‹ Nouvelles genevoises (volume 4)Chapitre 7 sur 20 · LB CONSEIL DBS MINISTRES · texte numérisé non relu

LB CONSEIL DBS MINISTRES

On a dit à l'auteur :

— Prenez garde ^ on fera des applications, on reconnaîtra de personnages; ne publiez pas ce chapitre.

Et TAuteur docile a retranché le chapitre.

Il y en avait un autre iutitnié :

UN nÉVB d'amour.

C'était une scène d'amour assez tendre , comme doit Tètre un 90^e de passion dans un loman.

PR&FAGX.

On a dit à l'auteur :

— Il n'est pas conyenable pour tous de publier un livre où la passion joue un si grand rôle; ce chapitre n'est pas nécessaire^ supprimez-Ie.

Et FAutear timide a retranché ce second chapitre.

n y avait encore dans ces pages deux pièces de yers*

L*nne était une satire.

L'autre une élégie.

On a trouvé la satire trop mordante.

On a trouvé Télégie trop triste^ trop intime.

L'Auteur les a sacrifiées... mais il est resté avec cette conviotion : Q'une femme qpi vit dans le monde ne doit pas écrire, puisqu'on ne lui permet de publier ui^ liyiet gu'ii^^ fmll est parfaitement insignifiant.

Heureusement cdui-d contient une lettre êbU. à» CSiAteaabriand,— un billet de Béranger, — est vers âeiamartiBer — il a pour patron M. de Balzac : tout cela peut l^n lui servît de

DB

B» BOlf FATAL.

persoimc^ %? qraint, im flé?u gM» çergûBftft »'^fltiî i ge fl^^Hî i dite yraj, p'ert (^Pta^jfiNX qi}ô 4'w^e m^^Q, p^f rh^4!*é — et encore i|'c^t-a <)fi^ cl'wft S*»Ç9ÇPPR ^e^ JD^jr^e^-rrn'importe, c*est un flâaia, une fataùté qui vous poursuit |g)^ jour8,à toute heure de votCQi iqOi^ p ^tl(46 l^l# 6twT no^pa^!^ Qb$|acl^ qS» Youg ^fçpppntrç} s^ ç'p^ ^içRB^W»- Cest un obstacle que vous portez avec vous, yg^ |p)^f(tf ^fli'

simplement — un don de la nature qui £Bdt de ^9|2f ^n gplj

«vantage, vous direz : Je ne 1 envie plus. Ce malheur àqgfi^ a'est le malheur d'être beii&>

tlO LA GAKNS

^'^marquez bien ici la différence du genre. Nous disons ;

LE BONHEUR d'ÊTBB BBLLB.

LE malheub d'Être beau.

Nous ralloos montrer tout à Theuie.

Quelqu'un a dit quelque part : Quelle est la chose désagréable que tout le monde désire?... Ce quelqu'un s'est répondu à lui-même : C'est la vieillesse. Nous disons, nous : Quel est le fléau que chacun envie? — et nous nous répondons à nous-mêmes : C'est la beauté. Mais par la beauté nous entendons la véritable beauté, la beauté parfaite, la beauté antique, la beauté funeste. Ce qu'on appelle un bel homme n'est pas un homme beau. Le premier échappe à la fatalité; il a mille conditions de bonheur. D'abord, il est presque toujours bête et content de lui ; ensuite, on a créé des états exprès pour sa beauté. Être bel homme est un métier.

Le bel homme proprement dit peut être heureux — comme chasseur, avec un uniforme vert et un plumet sur la tête.

Il peut être heureux — comme maître d'armes, et trouver mille jouissances ineffables d'orgueil dans la noblesse de ses poses.

Il peut être heureux — comme coiffeur.

Il peut être heureux — comme tambour-major. Oh ! alors, il est fort heureux.

Il peut encore être heureux — comme général de V empire au théâtre de Franconi, et représenter le roi Joachim Murât Kvec délices.

Il peut être enfin heureux — comme modèle dans les ateliers les plus célèbres, prendre sa part des succès que nos grands maîtres lui doivent, et légitimer, pour ainsi dire, les dons qu'il a reçus de la nature çn les consacrant aux beauxarts.

DE M. DE BALZAC. Ul

Le bel homme peut supporter la vie, le bel homme peut rêver le bonheur.

