UNE LETTRE DE ROSAI*I£ APRÈS UN SÉJOUK DE DEU3( MOIS AV VIL^^AGE
« Très-chère mère, puisses-tu vivre cent ans <r Avant d'aller plus loin dans la lecture de cette lettre, fais-moi le plaisir de mander mon ancien professeur, M. Julius Armsteiner. Qu'il se rende auprès de toi sans tarder.
a II me semble le voir d'ici endossant sa redingote couleur chocolat et à laquelle manquent toujours deux boutons. Je le vois aussi faire le nœud de sa cravate blanche qui a l'air d'avoir été mise pour la première fois aux dernières fêtes de Rosch Haschonnàk (nouvelan juif). Quand il sera venu, tu n'as qu'à
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lui dire ceci : « Monsieur Arnsteiner, vous avez eu jadis une élève du nom de Rosa Ehrenfeld (je m'appelle maintenant Rosalie) ; je sais que vous vous êtes donné beaucoup de mal pour lui meubler quelque peu la tête; mais vos peines ont été inutiles et en vérité elle ne vous fait guère honneur. Depuis deux mois qu'elle est au village elle a parfaitement oublié ce qu'elle avait appris ; et elle en sait moins long aujourd'hui que la dernière de vos élèves. Regardez voir un peu son grimoire, par exemple ; ne dirait-on pas des pattes de mouches ? Qu'est devenue cette belle écriture que vous lui aviez apprise et qui eût fait envie au calligraphe le plus habile? » Mais, chère et bonne mère, il y a bien mieux que ça encore, et rétonnement et le chagrin de M, Arnsteiner vont redoubler : je ne sais même plus s'il existe encore de par le monde une certaine grammaire de J. B. Mâchât, où j'ai appris tant de belles leçons, sans avoir pu néanmoins me la bien mettre en tête. Tout cela s'est envolé; ma mémoire n'en a pas même retenu une syllabe. Avec qui donc parlerais-je français ici? Serait-ce par hasard avec Rebb Feivel ou avec losef? J'ai oublié de même ma grammaire allemande; et peu m'importe aujourd'hui si j'emploie le parfait indifini ou le futur, comme le préférait M. Arnsteiner; mais c'est la règle des participes surtout qu'il était si fier de bien savoir et que je n'ai jamais pu souffrir pour ma part, c'est la règle des participes qui m'a complètement échappé. J'engage celui qui l'aurait rencontrée en chemin à vouloir bien la garder pour lui.
« Voilà, chère et bonne mère, où j'en suis venue. Ne va pas croire que j^en souffre; non, c'est qu'à la
place de tout cela j'ai appris d'autres choses; demande voir une fois à mon nouveau maître losef s*ii n'est pas content de moi. Mais, me diras-tu, peut-on savoir quelque chose si l'on ignore la grammaire française de J. B. Machat et la règle des participes de M. Arnsteiner? Eh, mon Dieu, oui, j'en ai la preuve tous les jours. Ainsi, par exemple, je vais aux champs avec losef. Soudain losef s*arréte pour me dire : « Mademoiselle Rose (je ne sais pas pourquoi il ne m'appelle pas Rosalie), savez-vous ce que ce champ-là produit ? — Comment pourrais-je le savoir? M. Arnsteiner ne me Ta pas appris. > Il se met à arracher une tige de blé qu'il m'explique être du blé de mars. Puis, s'arrétant de nouveau dans tel autre champ : t Ceci, me dit-il, c'est du grain d'hiver. x> D'autres fois, quand un oiseau vient à s'élancer subitement d'un sillon : Rose, me dit-il encore, entendez-vous ce merle là-bas ? voyez donc ce pic qui s'en va chercher sa pâture! » Quelquefois aussi nous courons les forêts. Quelle belle chose, ma mère, qu'une forêt ! losef, lui, sait le nom de chaque arbre, de chaque arbrisseau. Il y a quelques jours, pendant une de ces excursions, je me mis à lui dire d'un air entendu : c Qu'il doit faire bon là-haut sur ce chêne! )» losef alors se mit à rire, et quand je lui en demandai la raison : a C'est que ce chêne, Rose, me répondit-il, est un hêtre. » Je vais te faire une confidence, ma chère mère, mais à la condition que cela n'aille pas plus loin : je soupçonne fort M. Julius Arnsteiner, qui pourtant est un savant homme, de ne pouvoir distinguer un chêne cL'un hêtre. D'oli le saurait- il? Depuis quarante ans qu'il est de ce monde, M. Julius Arnsteiner n'a jamais eu le temps
de comtempler ni une fleur ni un champ de verdure; car enfin ce n'est pas aux champs qu'il pourrait s'aviser d'enseigner quelque chose; les oiseaux dans Tair se moqueraient de lui.
