XVII
Edgar, préoccupé, ravi, ne songissât plus qu'à se riqppeler les événements qu'expliquait la »|us^kion de madame de Chsunpléry. Il eompremût ak»^ la cause de ce subit «nbarras qu'on remarquait dane ses maniérée, et qui souvent \m avait paru suspect. Il sut pourquoi la conversation de Ysdenliae étaii si vive, si enjouée aveê les perseoMS do«k. le boa goût la rassurait, et devenait au contraire si firoide et si gjinndée avec cellee dont le mauvai» ton était redanUMe. H se leuvenait de plusieurs mots équiv expiée dite pir eUe^ qié l'afaient
U LORaKQIf. M
choqué I et qu'aujourd'hui il justifiait si facUemeut. A «es yeux maintenant tous les défauts de madame de Ghampléry étaient des grâces nouvelles qu'il chérissait ccmmie des preuves de sa candeur.
Cette fois, se disait-il » je suis récompensé de ma tendresse; je n*ai pas été puni d'oser deviner. Je méritais à la fin une découverte heureuse , j*avals jusqu'alors si mal chmsi : le secret de mademoiselle d'Armilly était son ambition ; celui de Stéphanie, son amour pour un autre» mais celui de Yaleor tinell! O mystère charmant L. Comment se douter aussi qu'une femme se donne tant de peine pour cacher son innocence.
Talentine n'avait que dix-sept ans lors de son mariage , qui se décida promptement et d^une manière singulière.
Un matin Yalentîne était seule et pleurait dans l'anciea appartement de sa mère. On vint l'avertir que M. de Champléry désirait lui parler» et l'attendait dans le salon pour lui dire adieu. Elle courut à lui avec empressement.
— Vous partez, dit-elle d'une voix émue; que vaia-je devenir? Personne ici ne m'aime et ne me comprend que vous.
—•Vraiment? dit M. de Champléry, qu'elle est gentillet personne ne vous aime, dites- vous, est-ce possible? Je' croyais votre belle-mère si bonne et si bien pour vous.
— Oh! elle est très-bonne , reprit Valentine avec tristesse, je ne me plains pas d'elle, mais vous devinez... Ce n'est plus la même chose...
— Sans doute , j^entends , interrompit H. de Champléry, voyant les larmes de Valentine prêtes à couler ; nmis votre père?
— Ohl depuis quil s'est remarié, mon père ne me voit plus avec plaisir ; il m'en veut de pleurer ma mère si longtemps, mes regrets foffensent, il m'évite parce que je suis triste y et je vois bien qu'il ne m'ahne plus. Si vous saviez combien je souffre dans cette maison , dans cette chambre où mourut ma mère, et que je vois habitée par une autre ; dans ces lieux remplis pour moi de souvenirs doux et déchirants U.*
n LB LORGNON.
Ahl je le sens, si je reste ici plus longtemps, j'y mourrai. M. de Champléry regardant Valentine , fut frappé de Taltération de ses traits. Depuis quelque temps sa langueur augmentait d'une manière inquiétante , et il craignait pour cette jeune fille Teffet d'une si longue douleur. Ck)mme il la contemplait avec tristesse :
— Vous le voyez, dlï-elle , c'est à vous seul que j'ose me plaindre, à vous seul que je puisse parler de ma mère que vous aimiez tant , et vous me quittez! Où donc allez-vous?
— En Italie , les méde< ins m'y envoient.
— Comment, reprit Valentine, vous seriez malade, vous qui êtes toujours si joyeux?
— Enfant , dit M. de Champléry avec un sourire triste , l'insouciance est une vertu quand il n'y a plus d'espoir , c'est ce que j'appelle la vraie philosophie ; mais il ne s'agit pas de moi, pauvre Valentine 1 Est-il vrai que vous soyez si malheureuse?
— Oh l oui , dit-elle en sanglotant , je suis bien malheureuse! tout vaudrait mieux pour moi que cette vie de regrets et d'isolement, que cette demeure de ma mère d'où l'on veut chasser son souvenir, que ce tombeau où l'on m'enferme en me disant : Oubliez-la!
Emu du désespoir de Valentine , M. de Champléry réfléchissait au moyen de l'arracher à cette existence si affreuse pour elle ; il resta quelques moments immobile , et comme dominé par une idée dont il combinait toutes les chances.
Tout à coup son visage s'anima , sa résolution était prise , une pensée dont il semblait fier venait de se fixer dans son esprit. L'espoir d'une noble action qui réparerait les folies de sa jeunesse souriait à son imagination. La certitude d'inspirer à Valentine une reconnaissance et une estime sans bornes , le bonheur d'usurper, par l'élévation de son sacrifice , la première exaltation de ce jeune cœur avant l'amour; l'orgueil enfin d'être la providence d'une femme distinguée , dont il pressentait la brillante destinée , le décidèrent à lui consacrer sa vie, ou du moins le peu de temps qu'il lui restait à vivre.
M. de Champléry, qui avait fait toutes les campagnes de
IK LOAâNOll. fS
l'Empire, par suite de ses blessures était atteint d'une maladie mortelle qui ne lui laissait aucune espérance de guérir. La mort qu'il avait tant de fois bravée comme soldat, sur le champ de bataille , ne l'effrayait pas plus alors qu'autrefois ; et la connaissance de son état désespéré n'avait rien changé à son humeur; il avait peut-être même un peu plus de gaieté, car l'avenir ne l'inquiétait plus. La certitude d'une mort prochaine lui paraissait presque douce en ce moment , où elle lui offrait la chance d'un sacriBce généreux qui assurait le bonheur d'une autre ; le souvenir de la mère de Yalentine l'encourageait encore dans un projet que sa tendresse eût approuvé , et M. de Ghampléry sentait qu'en les dévouant au bonheur à venir de la fille de sa meilleure amie , ses derniers moments seraient sans amertume.
c En épousant Yalentine , se disait-il , je la rendrai indépendante de sa belle-mère, et bientôt ma mort la laissera tout à fait libre d'aimer et de choisir. Je la chérirai comme un père ; je n'irai pas, vieillard égoïste et ridicule, parler d'amour aune jeune fille, dont les beaux rêves sont si respectables , Ies> chimères si imposantes; je la laisserai pure à celui qu'elle doit aimer un jour, et lorsque après ma mort, un amour dign& d'elle assurera son bonheur, elle me nommera avec respect à son jeune époux ; alors elle comprendra la noblesse de mon sacrifice , et elle bénira dans sa reconnaissance la mémoire de son vieil ami. Ce sera la première fois, pensait-il en souriant,. qu'une jeune veuve se remariera sans chasser l'importun souvenir de son premier mari. »
Yalentine consentit sans peine à ce projet qui la délivrait de ses chagrins présents , et elle accepta avec reconnaissance un sacrifice dont elle ne comprenait pas toute l'étendue , et qu'elle seule avait pu inspirer.
Les personnes douées d'un esprit élevé exercent à leur insa une influence mystérieuse sur ce qui les entoure. Elles jettent, pour ainsi dire, un parfum de poésie dans l'atmosphèro qu'elles respirent , et dont on s'enivre avec elles. 11 est des i^timents mesquins qu'on n'ose pas leur exprimer ; des actions
YUâgsdres qui! ne vient jamais à Yiâéeie leur prppo«(e^^ Un caractère noble est une dignité qu'pn enceos© jnalgré ^. Pour les âmes d'élite^ on cfoisit ce qu'il y a de pU)8 grdnd, de plus beau , conujae on présente aux princes Ie3 m^ le3 plus délicats ; on se cbange pour elles , on revêt los qualité? qu'elles estimçnt , on se grandit pour le? atteindre ; et Von a»t surpris de concevoir auprès d'elles des idé^ j^t de» j^Qf^ entièrement opposés à sa nature.
Le monde s'étonna de ce mariage; mai?, voyiwJilkL 4a Gbampléry joyeux , plein de soin? pour ?a jepsa fmme , m fie devina pas le peu de bonheur qu'il en aU^ndaiJ^. Yaletti^i^ et son mari passèrent une année en Italie; après quoi W* à^ Ghampiéry sentant son beure approcher, dé?ira r^owM^ dans ses chères montagnes de l'Auvergne, pour y mâurir»
Ce fut une position difficile pour une veuva de di^-n^ ajl? qx^e de se trouver lancée dans le grand xnpode av^^c ioiit^ la liberté d'une femme et toqte l'igngi^co d'une jejJine {iU^ ^vec son esprit et son bon goût^ Valentiae s'en serait tiré^ fadlement, sans la crainte où elle était de voir son »GÇf^ pénétré par sa belle-mère. Elle redoutait le parti românêsqi^ que la minauderie de madame de Clairange tirerait d'tt^ situation si singulière, et pour évit^r lo ridicule que ses éJé^ gies jetteraient sur son innocence, elle tombait dans Iç dé/aul contraire, et affectait quelquefois de paraître comprendre c& qu'elle ignorait complètement. ;
Ainsi tous les défauts de Valentîne venaient de ceUe tmOK^ prétentieuse et agitante , dont la vue seule suffisait ppur dénaturer son caractère. La douceur monotone de m^ao^^ d^ Clairange lui était si insupportable, qu'elle se faisait br!i?qU9 et impatiente pour éviter de lui ressembler ; Vaspect contiAU^l d'une sensibilité de comédie lui faisait affecter une indifférence coupable pour tout ce qui aurait dû l'émouvpir. ÈUe devenait ainsi hypocrite à l'envers, et elle ?*étudiait à cacher ses bons sentiments avec la même faysseté qm Yon met h dissimuler ceux dont il faut rougir.
Combien un tel caractère devait plaire à tt. de Lorville ;
i|Uil tkmmô H devmt avoir petip e^i qtoA sinralt le detlner ! Eigar 4e sentit al«rg, nuiie autro (emme oe peiiveit lui conwmàr davantage.
Les lM)ffitte6 4*«i& esprit fin et Mieat sont phis iftiffidles à fixer ^le tes airtres. Les feuMnes fausses les désendiantent , les lemnes naïves et qni ne tachent rien ée ce qu'elles éprouveiK;, les ennuient. Il faut à leur pénétration qoelqne chose à 4evitter, un caractère loyal que des cireonstances ont compliqué , un mystère sans cesse renaissant , mais qu'un sentiment pur et généreux explique toujours.
EégUTj «uwé â*espeir et ftem 4e rece wiaî ss ane e fcrar son Udisaam , l'eHpleyaît é demer les vœux, les désirs de ¥aleiiiim^ tt Aies ac G0B i p4ir avfwt qu'eUe eûtpepséèies eicp^mer.
Si Ton proposait une partie de plaisir, qu'il savait deveir ïftjmmfety et /qu'elle ««rait «eeeptée par reoennaissance , il en «QtUit l'idée «¥ee e m pe eroom ent. Le spectacle oà lAe dewdt s'amuser était toujours celui où il offrait d'aller, et madam e 4e€èa«piéiy s' éteM i a i t k ievs les justants 4e la «ooiitomité dte éfM»s goèlB. ,
Il arrivait souvent à Valentine de refuser par délicalesse «n fkimr <[u'«b kii «fMit , «t défit efie craignait de fyriver quelifo'au Cr |our ^elle y op oîflt ai t 4 reifiiser eue plaoe k l'Opéra dans la loge de madame de Fontvenel, Mgar s'smiiBa é 1%I>fiertiv jpoBT ooMMÉlFe ia <»uee de «on eiwtînatien :
*<^iiëii,«ierdinille€et6, ^firit-cHe, vouseavesque jeééieate les piwiBJèMS iwpréseiilalieiis ; 4a nmeftqae est en -^ ttai«HBéculée, les acteurs ne savent par lewrs -fêles, et*p«i6sil 741 ^oiçMrs de«x krtépéts , celui de4a pîèee ^ cekii du sveeès, «t «soi y je n'en sais suivre qu'on à la -fois : j'ai f espi^t Msexclusif.
