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ciétés anciennes, et leur ruine presque assurée. Voici en effet ce qui avait eu lieu : En 1620, dès que le sieur de Montmorency eut pris possession de son gouvernement, il se trouva en présence d’une société puissante qui lui proposa de révoquer tous les anciens priviléges et de se mettre à la tête d’une nouvelle compagnie qui exploiterait seule et exclusivement à tous autres le trafic du Canada et Nouvelle-France ; il accepta et obtint du Roi la ratification d’un traité qui concédait à un sieur Decaen et à ses joints le privilége exclusif du trafic pendant quinze années, et constituait la société sous le nom de Compagnie Montmorency.
Outre le sieur Guillaume Decaen, la Société se composait de MM. Jean-Jacques Dollu, conseiller du Roi en ses conseils d'Etat, Arnault de Nouveau, trésorier des parties casuelles, et de quelques particuliers, débris des compagnies de Rouen, de Saint-Malo et de Dieppe.
Si Decaen était un marin consommé, il était surtout commerçant habile; originaire de Dieppe, il était fils de Guillaume Decaen et de Marie Langlois; il avait été habitué de bonne heure aux rudes travaux de la mer et aux voyages lointains, car, dès 1583, son père envoyait déjà des navires en Hollande et à Terre- Neuve. Aussi vit-on bientôt la Compagnie Montmorency, sous la direction de Decaen, se lancer dans les plus importantes entreprises qu’on eût encore VUES ; elle eut une flotte qui recut le nom de Flotte de la Nouvelle-France, et Decaen ne fut bientôt plus connu que par son titre de général de cette flotte. Trois lettrespatentes du Roi et quatre arrêts du conseil privé vinrent successivement augmenter l'importance de la compagnie et lui faciliter l'absorption complète du
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commerce avec le Canada. Forte de son privilége exclusifet de la protection royale, elle n’hésita point à débourser des sommes très considérables pour cette époque ; plus de 900,000 livres furent par elle employées à bâtir des magasins et des habitations tant à Québec qu'au cap de Tormente et autres lieux. Des terres furent défrichées et des travaux de fortification entrepris Si bien qu'à sept ans de là, c’est-à-dire en 1627, la C& :pagnie Montmorency prétendait qu’elle retirait de la Nouvelle-France un revenu annuel de cent mille francs.
Mais ces beaux résultats, au lieu d'assurer la fortune de la Compagnie , amenèrent sa ruine. Les membres des anciennes sociétés n'avaient pu voir sans envie, ni sans regret, la prospérité croissante de Decaen. D’ailleurs celui-ci n’était point sans reproche ; il n'avait point exécuté, comme il s’y était engagé envers le Roi, les clauses et conditions de ses traités, spécialement il n'avait pas suffisamment travaillé à l’amélioration du pays et à sa colonisation. Des plaintes nombreuses s’6levèrent contre lui et furent portées à Richelieu. Il y était dit « que quelle que interpellation qui eut été « faite à Decaen de fortifier le pays, d'y appeler « grand nombre d'hommes, de faire travailler à la cul- « ture des terres, d'y faire passer des familles, d’y faire « porter des vivres et des munitions, il n'y avait eu « aucun égard ; » on fui reprochait même de s'être approprié les munitions qui lui avaient été consignées de la part du Roi; on avait découvert que, contrairement aux intentions de Sa Majesté, qui avait recommandé de peupler le pays pour parvenir à la conversion des sauvages, rien ne s’y était avancé; « Il n’y « existait qu'une seule habitation, mal fournie d’hom-
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