Mais rhomme beau, l'homme Antinous , l'Amour grec, l'homme idéal, l'homme au front pur, aux lignes correctes, au profil antique, l'homme jeune et parfaitement beau, angéliquement beau, fatalement beau, doit traîner sur la terre une existence misérable, entre les pères prudents, les maris épouvantés qui le proscrivent; et, ce qui est bien plus terrible encore, les nobles et vieilles Anglaises qui courent après lui.

Car, c'est une vérité incontestable et malheureuse — un jeune homme très-beau n'est pas toujours séduisant, et il est toujours compromettant.

Peut-'ètre, dans un pays moins civilisé que le côtrc, la beauté est-elle une puissance ; mais id, mais à Paris, où les avantages sont de convention, une beauté réelle est inappréciée ; elle n'est pas en harmonie avec nos usages : c'est une splendeur qui fait trop d'effet, un avantage qui cause trop d'embarras ; les beaux hommes ont passé de mode avec les tableaux d'histoire.

Nos appartements n'admettent plus que des tableaux de chevalet.

Nos femmes ne révent plus que des amours de pages, et, de nos jours, la gentillesse a pris le pas sur la beauté.

Malheur donc à l'homme beau !

Or, il était une fois un jeune homme très-beau, qui était triste, n n'était nullement fier de sa beauté, et par malheur il avait assez d'esprit pour en sentir tout le danger. Quoique bien jeune, il avait déjà beaucoup réfléchi. 11 connaissait le monde; il l'avait jugé avec sagesse, et il éprouvait ce qu'éprouve tout homme qui connaît le monde : un amer dégoût, un profond découragement. Dans l'âge mûr, cela s'appelle repos, retour au port, douce philosophie ; mais à vingt ans, lorsque la vie commence, savoir où l'on va, c'est affireux I

Qu'importe au voyageur qui touche au terme de la route, que des voleurs le dépouillent au moment d'arriver? que lui importe', son bagage était inutile, sa bourse était épuisée, saa

têê LA CANIfB

raantemi était troué, see ppovisîcm» toudMÔeiit à leur fin. €ette perte est légère, il en rit. D'ailleurs on l'attend à sa donmro, el te Y&ftusè est tenskié. Mal» flMHieur à eelui qy'ea dépwilie «a iniliMi de la fonte, ^ni 00 voit sans seoours, sans mant e an , sans bâton, sans argenl, o))Iigé do fioiiFsdvie sa oonrsel Obi celtti4à est irisle; Il se décourage, H o^arpéte, il od}fio )o bi}t du voyage, et si la Pïdvidenee se vîest pas à son aide, H se laissera mourir do fate diuis un des ibssés du cbendn.

11 y a des jeûnas giens de ^ngt ans qui ont la gouHe, H y en a d'aubes qui ont dé Texpénenee; ceux*ià sobt les plus malheureux.

D'où venait donc à ce Jeune homme celte élévation de la pensée, cette tristesse de Fespritt fout cefat lui venait de sa beauté. L*esprft Tenh: de la beauté I ah! cela est nouveau! -^ Pourtant cela est juste. Tout ce qui nous isole nous pandit; la beauté suMîme est une supérforité comme une autre, et toute supériorité est un ex3.

Je vous le dis, ce pauvre jeune homme se trouvait isolé parce qu'il était trop beau; il se sentait triste parce qtt^ é^ isolé; et, par degrés, il devint un homme spirituel et distingué parce qu'il avait été triste et méconnu. La douleur est la cultm*e de iHime, c'est éSe qui la fertilise; un cœur arrosé de larmes est fécond. Un chagnn généreux est teut puissant; H donne au génie la patience, à la'feiblesse le courage, à la jeunesse la raison; il peut aussi donner, dans sa mtmiGcence, à un bel homme de l^sprit^

Il eal eACOft nne infbrtune éoil p^rseone ne parle, H qn 0tpend«il ne kusse pas que àt, nuiva ((ans le Bionde : dest é'étre MàÀé pour tente aa vie tfua pam de UfUmê ff^

Éenfiiiini

DE ij. iii èxtZÀC. iti

Séft- t«fè, fftâi?é oîfrcîéf à âfefhî-sbî^è et tôîfàrfM Se ptèvMb rorcé, M avait doiiffg ce BèrW Rdîh eh l'tfàfnïiëuf de' son Dieu, et Tunique regret de cet homm^ était dô û'û^bit J)âs éfi tiné fflfe pùtrr Vap^^eïêf AhtîMi.