«^CM tei:^}e«r8«0lAt 49t Edgar, «t HiteimH A Tire de la
pensée de Yalentine, qui était : — Je ne veux pas accepter cette place : on me forcerait à me mettre sur le devant de la loge, madame de Fontvenel ne verrait rien , et se gênerait pour moi; c'est dommage pourtant, j'aurais aimé à voir le Philtre et à entendre cette musique que Ton dit si jolie.
Edgar sortit aussitôt; il courut à TOpéra , à force d'intrigue il parvint à se fiûre louer une loge déjà promise, et le lendemain Valentine reçut de madame de Montbert le billet suivant :
c Mon neveu m'apporte une loge à l'Opéra , pour la première représentation du Philtre , en me disant que vous avez envie d'y aller. Il sait me flatter en me donnant l'occasion de vous faire plaisir. Cependant croyez, chère Valentine, que je ne suis pas aussi vieUle tante que je veux bien le paraître , ou plutôt je trouve que je ne le suis pas encore assez. »
Ce billet embrouillé à dessein ût rêver Valentine. Le soir , en voyant Edgar à l'Opéra , elle éprouva un de ces accès d'embarras qui la rendaient si malheureuse. M. de Lorville se plut à y sgouter.
— Vous voyez , dit-il , que j'aime à punir la mauvaise foi , même quand un bon sentiment l'inspire : ainsi prenez garde k vous.
Madame de Champléry déconcertée ne lui répondit que par un sourire : le moyen de se fâcher contre la malice qui cherche à plaire?
Une autre fois M. de Lorville exauçait les vœux de Valentine, sans qu'elle les eût indiqués par rien , pas même en exprimant le contraire.
Elle venait d'admirer les nouveaux tableaux qui ornent le Musée cette année , et se rappelant une des charmantes vues de Naples , peintes par Smargiassi , elle se promettait d'acquérir ce tableau , dont le prix encore modeste l'autorisait dans ce caprice. Les tableaux de Smargiassi, pensait-elle, vaudront le double dans deux ans , et les acheter dans ce moment, c'est, en vérité , faire une bonne affaire.
C'est ainsi qu'une femme raisonnable trouve toujours on
Il L0R6N0K. $T
prétexte sensé pour se permettre une fantaisie. Gomme elle songeait à ce projet, sa calèche fut arrêtée au coin d'une rue par un embarras de voitures; elle leva la tête et aperçut à quelque distance un jeune homme qui la lorgnait : c'était M. de Lorville; et le lendemain, quand Yalentine revint de It messe, elle fut bien surprise de trouver, en rentrant chez elle, le tableau qu'elle avait tant admiré la veille et dont elle rêvait l'acquisition.
— Qui donc a envoyé ce tableau? demanda-t-elle aus- ^tôt.
— Madame, c'est un commissionnaire qui l'a apporté, sans dire de quelle part.
— Il n'avait point de lettre?
— Non, Madame; seulement il m'a remis ce papier où se trouve l'adresse de madame, pour prouver qu'il ne se trompait pas.
Yalentine lut cette adresse; l'écriture en était élégante, mais elle lui était inconnue. Elle resta longtemps immobile devant ce beau paysage, qui lui rappelait un des sites de l'Italie qu'elle préférait ; puis elle se mit à réfléchir, à rêver, et à se demander comment il était là. M. de Fontvenel la surprit dans cette contemplation.
— Que vous avez eu raison d'acheter ce paysage, dit-il ; je l'ai remarqué comme vous, il est enchanteur !
— N'est-ce pas? reprit Yalentine avec distraction; mais, faisant un effort sur elle-même et lui montrant l'adresse qu'elle tenait : — Dites-moi, connaissez-vous cette écriture?
— Oui, sans doute : c'est celle d'Edgar. Pourquoi rougir ainsi? C'est donc lui qui vous a envoyé ce tableau?
— Je ne sais, reprit Yalentine avec embarras : ce tableau me plaisait; j'avais le projet de l'acheter, mais je n'en ai encore parlé à personne, et je ne puis concevoir...
— Âh ! vous connaissez bien Edgar, interrompit M. de Fontvenel, il aura deviné tout cela; c'est un homme étonaant! Savez-vous ce qu'il a fait pour moi?
— Non.
il iii iiOMiron,
donné las d&qoaDte miHe fonos ipn'il yowiitkii «npimlAr, ava&t <iii'il dût eu le itomps d*«n birâ le dMiasde.
^ ïàvm fficpliopié œtte aûigulièm an^nlttw «n fu^xiMif qa'Edgar tffsât élé fv-évena 4e mon iaq^AéênnâB |ttr ammi inieuK vaieiiis ckambro qiii, m» rejuA wéése^r, eânitiâiéi inonkisiideBiaiul^Meoufs imoB«Biia«4»fil«aa(d«i»aii«r cette démarche. Tout cela me paraissait naturel , mêêU ft «M ia/ni» queicfoe temps fi» çluéaoïiiène 4i fB^nétralûtt a» iieBOuyeler si souvent, que je me perds dans mes conjectures, ii £attt, 6B vérité, qp«B«e jiitélimtUa JÉt i» talioiinii aau -des espions dans tout Paris, pour savoir ainsi ce ip'oa y peMo.^ f Brtril longtemps que vous ne l'areK f»?
^H Vu oèneûBtré luer^ itéfMdii VatefeiM; p<Hà-étre étffijt^il €0BMKi6 BOUS 4» Sal^^^ 0% Mf4M flMMrqiié jqud jMni» rais ce tableau.
•^ N'isipflffte, ceprit II. 4e Fantimoel, «mis ae m'Atene pas de l'idée qaeeeei eecfae que^pn cbeie d'estrsosdiaaiiv.
•«allais j'tt des scn^piile», je Vmom, ditaitdaBe de Cfaanp» léry ; bieii que M. de Lerville mi ht fils d'usi emi de ï6êl mër^ je ne le cesntis pas assez pesat^tve poiur accepter...
— Ah ! gardez-vous d'attacher de ria^^ortemee à «me chose si simple, et ne l'affligez pas par «a refus, ii en eeraii si malheureux l
-— Vous croffiE? dit Vsdenliiie en épurant.
SX
fonoMe de ocite aisttito MteEtâen, iradamèxle Champtéiy présuma que M. 4e Lonrille viandnût le jour mfme ctez ea belle^nèfî» pour revoir çsmtrmA eUe «»ait M aeoiieillie.
iledene dé daieuige attendait ee soMà heauee^p ide monde, et Yalentineee rmâit idiez elle de beoae iieiire, mise avec recherche, gracieuse comme une femme satisfaite de sa
f9M^i él ÉMsté^ do MiEf cO(}tMttoif^ cotifldnte cpil fend ton* jMrt N0ftv«ffiaflfè et jeM. F^ <to péns(mn:es étaient arrivées lorsqu'elle entra chez sa belle-mère, qui s'écr^ aussitôt
-^ Ah! Valentine, que je vous attends avec impatience ! Je compte sur vous, ma chère, pour fefre les honneurs de moA sdion, cao* if fout a43sofmiMt (jue je vous quitte. Je cours à l'instant chez C^ pattvi^ M. Laréal qui s'est eassé la |ambe ce ttnaftitf ; sOft caMoldt a été accroché par un omi^ê^us ^ism si tifftin^ iftattfère qii^ a faiifî être tué arree son ohé^a! et mn ddmes(tqu)ô; voros ditet cela, ma petite, à tous ceux qui remarqueront mon absence.
— ' Mais tôx^kfmmêë h tma»(tùtm cliez votis, Madame I dit Valentine en s'efforçant de ne pas sourire et surprise de l^mpressa^ment â& aat heilê-Tttètè î àflôr donner des soins à une personne qu'elle confii^êsssi à peine. Elle vouhit lui en faire Tobservatioii «C ^té e^técfvtas mats pour la retenir, mais Wpmt qué madstiiie de^ €l^f angc^, décidée â sa bonne action, s'éloignait sftus i'éeoutef , ^fe se résigna â jouer le rôle de lt^^^&9 de msâson, ei se prépara patiemment à l'ennui d'exptkjue&^à deux c&tds peffs^nes, Tune après l'autre, pourquoi madame de CMtS(t^^ qtA fes avait invitées, n'était pas chez ellecéfjott^ld.
Valentfne dettfâH d'arfletrrs que sa belle-mère devait regar* êÈft comâie tine boime fytixttté cette occasion éclatante de faire toîlfer m charité. En effet, n'était-ce pas une merveilleuse idée de tnadame de Clairange^ d^dvdr rétm! chez elle les gens led plds distmg|0é$ de Psffis pour leur apprendre â tous, d'un seul isaop, qtr'erie était dévouée et bienfaisante, et qu'elle sacrî- Éaîf M plaisirs du tnonde à la douceur de soulager les matkeoretfx.
Au commencement de la soirée, madame de ChaMptéry ft^ùbià arec assez d^exactitude, dut dix premières personnes qui la questionnèrent, comment madame de Qairange avait été hiiêe â»É»Tebére ehez un de ses amis qui s'était cassé te jmttbe, et Miistmre du cabriolet, da éhevat, de r<mnibu$^
enfin tout ce qu*elle était convenue de dire. Mais elle n'avait pas prévu les nombreuses questions qu'un tel événement devait lui attirer.
— Et quel est donc ce malheureux ami ? lui demandait-on avec inquiétude.
— C'est M. Laréal.
— M. Laréal, dites-vous? Ahl... Je ne le connais pas. C'est un de ses parents peut-être?...
— Non, répondait Valentine avec embarras, c'est... c'est un monsieur... qui s'est cassé la jambe ; puis elle passait vite à une autre personne pour ne pas éclater de rire ; celle-ci lui disait aussitôt :
— Madame de Clairange serait-elle souffrante? je ne l'aper- 52ois pas ici.
— Non, Madame, eÉë se porte bien; mais elle est en ce moment chez un de ses amis malade.
— Âh ! mon Dieu! malade dangereusement?
— Non pas, j'espère ; mais c'est un accident... une chute; son cabriolet a versé, et... il s'est cassé la jambe. ^
— Qui s'est cassé la jambe? cet étourdi de Guersey, je le parie, s'écrie M. de Fontvenel; il a la manie d'avoir des chevaux si vifs, indomptables, cela ne m'étonne pas.
Et M. de Guersey, qui était dans l'autre salon, vint luimême rassurer ceux qui déploraient son imprudence.
Tout le monde voulut savoir pour qui madame de Clairange s'était si généreusement dévouée, et la pauvre Valentine fut encore obligée d'articuler le nom de ce M. Laréal que personne ne connaissait. Enfin, lasse de répéter sans cesse l'aventure de l'inconnu qui s'était cassé la jambe, elle se détermina à répondre que sa belle-mère allait rentrer ; quant à ceux qui ne s'adressaient point à elle, persuadés qu'ils allaient trouver la maîtresse de la maison dans la chambre voisine, elle les laissait errer de salon en salon sans les troubler dans leurs recherches.
Mais bientôt chacun, ayant accompli sa politesse en s'inforinant des nouvelles de madame de Clairange, oublia qu'il ne
Favait point vue ; Valentîne elle-même perdit le souvenir de cet accident, et se livra entièrement au devoir gracieux d'accueillir tout le monde avec bienveillance, de parler à chacun de ses intérêts, et d'animer, par son esprit et la prévenance de ses manières, une réunion de jolies femmes et d'hommes remarquables par leurs talents et leur célébrité. Les conversations étaient' brillantes; on s'amusait. Valentine, qui n'était jamais aimable en présence de sa belle-mère, ne la regrettait nullement pour sa part. Elle sentait tous les avantages que lui donnait cette liberté; et, fière de la bonne grâce avec laquelle elle s'acquittait de son rôle, elle attendait avec impatience l'arrivée de M. de Lorville pour paraître à ses yeux dans toute sa valeur.
