i5, ni pour la lin du n" iî, d'autre source que le conte en vers de la Fornication imitée.
I. Certaines consonnances dans les récits en prose," qu*on pourrait prendre pour des rimes, ne se retrouvent pas dans le conte en vers, du moins dans le manuscrit que j'ai consulté : Dieu : lieu, débonnaire : affaire (11); créateur : erreur (i5).
DE IPARTRATEE, QLI FUT MO\E.\ DE PAIX D ENTRE LES ROMAINS ET CEULX D*ALDAME
Ipartratec fut d'une cite née nommée \lbine, et estoit voisine aux Romains. Quant les Romains curent leur ville fermée et une partie de leur guerre eut prins fin, ilz se voulurent marier et fyrent demander femmes en plusieurs lieux, maison ne leur en vouloit doimer, pour cause qu'ilz estoient tout temps sur les champs pour mener guerre. Et disoient les pères et pai'cns des filles : (( Se nous leurs donnons nos filles en mariage, nous lez arons tajitost vefves, car lez Romains ne font que guerroier, et se font tuer par leur vaillance. » Pourquoy lez Rommains s'avisèrent de faire ung conseil entre eulx, ou quel il fut conclus qu'ilz aroîent femmes a force ou par amour; et enquirent de Testât et gouvernement des Albins, qui faisoient tous lez ans grans festes et assemblées de gens hors de leur ville, ou estoient toutes manières de femmes. Pourquoy les Rommains une foiz se armèrent. Le jour que lez Albins faisoient une grant fcste vindrent a force d'armes et prindrcnt toutes lez femmes ; lez mariées renvoyèrent et relindrent toutes lez aultrcs, et les menèrent a Romme et espouserent. Les Albins furent courrouciés oultrageusement, disant que faulcement et traisteusement leur avoient emmenées et tollues
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leurs filles et parentes ; si lez desfioient. Les Rommains, pour les apaisier, leur escriprent doulcement et amoureusement, les requerans de benivolence, et qu'ilz ne eussent point de mal talent ne de hayne vers eulx, car ce qu'ilz avoient fait tournoit a bon efifect, et que de leurs filles n'avoient fait pas garses ne chamberieres, mes dames, leurs femmes et compaignes. De ceste rescripcion lez Albins n'en estoicnt pas contens, lez déifièrent de rechief, et assemblèrent ung grant ost, pour aler sur lez Rommains. Mais lez Rommains, quant ilz sccurent leur entreprise, d'aultre part s'assemblèrent en grant puissance et prinrent jour pour combatre. Ce sachant, dame Ypatratee, très sage dame, qui a Romme estoit avec ung vaillant homme qui estoit son gendre, assembla toutes lez femmes qui estoient d'Albanie et leur disl : « Mes bonnes damoiselles et amies, il convient que nous remédions a ce que lez Rommains et Albins ne se combattent, comme ilz ont entreprins. Vous n'y pouez que perdre et rien gaigner, car, quiconques obtiengne la bataille, vous perdez pères, frères, parens, mariz et amis. Car .se lez Rommains voz maris sont victoriens, vous perdrez voz pères, frères, nepveux, oncles et cousins ; et se lez Albins guaignent, vous perdrez voz maris ; cela est cler et évident. Si vous conseille, prie et requier que hastivement toutes ensemble preniez vos enfans ; alez entre lez deux osts en la bataille, ou lieu ou elle doibt estte, et premièrement parlez aux Albins, qui sont aggresseurs et desfians, et les requérez comme voz parens, amis et alfins, que point ne se combattent, mais qu'ilz facent paix avecques les Rommains, qui de par vous sont leurs prouchains. Car s'ilz ne le font et ilz ont victoire, ilz perdront leurs gendres, voz mariz, que monlt amez. Après lez Rommains requerrez pareillement, car s'ilz se combatent, ilz perdront le plus pour
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le moins. » Ce conseil crurent et y alerent, et firent selon le conseil d'Ypatratee. Pourquoy les deux osts sans bataille se pacifièrent, et bons parens et amys d*ilec en avant s'entretrouverent, et lez ungs avec les aultres par amour ensemble conversèrent.
J'ignore d'où le compilateur a lire ce récit.