‹ Nouvelles genevoisesChapitre 27 sur 33 · G LA VAL LE 11 DK TRIENT · texte numérisé non relu

G LA VAL LE 11 DK TRIENT

et vous êtes le mien, lui dis-jo. En route! Je prends ces deux peaux do mouton suspendues à la muraille. — El moi ce cordial , » dit le Français en versant le vin de noire cliopine dans sa gourde. Sans autres apprêts, nous partîmes En ce moment arrivaient les trois géologues... dans quel état, bon Dieu! ruisselants par les coudes, parles poches, parle nez, par les cinq doigis; dos hannetons flottants dans le cataclysme d'une ornière, des noyés du déluge nageant vers l'arche !... et néanmoins, attentifs encore aux cailloux, regardant du coin de Toeil aux stralilications. Ils entrèrent dans la cabane.

Nous fûmes bientôt engagés dans la montée du col de Balme. « Ces marchands, disait le Français, sont des voleurs, avec leur imperméable; toute l'eau du ciel est dans mon chapeau!... A propos, sont-elles jolies vos dames? « Un nouveau coup de tonnerre, suivi de roulements effroyables, me dispensa de répondre, d'ailleurs on avait une [leine iniinie a s'entendre. Le sentier élait devenu le lil d'un ruisseau furieux ; de toutes paris l'eau tombait en cascades, et, à mesure que nous nous élevions, le froid devenait de plus en plus vif. Au-dessus du bois Magnin, la pluie était glacée et mêlée de grésil. Une heure après, nous nous trouvâmes au milieu de la neige. Alors le silence succéda tout à coup au fracas des eaux et au sifllement du vent dans la forêt.

On ne distinguait plus le sentier, et personne ne répondait aux cris que nous poussions de temps en temps ; aussi nous déses()érions déjà du succès de notre tentative, lorsque nous aperçûmes au-dossus de nous une mule qui descendait le col. Elle était seule, toute sellée : la bride traînait à terre. Pour ne pas l'épouvanter^ nous nous cachâmes derrière la saillie d'un rocher, et lorsqu'elle passa près de nous, mon compagnon lui barra le chemin, pendant que je sautais sur la bride. J'y reconnus celle que j'avais tenue le matin ; c'était la mule d'Emilie ! alors nous commençâmes a présager les plus sinistres choses. Sans perdre de temps, le Français sauta sur l'animal , taudis que, demeuré derrière, je le fouettais pour le contraindre à marcher, et à nous guider en même temps. Mais quand nous fûmes arrivés au-dessus d'un plateau ouvert de tous côtés, la mule se jetant brusiiuement sur la gauche, se mil a fuir de toute sa vitesse, en lâchant de se débarrasser de sou homme. Le Français, beau cavalier, se pii|ua d'honneur, tint bon, et, au bout de (juclques instants, je le perdis de vue. Je demouroi ainsi seul, agité par la plus vive inquiétude, et ne sachant de quel côté me diriger. Après avoir erré quehjue temps, je retrouvai les traces que la mule, en descendant, avait laissées empreintes sur la neige, et je pris le parti de les suivre. Ce fut une heureuse idée, car, au bout d'un quart d'heure, je me trouvai face à l'ace avec un homme qui descendait eu suivant ces mêmes traces.

C'était le guide qui courait après sa bêle. « Nous avons voire mule, lui

Nuus iiuus assîmes à la place iiii nous iiuiis imiivioiis.

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