Elle était bien un peu confuse d'avoir à lui parler de l'envoi de ce charmant tableau ; mais elle avait tant de choses à lui dire , tant de questions à lui adresser pour tâcher d'apprendre comment il était parvenu à découvrir qu'elle le désirait , que dans sa joie et sa cuiiosité elle espérait se tirer facilement d'une difficulté si grande.
Si M. de Lorville fût arrivé en ce moment , il aurait été ravi de tout ce qu'elle lui eût dit d'affectueux dans sa reconnaissance. Malheureusement pour Valentine il vint trop tard ; et, circonstance encore plus fâcheuse, ce fut madame de Qairange qui l'amena ; elle l'avait rencontré au moment où elle rentrait.
— Le voilà! le voilai s'écria-treUe en s'adressant à sa belle -fille; dites -lui combien vous êtes heureuse de son aimable souvenir. Que ce tableau est enchanteur, et que c'est gracieux à vous d'avoir deviné que Valentine l'avait choisi ; vous ne sauriez vous imaginer tout le plaisir qu'il lui a fait. Elle en pleurait de joie quand je suis arrivée chez elle ; je l'ai trouvée en contemplation devant ce souvenir. En vérité, ajouta-t-elle en regardant Edgar d'un air fin , vous êtes un homme bien séduisant, et je ne m'étonne plus si l'on pense à vous... ^
Cette 4^claration| faite tout baut par la belle-mère, déplut
tQS
LKIiOEaNO».
tellcmcut à ValeiUinc qu'elle Tiatori-ompU sècUexnoaif et éik dix ton le plus dédaigneux ;
— Ce passage esi chairBuiiit > ]e Tai beaucoup admiré ; maia je ne croyais pas <|ue ce fût monsieur.,., et elle désig^aait Bdgiar :
— Qui l'eût choisi, acheva M. de Lorville , vivemeut impatienté 4 sou tour, d« voir cette attention mystérieuse devenir une chose publique ; et vous avie;^ raison, Madame, ajouta-t-il, je ne méritais pas Thonneur d'être s&up^nné.
Malgré Taccent de dépit avec lequel il prononça ce» mot», il avait si bien Vm de dire la vérité que Yalentine unit par croire que M« de Fontvenel s'était trompé ^ reconnaissant récriture d'Edgar sur l'adresse qui accompa^^t le tableau « et qu'enûn un autre que M. de Lorville le lui avait envoyé. Le désappointement que lui causiût cette idée la jeta dans vm^i tristesse qu'elle ne put cacher. Edgar, lui-mèmOi était méco»< tent de voir que madame de Champléry ne le soupçonnait ph«a d'avoir pensé à elle, et de s'être vu contraint, par la bavar^* dage de sa belle-mère , à la tromper. Quoiqu'ils fussent foc I innocents de cet ennui, toua deux s'en punirent mutneHasient. Èd^ devint mauaaade < et Yalentine prit avec lui «a :on d'ironie froide dont il fut blessé. Ainsi ce tableau ^S&fi avec tant de gr4ce, cette attention ingjénieuse qui aurait dû le^ rapprocher, servit au contraire à les brouiller.
M. Narvaux, toujours empressé de desservir Edgar» se plnt à augmenter le dépit de Yalentine.
•^ Yous voilà bien désappointée, dit-il avec oaalice; voua espériez que cette galanterie était de M« de Lorville. Q est naturel d'atiribuer ce qui nous cause tant de plaisir à qui sait nous plaire! Et voyant que madame de Champléry affectait de ne pas entendre : Au surplus, ajouta-t-il , quand on £sil aussi bien les honneurs d'une fête , en se doit d'avoir cent mille livres de rentes ; et puia vovs seriez une si jolie duchesse l C'est dommage qu'Edgar ait le mariage ei\ bim^awr,
— Pas plus que moi , reprit Yalentine, forcée à la fin d^ répondre i cette lourdii médkin^cté.
.«rfiHMMiHÉMÉÉHSa.r>-- . -"Tk
Ji%kâte
— Qui pwle oMoriag»? denaad» quelqo'wk»
— Nous en médteons , répandit M. Nannrot. IMaiHê m comprefiid pas qu'une veuve ae r^oniafief.
'^Mais ai elle aime? dit à soq tour M. deLorville en se rapproehaat d'eux.
— Il faudrait aimer à en perdre la tète, répondii madame de Chaœpléry, et atoore rien n'excuserait le sacrifice.
Valentine dit ces mots d'nnUm si calme et avec une conviction si profonde, queM< dd Lorville ernt sérieusement à sa répugnance pour un second lien; il s'étonnait de l'entendre causer d'une manière À naturelle nur nn sujet qui aurait dû l'embarrasser. Edgar ne savait pas encore jusqu'à quel peM l'orgoeil peut parâlyser le ooeur le pins sentie. Valentine était sincère alore dans rélo^ement qu'elle témoignait pour un second mariage, dans la froidenr qu'elle mimtniit à M. de Lorville ; il n'était plus pour elle cet homme aimi^le , empressé de lui plaire , dont la conversation avait pour die tant de charmes, et qu'elle préférait à tous, parce qu*il répondait à sa pensée, sans qa'^ eût rembarras de l'exprimer ; ce n*était plus qu'nn héritier qu'on la soupçonnait de vouloir séduire par ambition , et pour être un jour dudiesse. Sa coquetterie pour lui était déflorée; ce n'était phis connue aotreibls par crainte de Vainier qu'elle le foy:a^ , c'était avec sineéttté, comme on évite un entretien pénible , nn ami qu'en ne toit pins qu'avec contrainte, et dont hi préseno» cause plus de gène que de plaisir.
EdgfBur remarqua bientôt ce diangement, et comme la vérité a une puissance à h^iuelle on n'échappe pmà, il sentit tottt ce qu'il avait perdu dans le eosur de madame de Champlérf et s'en affligea profondéni«it. Triste et déconragé, il compa^ rût les manières froides et simplement polies , Tair cahne et sérieux de Valentine arrec cette voix émue, «Me gaieté pkine d'agitation , cette coquetterie pleine de tendresse, qu'astrefois il remarquait en elle; et dans Veseès de sa tristesse, il eirbtia le taUssMtn qui pouvait hn éévciksr k cnose de cett» uraehé ^CéreMe^ et peHt-èÉve leeûBOotoei,
Ainsi Edgar ne songeait plus au merveilleux de sa vie ; la réalité dans toute son amertume le dominait. Valentine n'éprouvait plus aucun plaisir à être près de lui , cela était visible , il le sentait, il en souffrait ; et comment pouvait-il imaginer que ce changement , qui le rendait si malheureux , pût s'expliquer d'une manière favorable?
M. Narvaux , le voyant sombre et rêvant à l'écart, le faissdt remarquer à madame de Champléry.
— Savez-vous bien, disait-il, qu'il joue à merveille le sentiment? En vérité, cela ferait illusion.
Alors Valentine jeta les yeux sur Edgar, et fut frappée de sa tristesse.
— N'est-ce pas, continua M. Narvaux, si je ne le connaissais pas si bien, je pourrais m'y tromper? Au reste, cette attitude de désespoir est fort convenable après la manière dont vous l'avez traité aujourd'hui.
A ces mots, Valentine sourit de dédain, et M. de Lorville, ayant observé de loin ce sourire , voulut savoir ce qu'avait dit M. Narvaux pour l'exciter. Enfin il se ressouvint de son lorgnon, et l'appela à son aide.
Voilà ce que se disait Valentine :
— Quel dommage que M. de Lorville soit si riche et qu'on ne puisse l'aimer sans paraître ambitieuse...; il serait si doux de passer sa vie auprès de lui dans la retraite !
Toute la conduite de madame de Champléry pendant cette soirée, fut alors expliquée. Edgar devina ce que son perfide ami avait pu dire pour révolter la fierté de Valentine et glacer son cœur ; et subitement soulagé de sa peine , il reprit un air joyeux dont chacun s'étoiina. Madame de Champléry surtout en fut blessée; elle n'avait rien dit pour faire naître cette gaieté soudaine ; elle avait droit de s'en offenser. Une femme ne pardonne jamais à celui qu'elle aime la joie qu'elle ne cause pas.
Ayant pénétré le sentiment d'orgueil qui éloignait de lui Valentine, Edgar comprit que ses soins pour elle seraient désormais inutiles , que les témoignages de sa tendresse
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LB LORGNON. lOS
seraient mal reçus; et ii forma l'étrange projet d'engager madame de Champléry malgré elle , de la contraindre à un mariage que sa Gerté lui faisait refuser, mais que dans le fond de son cœur elle désirait, sans se l'avouer à elle-même.
— Elle déteste l'embarras , pensait-il : eh bien ! je lui épar* gnerai celui d'un aveu pénible. A quoi me servirait ce talisman si ce n'était à prouver à une femme qu'on ne croit pas tout ce qu'elle dit, et à faire son bonheur malgré elle?
Tout occupé de son nouveau projet, il s'éloigna en souriant, sans parler à madame de Champléry, et la laissa indignée de cette bonne humeur subite qui succédait à une tristesse si fastueuse.
Cette soirée, commencée d'une manière brillante, finit languissamment pour Valentine : elle ne se croyait plus aimée, tout l'ennuyait. Mais de retour chez elle, en retrouvant le tableau qui lui rappelait toutes ses espérances, les impressions de la matinée se réveillèrent, ses croyances reparurent; elle examina de nouveau l'adresse, et l'émotion qu'elle éprouva à la vue de cette écriture lui prouva que c'était celle de M. de Lorville.
— Il a bien fait de nier qu'il me l'eût envoyé, pensa t-elle, devant tout ce monde que les exclamations de ma belle-mère avaient attiré. Mais c'était lui, je n'en doute plus!
Le sourire même qui l'avait offensée lui parut alors tout naturel.
— Peut-être, se disait-elle, il présume que M. Narvaux s'est attribué l'honneur de cette prévenance qu'il appelle si élégamment une galanterie.
Et riant à son tour de cette idée, elle se promit d'en parler le lendemain à Edgar, et de lui prouver qu'elle n'avait pas été dupe de son mensonge.
Seule avec son amour, elle ne songea plus à l'interprétation d'intérêt que le monde pouvait lui donner ; car le cœur, livré à lui-même, a bien vite oublié toutes ces ambitions, toutes ces vanités de la vie, inutiles dans un beau rêve.
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ytlkfk^rm flUmM ^flÉneneflt M. de LorriUe le lendemai» ^ ios jdor» gm^ttiÊ^ ft n» |iQnil;.poBit does ]Bad»n& de Fontrai^ nel, et l'on resta «Hef MAiliicioikiècè nns entendre parler àtf lui. MiEKktiM d» Ch«iiiptÉrf «lamés: cnct qn'îl était fats lé coetra ettcr^ et se déèid» à Mrs* cala visite à nedaBie de Mob^ bertf esfk^'anit qâ'ètt» kn domerlift des Botrvelles ck 9C» neveu.
Ell^eiÉi Mreç«esl frotdemeiit qtfrilereitodéceBeertéa Itliâiftme' de Monlbertf remplie die xèAe po»r les intérêts de ses mtiJ9, regardait is^mtem untmt ^ofTenses les seerets et le» seMhao^nt^ qu'e>(^ IM^ M coftfiaii peNit^ leiiiie eneore^ et d'une catiâvtjie iftép^ééhàiikfy t^ s'éSafH ré»%ftée «a rôle de conâdcnte ; msffs^ éRe y feiiafît, d'mtdfBi pin» que e'étiit une com» pcnsstien ; et, voîi^tit piaf^t yaietil^mf de M eacher se te»-* drcs50 pour son neveu, elle se plut à lui répéter une nouriFello qu'on déè^it e&ema eertaine^, et (ys'eto savsil deiooir la
— Âvez-voQ^ rt làm rmmi cee joaiv-ci? deoNtiiâEi-MIe à
Tfffent j0e de âanièt^ à ^ t^oul^en
— Non, Madame; il y a bien longtemps que je ne Tai ra»» corrtfé.
— J'ignorais qu'il fût parti.