<{ En général, ma chère mère, les habitants du Ghetto ne se font pas d'idée de l'instruction du paysan; celui-ci en sait souvent bien long ; et ces gens-là, cela est vraiment étonnant, n'oublient rien de ce qu'ils ont une fois appris. Chez Rebb Feivel, qui est un vieux paysan, cela n'a rien de surprenant; mais losef, qui pourtant a fait le métier de soldat pendant cinq années, sait encore, à Theure qu'il est, appeler toutes les choses par leur véritable nom, qu'il s'agisse de fleurs, de plantes, d'oiseaux ou d'insectes rampant dans les champs ou dans les jardins. Il ne cesse de parler d'un de ses anciens sergents. Dans la dernière guerre de Hongrie, il a eu deux doigts emportée par un coup de feu, losef, bien entendu, et non pas son sergent. Dieu sait oti reposent ces deux doigts ! J'ai longtemps ignoré cet événement, et j'avoue qu'en m'apercevant qu'il lui manquait deux doigts, j'ai senti mon cœur saigner; alors seulement il m'a raconté qu'il a été soldat et comment les choses se sont passées dans la bataille. « Cela a dû vous faire bien mal, losef, lui dis- je- et vous avez sans doute pleuré? — Est-ce qu'un soldat pleure jamais ? me répondit-il. Après tout j'ai perdu ces deux doigts au service de mon empereur ; l'empereur qui a ordonné que mon père pût posséder terres et ferme i, mérite bien que je lui fasse le sacrifice d'une couple
I. Ce n'est que depuis 1848, que les Juifs autrichiens ont obtenu Tautorisation d'acquérir des biens fonds.
{Note du traducteur.)
de doigts. Il n'y a qu'une chose qui m*ait fait mal dans toute cette affaire. — ' Quoi donc? lui demandaije. — Lorsque je fus à Thôpital, couché dans mon lit avec la fièvre, il me semblait toujours que j'avais encore mes deux doigts et je croyais marcher alors derrière la charrue, la soulevant et la tournant se- Ion la nature du terrain. Mais quand je fus réveillé après, et que je m'aperçus de la perte des doigts, l'idée de rester peut-être estropié pour toute ma vie et de ne pouvoir plus jamais conduire de charrue, cette idée, je l'avoue, m*a fait presque pleurer. »
c< Juge un peu, chère mère, quand il était étendu sur son lit de douleur, avec deux doigts de moins, il ne rêvait que de ses champs et de sa charrue!
« Du reste, il ne s'en ressent pas autrement, Dieu merci! Aussi losef, de cette main même oîi il lui manque deux doigts, n'en soulève pas moins bien un sac de blé pour le charger, et bien certainement un seul effort de ce genre entraînerait à l'instant même la mort de M. Julius Arnsteiner. La blessure est depuis longtemps cicatrisée et, autant que j'en puis juger, losef est fier de cette cicatrice.
« Ouf! je vais, chère mère, terminer ici mon griffonnage ; car demain on doit faire pour la première fois la moisson dans les champs de Rebb Feivel ; ce sera une chaude journée, je l'attends depuis un mois avec une joyeuse impatience. A mon arrivée au village, les tiges vertes des blés me venaient jusqu'au genou; aujourd'hui elles sont d'un jaune d'or, et leur hauteur est telle, que je pourrais aisément m'y cacher. losef dit que l'année sera bonne. Déjà Pavel, un des garçons de la ferme, aiguise la faux dans la cour. Autrefois un bruit pareil m'aurait agacé les
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nerfs et donné le frisson.... Aujourd'hui je l'écoute tranquillement, je le recherche même... sans pouvoir m'expliquef ce qui tti'y attire de la sorte.
t Voici les grands travaux qui voht commencer chez nous. Pour avoir une idée des peines et des tourments de mes hôtes, il faut les voir à l'œuvre. Certes nos colporteurs, je ne le nie pas, se donnent bien du mal ; mais qu'est-ce que le plus gros ballot de vieil étain ou de peaux de lapins, en comparaison de ce qu'endure losef pendant une seule journée d^été? Malgré cela il est fort et bien portant et ses yeux bruns sont rayonnants de santé. Pourquoi donc pas un de nos colporteurs i^'a-t-il la mine de mon Rebb Feivel? Si tu ne m'arraches promptement d'ici, je t'en préviens, je finirai par devenir une complète paysanne. Je suis avec affection ta fille,
« Rosalie, ci-devant Rosa Èhrenfeld. »
c< Post'Scriptum, Dis-moi donc pourquoi tu ne m'as jamais parlé de ton amie Gitel ? En voilà une paysanne ! Nous en causerons, ma mère, quand je serai de nouveau près de toi. Autre chose encore : je fais maintenant, matin et soir, ma prière dans le gros Rituel de Gitel; elle Ta voulu ainsi, et je lui obéis en tout. Je regrette qu'il ne soit pas accompagné d'une traduction allemande ; mais Gitel prétend qu'elle y prie sans traduction depuis plus de quarante-cinq ans.
