‹ Nouvelles juivesChapitre 10 sur 28 · XIV PRÉFACE DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE DU TRADUCTEUR

Ce sont là comme les faits de Pavant scène racontés avec un art et un charme infinis. Ils préparent les évé- | nements sans mettre en aucune façon le lecteur dans le secret de la fable. Sa curiosité seule est excitée.

Voici maintenant que Kobi entre en scène. C'est un Talleyrand de village. Il part au petit jour pour ne pas donner Téveil aux gens du Ghetto grandement indiscrets à l'endroit des affaires matrimoniales. Notre mine ne va pas droit à son but ; car il entend ne s'avancer qu'à pas sûrs et en connaissance de cause. Il s'arrête dans divers villages qui se trouvent sur sa route ; et sans en avoir l'air, fait jaser les loquaces populations des Ghettos environnants. Les renseignements qu'il reçoit au sujet du Randar sont passablement contradictoires. D'après les uns , le Randar était un vrai loup avec lequel il fallait éviter de se commettre. Selon d'autres, ce n'était qu'un original, dur à lui-même, dur aux autres, difficile surtout en affaires ; bon juif au demeurant et pratiquant sa religion avec dévotion quoique habitant Tannée entière au milieu des paysans. Selon d'autres encore Rebb losel le Randar était un véritable ours , mais capable pourtant si on savait s'y bien prendre avec lui de quelques bons sentiments, aimant d'ailleurs tendrement sa fille, une vraie perle celle-là et contrastant singulièrement avec son brutal père.

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