-^ Àfr r fl û'èstt tmê 4&e litfit^ i^mi sthséat. Maie je tous croyais mieifx înloftnée, éjduffl Madame d# ]ieiiiS)eK en fixaiil ses yeux sur Valentine; comment, \o^ ne sfftec pae cpi'tt eât aifé à Lc^ilfe cAfei^eliii^ ler «oâi9éh»MftiC«it d» Mtf pèr«Y
-- Le (^dnseMeméfif âtf êtm pèfê^ Pêpm ytàmiM àêsm ttoè stïjiîéié Vi^fl^.
— • Sans denté, pottr 0ott pfo^afft tttéàfin^>
A ces mots, Valentine se sentit pâlir; cependant elle
iMUfa «noort «ssee ée «owage p^tr fé£ûndr« 4*qim voix mal
•^ le ne savws fms ff«*il 4èt €6 fliarîer 01 tôt... Et qui vai-il épouser?
-^ MademofecAle de Skie«s, <}t^'<n; car poi»r fiie< je ii'affimie de* peetti vomen t, «jo«tft isadcmie éè Moutbart a^^mt pMé eu «FMiMe de ^«leiiCliie ; f•a«Oll^ 4M4«ie^ue j'avais une autre idée... et que, lorsqu'on m*a parlé de «on praduiin maiiage, le «adiant iMt «oMipé 4e toM, j'ai ^«ti d'aliord que ^4talt...
— Moi , M adainef tnienompit ^ iv«ineiit «ladane de Ctiamp- Ikf, je ne songe mdieroent à «le Mnaiier, et «9adem<nseHe ée Sirienx, qufi est f^rt belle et feit rièbe, loi eonvient beaueenpfnienx quetM^.
— fiassurez-^ons, na (4ièn, reprit ttadaaie de ll a nlt> ert avec ir(mle et Wessée de ^elte leMa inMEérenee ; ^om n'avieE pas à «raindfe ce danger, moa «eveii nous a dédire i^autre jour qu'il avdt lui préjugé kv^^Mtble centra les veuves»
ITalenthie ne témoigna aucun dépit de ^wt avis donné pour la fâcher, et madame de Montbert, s'étonnant de voir sa petite mifice perdue, ajouta :
* — le ne sais pas ee qu'il iàntcroire de ce Imiit ; ee qoH y a de certain^ c'est qu'il y a deux ans mon frère désirait extré- «eneient ce maHsge pour son ifils, et que j'ai reçu eematm une lettre de lui dans laqueHe 41 se félicite du t)onhear d'fi^ giff et du plaisir qtfil se promet 4ui-4néne de voir son "mvx. eiiâteaurajernii par 4a pnésence d'une bette^Ue aîmsMe. Celte lettre est sur ma tiâile, et Je puis yous la montrer; mtSà elle ne nomme personne, et peut-être n'est-ce pas madenK^séHe
de l^eux qi^Cdgar doit éponser PenMtre «'^tait-ce
ffn*un d^t, et l'a-t-on fait fbanger d'avis promptement.
— f^rqnoi cela? repisH madame de -Obampléry avec dignité, et répondant à tout ce que ee peu de mois voûtaient dire, fii ce mariage convient à sa faisille, M n^gr a ^as de raison ponr l'en détourner.
liemmsement pour Yalentine ^en ^rint Interrompre eMa
conversation pénible, qu*elle ne se sentait plus la force de continuer. Elle sortit de chez madame de Montbert en affectant un air gracieux et indifférent ; mais dès qu'elle fut dans sa voiture, ses larmes coulèrent en abondance.
La nouvelle de ce prompt mariage lui semblait devoir être certaine; l'aversion qu'elle avait témoignée pour un second lien suffisait à ses yeux pour avoir découragé Edgar, et l'avoir décidé en faveur d'une autre.
Elle savait que le duc de Lorville souhaitait vivement de marier son fils pour le garder auprès de lui, se trouvant fort isolé depuis la perte de ses places à la cour, de ses intérêts de vanités qui lui tenaient lieu d'affection. Elle savait aussi que M. de Sirieux était son ancien ami, que cette alliance leur convenait à tous ; et elle trouvait tout simple que, désespéré dans son amour, Edgar cherchât à faire le bonheur de sa famille par une union qu'elle désirait. D'ailleurs ce voyage d'Edgar pour aller chercher le consentement de son père prouvait que la cérémonie était prochaine, et Valentine s'avouait avec douleur qu'elle n'avait plus d'espoir à conserver.
Sachant qu'il était de retour, elle pensa qu'il viendrait peutêtre le soir même chez madame de Fontvenel ; mais toute la soirée se passa sans qu'il y parût ; chaque fois que la porte s'ouvrait, la pauvre Valentine tressaillait, une lueur d'espérance se réveillait dans son cœur. Puis un indifférent entrait, et elle retombait dans son accablement. Stéphanie n'osait lui parler, de peur d'ajouter à son inquiétude ; car elle-même commençait à s'inquiéter de la conduite capricieuse de M. de Lorville.
— ^Voilà comme vous êtes toutes, vous autres jeunes veuves, lui dit en rentrant chez elle madame de Clairange : vous dédaignez les hommes qui s'occupent de vous, et puis lorsqu'ils se décident pour une autre, vous les regrettez.
— Eh ! qui donc regretté-je? dit Valentine avec fierté.
— M. de Lorville, reprit madame de Clairange d'un ton d'humeur ; jamais je ne me consolerai de vos dédains pour
LB LORGHOR. M9
lui. Ce n'est pas ma faute, j'ai fait toat ce que j'ai pu pour TOUS engager à le bien traiter ; mais vous n'avez pas voulu m'entendre ; je suppose que c'est à cause de vous qu'il n'est pas venu faire part de son mariage à madame de Fontvenel. '
— Mais pôlit-ôtre ce mariage n'esi-il pas encore entièrement décidé.
— Si vraiment ; il en parle lui-même comme d'une affaire conclue ; personne n'en doute, et vous êtes la seule qui n'en soyez pas convaincue. Âh! vous pouvez vous vanter d'avoir manqué là une bien belle destinée !
A ces mots, elles se séparèrent.
Valentine, restée seule, réfléchit sur la conduite d'Edgar envers elle. Tantôt elle le haïssait et l'accusait de la plus cruelle fausseté, tantôt elle le justifiait par la froideur apparente qu'elle avait toujours mise dans ses manières avec lui.
— Hélas ! disait-elle en pleurant, comment pouvait-il deviner que je l'aimais 1 je lui cachais toutes mes émotions, je l'évitais sans cesse, et je répondais en riant et avec légèreté à tout ce qu'il me disait d'affectueux ! Ah 1 s'il pouvait savoir ce que je souffre en ce moment, sans doute il aurait pitié de ma douleur ; peutrétre même en serait-il heureux 1
Cette pensée la plongea dans un chagrin qu'elle n'avait pas encore éprouvé ; combien elle se trouvait punie alors de cette dissimulation qui lui faisait cacher les sentiments qui peuvent seuls rassurer et séduire! Combien elle détestait alors son caractère orgueilleux et timide, qui lui coûtait l'amour du seul homme qu'elle pût jamais aimer !
Elle se figurait Edgar auprès de sa nouvelle épouse, emr pressé, spirituel, ému comme elle l'avait vu tant de fois. Il la choisit maintenant par dépit, disait-elle, mais bientôt il l'aimera tendrement.... Hélas I comme il m'aurait aimée 1
Perdre le bonheur par sa faute est la peine la plus amère pour les personnes qui ont de l'imagination. Un événement que le sort leur envoie, si affreux qu'il soit, leur semble moins douloureux ; un malheur désespéré a, par son excès rnêmé^ quelque chose qui les cahne; mais un bien perdu, perdu par
Mâf ftMe, lett^ appanl^ sslms cesse paré des plas brîttântôâ llâétges ; ëlleEi le reiséùscîtéttt à dfraqae instant pour le pefijre eÊCârë àrtee plus d'àiUfeHUïné, et recotftposeiit léUr^ téy&î potff les Tioif i*évatioiiîf encore.
AittsS tétleùfMë ée Oôîflfjlsdsdit dâïls llmagô d'un avenir auquel elle ne devait plus prétendre ; elle repassait dans sa tcféiiMiré les moÎÂ tfû'ék t^XBtsji pas dû dire, ou qui devaient ftto^ été ttM9 c(jtaj^, taâ sebtîménts, feâ éi&otîonâ qu'elle se i^epiMitait de û'srtbir p3& hksê deviùer ; et toutes ses peliséës s'abîmaient dans ce travail inutile et désespérant.
TalèiitÉe ptêsâ U ttuH isms dormir, â vefser des larmes de fegN$l0, d'mttoui^ eC quelquefois de colère. Le lendemain, elle éliil â SbuflHoife 4â -elle V6iilnt rester atu fit plus tard ^ft'à VmâkUÊt^i Éïim on Ifif dH (pfm vieux tton^ur était imm pO«r Hil pénÂer d'afflué , et qif ayant appris qu^efc n'était pas encore fHUdSké^ il avait prtittàB dé revenir vei'd nddi.
IMaâM deCMaitiplà^ se leva, et passa dans iton salon pour
•^ Je à&Êooxiôé Men pardoù à madame là marquise de la âéndigè» de si graùd ttaiitt; nisïîs, cBMl atec un sourire, on est iwpaHieût; ê^ je tiens à ce qtie tout soit terminé pour cô soir.
En disant cela , M. Tomasseau , notaife , posa plusieurs pa- |ÉMr& 0» ta tabl0, tandto (^ Ys^etitîrïe el^Brchaît à s'expliquer le iMd d« eette vii^.
-»- fal ptaoê cMe£ le notaire de Bfadame , continua 9. TomasSeni en iBiriBeiant seë papiers; il m'a dit que facte de Bd8iaD0é dôÉt fiotiB àvofes liîesoflÈt étirït chez elfe ; et je viens k fiier de viMloir bièfi me te confier aVaùÉt de
«>»' FriAlGRi , linisi«B#, UterrompH nkadàiâe iê èhamplôfy, BHÉije weempreMi fié...
èfre^ p9éméMnî tnmtiméf; fxovté itvoM
Li iàiitUttU, fit
te^t t^tëpkvê potïi^ feî êpBTèriat Vëishiû Ûb ces fofmafrtcs. tèô feiâmès om MaoA dé hisser cèfCe pBfné-lâ aifi hofûmes. Aussi je n'en dirai que ce qui est indispensable. Le c(îïi(ra( à été dressé deIoÉi c(uè rions éti sôihiriëà' éolivétiiis. h'après les ordres que lui a donnés madame la liifli'Cjfuîsé, éoh notaire nong a fourni tôtttes ItH pSIcesfiéëi^^res, eJttMts mortuaires, état de sttecessîon, rien fie àtnSês a ïhàkfué ; fioffâ avohs aussi depuis hier le consentement de M. fe duc ; iAstf§ madame doit
— Comment? dit Valentiiré, ^éf consentertfétof? (juel duc? L^ notaire la regéfrife iiëb étôft'Aement, et ré|)Ondit :
'^ th mrfs, «!rii du M. fô duc rfe Lorvitféf.
A ce nom, Vàîéltîtîùé tresssffllit , et répété d'une voîi troulàSBÎ
-^ Le éondéntemeftf de m, W duc de LoWIÏet...
M^ TtittflSSNfad, ébidMdtf «ïf ffir surpris d« V^enifiie , éhit s'être trompé.
— N'est-ce pas à màrféffné là ftUttcpHËë dô Cha'mpWfjr que
ym rlntilieilf cKf ]^ltÉffér ?
— Oui , Monsieur.
-^ Almi , e'«8f Vtm ceM , oôffifithia-t-ih llâdamè ne savait donc pad (fk iMI atMs lè cônèMtheiit du pèté't Oh f il ne 1^ TêÉt pi^ ftËt tfemarider dei£t fbiâ, je pui» fàsstirer ; car le jÊiUttfb Itoihtifé dlNtit éë ifiathi Sê^sSi moi â ùâ dd Ses àmîs combien son père était heureux de ce mariage , (jui dépuis
MHj^ttiflftps éltfl rdjét de ipés VoBùi..