Qt La même. »
Quand Hannelé eut achevé la lecture de cette lettre elle secoua la tête d'un air pensif. Depuis que Rosalie était au village elle avait écrit plus d'une
fois déjà ; mais toutes ses précédentes lettres avaient été courtes, insignifiantes, ne faisant mention que d'un point, le point capital, à savoir que la santé de la jeune fille allait bien ; néanmoins ces mêmes lettres avaient bien autrement satisfait Hannelé que ne le faisait maintenant cet interminable griffonnage. Il y avait quelque chose dans cette épître qui n'était pas tout à fait selon le goût de la riche Hannelé. Elle relut plusieurs fois la lettre, mais l'impression produite fut toujours la même.
Quittons maintenant le village et pour quelques instants seulement ; nous j reviendrons assez tôt pour pouvoir assister encore à la moisson que Rosalie attend avec tant de joie.
Hannelé était la propriétaire du plus beau magasin situé sous les arcades qui bordaient la grande place. Elle y trônait comme une reine ; les chalands y aiHuaient d'eux-mêmes, et elle n'avait par conséquant nullement besoin de les guetter ni de les attirer moyennant quelques paroles flatteuses. Quiconque faisait un achat chez Hannelé Ehrenfeld devait, selon ses propres paroles, s'en trouver honoré; aussi aurait-elle depuis longtemps renoncé aux a/faireSy n'edt été précisément le désir de ne pas priver les gens de cet honneur.
C'était peu de temps avant la moisson; or, on sait qu'à pareille époque les boutiques sont peu fréquentées ; la raison en est toute simple : les meilleurs chalands, c'est-à-dire les paysans, font défaut à ce moment de l'année ; et alors les boutiquiers s'ennuient passablement. Hannelé avait donc emporté de chez elle la lettre de sa fille pour la lire encore une fois à tête reposée, et à l'ombre, sous la voûte
de son magasin ; c'est là aussi qu'elle comptait rédiger sa réponse.
Une sorte de mauvaise honte Fempêcha de faire part à ses voisins du contenu de la missive; elle contenait, en eiSet, trop de choses offensantes; il fallait que rien n'arrivât aux oreilles dé M. Julius Arnsteiner. Ce qui navrait surtout Hannelé, c'étaient les plaisanteries de sa fille au sujet des habitants du Ghetto qu'elle appelait des ignorants, tandis qu'elle leur préférait des paysans, ses hôtes. Le front de la riche boutiquière perlait pendant qu'elle lisait tout cela; ce n'était point chez elle l'effet de la chaleur d'une journée d'été, mais celui de la peur de voir- transpirer quelque chose de cette confidence ; ce qui n'aurait pas manqué de compromettre la réputation de la jeune fille. Elle ne voyait plus quel avantage pouvait avoir désormais pour Rosalie le séjour de la campagne ; elle voyait déjà sa fille transformée en une espèce de sauvage méconnaissable ; et cette image se dressait menaçante devant Hannelé. Elle avait envoyé son enfant au village pour y recouvrer la santé.... Et voilà maintenant que Rosalie se vantait d'avoir oublié sa grammaire et son franqais dont les leçons avaient coûté si cher.
En ce moment, une de nos anciennes connaissances du Ghetto, le docteur Emmanuel Prager i, vint à traverser fort à propos la place du marché. Hannelé crut que c'était le ciel qui le lui envoyait ;
I » Ce personnage joue un rôle important dans un autre ouvrage de M. Kompert. Voir, dans notre traduction des Juifs de Bohême (collection Michel Lévy), les deux Nouvelles intitulées : le Colporteur et TrenderU
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elle avait l'habitude de ne TÎen cacher au docteur. Elle lui fit donc signe, et le docteur vint la trouver aussitôt.
— Prenez tout de suite connaissance de cette lettre, docteur, lui dil-elle avec une grande animation aussitôt qu'il eut franchi le seuil du magasin* Cette lettre, en vérité, me désespère.
— Quelque débiteur insolvable? fit le docteur d'un ton Un peu goguenard.
— Est-ce à vous que j'en ferais part, en ce cas ? répondit Hannelé avec humeur. Cette lettre est de Rose.
Le front du docteur se plissa et son visage si souriant tout à l'heure revêtit Une expression de profonde réflexion.
