‹ Nouvelles genevoisesChapitre 32 sur 33 · I. \ V K li n · texte numérisé non relu

I. \ V K li n

la cloche lointaine d\in vilhige se fil entendre; je comptai avec une hor-

rible anxiété neuf, dix, onze coups... le douzième vint m'achever. Rien n'est inexorable comme une horloge.

J'avoue qu'en cet instant j'oubliai mes amours; mais ce ne fut point pour retrouver le repos, car la pensée de l'angoisse où allait être plongée ma famille vint me livrer an plus affreux tourment. Ils me croiraient perdu , moit, et, dans ma simplicité , j'allais jusqu'à craindre qu'ils ne liassent ma disparition au récit qu'on ne mancpierait pas de leur faire , chez nos voisins , de ma honte , de mon désespoir et de ma brusque sortie.

Mais où croit-on que m'avaient porté mes pas' Sous les saules, dans le sentier, h cette place d'où, six années auparavant , j'avais considéré le pêcheur. C'est Ta que je sanglotais, sans savoir quel parti prendre. Néanmoins mon esprit, tout entier au milieu de rha famille, n'était point encore dominé par la peur ; et d'ailleurs, an travers de mes larmes , je voyais briller à l'autre rive une lumière qui me tenait compagnie sans que je m'en doutasse.

Cette lumière, en s'éteignant bientôt après, me donna le premier sentiment de ma solitude. Au moment où elle disparut, je retins machinalement mes sanglots, et je retrouvai le silence de la nuit. Kn regardant

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aiiloiir (le moi tlans ronibre, j'enlrevisdes formes que Téclat de la petite

lumière avait d'abnrd éclipsées , et pendant que je me livrais a cet examen, les larmes tarissaient tout îi fait à mes paupières.

Je ne lardai à oublier aussi ma famille, et bien malgré moi, car je faisais tous mes efforts pour y retenir ma pensée , qui commençait à errer avec crainte dans l'ombre d'alentour. Comme je prévis que cbaque instant allait ajouter aux terreurs dont j'étais menacé, je m'étendis tout

LA PEUR

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