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« mes et sans aucune défense; que si la France n'a- « vait eu soin chaque année d’y envoyer des vivres, les « quarante ou cinquante français qui y sont seraient « pour périr de faim ; que pas un pouce de terre n'a- « vait été défriché. Enfin, qu'au lieu de faciliter l’éta- « blissement des familles au Canada, Decaen s'était « toujours elforcé de dégoûter celles qui en avaient « témoigné le dessein. »
Ces plaintes, appuyées de témoignages certains, excitorent à Paris le plus vif mécontentement et déterminèrent la volonté de mettre fin dans le plus bref délai aux désordres signalés. Ce fut à ce moment que Richelieu concut le plan de cette grande compagnie de cent associés en tête de laquelle il voulut s'inscrire. Geci se passait au commencement de Pannée 1627. Dès le 29 avriletle 7 mai le cardinal arrêta les articles du traité et, le 6 mai 1628, un arrût du conseil privé lui donnait pleine et entière approbation. Les sieurs Roaueur, Houel, Lattaignant, Dablon, Duchesne et Catillon, premiers souscripteurs, recurent de Richelieu la mission de recueillir promptement les adhésions et de faire connaître aux associés que la Compagnie s'obligeait à peupler le pays de la Nouvelle-France de quatre mille Français de l'un et de l’autre sexe, dans le délai de quinze années, de les nourrir et entretenir de toutes choses nécessaires à la vie. Les choses marchèrent si bien qu’en très peu de temps au lieu de cent associés on en eut cent vingt.
Ce fut au tour de Decaen de se plaindre, mais on ne l'écouta pas plus qu'il n'avait écouté les anciens associés dont il avait recueilli les dépouilles en 1620. il fit comme eux ; il intenta des procès contre la grande
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Compagnie, demanda des indemnités énormes et en obtint de fort minces, puis on ne s’occupa plus de lui, sinon pour lui défendre sous peine de la vie de retourner au Canada. En 1633, il plaidait encore devant le Parlement de Rouen pour obtenir des pelleteries qu’il avait laissées à Québec à la garde de Champlain qui y commandait encore, mais il perdit son procès,
Ce que fit la Compagnie de Richelieu pour la colonisation, la civilisation et la prospérité de la Nouvelle- France, d’autres l'ont raconté ou le raconteront ; pour moi j'ai seulement voulu essayer de montrer que les commerçants normands avaient pris une large place parmi ceux qui, des premiers, allèrent, au prix des plus rudes travaux, affermir l'autorité du nom francais chez les sauvages de la Nouvelle-France.
En 1628 et 1629 l’œuvre de la conversion des habitants allait commencer; depuis 1611 deux Jésuites seulement l'avaient entreprise; d’autres vinrent les seconder au moment où je clos cette notice, mais l’histoire a recueilli le récit de leurs travaux et ceux qui possèdent les relations des Jésuites contenant ce qui s’est passé. .... ‘dans la Nouvelle-France, y suivront avec le plus vif intérêt Les détails curieux et touchants qui s’y trouvent sur le caractère des sauvages, sur la fécondité du pays, sur ses richesses et sur les avantages espérés de sa colonisation.