fAMîHkM Domnàt^i ! ptfttéf â f* fbîs tin hoîii Se ih^mté et rffi ^êt« riôffl dé' éoihéA*e, et rfè {flifâ^ êtfê f^t coiftme ùft héros

!l»X)tfîfhaft(fé^ dàfii6 i dn b'àiiqMéf , i tîrî Kofâiré, i tin dief déf ïm^ëàu dfuii ihîfriitêre quéfcott^ùe, M tonSÎêuY qùî s*api I^tliér Târncrède Dôrimont, é( qui éàt b3aù comme un ange; je ^^3 dëàtéfâdé (tfi {)éû A éëtà est raisônhalitë.

— Nous n'avons que faire de ce bellâtre infatiié ^e sa pefsolMf, dl^t Ceà tiôiiûét^â getis; car lés préjugés contre la lStSS\Sié él VSlé^tè âûÀt aussi forts inaîntefiant que îes préjt^ éêhtfè (a héiiëààéy et thàiâme d'esprit se voit force de ifôà Jo'of s â ^ï^è!id3Fe, pour câciiet ses àvanCag^ây toutes lèâ peines qu'il prenait autrefois pouf tés faire valoir.

§i taiîcfë^è avait eu de fa jforfùne, il ne se serait point apéfiu de èôn inalheùf. fout est permis à rfiommé riche, fixé^té d^étfé iïcbé, on iui pardôD^d tout. È^àis Jour celui 4u1 obi! faire sa fortune ïûi-mëme, de certains ridScuJeà sont âèi iHàlfièurs. Comment pérsùadfer k un homme malpropre, miâl faSl, ^\n est c&ââvéY qui a dcà ttmettés bleues éi des dents noire^ qu'un jeune homme beau comme Apollon, qui s*appètfè Tancrède, h*^i pas un Et, un Impertinent, un beau ms, lâ HiMifidrè et un pàressêuxif — Bt comment alors faire tortânë^ûand en est beau conûhé ÂpoÙon et qu*on a aéàîré toàte s^ vie â déF hoxhmes mal propres, mal faits, qui sont chauves, qiSi 6nt dés funéttes bleues et dés dents noireSt et, de plus encore, toutes sortes de préventions contre vous?

En arrivant â j^aris, tancrède avait remis lui-même chez le portier de Sf . l^àntua une lettre de recommandation qu'on lui avait donnée pires de ce riche banquier; il avait joint à cette lettre une carte de visite, sur laquelle était son adresse*

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qi^eile était beOe, an» parce qa'cfie nfifiefail le

lîtoff^ de fa aière, d Tancrède saT:iit que celte resseoibfaaœ

se ferait pas iadifléraUe à IL Xaatya^ aacîea aAiiii Miiiii de

awdame PoriiBoiit

IL Kaatoa Tenait de receroir me aourelle des pfas iaipar> taotcf qui dérangeait toute» ses comhînawoBS, loraqve Tancrède eotra cbez Im; mais M. Kanfaa, coauiie Ions les hoauiaBB qui kat de grandes aflaires, n'ainnit pas à parailie albîré; car c^est me diose à remarquer :

Les gens imttiles, qoi ne int qoe de méciiantes petites affinreSy ont la prétention de n*avob pas on momentâ eux, ils s'abtment dans des paperasses imiomtvables, ib ne dorment paS| ils dînent en poste, ils embrassent kar fiemme en mettant leurs gants, ils ne font leur baibe qu'une Uns par semaine ; «fin ils s'épuisent à parattre occupés, aSnde se donner du orédit.

Les hommes très-occupés, au contraire, ont la prétention d'être toujours libres; ils font les grands seigneurs oisifs; ils se posent comme de petits Césars et dictent plusieurs lettres à la fofs, d'un air nonchalant et distrait, en prenant une tasse de thé ou de chocolat. Leur manie, c'est de ne pas savoir comment ils sont devenus millionnaires.

Nous ne parlons pas de ceux dont l'activité est infatigable, qui entreprennent plus d'affaires qu'ils n'en peuvent suivre. Ceux-là n'ont pas même le temps d'avoir des prétentions.

L*bomme dont il s'agit était de ceux qui ne veulent point

DE M. DE BALKAG. 14ft

paraître occupés. Il cherchait avec beaucoup d'attention un papier, une note, un rapport, que sais-je? il feuilletait avec inquiétude les paperasses d'un carton, mais il ne voulait point paraître attacher à cette recherche trop d'importance, — il ne voulait pas non plus l'interrompre un moment. Gela était difficile, et voilà ce qu'if bisait.