Vélfifttîhe efôyaît téver; «ras écoatëf le bavaMàgè dû i w & tÉi îfé , eK^ parcourait lés éherfs papiers qtd étaiett Sur fa table, et à chaque instant son nom À ceftiî d'Edgar de LorvHlê frappafa^ MËt yèttx eofiffli9 tqxe mcoficevaMe réalité.
Le notaire, tenace dans son devoir, interrompît cette révèfkfèh i^êMfHèt sa âbtltixidë^ éî eri prranf n^Man^ de Ch'âmfÊkf à»M i^Mott^ s6ft àcfe dé liâitôanèé;
— WlÈSkHtttéttÈeïÉtsnî, disârt-if, d6tté pièce est entre k» mains de madame; sans cela, je n'àûràîs pas été obligé de l'importimer, car notas éCons convenus, le jeime doc et moi, de
fit LB LOROlfOlf.
Mter tout cela entre nous deux, ajouta-t-il en souriant» ^ Biais il me semble que c*est bien ce qu'on a fait , dit
Yalentine.
— Vous plaindriez-YOUs, madame, du soin qu'on a pris de
YGos épargner cet ennui?
— Non, sans doute. Monsieur... je suis môme fort reconnaissante de la peine que vous avez prise... je vous en remer* cie, mais je désirerais savoir...
Puis cherchaot un prétexte pour se donner le temps d'expliquer une aventure si singulière :
— Je ne me rappelle pas bien , ajouta-t-elle , où j'ai serré l'acte que vous demandez. Je crois l'avoir confié à ma bellemère avant mon départ, et dès qu'elle sera rentrée...
— Je vous laisserai, Madame, le temps de le retrouver, mais Je tiendrais à l'avoir aujourd'hui; car, la signature du contrat étant fixée à jeudi, nous n'avons plus que demain pour rédiger....
— Déjà ! s'écria Yalentine malgré eUe.
•— Quoi ! madame l'avait donc oublié; cependant M. de Lorville m'a bien assuré...
— Non, vraiment , reprit-elle , sentant combien elle devait paraître ridicule... mais j'ai été « troublée ces jours-d...
— Cela se comprend à merveille , dit le notaire , d'un ton grave; on ne se décide pas sans beaucoup d'émotion à un acte si solennel.
Cette réflexion fit sourire Yalentine, en lui rappelant combien peu sa décision l'avait embarrassée ; puis elle retomba dans sa rêverie, et se livra à mille conjectures pour expliquer l'étrange situation où elle se trouvait.
Alors M. Tomasseau s'apercevant qu'elle ne l'écoutait plus, ae leva en disant :
— J'aurai l'honneur de revenir ce soir chercher l'acte indispensable ; cependant si madame le retrouvait plus tôt , je la prie de vouloir bien le remettre à M. de Lorville lui-môme , qui doit passer id dans la matinée.
Ces derniers mots réveillèrent Yalentine.
LB LORGNON. ifê
— n doit venir ici ce matin? demanda-t^lle vivement. Vous en êtes bien sûr ? Il vous Ta dit ?
Puis elle 8*arréta en songeant combien cette question devait paraître singulière, et se rappelant l'étrange manière dont elle avait reçu M. Tomasseau, elle sentit qu'il fallait redoubler de poâtesse envers lui , pour Tempécher de prendre d'elle une trop mauvaise opinion.
Elle le reconduisit jusqu'à la porte , en lui adressant une foule de choses bienveillantes ; mais tous ses soins furent mutiles; et elle le vit s'éloigner en hochant la tète d'un air de mépris notarial , qui voulait dire :
« Cette femme-là n'entend rien aux affaires. »
Valentine n'eut pas le temps de se livrer à ses réflexions.
— Madame , venez vite , accourut lui dire sa femme de chambre avec inquiétude, madame votre belle-mère se trouve mal ; elle pleure, elle a des attaques de nerfs , elle se désole, il faut qu'elle ait appris un bien grand malheur.
Valentine se rendit aussitôt chez madame de Clairange , qu'elle trouva en effet au désespoir.
— C'est une indignité, s'écriait-elle , c'est un monstre d'ingratitude ! moi qui l'aime tant, moi qui ai toujours eu pour elle la sollicitude d'une mère, moi qui l'ai préférée à mes propres enfants, moi qui aurais sacrifié ma fortune et ma vie pour lui épargnw un chagrin ! me traiter comme une étrangère ! me laisser apprendre son bonheur par un indifférent que j'ai rencontré par hasard ; me prouver que je ne suis pour rien dans ce qui l'intéresse , et que je ne compte pas même dans sa vie 1 >h î c'est affreux ! c'est impardonnable!
— Tout ce courroux est contre moi , pensa Valentine; eii| mon Dieu I que dire pour me iuatifier I
114 JbS {.ÛRfiMttB.
U^immà» (Mfêxm ap^rc^vjwfc sa hellQtfilfo, prit (eut à coup un air de dignité convenaMo à aou offensa.
TTT Voua mfH^ want» y/m» ppiae&ter devast mai , dîMle ; mm m rougwgez pa de voirie ^paeetél Quoi l kyaque hier jo vojua B^ui^ (to prochain mariag» de II. da LorvlMe ^ ycroa avez $»|nt d^ rigjqioi^er) et voua n'ayez paa m dôirompar anaa regrets en me confiant que c'était vous-mêiai cpt'il avait choiste? S^ns ce )iof«aire que j'ai irenconiré liput à Theore en allant aavw dia voa nowreUaa, la rignocaraia enoore.
TT 4a n'ai pia vu If . d« LorviUa dapuia dea «Mes, dlaiezvous, je ne sais ce qu'il de^Mt.
— Et tousDoa ittMapii0aa n'étaîasl invantéa qua paw feire dire au monde :
« Cette belle-mère qui prétend Taimer si passionnément ne s'est pas seulement inquiétée de son avenir ! elle n'est pour rien cûms ce beau mariage $ eUe ne l'a appris que la veille ! »
— Ah 1 Yalentine , je ne vous croyais pas si ingrate, et je pensais, au moins, par mes soins et ma tendresse, avoir mérité plua àlà99»i».
Vahintioft asndt looltt pfiavoir répasdre i aaa Régies en tolii» de ropioobot et aahiwr le naaaeiitimaiil de aa Mlè-m^ muff»\ aUit n'était paa inam^Ma 5 nais dui^ia dioae qu^aiie «asfffait de dim pour se juaMfiaa était ai pan p»olMd)ia, si ridiawte» q^Wia lîmiit mmoi pamar pour coiipalda darmanaùnga que de révéler une vérité qu'dle-aième sa poiivi^ eoiApraidie.
ConniMil diie , an elfiai, qu'a^ isaarail aos manage, que M. iIa psmU^ ça kd aypîi j«oaâa naa dit de aa prejea, qu^ M rayait pob^^déd d'y cflqaoDiîr, et qa4l avaH ftdt draaaar liÛTmApMi loua aas aatea si gravea ai i|Qâ ins{Mr8&l ai patt la ^aisantanoy aaaa l'an awr pséyanua, sana aa^if enia ^ afie ne a'y oppoaarail poinif Parsoime s'aurait touIu la erem^ aHa aurait paasé pour mie fammedoni anse maquail,et M. de l4Qinr Jlla poua lui fou \ alla qui conaaiaaail le penchant d'Bdgar pour les actions extraovdiaairaa avait eonfiance an lui , mais flftii^aftWil liive partfgiar à une autsa cette eonfiance, et tenter d'expliquer une aventm» aaaa peniKet
A disque instiaiit ValeoiiQe coimpei|0|jy( W9 9hr9m pour bel défense, puis elle s'arrêtait f^M^td^t #ps Tixopoesibilité de k prononcer, tant elle lui seiotflait rîijîycul»^* Tout à coup iselta jprande indignation 4e s» bellf^màr^i cat^ i^tuatimi si wêcsAt prébensîble, oett^ apparitin^ ée n^rtilre , içm W éyénmtmàB de cette i^tinée )iui seinJt^^f'^ni ai cpDûguea qpu'/ella m prit à rire maiigré elle, et s'en&it i^pibiqibiui mît^ ài^ ^^k sa béf»^ Qière sans ayoir p^ treuyejr ^ti niojt igsm te e^woler.
En rentrant dans son appartement, elle trouva sa taUb eon* yerte de denteUe», d^ n^î^a 4b bljoi», da fleur», éiehâles et de tous les trésors d'une corbeille d# inftriéi.t.« Vaieiiting ayant regardé un des écrins, reconnut lee airmes dA )a duchease de Lorville , et comprit qu'Edgar lui fsdsait présent des diamants de sa mère. ^
— C'est bien lui , pensa-t-elle, et c'est bien pour moi I Quel homme étrange !
A tout moment elle était interrompue dans ses réflexions par les exclamations de sa femme de ciuanbre, qui ne pouvait se bl^per 4'9dnur«p (sut d» baUea^eaas.
firftçn sm géipssemeBts de auidttDe é^ Ofltoage el à hl vifite in potaif», loua le» ssu de la oiaison étaimt d^ iiuitruibi <to vm^ A» Valentîn».
rr- (^e imAêS^ la^vfi Mb BYte oa» diamants) a^éeri^t cette bonne fille qui chérissait sa jeune maîtresse; codune ils brillent! {.^b«0iûi çbJdeail0Sjoiisbraeelats!Ahlmon0ieaI q^ toiA c^a e^ beau et bieR cfaeisi 1...
Puis elle s'mit^ eubitieoMWt daaa son adiabaMon eu euvrasl u9i4^Gartf9p# ^isetrettyatenteiif la tfdsto^^le&epue retenir un &09^f)»dQi|t ellefiArepentîl aiuBilAt, alcas laots M ëeèappèrent:
-^ A 110(9 veuve)
Madanui dft Cbmpldiy^airieose de ailv6far la eÉuse de ee sourire, ^fffm m ctdm k sa femme ée ^atnl^ pour f éld-
P^ iiu'elte taà iqiiâe, elle prit le earteii : 8 M parut pitti» éléepit qiifi se le sent otémmêomt les caHons de flédriéteë,
Hê h% LORGNOlf.
même ceux des corbeilles de mariage. Elle l'ouvrit, et rougit comme une coupable devinée en voyant ce qu'il renfermait.
C'était un bouquet de mariée, et le chaperon de fleurs d*orange que les jeunes filles ont seules le droit de porter le Jour de leurs noces. Les fleurs étaient si belles, le carton doublé de satin blanc était si soigné, qu'on ne pouvait croire à une méprise, et d'ailleurs, M. de Lorville avait trop de tact et d'esprit pour être soupçonné de mauvais goût dans une semblable occasion.
Yalentine, tremblante, aperçut un billet parmi les fleurs ; il contenait ce peu de mots :
« N'ai-je pas deviné? »
Yalentine sentait alors si vivement son bonheur qu'elle ne songeait plus à l'expliquer. Malgré ce qu'il avait de merveilleux, sa joie excessive, les battements de son cœur, ce feu qui colorait son visage, cette émotion si naturelle, étaient pour elle des preuves irrécusables d'un bonheur réel dont elle ne pouvait douter.
Pour les cœurs qui sentent vivement , tout ce qui les émeut est probable ; de là vient qu'ils croient aux songes , et pleurent encore à leur réveil Tami dont ils ont rêvé la mort.
Madame de Champléry, livrée aux pensées les plus enivrantes, fut rappelée à elle-même par la voix de sa femme de chambre, qui lui demandait si elle ne voulait pas s'habiller, en disant que tout était préparé pour sa toilette. Yalentine se souvint alors que M. de Lorville devait venir, et se hâta de passer ians sa chambre pour être plus tôt prête à le recevoir.
