‹ Nouvelles glanes historiques normandes puisées exclusivement dans des documents inédits [microforme]Chapitre 4 sur 23 · SIT · texte numérisé non relu

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avait voulu s'approprier toutes les peaux que ceux qw’il avait été chargé d'aller chercher avaient récoltées durant ces quatre années de martyre.

Le Parlement faisant justice à tous, décida que Chefd’hostel aurait un tiers desdites peaux et que le reste serait partagé entre les onze hommes qu'il a ’ait ramenés.

Puis il réserva les uns et les autres à poursuivre le marquis de la Roche, s'ils le croyaient devoir faire dans leur intérêt,

Pendant que le marquis de la Roche s’acquittait, comme on vient de le voir, de sa mission au Canada, des négociants de Normandie et de Bretagne y établissaient le siége de relations commerciales importantes. Un sieur Pierre de Chauvin, seigneur de Tontuit, demeurant à Honfleur, propriétaire du navire le Don-dce-Dieu, et son associé Henry Couillard, du même lieu, faisaient de fréquents voyages à la nouvelle France ; on les trouve le 14 février 1600, devant les notaires de Rouen, contractant un emprunt à la grosse sur les navires le Don de Dieu et l’Espérance, dont était maître Chauvin du Tontuit, en société avec un sieur Gion Diez. A peu de jours de là, le même dun Tontuit comparaissait encore devant les notaires de Rouen, mais, cette fois, il prenait la qualité de lieutenant pour le roi, au pays de Canada, en l’absence du marquis de la Roche (1).

(1) Tabellionnage de Kouen, 14 et 23 février 1(00.

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Ce document déjà curieux par la révélation de la qualité de lieutenant pour le roi au Canada, dont Chauvin du Tontuit paraît avoir été revêtu dès le commencement de l’année 1600, est encore intéressant à un autre titre. On y voit, en effet, le seigneur du Tontuit associé aux opérations commerciales de Jean Gouverneur, seigneur de Villepoix ; de Jean Martin, seigneur de la Guerandaie ; de Jean Sarcel, seigneur de Prévert et autres, leurs consorts, tous marchands, demeurant à Saint-Malo. Ces messieurs avaient opéré ensemble la prise d’un navire étranger, en l'Isle d'Orléans, au Canada, et ils plaidaient devant les Parlements de Rennes et de Rouen sur la part à laquelle chacun d’eux aurait droit dans la prise. [ls terminèrent le procès par une transaction aux termes de laquelle les associés d’'Honfleur payèrent à ceux de Saint-Malo, pour leur part, la somme de deux mille écus !

Du Tontuit n'avait donc pas tardé à recueillir la

succession du marquis de la Roche, puisque, moins de.

deux mois après l'expiration des pouvoirs de ce dernier, Pierre de Chauvin se qualifiait déjà de lieutenant pour le roi au Canada. Mais trouvant sans doute sa mission trop lourde pour lui seul, il chercha bientôt à en partager le poids. Dans ses relations avec la ville de Saint-Malo, il avait connu un armateur de cette ville, nommé Gravé, dit de Pont-Gravé, très honnête homme, bon catholique ec fort désireux de contribuer à la propagation de sa foi parmi les sauvages de la nouvelle France. Ils s’entendirent et obtinrent du roi non-seulement la lieutenance-générale du Canada, mais, en outre, le privilège exclusif du commerce de fourrures. Pour du ‘Tontuit, c'était le point capital,

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