‹ Nouvelles juivesChapitre 11 sur 28 · PRÉFACE DU TRADUCTEUR XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE DU TRADUCTEUR XV

Muni de ces informations qui lui permettent maintenant d'agir en conséquence selon l'occasion et les inspirations du moment, notre mine à Textérieur avenant et à l'esprit délié pousse droit à la ferme 'du Randar non sans être en proie toutefois à une émotion légitime; car il avait conscience de la difficulté de sa mission.

La porte de la ferme s'ouvre pour donner passage au rustre au moment oti Kobi venait à lui.

Ici nous renvoyons le lecteur à la Nouvelle même de M. Kompert. On a là une vraie comédie de caractères dont quelque habile dramaturge pourrait faire une petite pièce prodigieusement divertissante. C'est entre le Randar et l'avisé jeune homme qui justijfie si bien son nom de mine un véritable assaut de finesse, d'habiletés^ de présence d'esprit mettant en lumière deux caractères également originaux. Car si Kobi est malin le Randar Test autant que lui» quoique autrement. Ce combat singulier entre le vieillard et le jeune homme dont tous deux ont leur arrière-pensée sans vouloir ni oser la démasquer, ce combat a ses feintes, ses contre-feintes, ses défaites et ses victoires passagères, ses péripéties en un mot et qui tiennent le lecteur en suspens sur le dénouement en le faisant passer par toutes les alternatives de la crainte, et de l'espérance.

M. Kompert fait preuve ici de beaucoup d'esprit;

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non point en son propre nom, mais ce qui vaut mieux encore, en le semant dans le dialogue et dans les situations. Avec quel tact et quelle adresse le fils du mine Rebb Wolf sait dompter les sauvageries calculées de son redoutable adversaire, parer ses bottes pleines de pièges, flatter adroitement sans en avoir Tair ses sentiments juifs, faire tomber la conversation sur sa fille qu'il ne connait pas encore et chatouiller ainsi l'amour-propre paternel 1 Quelles ressources d'esprit il déploie pour donner au Randar une idée favorable, sans capituler avec sa dignité, de ses connaissances commerciales; comme il sait faire briller aux yeux du farouche et rusé Rebb losel ses principes religieux, ses maximes de sagesse pratique et d'économie I On assiste là à une joute des plus curieuses qui met en relief des caractères remarquablement tracés.

Grâce à tant d'habiles manœuvres, le jeune Kobi a gagné du terrain et obtenu, ce qui lui paraît de bon augure, l'autorisation de passer la nuit à la ferme. Kobi saura profiter de sa soirée autant que de sa journée. 11 faut maintenant qu'il voie la fille du Randar. Pendant que celui-ci croit Kobi occupé à faire manger de l'avoine aux chevaux qui l'ont amené à la ferme, il se glisse dans la cuisine oti Mirl prépare le souper; la douce et gracieuse Mirl dont la flamme de l'âtre éclaire les traits charmants! Ici le mine

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