‹ Nouvelles glanes historiques normandes puisées exclusivement dans des documents inédits [microforme]Chapitre 9 sur 23 · ARRETE · texte numérisé non relu

ARRETE

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Dieppois, Gravé et Grout pour les Sociétés de St-Malo et d'Honfleur, traiter avec le prince de Condé et en obtenir moyennant 1,000 livres, par chaque Compagnie, la concession d’une partie de ses droits (1).

En même temps plusieurs de ces Sociétés signèrent entre elles un pacte d'union, sorte de contrat d’assurance, contre les éventualités de perte et les dangers de la mer. Lu Compagnie de Rouen, celle de St-Malo et celle de la Rochelle, confondirent ainsi leurs intérêts dans la proportion d’un tiers pour chacune; seulement, les Rochellois, protégés par le jeune de Montmorency, qui venait d’être pourvu de la dignité d’amiral de France (?), et par le S' de Biencourt qu’il avait choisi pour son vice-amiral, en remplacement de Pontraincourt, son père, essayèrent de se créer une situation particulièrement avantageuse.

Engagés pour un tiers dans l’association de Rouen et de St-Malo, ils s’entendirent avec Gravé et Grout, de cette dernière ville, pour certaines expéditions particulières qui ne devaient point entrer dans l'association générale, En conséquence ils envoyèrent au Canada des navires à leur compte et pour lesquels, malgré les conventions antérieurement signées entre le prince de Condé et les quatre autres Compagnies, ils obtinrent, en les payant, des passeports spéciaux, Comme on le pense bien, ces fraudes aux contrats, signés de bonne foi par les autres Compagnies, donnèrent lieu à de nombreuses chicanes ; après s'être adressés au Parle-

(1) Arrêt du Parlement de Rouen, 25 juin 1633, énonçant ces traités aux dates du 5 février et du 20 décembre 1613.

(2) Arrêt du Parlement de Rouen, 12 juillet 1633.

Ar

ment, les négociants de St-Malo et ceux de Rouen eurent recours au conseil privé du roi et en obtinrent, non-seulement la consécration de leurs droits, mais encore le privilége exclusif du trafic au Canada, spécialement à Québec. Disons que Champlain, qui était resté au Canada et ne voyait pas d'un bon œil ces fraudes au pacte primitif, avait appuyé les réclamations des associés de St-Malo et de Rouen, Il résulte de tout ceci que les Rochellois se retirèrent de l’association, en payant leur tiers des frais, et qu’à partir de 1618 ils essayèrent de trafiquer isolément avec les habitants de la Nouvelle-France (1).

Si la guerre entre les diverses sociétés se poursuivait, active, devant les tribunaux, elle ne fut pas moins acharnée sur les mers. Chacune des sociétés, s’autorisant de son privilége, donnait la chasse aux navires des autres associés qui s’aventuraient le long des côtes de la Nouvelle-France pour y faire la traite, sous la protection de leurs prétendus passeports spéciaux. Tantôt la Société Legendre, de Rouen, saisissait le navire le Soleil que les Rochelloïis avaient envoyé en l’habitation de Québec, sous le commandement du capitaine Camus, pour y prendre des peaux de castors ; tantôt le navire la Fortune était envoyé par les Rochellois pour faire la chasse aux navires Normands, sous l’autorité de Lhonneron et de Sorreau, mandataires du vice-amiral de Biencourt (2). Enfin, la justice se mélant à la lutte, une sentence de l’amirauté, à la date du 30 août 1616, permettait « à Legendre et à ses asso-

(1) Arrêt du Parlement de Rouen, 25 juin 163a. (2) Arrêt du Parlement de Rouen, 1% juillet 1633.

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