LE COL D A>TER>K
mulets: — Monsieur, niamselle, il faut descendre.
— Descendcr 1 s'écrièrent -ils tous les deux à la fois.
— Et vile ! Retourner, c'est impossible. Voici la tourmente qui nous prend à dos : le vent nous l'amène grand train. Nous n'avons qu'une chance, c'est qu'elle ne nous attiape ])as. Le col est loin encore; si nous y voulons passer, nous sommes péris avant d'y arriver. Il faut grimper celle rampe à gauche, elle abrège ; au delà nous sommes en dehors du vent. .\ bas ! Igs mulets trouveront leur route. A bas donc !
Le sang-froid de cet homme imposa à milord , en môme temps que ces paroles lui causaient une grande inquiétude. Il descendit sans mot dire; alors je m'approchai. La jnma mi?s était toute tremblaule. Sans demander la permission , je l'aidai î\ descendre de sa monture, tout en lui adressant quehjues paroles rassurantes. Quand son père ^it ses pieds délicats s'enfoncer profondément dans la neige, un mouvenuMil d'effroi se peicnit sui' son visage. — (iuide . dis-je aussilôt à liionune (|ui accrochait en toute h.*\te les ètriers h la selle des mulets, c'est à vous do nous tirer d'ici. On ma parlé de \olre courage , de M)lre force; nous èles Félisaz, le plus habile chasseur de la \allée : nous nous confions à \ous. Me tournant ensuile vers milord : — N'ayez pas de crainte, monsieur. Je suis fort aussi habitué aux nu)nlagncs. Lnlre ce brave honnue et moi, nous souticMidrons mademoiselle, \int-<'llc ;i liccjiir sons l'cxccs iW la latiiin«v —
34S NOUVELLES GÉlNEVOISES.
Oblidgé , me répondit-il tout distrait par une vive émotion.
Moins troublé que l'Anglais, je n'étais pas moins inquiet. Les récits du pâtre, que j'avais à peine écoutés la veille, se présentaient à mon imagination, et me faisaient juger notre situation très-périlleuse. Cet homme m'avait raconté dans tous leurs détails les circonstances qui avaient accompagné la mort du jeune Anglais, celle de la femme de Pierre; il me semblait les voir se reproduire toutes avec une effrayante vérité ! La malheureuse , arrivée près du sommet avec sa compagne , avait manqué de force pour s'enfuir, et, au bout de quelque temps, elle avait péri enveloppée dans la tourmente : c'est un vent qui, s'engouffrant dans les anfractuosités de ces gorges étroites, y tourbillonne avec violence, en déplaçant d'énormes masses de neige, qui recouvrent comme d'un linceul tous les objets sur lesquels il promène ses fureurs. Or , c'était un tourbillon de cette sorte qui , s'élevant derrière nous , comme du fond de la vallée, semblait devoir nous atteindre avant peu d'instants. Dès que le guide l'avait aperçu, et bien avant que nous pussions nous douter du danger, il ne l'avait plus quitté des yeux, mesurant avec sagacité sa distance , pressentant sa direction , et jugeant avec un coup d'œil aussi sûr que prompt qu'il fallait , pour ne pas périr , escalader au plus vite la pente qu'il venait de nous montrer.