Il prit la lettre et lut. Pendant ce temps, la riche Hannelé tenait ses yeux invariablement fixés sur lui, observant jusqu'au plus léger mouvement de sa tête. Le docteur parut lire la lettre de Rose avec la plus sérieuse attention ; il relisait même certains passages ; mais, malgré cela, pas un muscle ne bougea sur son visage. Hannelé devint de plus en plus inquiète. Eh quoi ! une si longue lettre ne faisait pas la moindre impression ? Le docteur venait enfin d'en achever la lecture, et un gracieux soutire vint s'épanouir sur sa bouche pleine de finesse au moment oîi il rendit la lettre à Hannelé.
— Eh bien, docteur, qu'en pensez-vous? dit Hannelé en le regardant avec des yeux inquiets. N'estce pas extraordinaire ?
— Tout à fait, répondit brièvement le docteur.
— Comment entendez-vous cela, docteur ? s'écria Hannelé tout inquiète et en lui saisissant le bras.
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— En ce sens que je n'avais pas osé espérer qu'elle guérirait en si peu de temps.
— Est-ce vraiment là votre pensée? fit Hannelé avec un sourire d'incrédulité.
— Elle guérira, madame Ehrenfeld, répondît-il de sa voix grave et mâle.
Ces consolantes paroles du docteur firent naître un joyeux sourire sur les lèvres de la mère de Rosalie; mais ce sourire s'évanouit bientôt, car il ne put tenir contre l'assaut de tout un essaim de réflexions qui venait d'éclore dans le cœur d*Hannelé à mesure qu'elle avait lu et relu la lettre de sa fille.
— Dieu du ciel 1 s'écria-t-elle en jetant uti regard plein de reconnaissance sur le docteur, quel ne serait pas mon bonheur si ma Rose pouvait revenir guérie ! Mais le ton de sa lettre me peine infiniment, et je crains vraiment qu'un séjour trop prolongé au village ne lui fasse grand tort.
— Faire du tort î exclama le docteur ; comment voulez-vous que ce séjour lui fasse du tort puisqu'il lui rend la santé ?
— Vous ne comprenez pas, docteur ; je veux dire qu'elle pourrait oublier au village son français que M. Julius Arnsteiner a pris tant de peine à lui enseigner ; elle pourrait y oublier aussi sa.... Comment appelez-vous donc cette chose qui doit être si difficile à apprendre ?
*— La règle des participes, acheva le docteur.
Hannelé essaya encore une fois de prononcer ce mot si difficile pour elle, mais elle en fut pour sa peine. Elle jeta alors sur le docteur un regard plein de tristesse.
— Ainsi donc toutes ces belles études seront per-
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daes. Toute cette belle éducation dont j'étais si fière et qui faisait ma consolation dans mon malheur, je dois consentir tout simplement à la voir s'en aller en lambeaux au village et sans m'y opposer autrement ?
— Vous ne devez vous y opposer en rien, répondit le docteur ; et il attacha sur la riche boutiquière son regard sérieux qui la fascinait. Voudriez-vous, par hasard, que votre fille vous revînt plus malade encore qu'elle ne Tétait avant son départ ? Elle entre maintenant en convalescence ; gardez- vous bien de la contrarier en quoi que ce soit.
— Que le ciel m'en préserve ! répondit Hannelé profondément effrayée. Je ne ferai jamais rien qui puisse être contraire au bonheur de mon enfant. Qu'à cela ne tienne! Qu'elle reste à la campagne pendant une année entière pour n'en revenir que complètement rétablie.
— Et si, par hasard, la convalescence devait durer toute une vie d'homme? demanda le docteur en portant sur elle son œil scrutateur.
Il était évident qu'Hannelé n'avait pas compris le sens de ces paroles. Elle garda le silence.
Là-dessus le docteur salua et se disposa à sortir. Mais Hannelé l'arrêta : a Autre chose encore! ditelle ; j'ai tant de choses sur le cœur, que je ne sais vraiment par oîi commencer.
— Qu'est-ce donc, encore, madame? dit le docteur; je vous écoute.
— Dans sa lettre elle parle à chaque ligne d'un certain losef.... losef par ci* losef par là. Qu'est-ce que cela veut dire ?
— Rien , madame ; cela aussi fait partie de sa
convalescence, répliqua le docteur avec un sourire.
— Je ne vous comprends pas.
— Un jour vous comprendrez, fit-il d'un air significatif. D*ici là, laissez votre fille se rétablir. Elle est entre bonnes mains.
Il salua de nouveau et sortit. L'avait-elle compris? L'âme loyale de l'intelligent docteur renfermait désormais le secret d'une jeune fille que celle-ci peutêtre ignorait encore. Mais pour lui, la lettre lui avait révélé ce secret du premier coup et avec les plus amples détails.