Le matin, en s'éveiUant, triste, souffrante, découragée, quand mademoiselle Adrienne était venue prendre ses ordres, elle lui avait dit d'apprêter une de ces robes sans conséqu^ice,
LB LORGNOlf. lit
bien larges, bien vite attachées, et que l'on choisit de préférence les jours de pluie, de migraine ou de chagrin, enfin lorsque l'on veut être à son aise pour s'ennuyer ; mais un tel costume n*était plus à la hauteur des circonstances : mademoiselle Âdrienne Tavait senti avec cet instinct des femmes de chambre qui n'est comparable qu'à celui du castor ou de l'éléphant; elle avait deviné que cett«^ douillette, apprêtée pour le désespoir, ne pouvait plus convenir dans l'attente d'une si grande joie, et déjà une robe élégante et d*une blancheur éblouissante, un canezou tout neuf apporté de chez mademoiselle Delatouche , une ceinture nouvelle et du meilleur goût, un de ces rubans séduisants que la femme la plus économe ne peut se refuser, furent, par mademoiselle Adrienne, étalés en silence, sans qu'aucun ordre de sa maltresse les eût évoqués.
Valentine aperçut tout ce changement , et comme elle ne se souciait plus elle-même de mettre la petite douillette qu'elle avait commandée, elle n'eut pas la mauvaise foi de la réclamer ; elle sut bon gré à mademoiselle Adrienne de lui sauver l'apparence d'un caprice, et d'ailleurs , il y avait dans l'air joyeux de cette bonne fille quelque chose de touchant qui plaisait à Valentine en lui confirmant son bonheur.
L'avenir de ce brillant mariage rendait mademoiselle Adrienne po«ir sa part presque aussi heureuse que sa maltresse. Elle se réjouissait dans le fond de son àme de lui voir acquérir assez de fortune pour n'être plus obligée de passer une partie de l'année dans cette ennuyeuse Auvergne où elle avait si souvent gémi de la suivre , et se figurait d'avance le beau rôle qu'elle allait jouer au château du duc de Lorville, fêtée , courtisée, adulée par le valet de chambre, le maître d'hôtel , le chasseur, enfin par tous les dignitaires de l'antichambre. Aussi dans son enivrement , jamais elle n'avait habillé sa maîtresse avec plus de recherche et de coquetterie. Valentine, charmée de ces soins qu'elle n'aurait peut-être pas osé prendre , se laissa parer docilement, car elle était si émue, sa main tremblait fi fort, qu'elle ne pouvait attacher une épingle sans se piquer*
Cepotiitti^pUcttMWn^, YgiMiiiQ» retta miiIq, Mvle «vte
Qb! qu'elle étmfe douQ» e^tta {h&iMife ! Edgar deYtil i!«fiiE à quiiUe ûeui^e, elto TsitteiMiait l Una atUnta ^aa^m «fc d^ un 9i itf pteiair I qu'^atrce (kmc qiMnd oo est vÊa^ qu'il «i TiMBjr, q\mA il l'a promis?
ItodaBi» 4ft Champiéry p9saa dai^ mr sali», te tabloa» ép Sinarfiiassi firappa sm ir^gard^, alto aa rappela «»udaîfk Vu^koam qai raoQpOH^a^a^. et CQpapasa e^tta é<»iteni ^vac» catta 4a baiat jomlaukipiiqiialde lânr d'araiigft; alla vît Qiia o'élaii h vAtmr ^t porta la ^UÎrt à sas Umrea a» ^'éiviaul :
— O^'it ftikl st'BMiar, paHr dawai aiosi loul o» qua j^ panaa!
P«âa aaBgaanl divass aloalB awr loi élaièraa da son éAé§ÊmlL et modeste salon, elle songea que M. de Lorville n'y éta^ j^pnais vemi,aleUaa»daiQanda eomaail il lii pcmml cpi^aHa n^eût jasBap lepi «te alla oetoi qu'alla aUail épauaar.
Alan tanta t^lB^aisaHiblanea da aa steatia» hâ iw>>^; 1^ ABMtft oaHUKeafa à la t a a raiairt ac , msâs Uei^ H fi^ dissipé : Id||;ar na pasvait sa JQuar d'^a. Malgré l'acigoalité, la §^té d^aan aspnt, aa eaodaita al sas maaiéiaa aepaniiattaiaDtp^p de le soupçonner c^qm étanrdarie (^eaaaala.
À nai^fqnatre tam, M. de Lannlla jattisaaît déjà dala oonsiiifntinii É'^ki baonoa mér ; panpaaa n'aa^ii ridén da la traiftac légèmmaBi: «'était aa» dtam vaaurqMsAl» cpia eaUe aapraeaînpn da fléaérîlé 9m ee waga sî jaiae, ai gmôaia : c^étaii aafHraldèBM aMnaffleoaamaaé réaaia que d^éta» iapaaaalàaaaâg^yaaaa w ftiacàlaiiiad&,a9a&aBgiàaldacliaK Mmàt. ai «na canna de <^aa ¥€fâèn. Néanmalas laa b|)iBBas ka pte dirtii^iéa loi parlaîenl «vee déféaanaa. Soaa catte avwlappa é ^é ié gaui , ila danamnl u» jug», nft antîqaa imparlial, el l'iflapai«aiitèeBt ai iiapaanatal
Vhtwm alaffançail, al madaoM d» Ckai a pl ég y saaiail aas éiiialiaaa 4e paesaaa a» ftwladana aan cooiL 4a ■MÎnctebiQît aia Irissaâaail; Vidia da la tm^êÊ, M qô^att» ai^^ kii qa^ pHp' a r ail tm g ri fa i É der p a rdia» irtqo> déeUrit» $m aart
Lt LeUMOK. ll#
sadB la consulter; eeite idée, podrlmit si douée, ia j«taH àgm un trouble impossible à dépeindre.
Toutai autire fémioe, à te fUlaoa dir ValenliDe, w $ enât tiiée do l'embanrai de celte première entrevue en féignaiii le dépit d'OB petit orgueil étonné, en demandant m Von avait le droit de disposer ainsi de son avenir et de son eceor aïoiiit d Y steir été autorisé par son consentement. Mais Yalefftine était de trop bonne foi pour se plaindre d'ime pvAsomptîoii dent elle était si heureuse, et pour minauder sur une «lieii qu'elle dé^ sirait. Enfin Edgar ne pouvait être dupe de c^te finesse? comment Yalentine aurait-elle cru pouvoir abuser cehii qtA avait pénétré son se<»^t d'un manière si inoeneevabtef
Quatre heures sonnèrent l... Yalentine agitée sentit sa pensée se troubler; toutes ses idées se brouillèrent; cherchant k se remettre, elle prit un livre, et essaya de le paroocirirpioar retomber ainsi dans la réalité par Timaginatlen d'un autre.
Elle croyait avoir choisi un recueil de poésies ; mais, après avoir lu un quart d'heure, elle découvrit que l'ouvrage qu'èRe tenait était une brochure sur ^hérédité de ia pairie. Efle la jeta aussitèt sur la table, car elle venafH d'entendre utr tilbury s'arrètep brusquement à sa porte. L'otellle d'une fèftime qui attend reoonnaft aussi vrte le pas d«i ehetri aimé otre la vofx qui l« est chère, et YaleMine, qui avifft tèàt dé ms guetté l'arrrvée de M. de Lorvilte che« sa belle^mère et chez madaime de Fontvenel, ne put douter que ce ne fût lui. Son «MêU re^bobla; rémotion de la joie a êeê atigofsses, ses étouffemonts comme celle de la douleur.
Elle entendit ouvrir la porte de f antichambre, et la voix d'Edgar qui demanMt si madame de Lorviflo était visible ; il se reprit aussitèt :
— Madame de Champléry, veux-jé Are.
Il voulait deman^ier si madame de Ghampléry était chez elle, et dh*e son nom po«r qu'on Pannonçât ; mais, dans sa préoç> cupation, ii avi^ confondu Est question et la réponse, et Yalenti«e ne put s^empéctfèr dé sourire dé sa méprise.
6s senrire ia soûIé^. HeiMèt tout fe sérieux 46 soh fion-
m LE LORGNON.
heur lui revînt; M. de Lorville fut annoncé, il entra, et la porte 8e referma sur Id.
Oh! qui pourra se figurer le charme répandu sur toute la personne de cet aimable jeune homme, paré de l'émotion la plus touchante, ennobli des sentiments les plus généreux l Que d'éclat il y avait alors sur ce visage si gracieux, triste à force de bonheur, calme à force d'agitations, mais qu'un regard passionné enflammait! Quelle douceur, quelle dignité dans son maintien, quel air de protection caressante, de tendre supériorité 1 D'où lui venait tant d'assurance? de l'assurance avec l'amour! Elle lui venait d'une conduite pure et sans calcul, d'un dévouement dont il était fier : une action noble nous donne tant d'aplomb, tant d'autorité et tant de grâce 1
Yalentine avait essayé de se lever pour recevoir M. de Lorville, mais elle était si tremblante qu'elle fut contrainte de rester assise sur son canapé. Edgar vint s'asseoir auprès d'elle, et resta quelques moments immobile à la contempler en silence. Magnétisée par ce regard, elle leva les yeux, jamais elle n'avait paru plus belle qu'en cet instant. Son teint, éblouissant de fraîcheur, était encore animé par cette agitation fiévreuse, ses yeux inspirés étaient à la fois doux et brillants; il y a toujours tant de charmes dans le visage joyeux d'une femme qui a pleuré l Edgar la contemplait avec adoration.
— Yalentine, s'écria-t-il d'une voix émue, que je suis heureux 1 vous m'aimez!
Au son de cette voix si chère, que depuis longtemps elle ji^avait pas entendue, et qui disait son nom pour la première fjis, l'émotion de Valentine fut si subite qu'elle ne put retenir ses larmes ; pour les cacher, elle pencha son front sur le bras d'Edgar, qui la serra tendrement sur son cœur.
Ah! comme il battait vivement ce jeune cœur où la joie était sans mélange : extase, sympathie, enchantements, délices inconnus des rêves ! Un pareil moment vaut toute une vie I
^on» ils parlèrent d^ lepr «lyipur, comme tpus oçi^ qui
aiment, comme tous ceux qui ont aimé; ild parlèrent avec confiance comme d*anciens amis, commode nouveaux amants, ce qui se ressemble ; et Valentine s'étonna de se sentir si parfaitement à son aise auprès de M. de Lorville qui lui faisait si grand peur ; car peu à peu elle s'était rassurée, peut-être en voyant que l'attendrissement d'Edgar était encore plus vif que le sien ; et puis, les âmes les plus craintives l'ont éprouvé, une émotion profonde triomphe aussi promptement de l'embarras qu'un grand péril de la timidité.
Quel plaisir, disait Edgar, de passer notre vie ensemble! Quelle douce harmonie existera entre nous, qui nous entendons si bien, qui avons les mômes idées, les mêmes sentiments, les mêmes goûts! je sais tout cela, moi. Me pardonnez-vous d'avoir eu tant de présomption, d'avoir osé deviner mon bonheur?
Ces mots rappelèrent à Valentine tout le merveilleux de la conduite d'Edgar, et réveillèrent sa curiosité :
— Il faut bien que je vous pardonne, dit-elle; mais expliquez-moi ce mystère, je vous en conjure.
Edgar sourit et voulut lui répondre ; mais comment trouver des mots pour raconter froidement le passé, quand elle était là si belle, si près de lui ! enfin quel homme serait jamais assez imprudent pour distraire de sa tendresse la femme qu'il aime par des récits merveilleux ?
Cependant les yeux de Valentine le questionnaient.
— Que vous importe? dit-il, avouez que je ne me suis pas trompé, que vous m'aimez; que je l'entende de votre bouche ! et un jour....
— Ohl dites-moi, interrompit Valentine, par quel prodige vous devinez ainsi toutes mes pensées, même celle que je voulais me cacher ; ce mystère a quelque chose d'effrayant qui m'inquiète; je vous en supplie, parlez; dites la vérité, de grftce, ou j'en perdrai l'esprit!
