‹ Nouvelles genevoises (volume 2)Chapitre 9 sur 28 · S LK COL D'A M Eli m · texte numérisé non relu

S LK COL D'A M Eli m

pas; mais ten*'/. : il y a deux ans d'ici, dans ce niêinc mois, un Anj;lais y csl resté. C'était le lils. Je vis son pire tout en pleuis et en deuil. On lui lit fôte chez lienaud , on lui mit devant des noix scclies, de la viande, du huuché : lien n'\ lit. C'est son (ils qu'il voulait. On l'eut trente-six heures a|)rès, mais c'était le cadavre. »

il me parut évident que cet homme faisait quelque confusion de noms, car l'Itinéraire était positif, et la soustraction péremptoire. Au surplus, je voulais un peu de dangers, et en supposant que le pâtre n'eût fait que représenter, avec l'exagération d'un esprit timide, des choses au fond vraies en quel(|ue dejiré, il se trouvait que le col d'Anterne était le col qui me convenait tout particulièrement entre les cols. Je persistai donc dans mon projet de le traverseï-; sans guide, puisque je n'en trouvais point, mais avec le secours de mon excellent Itinéraire, et en ayant soin de partir peu de temps après l'Anglais, de manière 'a suivre de loin ses traces.

En rentrant à l'hôtel , je trouvai le souper servi. Une petite tahle était dressée pour moi ; plus loin, milord avait la sienne, où il mangeait en compagnie d'une jeune demoiselle, sa lille, que je n'avais point encore vue. Elle était belle, éblouissante de fraîdieur, et ses manières présentaient ce mélange de grâce et de roidour qu'on rencontre souvent chez les jeunes Anglaises qui appartiennent aux classes aristocratiques. Comme je sais l'anglais, j'aurais pu profiter de leur conversation, sans toutefois y prendre part; mais elle se borna à l'échange de quelques monosyllabes qui expriniiiieiit un dédain rempli de dignité, au sujet du service des gens, de la qualité des mets, ou de l'équivoque propreté des ustensiles. Ces mets eux-mêmes étaient singulièrement choisis, et plus singulièrement répartis. Mademoiselle s'était fait servir un large beefsteak, et ses jolies lèvres ne dédaignaient point de livrer passage à quelques rasades d'un vin que je jugeai devoir faire partie de la piovision de voyage. Pendant ce temps, milord s'occupait de se préparer un thé qui devait constituer tout son repas. Il mettait à cette opération ce soin minutieux, cette importance grave que sait y mettre un Anglais comme il faut; et, bien que toute la maison fiit sur pied a l'occasion de ce thé, prête à tout faire, prête à se mettre au feu pour que ce thé fût parfait , milord accueillait toute la maison avec cette humeur roide qui, souvent aussi, caractérise l'Anglais de qualité, en voyage, à l'auberge, et sur le continent.

Sur la lin du souper, le guide entra : « Holà ! hé! dites donc, monsieur, il nous faut partir de grand matin. Je viens d'examiner le temps : vers midi nous |)Ourrions avoir de l'orage. C'est mauvais par là-haut, à cause des neiges. El puis, c'est pas l'ombrelle de cette demoiselle qui la lircrail de là 1 »

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