Ses yeux poursuivaient avec avidité, parmi toutes ces écritures différentes, le nom, la date, le chiffre qu'il voulait trouver, tandis que aon oreille à demi attentive s'eft)rçait de suivre la conversation.

On annonça M. Dorimont.

— Faites entrer.

—Vous êtes exact, dit le banquier au jeune honmie sans lever la tète; fort bien, c'est bon signe. J'ai dit onze heures : onze heures viennent de sonner et vous voilà. C'est bien, j'aime l'exactitude. Dans les affaires, Texactitude est une vertu.

— Je ne me serais pas pardonné de faire attendre une minute un homme dont les instants doivent être si prédeux, répondit le naïf Tancrède quicroyait dire quelque chose d'agréable. Pas du tout, c'étailtdMx fois une bêtise

4* De supposer qu'un miiBonnaire aurait daigné l'attendre; 2* D'avouer à M. Nantua qu'il le croyait toujours trôs-occupé.

— En vérité, mes momeatgatte,«ont pas plus précieux que les vôtres. Je ne fais jamais;, o^i^ft,,. Mais chi|ïl^vous, je vous prie, je suis à vous dans l'instant. a m**..

Tancrède s'approche de la cheminée et garde le silence :

— Madame votre mère est-elle encore à Blois? demanda M. Nantua en lisant toujours ses papiers.

— Oui, Monsieur.

— Vous savez l'anglaîsY

— Oui, Monsieur.

-- Elle ne s'est pas remariée? Veuve à vingt-six ans 1 1 — - Non, Monsieur.

— Et l'allemand? savcz-vous un peu d'allemand?

— Oui, Monsieur. Je sais un peu d'espagnol aussi, je le parle assez bien pour voyagy agréablement en Espagne, dit

m Lk GANNB

le rosé jetifiè homme qui savait à quel point les homnes 4'argmt ont abnsé de la Péninsule.

— • Âhl vous savez aussi l'espagnol? que vous êtes savant! VoQS n*avez pas été élevé à Paris ?

Tancrède ne put s'empêcher de sourire de la naïveté de cette épigramme.

— Non, Monsieur, reprit41, j'ai été élevé à Genève. Je ne suis resté au collège Henri lY que deux ans.

'— Quel âge avez-vous?

— Vingt et un ans.

Le banquier leva les yeux à ces mots, et jeta sur Tancrède un coup d'oeil rapide; mais Tancrède tournait la tète en ce moment, et l'on ne pouvait voir son visage.

— Vous êtes gratid pour votre àgë, dit M. Nantua en riant, Puis il pensa :

— Ha l'air fort d»tingué ce jeune homme, il me plaît; d'ailleurs j'ai le désir d'obliger sa mère.».. Oh! l'aimable femme Si j'avais été riche à cette époque-là!...

— Eh bien! c'est convenu, dit-il, demain vous viendrez ici comme de la maison. Âh ! vous savez l'espagnol? c'est bien, très-bien; précisément je crois pouvoir vous employer... C'est très-bien... Ahl... s'écria-t-il tout à coup en s'interrompant.

Puis il garda le silence, et se mit à parcourir d'un œil inquiet le papier qu'il venait de trouver.

Pendant ce temps, le jeune homme se disait :

— Je m'étonne que M. Nantua, si grand adnûrateur de ma mère, ne soit pas saisi de ma ressemblance avec elle.

Tancrède, dans la modestie de son attitude, ne s'était pas aperçu que le banquier ne l'avait point encore regardé.

Enfin M. Nantua se leva; sa figure était radieuse, il avait trouvé le renseignement qu'il voulait, et tout ce qu'il méditait d'accomplir se trouvait possible avec ce document.

L'espérance produit la bienveillance et la générosité chez les nobles natures; il n'y a que les cœurs envieux et médiocres qui se resserrent et se ferment à l'approche du bonheur.