Nous nous y engageâmes. A peine libres, les mulets s'étaient enfuis avec vitesse , la tète haute et
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les naseaux au vent. Gui(l(^'S parleur inslineL, ils avaient quitté le sentier par lequel nous étions venus, et, se jetant sur la gauche pour s'éloigner de la trombe, ils s'enfonçaient dans une gorge obscure où bientôt nous les perdîmes de vue. Avançons ! arrivons ! criait sans cesse le guide. Mais la pente était si roide, que, sans la neige qui se tassait sous les pieds , il eût été impossible au plus habile chasseur de s'y tenir debout. Malgré cette circonstance favorable , nous avancions à peine , troublés plutôt que soutenus par les pressantes injonctions du guide. La jeune miss, comprimant sa frayeur pour ne pas ajouter à l'effroi qui semblait enchaîner son père, faisait des efforts inouïs pour s'élever; mais ses forces s'y consumaient , et déjî\ , après avoir, par une résene naturelle, manifesté quelque embarras en acceptant l'appui de ma main , elle en était à se suspendre à mon bras, à me laisser le plus souvent le soin de la soutenir, de la porter presque. Kpuisé moi-même, et me croyant à chaque instant arrivé au dernier terme de mes forces , le danger extrême (|ue courait cette jeune demoiselle ranimait mon courage, et je tentais encore un effort, llnlin elle atteignit au haut de la pente. Nous ly laissâmes , car son père réclamait tous nos secours. Une circonstance singulière avait ajouté à la détresse de ce pauvre monsieur, rendant qu'il rlierchait à diminuer la roideur de la pente en faisant des contours en zigzag, ses pas l'avaient conduit sur un bloc de roche caché sous la neige , et posé , comme il arrive (luehiuefois , en équilibre. Le poids (lu rorps avait fail un peu ba^^culer celte masse
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énorme, et la frayeur de milord avait été si soudaine et si vive , qu'incapable de la surmonter , il s'était laissé tomber sur ses genoux tremblants. Son visage était pâle et défait ; sa fille , qui du baut du col venait de l'apercevoir dans cet état , poussait des cris de désespoir , et nous-mêmes nous ne savions que résoudre. — Laissez-moi, nous dit-il, et sauvez mon enfant ! — Alors le guide : — Courage ! mon brave monsieur , ce n'est rien. Et s'adressant à moi : — Portons-le ! Nous réunîmes nos efforts, et avec des peines infinies nous atteignîmes au sommet.
11 y avait sur ce sommet un espace de quelques pieds qui, sans cesse balayé par le vent, se trouvait dépouillé de neige. C'est là que nous nous trouvions réunis tous les quatre. La tourmente approchait toujours. — Il ne faut pas vieillir ici , dit le guide. Je prends le monsieur , c'est le plus lourd ; vous , mamselle. Nous n'avons plus qu'à descendre , mais par-dessus vingt pieds de neige. Vous autres , mettez vos pas par où j'aurai fait les miens. N'oubliez pas ça , c'est pour éviter les trous qui sont à l'entour des rocs. Courage ! mon brave monsieur ; courage ! mamselle. C'est rien ! Voici qui va vous revenir.
En disant ces mots, le guide avait tiré de sa poche une vieille gourde en cuir qui contenait encore quelques gouttes d'une mauvaise eau-de-vie du pays. — A la guerre comme à la guerre , dit -il , et en même temps il présentait la gourde aux lèvres de la jeune miss. Celle- ci goûta la liqueur, et rendit la gourde avec un sourire de reconnaissance. Le
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guide y fit ensuite boire milord , puis il me la passa. Elle était légère. — A vous, guide, lui disje. — Buvez seulement, répliqua-t-d en s'apprélant à partir; c'est à peine si vous y trouverez de quoi. Puis, regardant au-dessus de sa tète : — En route ! s'écria-t-il soudain, et comme surpris en voyant l'état du ciel. La trombe , en eiïet, semblable à une immense colonne, s'avançait obliquement, et déjà sa partie supérieure , surplombant sur la place où nous étions , nous masquait les sommités des Fiz à notre gaucbe.
