‹ Nouvelles juivesChapitre 13 sur 28 · PREFACE DU TRADUCTEUR XIX · texte numérisé non relu

PREFACE DU TRADUCTEUR XIX

Or donc il y avait un temps où Jacob Loëw le pieux et dévot habitant du Ghetto, l'époux de la douce Esther, était le plus heureux des hommes. Il possédait alors, outre une charmante petite fille, cinq petits garçons qui faisaient Tadmiration de tout le Ghetto. Mais Jacob Loëw perdit coup sur coup ses cinq garçons qui moururent tous peu de jours avant leur treizième année, victimes d'une même et inexorable maladie. Le dévot Jacob Loëw se vit donc frustré lui et sa*femme de la consoIant& perspective du Kadisch. Quelle douleur pour lui I il est vrai que Blumelé lui restait. Mais nous l'avons vu, les filles n'ont pas le droit dédire l'oraison appelée Kadisch. A la vérité Blumelé pourra se marier et donner le jour à un garçon qui dira la sainte prière pour Jacob et Esther une fois qu'ils ne seront plus de ce monde, Loëw nourrit bien encore cet espoir et il destine à Blumelé, cette jolie fleur du Ghetto, un mari de son choix : c'est un sien neveu nommé Maier, un peu petit, un peu commun d'extérieur, mais un brave cœur s'il en fut. Mais Blumelé que son père a eu le tort de gâter par des condescendances et des faiblesses sans fin ne veut point entendre parler de son cousin , l'excellent Maier ; et elle se laisse séduire par une sorte d'aigle du Ghetto, un Hongrois du nom de Jacques, fort joli garçon et trèsmauvais Juif. Jacob Loëw est obligé de marier sa

Page 1