‹ Nouvelles glanes historiques normandes puisées exclusivement dans des documents inédits [microforme]Chapitre 8 sur 23 · PA TRE PE 0 DANSE PRE RE · texte numérisé non relu

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velles difficultés surgirent encore, et les Registres du Tabellionnage en ont conservé les traces. Ainsi, le 25 janvier 1613, noble homme Francois Gravé, sieur Dupont, plus connu sous le nom de Pont-Gravé, capitaine pour le Roi en la marine du ponant, Lucas Legendre, Louis Vermeulle, Corneille de Belloys et Daniel Boyer, tous marchands, demeurant à Rouen, « tant pour eux que pour leurs associés au voyage du Canada, » donnent pouvoir à l’un deux, Daniel Boyer, de se transporter devant le prince de Condé et de lui réclamer les expéditions et dépèches concernant le traité fait entre lesdits associés et le sieur de Champlain, lieutenant dudit prince en Canada, lequel traité a élé signé le 23 du présent mois de janvier; en même temps, ils lui donnent pouvo:r de faire et passer tous actes utiles dans l'intérêt de l’association, Enfin, le 15 octobre suivant, les mêmes, plus un sieur Andrix, marchand à Rouen, donnent de nouveaux pouvoirs à Daniel Boyer pour contracter en leur nom avec toutes personnes qui pourront se présenter pour la terre et pays de Canada (Î).

Mais ces diverses associations, qui paraissent avoir eu leur comptoir principal à Rouen, en avaient cependant de particuliers dans d’autres villes; elles en avaient notamment à Saint-Malo, à Honfleur, et à La Rochelle, Quoique presque toujours en guerre, elles avaient néanmoins pu vivre à peu près jusqu’en 1612; quelques batailles en pleine mer et d’assez nombreux procès devant tous les degrés de juridiction, t6-

(1) Tabellionnage, 13 août et 3 septembre 1612, 25 janvier e 15 octobre 1613.

moignaient seulement de la vivacité d’une concurrence qui ne connaissait aucun frein. Mais, à l'avènement du prince de Condé, les choses changèrent complètement de face.

Les lettres-patentes qui le nommaient lieutenantgénéral en Canada, Acadie et Nouvelle-France, lui accordaient un privilége en vertu duquel, durant douze années, lui seul, à l'exclusion de tous autres, aurait le droit de négocier et trafiquer avec les sauvages, depuis Québec et le long du fleuve Saint Laurent à 125 lieues de longitude et à 35 lieues au-dessus de Tadoussac, En même temps, il était défendu à toute personne de négocier ni faire trafic avec lesdits sauvages, sans la permission du prince, et ce sous peine de 10,000 livres d’amende à son profit! Aussi, dès que ce privilége et ces défenses furent connus, cntendit-on s'élever les plus vives réclamations de la part des associés, dont plusieurs avaient acheté, des anciens lieutenants du Roi, le droit qui leur était confisqué par le nouveau. Mais que faire? Les négociants de Saint-Malo essayèrent d'un moyen énergique; ils attaquèrent le privilége du prince, et, devant le Parlement de Rouen, ils déclarèrent s'opposer à l’enregistrement de ses lettres de commission. Le procès, engagé .le 9 février 1613, se termina le {4 décembre suivazt à la confusion des opposants, auxquels il ne resta que la ressource d'acheter encore une fois la permission de continuer le commerce avec les sauvages.

Toutes les compagnies s'étant trouvées atteintes par le même privilége, recoururent toutes au même remède ; on vit successivement Georges pour les Rochellois, Legendre pour les Rouennais, Decacrt pour les

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