*— Je ne le puis, j'ai promis le secret; mais n'avez-vous pas confiance en moi?
9»)(on| reprit Valentine avec vivacité; depuis quelque
119 LK (.QaÇNONt
tempa votre m(^0Î|lettS0 péaé(r^t4on q;ie toi^'mei^te ni y a 4# la mag^ iam pa^e pénétratioiii à j^qMeii^ ppF8i;)4i]# p'ér chapp^,
Ne rîM IMS dc^ m» in^^uiétude, ajoulaTtratiQ Cun tm ^iqpr plûmty je oûRviesa W96f> jo» de Iput ee que youn ave^ Ui (toâ» meik cœur ; je vena aima, je aii^ bet^ens^i je l'arme, je le répMe avec déHkef vm»i à votre touPi ^eaj pitiéi de ma relsoa, fôvéieztaioi ee i»y$lère!
Edgar était, pour aiii^i dif^y j^oia^ de sqq taH^aa et de Teffel qu'il produira sur rigtaginatioa vallée de VeWtlee ; il vealut dbtraire s^ enrie^ ee |Ar}»at de («e pfp(^ ^ame d'une cboee iodiSéreote.
-rrr Ce py^re» diMl, eet beaucoup mm» eitraordiimFe que voua ee Tiii^agitie^. ^ientét je vgue répliquerai, e| voue verrez qu'il ne méritait pas de vous occuper si Icmgtempa,
M. de Ii0r¥ille proiiQii§e eee vfii» <l^ ee te» doux et décidé qui ne laisse aucune eaj^raocei et Vatei^li^e, ^ était daue un» de eee di^pAintîeea eè Fe^it épuisé par le eo&uF, mcapable d'analyser et de eûi|tiariep, aÂ^te ^veuglémeet taulea les eroyanaes, se eonteela de aette pépenae, qui ee lui aureit pas mf& dans toute autre eiffiCMiataece.
De désespoûTy die queelioima atars U, dc^ Lorville aur son prétendu mariage avec madeosoiae^ de Sirieiix*
— Il en a été question, réponditril; mms mon père ignoïrait.... notre amour; il aétéravî de Fi^^firenflre, et i^oâs attend avec imipatieeoe à LcMrville. Tens savea qoê nous partons same^, iq^rès bi messe.
— Je ne sais rien de cela, reprit Yalentine en roi^iafsaiit; quoi! c'est samedi?
— Oui, samedi ; noue arriverez è L^rviUe le je^ même« Ob ! que men père sera heureux as V€Mis ceyoîf t II se fftit une fête de vous B<«ti»er sa fiHe.
— Ma pauvre mère! s'écria alors Valeelm, qu'elle sendi beureuse ai^iùd'baî ; ISdgas, eemme ^e Voua aimerait ï
Et Yalentine se mit encore à pleurer, et Bdgar Fea^aeift deeeoveau penr seelapmea.
«.. .ÂHBAjbiÉlI
LX 1.0H0Ii01t. m
— Chère Valenlme, dit-il, ne trottUw paa noo banboiir f9f ëes r^ets si amers.
— i'ai perdu si jeune, ié|Mmdii-eU#, Gùm q[tti m'^imaiesitt
— Hélas I oiâ, nais songez qpie moi «usa je vous aime, e| que je suis jdoux de toqs yoa sommn*
-<■ U eft esi qn pooiUnl que j/i dûss rapp^er a# jdur i^ mon bonheur, dit Yalentine en rougissant ; il est un nom que je B0 prenoMe jasteia qa^«ree respnet, (A cpm j'^ promis de vous faàt^ elién«...
— JedevÎDe, iirtsvfonplt Bdgnr voyant le treidAi d» Valeur tine, c^ttt de M. de Gh»apléry. Ahl croyesi qne pessdnni^ phis qoe moi ne béni! et rérèce sa néminre.
— lien tieil ami, tféGM Valentine, yous aviei r^n de eeo^F sur ma recenaalssaiice \ je sais aujourd'hui combien vous m'aimiei&t
Bf elle se remit à pieurM^ peot k Inris^ne fois.
La pauvre ValeAtiBe Bravait pni*ètre pas versA tant di^ larmes pendant tente s» vie que daiis os seiU joftr de bout heur!
HXV
M. de Larvitte était parvemi à calmer le dé6C|spo|p ^ Yiadir gBStkm de nmdfim» de Clairaii^^ m lut per^uçtdsoit qu'elle seule avait, par ses msimiaticnis m^énieuseg, décidé Yalenti^l^ à se FeaoftrieF, et que c'était h son a^esse matemellf) qu'ilf devaî»tteus deos leur bonheur l
^ Le monde si^ eela, awtril dit pmw Ten^aliier» e^ çbae cun a rendu justice à votre zèle et surtout à votre habî)i}té dMA toute ee€te aiiîre. Qnaplé mai, ev^^M^ ^<^^ i^T^ <^ ten doui et faqx qui séduil teiHiS les femmei^ iii^q^^ f(k qa'il savait être teutrpmssanl sur eHe^ veiifi^ fip ^tf^p; p^s d^ maiseeonnaissapGel
Celle fosè^ ômâgi» Mdt féoimsM "^^Hm^m «ilTfft Vk Ni»»
tu LE LORGNON.
mère, qui, ne laissant jamais échapper une occasion de briller d'une manière sentimentale, voyait dans la cérémonie de son mariage un avenir d'émotions convenables à figurer, d'attitudes nobles et qui embellissent à imiter, de sentiments touchants à parodier, enfin un beau rôle de mère qui devait faire valoir, devant un public digne d'elle, les éminentes qualités de son cœur.
Les instances d'Edgar et de Valentine n'avaient pu empé* cher madame de Clairange d'évoquer à la hâte ses parents, amis et indifférents pour le jour de la signature du contrat ; solennité inconvenante que les veuves savent ordinairement éviter. C'était le surlendemain, et certes il fallait une grande diligence pour ameuter tant de monde en si peu de temps.
n n'y a que la vanité qui sache être si active. Valentine avait beau rappeler à sa belle-mère que M. Laréal n'était point guéri, qu'il était même plus mal que le soir où elle avait tout sacrifié pour lui, madame de Clairange ne l'écoutait point. Que lui importait alors M. Laréal et sa jambe cassée? Ce malheur lui était inutile, aujourd'hui qu'elle pouvait paraître sensible at home^ et faire de l'efi'et sans se déranger.
M. Laréal, sa maladie et les soins charitables furent donc mis de côté ce soir-là ; madame de Ciiampléry fut condamnée au supplice de voir son bonheur observé, pesé, commenté, et, ce qu'il y a de pis, dérangé par cent personnes que son mariage n'intéressait pas, ou qui peut-être en étaient contrariées.
Edgar cherchait à la consoler de cet ennui par les mots les plus aimables ; étant seul avec elle dans le salon en attendant que sa belle-mère fût prête et que les invités fussent arrivés, il lui adressait les flatteries les plus gracieuses sur sa beauté et sur sa parure; mais Valentine ne se montrait pas résignée.
— ^ Comme je vais m'ennuyer pendant cette soirée ! disaitelle ; que répondre à tous ces compliments qu'on se croira obligé de m'adresser? quelle contenance avoir pour ne pas paraître trop embarrassée ou ridicule? Quand j'aurai regardé 4oiq; ou trois fois mon éventail en faisant une révérence, je
LE LOHGNON. i»
ne saurai plus quelle attitude prendre, ce moyen de contenance déjà un peu usé ne pourra plus servir. Si j'avais au moins un lorgnon comme celui-ci, ajouta-t-elle en désignant celui d'Edgar, je m'amuserais à regarder çà et là, et j'aurais plus d'assurance.
L'habitude de lorgner, continua-t-elle en souriant, donne un air malveillant qui ôte l'air gauche, et c'est pour cela, je crois, qu'avec des yeux excellents vous portez toujours ce lorgnon.
*- Voulez-vous que je vous le prête ce soir? dit Edgar; je pensais justement à vous l'ofirir.
— Non, merci, reprit-elle ; j'y vois plus dairavec mes yeux.
— Vous croyez , dit Edgar , dissimulant mal un sourire; je vous affirme que si vous aviez ce lorgnon pour observer tout ce monde, vous ne vous ennuyeriez pas un instant.
— Gomment! reprit Yalentine étonnée ; il est donc bien extraordinaire?
Puis tout à coup, saisie d'une idée :
— En effet, je me rappelle... M. de Fontvenel et M. Narvaux m'ont souvent fîsdt remarquer ce lorgnon comme une singularité dont ils voulaient pénétrer le mystère, et qui...
— Vraiment? interrompit Edgar , inquiet.
— Oui , reprit Valentine, nous avions même formé le projet d'en exiger le sacrifice , et de vous en donner un autre plus joli ; je ne me souviens plus trop des détails de ce grand complot, je sais seulement que j'en étais.
— Si cela est ainsi, dit Edgar un peu troublé , il faut, pour déjouer leur complot , que vous soyez du mien , et que vous me promettiez toute la discrétion que réclame un secret important.
— Ohl je vous jure d'être discrète, s'écria Valentine en voyant que M. de Lorville parlait sérieusement.
— Je puis me fier à vous? reprit-il en hésitant encore.
— Je pourrais m'ofîénser de cette question , mais j^aime BiJieux répondre tout simplement , oui.
— Eh bien I dit Edgar, aujourd'hui que nos intérêts sont les
Alors on passa dans le salon voisin , et chacun prit place solennellement pour écouter la lecture du contrat.
Au moment où le notaire conunençait à lire, Farrivée pom*peuse d'une parente vint l'interrompre.
C'était une nouvelle mariée, éclatante d'or et de pierreries; H. de LorviUe, que l'apparition de cette femme devait émouvoir dans une telle circonstance, ne la reconnut point. Il ne pouvait deviner sous cette nuée de plumes blanches, à travers ces blondes étagées, sous ces lourdes parures , cette jeune et belle personne dont la mise si simple avait naguère séduit ses yeux ; enfin il ne pouvait reconnaître sous ce costume de grandmère la sylphide mademoiselle d'Armilly. Pourtant c'était bien elle ; mais elle était tombée dans le tort conmiun aux nouvelles mariées, qui, dans leur empressementde porter les parures inter* dites aux jeunes personnes,s'affublent conmie de vieilles femmes.
Mademoiselle d'Armilly ayant épousé un cousin de madame de Champléry, n'avait été invitée que pour signer le contrat de mariage; et il était évident qu'elle avait hâté son arrivée pour en entendre la lecture.
Cette curiosité de parents soupçonneux ne surprit point M. de LorviUe ; nul sentiment intéressé , nul étroit calcul ne pouvait l'étonner de la part de cette jeune nymphe si langoureuse dont il connaissait les sordides lÔaiblesses. Malgré sa disdimulation, la première rivale de Yalentine ne pouvait cacher son dépit ; il perçait à travers ses compliments et ses éloges offensants, qui semblaient menacer le bonheur pour lequel elle exprimait tant de vœux.
Yalentine n'avait jamais aùné mademoiselle d'Armilly , peut-être bien parce que madame de Clairange la citait toujours comme le modèle des jeunes personnes, en exagérant jà douceur et sa modestie ; aussi, par un instinct conservateur de ses illusions, Yalentine, qui ne voulait point tenter l'épreuve du lorgnon magique sur sa chère Stéphanie, en fit-elle l'essai sans crainte sur sa nouvelle cousine , dont la parure brillante et à l'effet motivait assez une attention particulière.
Le notaire continua la lecture , et chacun écoutant avad
recueillement les différentes clauses du contrat, Valentine jugea que le moment était favorable. Mademoiselle d'Armilly prétait une si grande attention à cette lecture qu*on pouvait la lorgner longtemps avant qu'elle s'en aperçût.
Tout à coup Valentine /ui vit faire un mouvement de surprise à un certain article du contrat qu'elle-même n'avait point écouté. Bile saisit le lorgnon et se mit à la regarder.
