ANCIENS BUREAUX DE POLICE DE ROUEN
Par M, GOSSELIN.
Depuis quarante ans, de nombreux et consciencieux travaux nous ont révélé tout ce que les écrivains des deux derniers siècles avaient omis d’intéressant sur notre histoire locale.
Nos anciens monuments, nos rues, nos corporations et nos vieilles institutions, ont été étudiés avec un soin si scrupuleux, qu’il ne semble plus possible de pouvoir rien glaner après tant et de si infatigables chercheurs,.
Cependant il est un sujet intéressant, sur lequel les études paraissent avoir glissé plus légèrement : je veux parler de l’histoire de la Police de Rouen. C'est une lacune regrettable, et si je la signale aujourd’hui, c’est
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dans l'espoir que, parmi nos érudits, 1l s’en trouvera qui tiendront à honneur de la combler bientôt.
En attendant, et pour apporter une modeste pierre à ceux qui voudront entreprendre d'élever ce monument, j'ai recueilli quelques notes sur les trois bureaux de police qui existèrent à Rouen, notamment depuis le commencement du xvi siècle ct qui disparurent sous un système général mieux compris dans la dernière moitié du xvn°.
C'est l'analyse de ces notes que je viens essayer aujourd’hui.
Vous savez que nos premiers rois, en confiant le soin d’administrer la justice aux comtes par eux établis gouverneurs dans les villes capitales des provinces, les avaient en même temps investis du droit de réglementer la police. On voit, dans les capitulaires et dans les ordonnances de ces temps éloignés, qu'il est expressément recommandé aux comtes de maintenir l’ordre et la tranquillité publique ; d'assurer l’abondance, la bonté et le juste prix des vivres ; de faire observer la bonne foi dans le commerce et dans Îles arts; de veiller eur les poids et mesures ; de faire réparer les rues, les grands chemins et les ponts ; de protéger la religion et les bonnes mœurs; de prendre toutes les mesures utiles au maintien de la santé et de la sûreté des citoyens, et enfin de tenir la main à une bonne administration des pauvres en pourvoyant à leur subsistance.
Tout avait donc été sagement prévu pour assurer une bonne police dans le royaume. Mais, en plaçant sous l'autorité des comtes seuls des pouvoirs aussi divers et aussi étendus, les lois anciennes avaient posé