XII PRÉFACE OU TRADUCTEUR
jours le pavé aux autres, est poli avec tout le monde mais sans se livrer à personne, paie régulièrement ses contributions à la communauté Israélite mais n'a jamais accepté, et cela par principe, aucune fonction honorifique dans le Ghetto, prétextant, à ce sujet, le fardeau de ses propres affaires qui Tempéchent de se charger de celles du public. Un moyen certain de ne pas se faire d'ennemis. Malgré cela, bien des gens du Ghetto savent à quoi s'en tenir sur le compte de Rebb Wolf et le regardent avec raison comme un mine et un mine de première force. Aussi dans certaines cir< constances difficiles recourent-ils à ses lumières et à son savoir-faire de mine. Parfois on lui confie de véritables missions diplomatiques. Voyez : Topulent et orgueilleux Schmoul Brandeis, le Président de l'administration du Ghetto, couve des yeux un splendide mariage pour son fils qui ne brille pas précisément par la finesse, ni par l'aplomb.
Il s'agit de la fille d'un riche Randar dés envl^ rons* On appelle Randar un fermier de biens seigneuriaux exerçant en même temps les fonctions de cabaretier de village. C'est un parti magnifique. Mais le Randar n'est pas facile à entamer sur ce chapitre. Il fait bonne garde autour de sa fille et prétend ne pas se laisser jouer par les coureurs de dot. Il passe d'ailleurs à vingt lieues à la ronde, non-seulement pour un brutal et un grossier, mais encore pour une
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espèce de bête sauvage capable de se laisçer aller aux dernières extrémités envers quiconque n'aurait pas su lui plaire du premier coup. Jugeant donc que son fils ne serait pas détaille à aller se présenter lui*môme chez le Randar pour en obtenir la main de sa fille, le Président Brandeis vient recourir à Tintermédiaire du mine Rebb Wolf. Il lui propose une somme de 400 florins s'il veut se faire son agent matrimonial auprès du Randar afin d'amener tout doucement ce dernier, à force d'adresse et d'habi* leté, à composition.
Rebb Wolf qui apprécie son fils Kobi à sa juete valeur offre au Président, et cela dans son intérêt même, de charger Kobi de Taffaire. Il s'en acquittera mieux encore, — Rebb Wolf en est convaincu — que ne pourrait le faire, Rebb Wolf lui-même. Le Président y consent. De son côté le jeune Kobi pour faire plaisir à son père et à sa mère qu'il aime tendrement accepte la mission. On tient un conseil de famille, on arrête un plan de campagne et Kobi se met en route non sans avoir promis à la craintive Perl de prendre toutes les précautions possibles pour ne pas se faire estropier ou avaler, en cas d'encombre, par cet animal sauvage ayant nom Rebb losel le Randar.
Rebb Wolf, lui, paraît un peu moins inquiet que sa femme au sujet des dangers que pourrait courir leur fils Kobi. Il le connaît.