D'abord Valentine resta un moment stupéfaite et comme épouvantée de cette merveille. Quoique M. de Lorville l'eût prévenue et qu'elle lui eût promis de ne donner aucun signe d'étonnement, il lui fut impossible de cacher sa surprise , elle porta subitement la main à ses yeux , comme une personne qui croit rêver; et chacun la voyant ainsi émue imagina qu'elle essuyait des larmes d'attendrissement et de reconnaissance , touchée des sacrifices que M. de Lorville faisait en sa faveur, et que cet acte lui apprenait ; mais Valentine ne savait rien de tout cela, et le talisman que venait de lui confier Edgar l'occupait bien plus que la fortune qu'il lui assurait. Elle n'apprit même cette clause du contrat que par la pensée de sa cousine qui se disait : < Il lui reconnaît cinq cent mille francs! il est bien généreux ! si j'avais su cela... » Puis attachant sur son mari un regard plein de tendresse qui semblait dire : Je vous aime, elle pensait : a Je n'aurais pas été réduite a épouser cet homme si laid, pour si peu ! »
11 y avait un contraste si comique entre ce regard tendre , et cette réflexion pleine de dégoût , que malgré la solennité d'un tel moment, Valentine se prit à rire... Un coup d'œil de M. de Lorville la ramena au sérieux convenable; alors elle essaya de fie rappeler toute la conduite d'Edgar, et de se l'expliquer par ce talisman dont elle était confidente.
A la place de Valentine, une autre femme aurait frémi de cette découverte, et aurait bien vite cherché dans sa mémoire, si , depuis qu'elle connaissait M. de Lorville , elle n'avait eu aucune pensée qu'elle eût désiré lui cacher ; mais, madame de Champléry savait trop combien elle gagnait à être devinée pour avoir rien à craindre du passé.
ho LE LOR&NON.
■^ C'est pùm 6éla qu'il m^a aînaée, jpensait elle ; ce lorgucm temMê avoir été inventé pour faire valoir mon caractère, pour mo! seufè enfin , qui ai aés défauts si visibles et qui ne dissimule jamais que mes f>i6ns sentiments.
Puis elle se perdit en conjectures sur Thistoire de cette merveille, et ce ne fut qu^après un certain temps qu'elle se sentit dissét feâËse de son trouble pour essayer une seconde épreuve.
Madame de Élaîrange, placée en face d'elle , avait les yeux baissés, la tète languissamment penchée^ le bras appuyé nacàlement sù^ le coussin d'un canapé , et elle paraissait ééddée â rester quelque temps dans cette attitude comm«àdée par la mélancolie. Valentine profita da ee moment peur braquer le lorgnon sur sa pensée.
— Om, c^estbien comme celai se disait madame de €laîrange, que serait aujourd'hui la mère de Vsdentiae^ kmk mademoiselle Uars pourrait se dire en étudiant un rdle neu* veau , a c'est bien comme cela que mademoiselle GoRtai l'ac^ raitjoué. »
Malgré lé triste souvenir que cette pensée réveilkH d«BA l'âme de Valentine, elle en sourit dédaigneusement^ eb pour m distraire, eUe fixa ses yeux sur madame de Montbert', daad Tair mécontent la préoccupait.
— Je ne sais vraiment, pensait-eiley ce qu'a Y^entlne ce soi^; elle ne tàH que rire de la manière la plus inecmveaantei
Cette leçons rendit nmdame de Gbampléry à i^-méme ; elkr renonça au plaisir d'étudier ainsi ses amifl f et eUe iredèvini aussitôt grave et triste, commr il eonvenaii de l'être pendtaè cette lecture solennelle.
Cependant cette lecture se termina ^ <^MCim yini à eoa tiur signer le contrat de mariage^ et les ccniversatioBa Si'ea^iftflèrMte Cette soirée tant redoutée, Valentiae la treuvaîl iffrl ajrtniMftte^ dès qu'on la laissait seule un instaAt, elle m meltak à lorgner^ l'on comprend l'intérêt et \» plalsip cpi'elle y triMymW
Les principaux memî>res de la isinûUe ayanit eàff^j vint le tour de M. de Fdbtvenel. Valentine remarqua que la plume
IréHAiât dns 9k Mitt ; «^ t'ôbservà avéé éfiHblHé , et asfte pMtéo l'dHiui {M«ll6ttdément : 4 Du ebtrràge , se (BlsaR^t^ eWe M m'a jaiâftis Éiméi et M sait ptfsr cémbîèn Je M régféïfe. Je iké Ma pia^ élfè tr ié?te, nte^ dOiâ sel^a sî Kètii'eùï f »
T^^ëéMe d6 ée ttëblé sé&t^oietitj elle s*âppro6M âë M y él lui lèMAliil là ibmM :
— Voudsc^étt loQJoui^ tîof rè tneiRenr àihf, dif-el)ë der <^e fou àtectiieux qiâ guérît ttmtéâs led bîessttres; É. dé F.ontYënei teil b«M ta mdâi éft^ ^leéoiinaisjsancd , touché de Mt qu'elle i^âY«it c&mptia. I) eM » éfôtn d'être aésisté dans une ^ande êâétkii par e^kf ^ hf eAtisè !
àpèè U. é& Petf IVêfeid , nn jeuîte bomme qtie tt. de Lorvîîîe venait de présenter à TaTeAtiàe, flfapprdtifi^ de Iâ[ talife pour iÊ^m-i ^éMi ce Éiêmè piMci^ ^'Edgar ata'ît réàcontré êÉBS M mafâoâ de M rus eu Bte, et avec \e(tte\ il s'était lié ê6pfëi#rntfalienvdât. KâdMë dèGfràVat^féi^y, flràppée dé fa phy- Bionomie spirituelle du jeune écrivain, le lorgna pendaKît ^tf H
HSHBlw*'
<>-Ft(tivftriefigeliAé^! Èt^tte fttâriage est bien iiicertaîti, pu- M^il.
Fi^ cédant M phiiiïd â tm autre, il s'éloigÀjr en ge dîs^t :
— (^ t<mtes ces ft«mne» ^ont gradeuseâî là dtfcliesse §^«MH» est f avissàiite ; Angeliné est Johe, ittaîâ efte n'a pas cèfté tournure, cette àîsanee dé mànfèfës des femmes ôa grand MoMé... fSà lettré déf ce ittaân m'a fait bieà d!e fâ peiiie , elle fikftifé A!k!« et jfmf !.. . pànrfé enfàïït !... mais n'iiiiiporte, je âe dois plus lui écrire, son père s'opposant à cette ùnlôn... ce dé^aSt xiMHiqué)^ à Fttonneuf ... et (TàiHeui^s, ô'est unîeiblîe à ma âgé^ 4tte d& iM^ff se Màfîér.... dans quatre ans, si ihoû Snmd oùvis^ i{ dtt sà^écd^, jlérieM au conseil d'fitat, et je
-^YéÊk iik ^vèaéMbme 4û! né iôàÂque pas (faiàtition, pèmk VâHemiiî^. Âh\ tra ^sédàit ce tallsiïian...
SefldWirt Ce leiftpsf, Edgâf Se ^faisâtît & cîJriHempîer f âoMWmm éé fmhiifié d^ CfràHt{Aéry , à ébàque nouvelle observation que le lorgnon lui fournissait, et mitiàn éé tôùtéS M
il LORGNON.
qu^elle employait pour regarder sans être vue. Toutefois il éprouvait un sentiment confus de dépit, il en voulait à Valentine de l'oubli qu'elle semblait faire de lui, et il se demandait pourquoi elle ne cherchait pas à deviner sa pensée.
— Parce que je la sais, dit-elle en passant rapidement devant lui, et M. de Lorville fut saisi à son tour d'entendre «nsi répondre à une idée qu'il n'avait pas exprimée.
— Mille compliments, mille compliments, cher Edgar, t'écrie alors une voix bien connue de Valentine ; recevez tous mes voeux sincères , ah 1 bien sincères , on n'en doute pas. Ce n'est pas Frédéric Narvaux qui a jamais trompé personne ( ses amis du moins), oar pour les femmes, je n'en répondrais pas, je ne me fais pas meilleur que je ne suis.
— Des vœux aussi sincères sont sûrs d'être bien accueillis» répondit M. de Lorville d'un ton railleur. Croyez que j'en suis pénétré, allez, mon cher, je vous dois plus que vous ne pensez.
— Vous l'entendez , dit M. Narvaux à une personne avec laquelle il venait d'arriver ; puis il se mit à causer avec elle d'un air de confidence qui excita la curiosité de Valentine; elle prêta l'oreille et entendit M. Narvaux dire à voix basse :
— Sans moi, ce mariage était manqué; Edgar était parti subitement, il ne voulait plus en entendre parler; j'ai couru après lui , je lui ai fiût sentir que les choses étaient trop avancées , qu'il ne pouvait rompre , j'ai parlé du désespoir de la pauvre madame de Ghampléry ; enfin j'ai tant fait qu'il l'épouse aujourd'hui.
Valentine, ignorant à quel point M. Narvaux était habile dans l'art de mentir, crut qu'en effet on l'avait calomniée près d'Edgar; et que sans le talisman qui lui avait permis de lire dans son cœur, il aurait peut-être cessé de l'aimer; alors elle gut bon gré à M. Narvaux d'avoir cherché à la justifier, et se mit à le lorgner, ne doutant pas que des pensées dont l'enveloppe était si grossière, ne gagnassent à être pénétrées. Son regard tomba sur lui du moment où, se vantant d'être la cause et Mua mariage, il pensait cela :
LI L0R6N01I. ftS
— Maudit mariage 1 j'ai fait tout ce que j'ai pu pour l'empêcher, mais...
Cette fois, Yalentine fut si surprise , si épouvantée d'un tel excès de fausseté, qu'elle chercha des yeux Edgar, pour trouver, dans le cœur où elle était aimée, un refuge contre tant de malice ; puis , comme fascinée par le mal et la curiosité qu'il inspire, elle lorgna une seconde fois M. Narvaux :
— Que vois-je, pensait-il , le lorgnon d'Edgar dans les mains de sa prétendue ! il y a là quelque mystère... si je pouvais lui dérober un moment ce lorgnon... oui, je veux savoir à quoi m'en tenir.
Yalentine tressaillit; elle comprit alors tout le danger d^un pareil talisman dans les mains d'un homme méchant , et elle apprécia plus que jamais la noblesse du caractère de M. de Lorville, en se rappelant sa conduite depuis qu'il en était possesseur. Àh l combien cette idée le lui rendait cher I Dominée par les doux sentiments que cette réflexion faisait naître , Yalentine répondit à peine aux compliments , aux adieux des parents et des amis qui se retiraient.
Quand tout le monde fut parti , Edgar lui demanda la cause de sa profonde rêverie.
— Je pensais à ce talisman , répondit-elle, au noble usage que vous en avez fait.
— Je n'ai donc pas eu tort de tous faire cette confidence, dit Edgar.
— Au contraire, comment ne pas vous aimer davantage, en songeant que cette pénétration surnaturelle ne vous a servi qa*à deviner ma tendresse et le malheur de votre ami; que ce pouvoir si redoutable vous ne l'avez employé qu'à deux actions généreuses!
— Puisque ce talisman me fût aimer, gardez-le, je n'en ai plus besoin ; la pensée des indifférents conunence à m'ennuyer, la vôtre, vous me la direz.
— Je l'accepte , dit Yalentine avec tendresse, mais je vous le rendrai si jamais vous doutez de moi.
M. et madame de Lorville sont encore possesseurs de oe
lorgnon ; ils le cachent avec soin aux méchanU et aux ambitieux; prudence inutile, ce talisman serait sans pui§i$afi6ô dans leurs mains ; car il faut avoir l'esprit libre et le' c&iîf pixt p6\if juger le monde tel qu'A est ; il faut n'avoir rièti à cfesîréf ^'bur regarder âans iltugion, rien i cacher pour observer sans mafveiiiance.
fm DU irORGHO».
DG