La petite goutte de liqueur avait un peu ranimé nos forces; nous commençâmes à descendre. Mais , dès les premiers pas , il se présenta des obstacles insunnontables. La neige, sur ce revers abrité contre le vent Iroid qui régnait de Tautre côté, était amollie; nous y enloncions jusqu'à la ceinture. Bientôt les robes de la jeune miss entièrement détremi)ées par le contact de cette neige, en se collant à ses jambes , la glaçaient de froid et empêchaient d'ailleurs tous ses mouvements. A cliacpie moment elle se trouvait arrêtée , sans que je pusse , vu la nature de l'obstacle, la soulager en rien. Le guide s'en aperçut, et aussitôt s'aposlropbant lui-même : — J{êle (jue tu es 1... c'est v\\ li;iut cjuil {allait parler. Pardi! il faut que mamselle fasse comme les femmes du pays , de ses jupes une culotte !.. La situation , depuis (juelques heures . avait bien changé. Aussi la jeune Anglaise , non sans einbarlas. a la \énle, mais celle fuis sans fausse pruderie, mit la main à l'icuvre , et . ramenant par derrière rextrémile aiilérieure de sa robe, elle Iv li.\aa\ec
3r>2 NOUVELLES GENEVOISES.
une épingle, se iaisant ainsi une sorte de pantalon -bouffant, qui lui permit de faire quelque espace de chemin avec plus d'aisance.
Pour milord, le soin de sa fille le préoccupait tout entier. — Oblidgé ! me disait il à chaque pas , ohlidgé ! 3Ion Dieu î mon Dieu ! guide, été-ce encore longtemps comme cela? — Tenez, lui repartit le guide , nous sommes sauvés, mais regardez donc là où nous devions passer !
A ces paroles du guide , nous nous séparâmes les uns des autres comme par un commun mouvement, et, tournant nos yeux de ce côté, nous regardâmes en silence. La trombe s'y brisait avec un fracas épouvantable. D'immenses traînées de neige , frappant sur les rocs , rejaillissaient par les airs, et le vent, ressaisissant ces gerbes égarées, les heurtait les unes contre les autres, en sorte qu'on voyait comme une vaste nuée soudainement déchirée par tofts les vents déchaînés. Au spectacle de ces horreurs, milord, croyant à peine sa fille échappée à la plus affreuse mort, se retourna vers elle pénétré d'une émotion profonde et comme pour la serrer dans ses bras... mais, émue elle-même, et saisie par le fioid, cette jeune fille venait de perdre connaissance.
Je me dépouillai aussitôt de mon habit, dont j'enveloppai cette jeune demoiselle , puis je la soulevai dans mes bras, pendant que son père tirait de mon havre-sac quelques bardes dont nous entourâmes ses jambes et ses pieds glacés. Elle rouvrit les yeux, et rougit en se voyant dans mes bras. — Cela va déjà mieux, dis-je à milord; reprenez, monsieur, le
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bras (lu guide, et niarehons. Je j)Oiieiai mademoiselle jusqu'à ce que nous soyons eu meilleur ttite. En cet instant la jeune miss dit d'une ^oix laible : — Merci , monsieur... man^liez , mon père, je vous en prie. Kt, passant son bras autour de mon cou , elle s'y retenait pour m*; rendre moins lourd le fardeau de sa personne. — IHiisque c'est comme ça, dit le guide, tirons adroite; je sais une baraque. Kflectivement , au bout de vingt minutes , ce bra>c bomme nous trouva un mauNais cbalet , dont la cbeminée seub* perrait l'épaisse coucbe de neige sous laquelle il était enterré. Ces cabanes sont fort basses ; le guide déblaya lu neige , lit un trou à la toiture, descendit le premier, reçut la jeune lillede mes bi'as dans les siens , et bientôt nous lïimes tons ense\ élis dans cette demeuie , qui pour parois avait des poutres noires, enfumées , et pour pl.inclier un humide terreau dont la nature indi((uail assez le séjour ([u'y avaient fait les troupeaux I ((c précédent.