M. Nantua retrouvant tout à coup la chance d'exécuter un

DE M. M ^AczÂG. lir

«rkM^rt^^t, qii*uii obsiablé èurv^tltt sbUdâiti 6^11 Utt hôïtieni dëréngê, se sentait dans titie db c^s bohHfâ dispoâiHbiiê iie l'esprit où Ton aime à faire lé biéiti; hôh tiàià tîbtii- le plaisir de faire le bien en lui-même, mais ^oùr tàîrë jpàrtiagër à iin âUtre la joie que Ton ressent. Ce H'esi; j[iaà un hotniné henreui que Ton veut, c'est tin esprit bonteiit que l'bii excité, âfid qdb iti disposition s'harmonise iàveë la nôtre. C'est Un convive ^ne nous invitons au banquet qui nous est bffert, un coiivivè ^xie nous enivrons pour qu'il partage hotrë j[ilaisir et tfie le repas soit plus joyeux.

— Ma foi, vous avez du bonheur, dit M. Nantua Ibu s'approchaiit de là bheihihée, éar i^llâ jdstethent une affaib...

M. Nantua s'interrompit tout à coup ; son regard resta fixé, bbtilihé par eUbhatitènient, sur le visage de Tancrède. Le banquier garda quelques moments le silence ; immobile, il \^ii« templait son jeune protégé.

~ YoUà là ressemblance qiii fait son efTet, pensa Tancrède, c'est bon ; si cet homme-là me t>rend sous son ailé, je suis sauvé... Comme il me re^rdêl...

M. lïantUâ examinait toujbttrâ tancrède, et mille pensées diverses lui traversaient l'esprit.

D'àbbtd l'apparition de ce beéb jeune homme le charma comme l'aspect d'un beau tableau ; cette parfaite beauté, dans tout l'écISit de la jeunesse, avait 'quelque chose de réjouissant qui flattait les regards; puin cette Ressemblance si frappante avec une femme aimable qu'il avait eu peur d'aimer, toutes <cës impressions parlèrent d'abord eii fttvëur de Tancrède — la nature noble et puissante eut ses tlrbità un ihomèiit; mais vint la réaction de la èbciété, et li^ (jdhsidérâiions mondaines ëiitent leur tour.

— Biable I pensa H. Nantua, Je ne veux pas d'uii Adonis comme celui-d dans ma maison... et ma fille, qui est déjà s romanesque, si elle le voyait... Ahl bon Dieu ! il ne me manquerait plus que cela ; il est gneùi côtnme un rat d'église, ce ti'eStpâs le gendre qu'il me h\it; Sans compter que ces beaux faoœmes-là sont toujours bétes et paresseux»

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Uê LA CAHHB

— Yoos me Toyez stupéfait, dit-il Kmt haut et pour expliquer ce long silence; je ne puis me lasser de vous regarder, tant votre ressemblance avec votre mère me frappe.

— > On m'a souvent dit cela, répondit Tancrède.

Et soudain il se sentit attristé; sa conGance s'évanouissait, et il ne pouvait se rendre compte du motif qui la lui ôtait.

Le fait est que M. Nantua n'avait pas mis, en prononçant ces mots, Tinflezion qu'il aurait dû y mettre. Son accent était froid, son maintien embarrassé, enfin tout en lui trahissait le changement subit qui s'était opéré dans ses projets à l'égard de son protégé.

— Déjà onze heures et demie ! s'écria M. Nantua en regardant la pendule.

— Je vous laisse, dit Tancrède se dirigeant aussitôt vers la porte.

Aloss il s'arrêta indécis, car il n'osait plus dire :

— J'aurai l'honneur de venir prendre vos ordres demain. M. Nantua devina sa pensée.

— A demain, dit-il, à dix heures...

Mais ces mots étaient mal dits; on sentait que c'était un mensonge.

Tancrède s'éloigna découragé; pourquoi? Il n'en savait rien ; mais il pressentait, il devinait que la protection du riche banquier ne lui était plus acquise, qu'il ne ferait point partie de sa maison, et qu'il fallait, malgré sa bienveiliance, tourner ses idées d'un autre côté.

^Et le soir du môme jour, Tancrède reçut de M. Nantua une lettre infiniment polie et gracieuse, dans laquelle M. Nantua exprimait tous ses regrets de ne pouvoir, par des raisons indépendantes de sa volonté, donner à M. Dorimont l'emploi qu'il lui avait d'abord promis, ^joutant toutefois que, dans le désir de lui être utile, il l'avait recommandé à un de ses amis qui ferait pour lui tout ce qu'il aurait désiré faire.

Le lendemain, Tancrède fut introduit chez cet ami, M. Poiroeau, directeur d'une nouvelle compagnie d'assurances contre l'incendie.

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