Sans cette misérable demeure , qui nous fut si précieuse , il est diflicile de prévoir ce que serait de \enue notre jeune compagne. A la tourmente qui aNait éclaté axant de nous allcindre. a\ail succt-dé uiu' pluie froiile, mêlée de neige, tlont les goullcs sellées piquaient le \isage. gênaient la \ue,et bornaii'iit notre horizon à (|uel(|ues pas . en sorte »|ue le guide lui-même u'aNail plus dautic indice pmii nous conduire (|ue la [>enle de la montagm* : celait le reste de la lem[)clc qui passait sur nos têtes, h'ailleurs, bien (pie la jeune miss fût légère, il in'cùt été absolumenl impossible de la lransp(Mier
plus loin; et, de son côté, le guide ne pouvait me succéder dans mon office , sans abandonner la conduite de notre petite caravane au milieu d'une route dont les diCficultés et les dangers réclamaient toute son attention et toute la liberté de ses mouvements. C'est ce que ce brave homme avait pressenti avant nous , quand il s'était écrié brusquement : Je sais une baraque! Dès que nous y fûmes entrés , il en ébranla la porte , la souleva sur ses gonds, puis, l'inclinant convenablement et de façon qu'elle nous présentât le côté le moins humide, j'étendis par -dessus tout ce que recelait mon liavre-sac, et nous y déposâmes la jeune miss. Milord, silencieux , mais en proie à une forte agitation intérieure, soutenait de l'un de ses bras la tète de sa fille , pour qu'elle ne reposât pas sur le bois, et de l'autre il ramenait sur son corps refroidi tout ce qui nous restait de vêtements secs.
Pendant ce temps , Félisaz avait choisi parmi les tavillons * intérieurs de la toiture le petit nombre de ceux que n'avaient pas encore atteints les dégels du printemps , et , les ayant mis en tas sur quelques brins de paille recueillis un à un entre les poutres, sous les solives du chalet, il sortit son briquet de sa poche et se prit à dire en regardant milord : — Craignez rien. C'est pas pour ma pipe, c'te fois! A ce mot, qui, à l'insu du pauvre chasseur, renfermait un bien cruel reproche , un trait de a if regret, pénétrant jusqu'au cœur de l'Anglais, fit refiuer la rougeur sur ses joues. Sa bouche resta muette, mais
1 Planclicttcs de bois de sapin dont les chalcls sont ordinairement couverts.
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son regard exprimait la boiUc , toujours louchante eliez un liomme d'âge, et je pus y lire qu'il ne se pardonnait pas d'avoir été dur envers cet homme à qui il se voyait maintenant redevable des jours de sa iille.
Déjà la flamme pétillait au foyer; nous nous approchâmes. A cette douce chaleur?, la jeune miss semblait revenir à la vie, les couleurs reparaissaient sur son beau visage; peu à peu ses membres déroidis lui permettaient de plus faciles mouvements, et ses premières paroles, toutes remplies de reconnaissance pour nos soins, lui donnaient un air de grâce charmante, quand déjà sa beauté brillait d'un éclat inallendu , au milieu de cette noire demeure, cl à la claire llanime du bienlaisanl loyer. Pour milord, assuré désormais que sa Iille lui était rendue, il passait en ce moment de l'angoisse la plus vive à l'émolion de la i)lus puissante joie, et les larmes ruisselaient sur son visage avant qu'il eût encore pu prononcer une seule parole. De temps en temps (|uillant la main de sa Iille, il serrait la mienne, il serrait celle du guide, et cet homme lui réi)on(lait avec simplicité : « Je vous disais bien , mon bon monsieur, c'est rien!... > Non, courir de grands dangers, voir pendant deux heures comme prochaines , comme présentes , les atteintes de la mort, ce n'est point achètera trop haut prix ces moments sans pareils , où l'espérance reliait au sortir de l'angoisse , où le bonhcui' reparait soudainement dans toute sa chaude \i\aiilc. dii la ioic du c«i ur déborde, se icpand au dehors, se conloiul dans la joie de tous et de i liacun i Oïdiiicrai bien des htllcs joies.
856 ^OUVELLKS (lÉiNEVOlSES.
I)ien dos naiils phiisirs que j'ui cueillis sui le soulier de la \ie; mais jamais mon cœur ne perdra le souvenir de cette heure passée avec trois étrangers , dans un chalet enfumé, au sein des neiges, et au hruit de la tempête !
Le guide, toujours actif et prévoyant, avait fabriqué auprès du feu une sorte d'étendage où il suspendait et retournait nos vêtements; ceux de la jeune miss s'étaient scellés sur sa personne, et, déjà remise sur son séant, elle assurait pouvoir partir. Par le trou que nous avions fait à la toiture , et que Félisaz avait agrandi pour fournir à l'entrelien de notre feu, un rayon de soleil qui se fit jour en cet instant acheva de nous rendre la sécurité. ■ — Signe de froid , dit le guide; la neige portera. C'est égal, mes souliers ne seront pas de trop sur les pierres ! Il désignait ainsi une sorte de semelle en bois qu'il venait de tailler avec son couteau pour l'usage de la jeune miss, dont la chaussure délicate, et déjà fort endommagée, n'était en état de résister ni à l'humidité des neiges , ni , plus bas , aux aspérités du sentier. Pendant que nous achevions nos préparatifs de départ, il se mit à les lui ajuster lui-même, et bientôt nous quittâmes le chalet après avoir éteint le feu avec de la neige.
La soirée était belle; mais quel attrayant éclat lui donnaient à nos yeux les heures qui venaient de s'écouler ! Combien la douce splendeur du soir était en accord avec cette sérénité qui succédait dans nos âmes à tant de sinistres agitations ! Nous marchions ensemble, heureux de ne plus craindre, et néanmoins unis encore par le récent souvenir d'un dan-
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gcr comnnin et d'un commun dévoiimcnl. La jeune miss s'appuyait sur mon bras; son père Tavait voulu, lorsque par discrétion elle s'y refusait : dans SCS idées, c'était un égard qui m'était dû; dans les miennes, c'était un procédé auquel j'attachais autant de prix que j'y trouvais de secret plaisir. Au bout de trois quarts d'heure , nous fûmes hors des neiges. — Maintenant , s'écria milord avec transport, j'été heureuse, bien beaucoup heureuse! et je rende grâces à Dieu ! . . . Puis s'adressant à moi : — Vos été mon ami, monsieur! Je n'avé pas d'autcr chose que je pouvé dire à vosk.. Vos, la guide, demandez à moi , et vos obtenez tute de mon gratitude et de mon affection. Vos été lune excellente, iune dic:ne homme. J'avé mal judgé vos hier, et j'en avé iune grande remords!... Fiumez le pipe, mon ami, pour oblidger moi l — Qu'à cela ne tienne ! répondit Félisaz. Et aussitôt il se mit à l'œuvre.
Le reste de la descente fut facile ; nous arrivâmes à Sixt avant la luiit. Là, l'Anglais et la jeune miss retrouNcrcnt leur valise, et purent enfin changer de vêtements. Ils exigèrent que je soupasse avec eux. écoutant en ceci le mouvement de leur cœur bien plus (pie l'extrême fatigue «pii de\ ail leur faire un si giand besoin du repos. Sur la lin du souper, le guide fut appelé; milord porta un toast en son honneur, et, tout en lui glissant dans la main(juel(|ues pièces d'or, il sut lui témoigner (|u'il est des services qui s'ac(|uiltent moins a\cc de l'argent (|u inec l'estime et une alïcclucuse icconuaissauce.
Le lendeniain , nou> nous séparAmes. La journée me parut lonuuc. la roule ingiate; (|ue dirai-je d<*
plus? Cette jeune miss, je l'avais portée dans mes bras; pendant quelques instants, sa vie, ses grâces, sa beauté, avaient été l'objet de ma sollicitude vive et tendre; en fallait-il davantage pour que, bien des jours encore, je trouvasse ingrats tous les lieux où elle n'était pas ?